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Archive for the ‘Cultural Bridges’ Category

Jammu and Kashmir: A Year of Uncertainty, Regression of the Rule of Law, and Economic Decline

In Asia, Being a World Citizen, Conflict Resolution, Cultural Bridges, Current Events, Human Rights, NGOs, Solidarity, The Search for Peace, Track II, United Nations, World Law on August 17, 2020 at 8:45 PM

By René Wadlow

 

On August 5, 2019, the Central Government of India put an end to article 370 of the Indian Constitution which provided autonomy for Jammu and Kashmir, an autonomy which dated from shortly after Independence.

Pre-Independence Kashmir was ultimately divided between India and Pakistan with part of Pakistani Kashmir later ceded to China and is called Aksai Chin. The status and divisions of Jammu and Kashmir have been an issue of confrontation between India and Pakistan. (1)

Within Indian Kashmir, there has been continuing unrest and violence due to armed insurgencies, groups working for greater autonomy or independence, and the presence of a large number of Indian troops. (2)

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Jammu and Kashmir was, for Jawaharlal Nehru, a central element in building a “secular and plural India” although in practice much of the politics in Jammu and Kashmir have focused on majority Muslim interests and minority Hindu concerns.

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Jawaharlal Nehru

Regarding the root causes of militancy, one school of thought maintains that economic negligence contributed to the rise of extremism. Another school believes that the political suppression of the late 1980s forced the young to join extremist groups.

With the August 5, 2019 change of status, Jammu and Kashmir have become separate Indian states. Ladakh is now directly administered from New Delhi. Ladakh is an area of Tibetan culture with a largely Tibetan population. Ladakh has always been uneasy with being ruled by the Muslim majority of Jammu and Kashmir.

After August 5, a large number of Kashmiri political figures were arrested. Some were put in prison, others under house arrest. Internet and telephone communications with the rest of India were cut. There have been reliable reports of torture on some of those arrested.

The situation in Jammu, Kashmir and Ladakh merits watching closely. Tensions among India, Pakistan and China can grow. The erosion of the rule of law is real and can continue to disintegrate. Negotiations in good faith are necessary, but there is no current framework for such negotiations among governments. There may be an avenue for Track II – nongovernmental negotiations – such as those proposed by the Association of World Citizens. We need to be alert as to these possibilities.

Notes
1) See Dennis Kux. India-Pakistan Negotiations. Is Past still Prologue?
(Washington, DC: United States Institute of Peace, 2006)
Josef Korbel, Danger in Kashmir (Princeton: Princeton University Press, 1966)
2) See Wajahat Habibullah, My Kashmir: Conflict and the Prospects for Enduring Peace (Washington, DC: United States Institute of Peace, 2008)
Widmalm Stein, Kashmir in Comparative Perspective: Democracy and Violent Separation in India (Karachi: Oxford University Press, 2002)
Howard B. Schaffen, The Limits of Influence: America’s Role in Kashmir (Washington, DC: Brookings Institute Press, 2009)

Prof. René Wadlow is President of the Association of World Citizens.

Taiwan, Etat non-membre de l’ONU, se dote d’une Commission nationale des Droits Humains en suivant les règles des Nations Unies

In Anticolonialism, Asia, Being a World Citizen, Conflict Resolution, Cultural Bridges, Current Events, Democracy, Human Rights, NGOs, Religious Freedom, Solidarity, Spirituality, The Search for Peace, Track II, United Nations, World Law on August 2, 2020 at 9:26 PM

Par Bernard J. Henry

 

La Déclaration universelle des Droits de l’Homme ayant été proclamée par l’Assemblée générale des Nations Unies, faut-il être citoyen d’un Etat membre de l’ONU pour s’en réclamer ?

Absurde, comme question ? Elle ne l’était pas tant lorsque la Déclaration fut adoptée, en 1948, dans le monde de l’après-Seconde Guerre Mondiale où le colonialisme existait encore et des centaines de millions d’êtres humains vivaient encore sous l’autorité d’un pays européen qui avait un jour pris leur terre par la force.

René Cassin et les rédacteurs de la Déclaration savaient ce qu’ils voulaient. Le Préambule précise que les Droits de l’Homme, aujourd’hui Droits Humains, doivent être respectés «tant parmi les populations des Etats Membres eux-mêmes que parmi celles des territoires placés sous leur juridiction». L’Article 2.2 se veut tout aussi explicite en affirmant qu’ «il ne sera fait aucune distinction fondée sur le statut politique, juridique ou international du pays ou du territoire dont une personne est ressortissante, que ce pays ou territoire soit indépendant, sous tutelle, non autonome ou soumis à une limitation quelconque de souveraineté».

Tout être humain était donc titulaire des droits énoncés par la Déclaration, la colonisation n’y devant apporter aucune différence. Mais pour ne citer qu’elles, les réponses de la France et de la Grande-Bretagne aux velléités d’indépendance allaient bientôt démontrer une réalité tout autre, en particulier pendant la guerre d’Algérie.

Au début du vingt-et-unième siècle, la terre était entièrement composée d’Etats membres de l’ONU. Parmi les Etats mondialement reconnus, seule la Suisse ne l’était pas, ayant toutefois fini par rejoindre les Nations Unies en 2002. A ce jour, seuls trois Etats reconnus à travers le monde ne sont pas membres de l’ONU – l’Etat de Palestine, cependant membre de l’UNESCO, le Saint-Siège, Etat que dirige le Pape au sein de la Cité du Vatican à Rome, et Taiwan, ou plutôt, selon son nom officiel, la République de Chine.

En fait, pour l’Organisation mondiale, Taiwan n’est même pas un Etat. En 1949, à l’issue de la guerre civile opposant le Gouvernement chinois aux troupes communistes, l’île devient le seul territoire restant à l’Etat chinois reconnu et qui, à l’ONU, le reste bien qu’ayant perdu la Chine continentale. Ce n’est qu’en 1971 que les Nations Unies reconnaissent le régime de Beijing et retirent sa reconnaissance à Taiwan. Depuis cette époque, Taiwan se considère comme une province de la République de Chine, qu’elle estime être l’Etat légitime chinois en lieu et place de celui représenté au Conseil de Sécurité de l’ONU dont la Chine populaire est l’un des cinq Membres permanents.

Inexistante aux yeux des Nations Unies, Taiwan y a donc perdu tout droit – mais aussi tout devoir, notamment envers les normes internationales de Droits Humains. Pour autant, les Taïwanais sont loin d’avoir cessé d’y croire et viennent même de remporter une considérable victoire.

