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Archive for the ‘Cultural Bridges’ Category

Nonviolent Action: The Force of the Soul

In Africa, Anticolonialism, Asia, Being a World Citizen, Conflict Resolution, Cultural Bridges, Nonviolence, Peacebuilding, Solidarity, Spirituality, The Search for Peace on October 2, 2026 at 6:00 AM

By René Wadlow

October 2 is the United Nations (UN) General Assembly-designated Day of Nonviolence chosen as October 2 is the birth anniversary of Mahatma Gandhi.

Mahatma Gandhi, shortly after finishing his legal studies in England, went to South Africa and began working with Indian laborers, victims of discrimination. He looked for a term understandable to a largely English-speaking population to explain his efforts. “Passive resistance” was the most widely used term and had been used by Leo Tolstoy and others. However, Gandhi found the word “passive” misleading. There did exist a Hindu term, ahinsa – a meaning non- and hinsa, violence. The term was basically unknown among White South Africans, largely uninterested in Indian philosophical thought.

Gandhi wrote to a friend from his legal studies days in England, Edward Maitland. Maitland and Anna Kingsford were the leaders of the Esoteric Christian Union and the leaders of the London Lodge of the Theosophical Society. Maitland introduced Gandhi to the writings of the American New Thought writer Ralph Waldo Trine. Trine was a New Englander and his parents named him after Emerson. His best-known work from which Gandhi took the term for his actions in South Africa is In Tune with the Infinite or Fullness of Peace Power and Plenty. (1)

Trine uses the term “soul force” which Gandhi then used for his work in South Africa. Once back in India, Gandhi wanted an Indian rather than an English expression, and he coined the term satyagraha − holding on to truth: satya as Truth in a cosmic sense is an oft-used Hindu term while “soul” would need some explaining to Indian followers.

All of Trine’s writings contained the same message: soul force could be acquired by making oneself one with God, who was immanent, through love and service to one’s fellow men. The Christ Trine followed was one familiar to Gandhi − the supreme spiritual exemplar who showed men the way to union with their divine essence. Trine promised that the true seeker, fearless and forgetful of self-interest, will be so filled with the power of God working through him that “as he goes here and there, he can continually send out influences of the most potent and powerful nature that will reach the uttermost parts of the world.”

For Trine, thought was the way that a person came into tune with the Infinite. “Each is building his own world. We both build from within, and we attract from without. Thought is the force with which we build, for thoughts are forces. Like builds like and like attracts like. In the degree that thought is spiritualized does it become more subtle and powerful in its workings. This spiritualizing is in accordance with law and is within the power of all.

“Everything is first worked out in the unseen before it is manifested in the seen, in the ideal before it is realized in the real, in the spiritual before it shows forth in the material. The realm of the unseen is the realm of cause. The realm of the seen is the realm of effect. The nature of effect is always determined and conditioned by the nature of its cause.”

Thus, for Mahatma Gandhi, before a nonviolent action or campaign, there was a long period of spiritual preparation of both him and his close co-workers. Prayer, fasting, and meditation were used in order to focus the force of the soul, to visualize a positive outcome and to develop harmlessness to those opposed.

Another theme which Trine stressed and Gandhi constantly used in his efforts to build bridges between Hindus and Muslims was that there was a basic core common to all religions. Gandhi wrote “There is a golden thread that runs through every religion in the world. There is a golden thread that runs through the lives and the teachings of all the prophets, seers, sages, and saviors in the world’s history, through the lives of all men and women of truly great and lasting power. The great central fact of the universe is that the spirit of infinite life and power is back of all, manifests itself in and through all. This spirit of infinite life and power that is back of all is what I call God. I care not what term you may use, be it Kindly Light, Providence, the Over-Soul, Omnipotence or whatever term may be most convenient, so long as we are agreed in regard to the great central fact itself.”

Note:

(1) R.W. Trine, In Tune with the Infinite (New York: Whitecombe and Tombs, 1899, 175 pp.)

Prof. René Wadlow is President of the Association of World Citizens.

Of related interest:

L’action non violente : la force de l’âme

In Africa, Anticolonialism, Asia, Being a World Citizen, Conflict Resolution, Cultural Bridges, Nonviolence, Peacebuilding, Solidarity, Spirituality, The Search for Peace on October 2, 2026 at 6:00 AM

Par René Wadlow

Le 2 octobre est la Journée de la non-violence désignée par l’Assemblée générale des Nations Unies (ONU), cette date ayant été choisie car elle correspond à l’anniversaire de la naissance du Mahatma Gandhi.

Peu après avoir terminé ses études de droit en Angleterre, le Mahatma Gandhi s’est rendu en Afrique du Sud et