Des principes universels – mais qui ne lient pas Taiwan

A Taiwan, la situation est tendue, tant du fait de la Chine populaire qu’à l’intérieur même des frontières. Aux menaces de Beijing qui, s’employant à réprimer la révolte contre le projet de loi ultrasécuritaire à Hong Kong, annonce à Taiwan qu’elle est la prochaine sur laquelle viendra s’abattre sa force armée, viennent s’ajouter les poursuites judiciaires et fiscales contre le groupe spirituel Tai Ji Men, en cours depuis les années 1990 et qui ont fait descendre Taipei dans la rue.

Tout se prête à une crispation tant externe qu’interne des dirigeants, et dans de telles conditions, autant dire qu’espérer en une avancée sociale ou sociétale majeure relève au mieux du vœu pieux. Or, le «vœu pieux» vient précisément de devenir réalité.

Le 1er août, la République de Chine s’est dotée d’une Commission nationale des Droits Humains, placée sous l’autorité administrative du Yuan de Contrôle qui œuvre à l’observation du bon fonctionnement des institutions au sein de l’exécutif. Selon la Présidente taïwanaise, Tsai Ing-wen, souvent citée en exemple pour sa gestion de la COVID-19 avec plusieurs de ses homologues féminines comme Jacinda Ardern ou Angela Merkel, la Commission aura pour tâche de rendre les lois nationales plus conformes aux normes internationales de Droits Humains. Et à l’appui de sa revendication, la cheffe de l’Etat taïwanais choisit une référence frappante.

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Tsai Ing-wen, Présidente de la République de Chine

Lors de la cérémonie de création de la Commission, Tsai Ing-wen a invoqué les Principes de Paris, créés par une résolution de la Commission des Droits de l’Homme de l’ONU, ancêtre du Conseil du même nom, en 1992 puis validés par l’Assemblée générale des Nations Unies l’année suivante, également l’année de la Conférence de Vienne sur les Droits Humains qui créa en la matière le poste de Haut Commissaire.

Instaurant le concept d’Institution nationale des Droits Humains (INDH), rôle que remplit en France, par exemple, la Commission nationale consultative des Droits de l’Homme créée en 1947, les Principes de Paris fixent des buts fondamentaux à accomplir pour toute INDH : protéger les Droits Humains, notamment en recevant des plaintes et en enquêtant en vue de résoudre l’affaire, en œuvrant à titre de médiateur dans des litiges et en observant les activités liées aux Droits Humains dans la société, mais aussi assurer la promotion des Droits Humains à travers l’éducation, l’information du public dans les médias réguliers et à travers des publications propres, ainsi que la formation, la création des aptitudes et, in fine, le conseil et l’assistance au gouvernement national.

Mais attention. N’est pas une INDH qui veut. Afin d’être reconnue comme telle, puis autorisée à rejoindre l’Alliance mondiale des Institutions nationales des Droits Humains (Global Alliance of National Human Rights Institutions, GANHRI), une INDH doit remplir, toujours selon les Principes de Paris, six critères incontournables :

– Disposer d’un mandat large se fondant sur les normes universelles de Droits Humains,

– Disposer d’une autonomie réelle de fonctionnement envers le Gouvernement,

– Disposer d’une indépendance garantie par son statut ou son acte constitutif,

– Assurer en son sein le pluralisme,

– Bénéficier de ressources financières suffisantes pour accomplir sa tâche, et

– Bénéficier de pouvoirs d’enquête effectifs pour obtenir des résultats probants.

Il est facile pour un gouvernement, surtout sentant la pression internationale, de créer une INDH de complaisance. Mais il sera moins facile pour celle-ci d’être reconnue par ses paires. Au demeurant, la Chine populaire reconnue par l’ONU n’a pas créé à ce jour d’INDH …

Non membre de l’ONU, Taiwan n’est en théorie pas tenue par les normes internationales auxquelles se réfère la Présidente Tsai. Autant dire que le choix est risqué. S’il est risqué, c’est parce qu’il est courageux. Et s’il est courageux, c’est parce qu’il est subjectif.

Taiwan sait quels risques elle veut prendre

Entre 1949, année de la scission du peuple chinois sur le plan politique, et 1975, date de son décès, Tchang Kai-chek, ancien général puis dictateur de type fasciste en Chine continentale, aura dirigé Taiwan d’une main de fer face à Mao Zedong, patron de la Chine populaire, à laquelle il imposera un règne tyrannique ponctué par une sanglante «révolution culturelle» et qui ne survivra que quelques mois à son adversaire taïwanais.

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Tchang Kaï-chek

Jusqu’alors démocratie de façade, Taiwan en devient progressivement une plus réelle et, dans les années 1980, l’Etat insulaire émerge comme l’une des grandes puissances économiques de l’Asie, formant avec la Corée du Sud, la cité-Etat de Singapour et Hong Kong, alors toujours colonie britannique, les «Quatre Dragons».

Pour la Chine populaire, la fin de la Guerre Froide n’est pas symbole de liberté, le Printemps de Beijing et les manifestants de la Place Tienanmen étant réprimés dans le sang en juin 1989. La décennie voit le pouvoir central poursuivre et accentuer ses manœuvres d’intimidation contre les minorités ethniques et religieuses, Bouddhistes au Tibet et Ouighours musulmans au Xinjiang. Quant à Taiwan, sa position unique de non-Etat membre de l’ONU apparaît plus que jamais problématique, au sein d’un nouvel ordre mondial introuvable et pour lequel l’interminable exclusion de l’Etat insulaire fait figure d’épine dans le pied.

C’est aussi l’époque où, sous le leadership de Lee Teng-hui, Taiwan parachève sa démocratisation et entame une vaste campagne diplomatique mondiale pour trouver de nouveaux alliés. L’un des effets les moins connus de cette campagne est que, lorsque le Conseil de Sécurité des Nations Unies est appelé en 1999 à renouveler le mandat de l’UNPREDEP, force déployée à titre préventif en Macédoine – aujourd’hui République de Macédoine du Nord –, Beijing met son veto en raison de la reconnaissance accordée par l’ancienne république yougoslave à Taiwan, une opération de l’OTAN devant prendre la relève.

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Mao Zedong

Ayant suivi depuis la fin de la Seconde Guerre Mondiale un parcours politique semblable à celui, en Europe, de l’Espagne et du Portugal, avec un régime de type fasciste disparaissant avec son créateur dans les années 1970 et une démocratisation qui va de pair avec une envolée économique, entre un modèle communiste disparu presque partout ailleurs dans le monde et celui de la démocratie de libre marché, certes imparfait mais non moins plébiscité à travers la planète, Taiwan a choisi. Entre un Etat qui se donne droit de vie et de mort sur ses citoyens, la dernière forme en étant celle de Ouighours parqués dans des camps et de femmes stérilisées de force qui confèrent à cette campagne tous les traits d’un génocide, et un Etat qui se dote d’une Commission nationale des Droits Humains en dépit même de convulsions internes et d’une menace militaire externe plus criante que jamais, Taiwan sait quels risques elle veut prendre.

Organisations intergouvernementales : un modèle à revoir ?

Une organisation comme l’AWC n’est pas là pour soutenir une idéologie politique précise, que ce soit le communisme, le capitalisme ou aucune autre. Nous ne sommes pas là non plus pour prendre parti pour un Etat contre un autre, notre but étant le règlement pacifique des différends entre nations.

Mais les contextes politiques permettant ou non le respect des Droits Humains sont une réalité. Deux Etats se veulent la Chine, l’un à Beijing, l’autre à Taipei. A présent, l’un d’eux possède une Commission nationale des Droits Humains. Et ce n’est pas celui qui, juridiquement parlant, est tenu par les Principes de Paris.

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Lee Teng-hui

Douglas Mattern, Président-fondateur de l’AWC, décrivait notre association comme étant «engagée corps et âme» auprès de l’ONU. Elle l’est, mais envers l’esprit de l’Organisation mondiale, la lettre de ses textes, et non envers la moindre de ses décisions politiques. En l’occurrence, l’exclusion totale de Taiwan du système onusien, déjà battue en brèche par la COVID-19 qui remet à l’ordre du jour la question de l’admission de Taiwan à l’Organisation mondiale de la Santé où elle a perdu son statut d’observateur au moment de l’arrivée au pouvoir de Tsai Ing-wen, apparaît plus incompréhensible encore avec l’accession à un mécanisme onusien de Droits Humains de la République de Chine quand la République populaire de Chine, Membre permanente du Conseil de Sécurité, s’affiche de plus en plus fièrement indifférente à ses devoirs les plus élémentaires.

L’expérience taïwanaise qui vient de s’ouvrir devra être observée avec la plus grande attention. S’il vient à être démontré qu’une institution de fondement onusien peut se développer avec succès sur un territoire et dans un Etat extérieurs à l’ONU, et on les sait bien peu nombreux, alors une révision du modèle des organisations intergouvernementales du vingtième siècle s’imposera, avec pour point de départ, du plus ironiquement, une leçon de cohérence donnée à l’une d’entre elles par un Etat-nation. 

Bernard J. Henry est Officier des Relations Extérieures de l’Association of World Citizens.

Hagia Sophia: The Divine Spark in All

In Cultural Bridges, Current Events, Middle East & North Africa, Religious Freedom, Spirituality, The Search for Peace on August 2, 2020 at 3:20 PM

By René Wadlow

 

There is a certain irony in the return of the Hagia Sophia to being an Islamic mosque which it had been from 1453 to 1934. From 1934 till today, it was considered a museum and was visited by many especially for the fine quality of its artwork.

Sophia is the incarnation of wisdom in a feminine figure, providing light in a dark, material world. Only the feminine, the channel of creation in the world, has the power and compassion necessary to overcome the darkness of ignorance.

Sophia as the incarnation of wisdom was a concept among the philosophers of Alexandria and from there entered Jewish thought. (See the Book of Proverbs) The Sophia myth was widespread in the Middle East at the time of Jesus. (1) Sophia was also an important part of Manichean. The Sophia image was also used in various gnostic systems and underwent a great variety of treatments.

Hagia_Sophia,_Constantinople,_Turkey,_ca._1897

Probably developed independently, the feminine embodiment of wisdom and compassion is Shakti in Hinduism and Kuan Yin, the compassionate Bodhisattva in Taoism and Chinese Buddhism.

In our own time, Carl G. Jung highlights the Sophia myth as a many-layered structure of an individual’s search for health and wholeness. Jung stresses the archetypal fall into darkness and the return to light in related myths such as the Egyptian Isis and the descent of Orpheus into the underworld to rescue his wife Eurydice.

It is not certain that all who go to pray at the newly restored mosque will know of the cultural and spiritual meaning of Sophia. However, the central theme of Sophia is that wisdom is the divine spark within each person. That spark is there if one knows the myth or not.

Note: (1) See James M. Robenson (Ed), The Nag Hammadi Library in English (San Francisco: Harper Collins).

Prof. René Wadlow is President of the Association of World Citizens.

South China Sea Delimitation Disputes: Good Faith Negotiations Needed

In Asia, Being a World Citizen, Conflict Resolution, Cultural Bridges, Current Events, Environmental protection, International Justice, NGOs, Solidarity, The Search for Peace, Track II, United Nations, World Law on July 28, 2020 at 11:42 AM

By René Wadlow

 

There are several maritime delimitation disputes that are currently dangerous and require good-faith negotiations to prevent increased tensions. World Citizens had played an important role in the Law of the Sea Conference (UNCLOS) negotiations and in the creation of the International Seabed Authority and its Tribunal on maritime deliberation issues. (1)

There are currently two major geographic areas in which there are maritime delimitation issues: the Arctic and the China Seas. The China Seas tensions are the most politically sensitive. Territorial sea disputes can be heated up by governments and cooled off at will when other political issues require attention elsewhere. Currently, we are in a “heating up” stage between China and Japan, China, and the USA, and to a lesser degree between China and Vietnam, China and Taiwan, and China and the Philippines. The broader China-U.S.A. tensions also color the South China Sea issues.

There are both economic and geo-strategic aspects to these tensions, and both need to be addressed if good faith negotiations are to lead to cooperation for the benefit of all. (2)

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Progress in maritime geology and predictions of metal shortages in the decade ahead have made seabed mining a concern of governments such as China, Japan, and South Korea. Minerals such as copper, gold, and many other industrial minerals as well as oil-natural gas are thought to be available through sea mining in this Pacific area.

The strategic-geopolitical aspects are less clear but they focus on the Chinese Navy creating permanent islands around what had been only rock formations of land that was visible only part of the year. There is a drive for influence in the area among China, Japan, the USA, and to a lesser extent, India. The drive has no doubt to do with the vision each State has of its leadership role, its growing or declining position, its ability to limit the influence and access of other States, and its “core interests.” Such political speculations are “immaterial” but can easily lead to mistaken calculations and consequent actions.

Factions in both Japan and China are playing a “nationalist card” concerning the maritime delimitations disputes, no doubt for reasons which go beyond the specific aspects of the disputes. Although the Chinese “nationalist” focus is directed toward Japan, there is a vision among some Chinese that the USA is the cause of the continuing problems with Taiwan and Japan.

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Therefore, it is important that “non-nationalist” voices be heard, stressing cooperation for mutual benefit. The Association of World Citizens is among such voices, stressing that the settlement of maritime delimitation disputes through adjudication by the World Court is the ideal approach. For World Citizens, the quality of the Law of the Sea is of special significance. The greater part of the oceans is considered res communis, a global common beyond national ownership. Furthermore, the physical nature of the oceans suggests world rather than national solutions to the increasing need for management of marine resources and the marine environment.

Although most maritime delimitations are, in fact, achieved without recourse to adjudication and settled by bilateral negotiations, submitting a dispute to the World Court can better ensure that the results of the delimitation process conform to the rules of international law. We need to start a strong mobilization of voices calling for good-faith negotiations and for a vision of cooperation among the States of the China Seas.

NOTES:

1) See the writings of the Louis B. Sohn, in particular his course at the Hague Court legal summer school “Settlement of Disputes Relating to the Interpretation and Application of Treaties”, Recueil des cours, Vol. 150. 1976 II, pp. 205-294. For a useful approach to the delimitations issues see A. O. Adede, The System for Settlement of Disputes Under the UNCLOS (Martinus Nijhoff Publishers, 1987)

2) Delimitation disputes are not new but reappear when politically useful for some reason. For a good overview of the history with maps of the disputed areas see Douglas Johnston and Mark Valencia, Pacific Ocean Boundary Problems (Martinus Nijhoff Publishers, 1991).

Prof. René Wadlow is President of the Association of World Citizens.

Can Track II Efforts Reduce China-India Frontier Tensions?

In Asia, Being a World Citizen, Conflict Resolution, Cultural Bridges, Current Events, NGOs, Solidarity, The Search for Peace, Track II, United Nations on July 3, 2020 at 7:52 AM

By René Wadlow

 

In a June 24, 2020 message to the Secretary General of the Shanghai Cooperation Organization, Mr. Vladimir Novov, the Association of World Citizens (AWC) expressed its active concern with the June 15 death of Indian and Chinese military in the Galwan River Valley in Ladakh on the India-China frontier and the possibility that the tensions will increase. While there have been brief discussions among Indian and Chinese authorities to prevent escalation, there have been no real negotiations. Negotiation is a basic political decision-making process, to facilitate compromise without loss of essential objectives.

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The Indian Ministry of External Affairs said on June 25 that since early May, the Chinese have been amassing a large contingent of troops and arms along the Line of Actual Control (LAC). Also, within India, there has been a good deal of media attention, highly critical of China, given to the events. In addition, there have been calls for a boycott of Chinese goods, and some Chinese products have been removed from Indian shops. Both Indian and Chinese spokespersons have made references to the 1962 war during which some 2,000 persons were killed.

The AWC believes that there is a need for prompt measures as the India-China tensions add to existing tensions between the USA and China as well as boundary issues with Asian States in the South China Sea.

There may be a role for “Track II” nongovernmental efforts and exchanges. Track I is official government to government diplomacy among instructed representative of States, usually diplomats from the Foreign Ministry. However, governments have a range of officials on whom to call: intelligence agencies, the military, and “friends of the President” – trusted individuals within the executive entourage.

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Track II efforts are organized through nongovernmental organizations and sometimes by academic institutions. Such efforts can entail informal, behind the scene communications that take place in the absence of formal communication channels. The term “Track II” was coined by the U. S. diplomat Joseph Montville in The Arrow and the Olive Branch: A Case for Track II Diplomacy.

Track II efforts have grown as there is increasing recognition that there is a tragic disjunction between the United Nations tension-reduction mandate and its ability to intervene in conflicts when called upon. As Adam Curle, experienced in Quaker mediation efforts has written “In general governments achieve their results because they have power to influence events, including the ability to reward or to punish. Paradoxically, the strength of civilian peacemakers resides specifically in their lack of power. They are neither feared nor courted for what they can do. Instead, they are trusted and so may sometimes be enabled to play a part in peacemaking denied to most official diplomats.”

Those involved in Track II efforts must, nevertheless, have ready access to governmental decision-makers and Track I diplomats. As the World Citizen and Quaker economist Kenneth Boulding in a little verse writes,

“When Track One will not do,
We have to travel on Track Two
But for results to be abiding,
The Tracks must meet upon some siding”.

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In the China-India frontier tensions, both sides must be convinced that there is a considerable sentiment for peace among their own supporters. In this conflict, which could slip into greater violence, there is an understandable tendency to look for short term answers. Yet there is also a need for some involved in Track II efforts to have an over-all integrated perspective for both short as well as long-term transformation. Thus, there needs to be a “pool” of people with experience, skills and the ability to move fast when the need or the opportunity is there?

We are sure that there are groups in India and China which can rise to meet this challenge.

Prof. René Wadlow is President of the Association of World Citizens.

L’ONU n’a plus le droit aux rendez-vous manqués en matière de racisme

In Africa, Anticolonialism, Being a World Citizen, Conflict Resolution, Cultural Bridges, Current Events, Democracy, Europe, Fighting Racism, Human Rights, Middle East & North Africa, NGOs, Social Rights, Solidarity, The Search for Peace, Track II, United Nations, War Crimes, Women's Rights, World Law on June 21, 2020 at 10:56 PM

Par Bernard J. Henry

 

Il fallait s’y attendre. Après la mort de l’Afro-Américain George Floyd à Minneapolis (Minnesota) le 25 mai, étouffé par le policier Derek Chauvin et ses collègues auxquels il criait du peu de voix qu’ils lui laissaient « I can’t breathe », « Je ne peux pas respirer », et avec la vague mondiale d’indignation que le drame a soulevée quant au racisme et aux violences policières, l’Afrique s’est élevée d’une seule voix à l’ONU.

Le 12 juin, les cinquante-quatre pays du Groupe africain de l’Assemblée générale des Nations Unies ont appelé le Conseil des Droits de l’Homme à un « débat urgent sur les violations actuelles des droits de l’homme d’inspiration raciale, le racisme systémique, la brutalité policière contre les personnes d’ascendance africaine et la violence contre les manifestations pacifiques ».

Avec les cinquante-quatre pays africains, c’étaient plus de six cents organisations non-gouvernementales, dont l’Association of World Citizens (AWC), qui appelaient le Conseil à se saisir de la question. Et le 15 juin, la demande a été acceptée sans qu’aucun des quarante-sept Etats qui composent le Conseil ne s’y soit opposé. Le débat demandé a donc eu lieu, sur fond de dénonciation d’un « racisme systémique » par Michelle Bachelet, Haute Commissaire des Nations Unies pour les Droits de l’Homme, mais aussi d’indignation des cadres onusiens originaires d’Afrique contre leur propre institution qu’ils jugent trop passive.

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Une fresque en hommage à George Floyd sur un mur de Chicago (Illinois).

Pour l’Organisation mondiale, il s’agit plus que jamais de n’entendre pas seulement la voix de ses Etats membres, mais aussi celle du peuple du monde qui s’exprime en bravant les frontières, parfois même ses dirigeants. La mort de George Floyd et l’affirmation, plus forte que jamais, que « Black Lives Matter », « Les vies noires comptent », imposent une responsabilité historique à l’ONU qui, en matière de racisme, n’a plus droit aux rendez-vous manqués, réels et présents dans son histoire.

Résolution 3379 : quand l’Assemblée générale s’est trompée de colère

Le 10 novembre 1975, l’Assemblée générale de l’ONU adoptait sa Résolution 3379 portant « Élimination de toutes les formes de discrimination raciale ». Malgré ce titre prometteur, le vote de l’Assemblée générale cristallisait en fait les frustrations des Etats Membres quant à deux situations de conflit, jugées les plus graves au monde depuis la fin de la guerre du Vietnam en avril – l’Afrique australe et le Proche-Orient.

A côté de l’Afrique du Sud ou règne l’apartheid, la ségrégation raciale érigée en système par la minorité blanche aux dépens de la population noire autochtone, se tient l’ancêtre de l’actuel Zimbabwe, la Rhodésie, Etat proclamé en 1970 sur une colonie britannique mais non reconnu par la communauté internationale. La Rhodésie n’est pas un Etat d’apartheid proprement dit, mais sa minorité blanche tient la majorité noire sous la chappe brutale d’un paternalisme colonialiste. Deux organisations indépendantistes, la ZANU et la ZAPU, s’y affrontent dans une violente guerre civile et le gouvernement principalement blanc de Ian Smith n’y veut rien entendre.

Apartheid

Dans l’Afrique du Sud de l’apartheid, même sans le dire, une plage réservée aux Blancs était interdite aux Noirs au même titre qu’elle l’était aux chiens.

Au Proche-Orient, la création en 1948 de l’Etat d’Israël s’est faite sans celle d’un Etat palestinien que prévoyait pourtant le plan original de l’ONU. En 1967, lors de la Guerre des Six Jours qui l’oppose aux armées de plusieurs pays arabes, l’Etat hébreu étend son occupation sur plus de territoires que jamais auparavant, prenant le Sinaï à l’Egypte – qui lui sera rendu en 1982 – et le Golan à la Syrie, la Cisjordanie et Jérusalem-Est échappant quant à elles à la Jordanie. Aux yeux du monde, l’idéal sioniste des fondateurs d’Israël signifie désormais principalement l’oppression de la Palestine.

Et les deux Etats parias de leurs régions respectives avaient fini par s’entendre, causant la fureur tant de l’URSS et de ses alliés à travers le monde que du Mouvement des Non-Alignés au sud. Le 14 décembre 1973, dans sa Résolution 3151 G (XXVIII), l’Assemblée générale avait déjà « condamné en particulier l’alliance impie entre le racisme sud africain et le sionisme ». C’est ainsi que deux ans plus tard, la Résolution 3379 enfonçait le clou contre le seul Israël en se concluant sur ces termes : « [L’Assemblée générale] [c]onsidère que le sionisme est une forme de racisme et de discrimination raciale ».

Impossible de ne pas condamner l’occupation israélienne en Palestine, tant elle paraissait incompatible avec le droit international qui, en 1948, avait précisément permis la création de l’Etat d’Israël. Pour autant, assimiler le sionisme au racisme présentait un double écueil. D’abord, s’il se trouvait un jour une possibilité quelconque d’amener Israéliens et Palestiniens au dialogue, comment Israël allait-il jamais accepter de venir à la table des négociations avec un tel anathème international sur son nom ? C’est ce qui amena, après la Première Guerre du Golfe, l’adoption par l’Assemblée générale de l’ONU de la Résolution 46/86 du 16 décembre 1991 par laquelle la Résolution 3379, et avec elle l’assimilation du sionisme au racisme, étaient tout simplement abrogées, ce qui était l’une des conditions d’Israël pour sa participation à la Conférence de Madrid en octobre. Ensuite, plus durablement cette fois, présenter l’affirmation d’un peuple de son droit à fonder son propre Etat comme étant du racisme ne pouvait qu’alimenter le refus, ailleurs à travers le monde, du droit à l’autodétermination déjà mis à mal dans les années 1960 au Katanga et au Biafra, avec à la clé, l’idée que toute autodétermination allait entraîner l’oppression du voisin.

« Les racistes sont des gens qui se trompent de colère », disait Léopold Sédar Senghor. Il n’en fut pire illustration que la Résolution 3379, inefficace contre le racisme et n’ayant servi qu’à permettre à Israël de se poser en victime là où son occupation des Territoires palestiniens n’avait, et n’a jamais eu, rien de défendable.

Un échec complet donc pour l’ONU, mais qui fut réparé lorsque commença le tout premier processus de paix au Proche-Orient qui entraîna, en 1993, les Accords d’Oslo et, l’année suivante, le traité de paix entre Israël et la Jordanie. C’était toutefois moins une guérison qu’une simple rémission. 

Durban 2001 : l’antiracisme otage de l’antisémitisme

Le 2 septembre 2001 s’est ouverte à Durban, en Afrique du Sud, la Conférence mondiale contre le racisme, la discrimination raciale, la xénophobie et l’intolérance, conférence organisée par les Nations Unies. Sans même évoquer la Résolution 3379 en soi, depuis son abrogation en 1991, le monde avait changé. La Guerre Froide était terminée, l’URSS avait disparu, l’apartheid avait pris fin dans une Afrique du Sud rebâtie en démocratie multiraciale par Nelson Mandela auquel succédait désormais son ancien Vice-président Thabo Mbeki.

Au Proche-Orient, Yitzhak Rabin avait été assassiné en 1995, et avec lui étaient morts les Accords d’Oslo réfutés par son opposition de droite, cette même opposition qui dirigeait désormais Israël en la personne d’Ariel Sharon, ancien général, chef de file des faucons et dont le nom restait associé aux massacres de Sabra et Chatila en septembre 1982 au Liban. Aux Etats-Unis, le libéralisme international des années Clinton avait fait place aux néoconservateurs de l’Administration George W. Bush, hostiles à l’ONU là où leurs devanciers démocrates avaient su s’accommoder du Secrétaire général Kofi Annan. Le monde avait changé, mais c’était parfois seulement pour remplacer certains dangers par d’autres. Et le passé n’allait pas tarder à se rappeler au bon souvenir, trop bon pour certains, des participants.

La Haute Commissaire des Nations Unies pour les Droits de l’Homme, Mary Robinson, n’était pas parvenue à mener des travaux préparatoires constructifs, et dès le début des discussions, le résultat s’en est fait sentir. Devant la répression israélienne de la Seconde Intifada à partir de fin septembre 2000, l’Etat hébreu déclenche une fois de plus la colère à travers le monde. Un nombre non négligeable d’Etats rêvent de déterrer la Résolution 3379, mais cette fois, sans plus de racisme sud-africain auquel accoler le sionisme, Israël va voir cette colère dégénérer en récusation non plus du sionisme mais, tout simplement, du peuple juif où qu’il vive dans le monde.

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A gauche, Ariel Sharon, alors officier supérieur de Tsahal, en 1967. Plus tard Ministre de la Défense puis Premier Ministre, son nom sera associé à de graves crimes contre les Palestiniens commis par Israël.

S’y attendant, l’Administration Bush a lancé des mises en garde avant le début de la conférence. En ouverture, Kofi Annan annonce la couleur – il ne sera pas question de sionisme, pas de redite de 1975. Rien n’y fait. Toute la journée, des Juifs présents à la conférence sont insultés et menacés de violences. Le Protocole des Sages de Sion, faux document né dans la Russie tsariste au début du vingtième siècle pour inspirer la haine des Juifs, est vendu en marge. Et, comble pour une conférence des Nations Unies, même si elles n’y sont bien entendu pour rien, il est distribué aux participants des tracts à l’effigie, et à la gloire, d’Adolf Hitler.

Il n’en faut pas plus pour qu’Etats-Unis et Israël plient bagages dès le lendemain. Si la France et l’Union européenne restent, ce n’est cependant pas sans un avertissement clair – toute poursuite de la stigmatisation antisémite verra également leur départ.

C’est à la peine qu’est adopté un document final, dont ce n’est qu’en un lointain 58ème point qu’il est rappelé que « l’Holocauste ne doit jamais être oublié ». Dans le même temps, un Forum des ONG concomitant adopte une déclaration si violente contre Israël que même des organisations majeures de Droits Humains telles qu’Amnesty International, Human Rights Watch et la Fédération internationale des Ligues des Droits de l’Homme s’en désolidarisent. Le Français Rony Brauman, ancien Président de Médecins Sans Frontières, ardent défenseur de la cause palestinienne, n’avait pu lui aussi que déplorer l’échec consommé de la conférence, prise en otage par des gens qui prétendaient combattre le racisme, y compris, naturellement, le colonialisme israélien, mais n’avaient en réalité pour but que de répandre le poison de l’antisémitisme.

Pour la dignité de chaque être humain

Le racisme est un phénomène universel, qui n’épargne aucun continent, aucune culture, aucune communauté religieuse. De la part de l’ONU, c’est en tant que tel que le peuple du monde s’attend à le voir combattu. Par deux fois, les Etats membres de l’Organisation mondiale l’ont détournée de sa fonction pour plaquer le racisme sur ce qui était, et qui demeure, une atteinte à la paix et la sécurité internationales, nommément l’occupation israélienne en Palestine où, indéniablement, le racisme joue aussi un rôle, mais qui ne peut se résumer à la seule question de la haine raciale comme c’était le cas de l’apartheid en Afrique du Sud ou comme c’est aujourd’hui celui du scandale George Floyd.

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Ici à New York en 2014, le slogan “Black Lives Matter”, qui exprime désormais le droit de tout être humain opprimé en raison de son origine au respect et à la justice.

S’il ne peut ni ne doit exister d’indulgence envers quelque Etat que ce soit, en ce compris l’Etat d’Israël, le racisme sous toutes ses formes, surtout lorsqu’il provient d’agents de l’Etat tels que les policiers, ne peut être circonscrit à la condamnation d’une seule situation dans le monde, aussi grave soit-elle, encore moins donner lieu à l’antisémitisme qui est lui aussi une forme de racisme et l’on ne peut en tout bon sens louer ce que l’on condamne !

Par bonheur, le Groupe africain a su éviter tous les écueils du passé, ayant lancé un appel au débat qui fut accepté sans mal par le Conseil des Droits de l’Homme. Les appels de la Haute Commissaire aux Droits de l’Homme et des hauts fonctionnaires d’origine africaine viennent amplifier un appel que l’ONU doit entendre. Le monde s’est réveillé, il faut en finir avec le racisme, et sur son aptitude à agir, à accueillir les critiques, l’ONU joue sa crédibilité dans cette lutte pour la dignité de chaque être humain qui est le premier des droits.

Bernard J. Henry est Officier des Relations Extérieures de l’Association of World Citizens.

World Interfaith Harmony Week: Steps Toward A Harmony Renaissance

In Asia, Being a World Citizen, Cultural Bridges, Spirituality on February 5, 2020 at 8:30 AM

By René Wadlow

The United Nations (UN) General Assembly on October 20, 2010, by Resolution A/RES/65/PV.34 designated the first week of February of every year as the World Interfaith Harmony Week between all religions, faiths and beliefs.

The General Assembly, building on its efforts for a culture of peace and non-violence, wished to highlight the importance that mutual understanding and inter-religious dialogue can play in developing a creative culture of peace and non-violence. The General Assembly Resolution recognized “the imperative need for dialogue among different faiths and religions in enhancing mutual understanding, harmony and cooperation among people.” The week has a potential to promote the healing of religion-based tensions in the world.

As the then Secretary General Ban Ki-moon wrote “At a time when the world is faced with many simultaneous problems — security, environmental, humanitarian, and economic — enhanced tolerance and understanding are fundamental for a resilient and vibrant international society. There is an imperative need, therefore, to further reaffirm and develop harmonious cooperation between the world’s different faiths and religions.”

Citizens of the World have called for a cultural renaissance based on the concept of harmony. Rather than concentrating primarily on conflicts, struggles and suffering which is certainly necessary if we are to help resolve the many armed conflicts, World Citizens have suggested that the focus should be on cooperation, coexistence and visions of a better future. Harmony includes tolerance, acceptance, equality and forgiveness of past pains and conflicts. Harmony leads to gentleness, patience, kindness and thus to inner peace and outward to relations based on respect.

Harmony is a universal common value. In harmony we can find true belief that transcends all cultures and religions. The meaning of life is to seek harmony within our inner self. Humans are born with a spiritual soul that develops to seek self-fulfillment. Our soul has a conscience that elevates us. As our soul grows to maturity, we achieve our own harmony.

However, harmony is not only a personal goal of inner peace but a guideline for political, social and world affairs. At this moment in history, our action should enhance peace, reduce conflict and activate a harmony culture. The 21st century is the beginning of a Harmony Renaissance. Our world mission is to be ready for humanity’s next creative wave to lead us to a higher level of common accomplishment. The World Harmony Renaissance should bring the whole world into action for this new millennium of peace and prosperity with unfettered collective energy.

Chinese culture can play an important role in the creation of this harmonious culture. In an earlier period in Chinese thought there was an important conscious effort to create a Harmony Renaissance. This was during the Sung dynasty (960-1279) which reunited China after a period of division and confusion. This was a period of interest in science — “the extension of knowledge through the investigation of things”. It was a period when there was a conscious effort to bring together into a harmonious framework currents of thought that existed in China but often as separate and sometimes hostile schools of thought: Confucianism, Buddhism, philosophical Taoism and religious Taoism. These efforts were called Tao hsuch — the Study of the Tao — an effort later called by Western scholars as “Neo-Confucianism”.

Confucius

Chou Tun-yi (1017-1073), often better known as the Master of Lien-his, was a leading figure in this effort. He developed a philosophy based on the alternation of the Yin and Yang, each becoming the source of the other.

Thus today, after decades of conflict when the emphasis of the countries of the world both in policy and practice was upon competition, conflict and individual enrichment, there is a need for an emphasis on harmony, cooperation, mutual respect, and working for the welfare of the community with a respect for Nature. When one aspect, either Yin or Yang, becomes too dominant, then there needs to be a re-equilibrium.

Obviously, it takes time for a harmonious society at home and a harmonious world abroad to be put into place. The re-equilibrium of the energies of Yin and Yang do not take place overnight. Nor is this re-equilibrium only the task of the Chinese. The cultivation of harmony must become the operational goal for many. As Mencius (372-289 BCE) a follower of Confucius said, “A trail through the mountains, if used, becomes a path in a short time, but, if unused, becomes blocked by grass in an equally short time.”

The World Interfaith Harmony Week is an opportunity to open new paths. As world citizens we must find a new guiding image for our culture, one that unifies the aspirations of humanity with the needs of the planet and the individual. We hold that peace can be achieved through opening our hearts and minds to a broader perspective. We are one human race, and we inhabit one world. Therefore, we must see the world with global eyes, understand the world with a global mind and love the world with a global heart.

Prof. René Wadlow is President of the Association of World Citizens.

Maurice Béjart: Starting Off the Year with a Dance

In Africa, Arts, Being a World Citizen, Cultural Bridges on January 3, 2020 at 6:16 PM

By René Wadlow

January 1 is the birth anniversary of Maurice Béjart, an innovative master of modern dance. In a world where there is both appreciation and fear of the mixing of cultural traditions, Maurice Béjart was always a champion of blending cultural influences. He was a world citizen and an inspiration to all who work for a universal culture. His death on November 22, 2007 was a loss, but he serves as a forerunner of what needs to be done so that beauty will overcome the walls of separation. One of the Béjart’s most impressive dance sequences was Jérusalem, Cité de la Paix in which he stressed the need for reconciliation and mutual cultural enrichment.

Béjart followed in the spirit of his father, Gaston Berger (1896-1960), philosopher, administrator of university education, and one of the first to start multi-disciplinary studies of the future. Gaston Berger was born in Saint-Louis de Sénégal, with a French mother and a Senegalese father. Sénégal, and especially Leopold Sedar Senghor, pointed with pride to Gaston Berger as a “native son” — and the second university after Dakar was built in Saint-Louis and carries the name of Gaston Berger. Berger became a professor of philosophy at the University of Aix-Marseille and was interested in seeking the basic structures of mystical thought, with study on the thought of Henri Bergson and Pierre Teilhard de Chardin, both of whom were concerned with the basic energies which drive humanity forward. Berger was also interested in the role of memory as that which holds the group together writing that it is memory which allows us “to be able to hope together, to fear together, to love together, and to work together.”

Maurice Béjart

In 1953, Gaston Berger was named director general of higher education in France with the task of renewal of the university system after the Second World War years. Thus, when Maurice-Jean Berger, born in 1927, was to start his own path, the name Berger was already well known in intellectual and administrative circle. Maurice changed his name to Béjart which sounds somewhat similar but is the name of the wife of Molière. Molière remains the symbol of the combination of theater-dance-music.

Maurice Béjart was trained at the Opéra de Paris and then with the well-known choreographer Roland Petit. Béjart’s talent was primarily as a choreographer, a creator of new forms blending dance-music-action. He was willing to take well-known music such as the Bolero of Maurice Ravel or The Rite of Spring and The Firebird of Stravinsky and develop new dance forms for them. However, he was also interested in working with composers of experimental music such as Pierre Schaeffer.

G. I. Gurdjieff

Béjart also continued his father’s interest in mystical thought, less to find the basic structures of mystic thought like his father but rather as an inspiration. He developed a particular interest in the Sufi traditions of Persia and Central Asia. The Sufis have often combined thought-music-motion as a way to higher enlightenment. The teaching and movements of G. I. Gurdjieff are largely based on Central Asian Sufi techniques even if Gurdjieff did not stress their Islamic character. Although Gurdjieff died in October 1948, he was known as an inspiration for combining mystical thought, music and motion in the artistic milieu of Béjart. The French composer of modern experimental music, Pierre Schaeffer with whom Béjart worked closely was a follower of Gurdjieff. Schaeffer also worked closely with Pierre Henry for Symphonie pour un homme seul and La Messe pour le Temps Présent for which Béjart programmed the dance. Pierre Henry was interested in the Tibetan school of Buddhism, so much of Béjart’s milieu had spiritual interests turned toward Asia.

It was Béjart’s experience in Persia where he was called by the Shah of Iran to create dances for the Persepolis celebration in 1971 that really opened the door to Sufi thought — a path he continued to follow. A Sufi theme is “opening the heart to the light of love.” Sufi movements, which Béjart adopted, is to develop movements in time with the beating of the heart.

Béjart also followed his father’s interest in education and created dance schools both in Bruxelles and later Lausanne. While there is not a “Béjart style” that others follow closely, he stressed an openness to the cultures of the world and felt that dance could be an enrichment for all social classes. He often attracted large audiences to his dance performances, and people from different milieu were moved by his dances.

Béjart represents a conscious effort to break down walls between artistic forms by combining music, dance, and emotion and the walls between cultures. An inspiration for world citizens to follow.

Prof. René Wadlow is President of the Association of World Citizens.

Harvin Khalaf : Une lumière s’est éteinte, mais la réconciliation reste à faire

In Being a World Citizen, Conflict Resolution, Cultural Bridges, Current Events, Democracy, Human Rights, Humanitarian Law, International Justice, Middle East & North Africa, Solidarity, Syria, The Search for Peace, War Crimes, World Law on October 22, 2019 at 12:16 PM

Par René Wadlow

Le 12 octobre 2019, Havrin Khalaf, Co-secrétaire générale du Parti de l’Avenir de la Syrie, a été abattue à un barrage routier par la milice Ahrar al-Shargiya soutenue par la Turquie. Le Parti de l’Avenir de la Syrie avait été formé en mars 2018 à Raqqa afin de créer «une Syrie démocratique, pluraliste et décentralisée». Le Parti était actif au sein de l’Administration autonome du Nord et de l’Est de la Syrie – région souvent désignée par les Kurdes en tant que Rojava. La région présente une haute diversité, tant de par les groupes qui la peuplent que par les religions qui y sont représentées. Le Parti de l’Avenir de la Syrie cherchait donc à bâtir des ponts de compréhension entre Kurdes, Arabes, Turkmènes et tous les autres groupes, ainsi qu’entre Musulmans, Chrétiens et Yézidis. L’espoir était que cet effort pour bâtir des passerelles devienne un exemple pour tout le reste de la Syrie.

Avant même le début des combats en Syrie en 2011, la société syrienne était divisée selon des critères ethniques et religieux. Les hostilités, le déplacement de populations, la montée de l’Etat islamique (Daesh) n’ont fait qu’accroître les divisions ethniques et religieuses. Dans de nombreux cas, la confiance entre les groupes a été brisée, et même la coopération a minima qui se manifestait à travers des liens économiques a volé en éclats. Rebâtir la coopération, et c’était l’un des buts principaux du Parti de l’Avenir de la Syrie, s’avérera difficile. L’incursion des forces turques et de leurs alliés syriens au nord-est de la Syrie va rendre la coopération par-delà les divisions ethniques et religieuses encore plus ardue.

A elle seule, Havrin Khalaf symbolisait cet effort de réconciliation. Elle était également un symbole de la quête pour l’égalité entre femmes et hommes. Femme kurde, elle avait pour Co-secrétaire général du Parti de l’Avenir de la Syrie un homme arabe. Femme dotée d’une solide éducation – elle avait été diplômée de l’Université d’Alep en 2009 – elle était particulièrement active en matière d’autonomie et de renforcement des femmes. Elle avait souvent officié comme porte-parole auprès de diplomates, journalistes, et travailleurs humanitaires en visite dans la région. Jouissant d’une haute visibilité, elle n’a pu être tuée que de manière délibérée. En même temps qu’elle, le chauffeur de la voiture du Parti à bord de laquelle elle se déplaçait a trouvé la mort.

Le danger est réel de voir de tels assassinats se multiplier avec l’avancée des troupes turques et l’expansion permanente de leur contrôle sur ce qu’ils appellent, non sans ironie, une « zone de sécurité ». Déjà dans un passé récent, l’occupation turque de la région d’Afrin a entraîné des déplacements de population, des pillages, des prises d’otages et des tortures. Il est également à craindre que les territoires du nord-est de la Syrie récemment repassées sous le contrôle du Gouvernement syrien ne soient pas épargnées par les crimes de vengeance, ni par les violations des Droits Humains ou du droit humanitaire international pour des motifs politiques.

Avec le décès de Havrin Khalaf à trente-quatre ans, une lumière vient de s’éteindre. Mais la réconciliation reste à faire. Il faut des voix nouvelles. Nous qui vivons en dehors de la Syrie, nous devons voir ce que nous pouvons faire pour faciliter ce rôle vital de construction de ponts entre les êtres humains.

Le Professeur René Wadlow est Président de l’Association of World Citizens.

Havrin Khalaf: A Light Has Gone Out But The Tasks of Reconciliation Remain

In Being a World Citizen, Conflict Resolution, Cultural Bridges, Current Events, Democracy, Human Rights, Humanitarian Law, International Justice, Middle East & North Africa, Solidarity, Syria, The Search for Peace, War Crimes, World Law on October 22, 2019 at 10:02 AM

By René Wadlow

On October 12, 2019, Havrin Khalaf, the Co-Secretary-General of the Future Syria Party was shot to death at a roadblock by the Turkish-backed militia, Ahrar al-Shargiya. The Future of Syria Party had been formed in March 2018 in Raqqa with its aim of a “democratic, pluralistic, and decentralized Syria.” The Party was active in the Autonomous Administration of North and East Syria — an area often referred to by the Kurds as Rojava. The area is highly diverse in both population groups and religions. Thus, the Future Syria Party wanted to build bridges of understanding among Kurds, Arabs, Turkmen, and other ethnic groups as well as among Muslims, Christians and Yezidis. The hope was that this bridge-building effort would become a model for all of Syria.

Even before the fighting began in Syria in 2011, the Syrian society was divided along ethnic and religious lines. The fighting, the displacement of people, the rise of the Islamic State (ISIS) has increased ethnic and religious divisions. In many cases, trust among groups has been broken, and even minimal cooperation through economic links has been broken. Rebuilding cooperation, a chief aim of the Future Syria Party, will be difficult. The move of Turkish forces and their Syrian allies into northeast Syria will make cooperation across ethnic and religious divides even more difficult.

Havrin Khalaf was a symbol of this reconciliation effort. She was also a symbol of the quest for equality between women and men. As a Kurdish woman she had an Arab man as Co-Secretary-General of the Party. As an educated woman – she received a degree from the University of Aleppo in 2009 – she was particularly active for the empowerment of women. She often served as spokesperson for visiting diplomats, journalists, and aid workers. As a highly visible person, her killing was deliberate. The driver of the Party car she was in was also killed at the same time.

There is a real danger that such killings increase as Turkish troops advance and control an ever-larger part of what the Turks have ironically called “the safe zone.” Earlier Turkish occupation of the Efrin area has led to the displacement of people, looting, hostage-taking and torture. We can also fear that areas in northeast Syria newly under the control of the Syrian Government will not be free from revenge killings and politically-motivated violations of human rights and international humanitarian law.

With the death of Havrin Khalaf at the age of 34, a light has gone out. The tasks of reconciliation remain. New voices are needed. We outside of Syria must see how best we can facilitate this vital role of bridge-building.

Prof. René Wadlow is President of the Association of World Citizens.

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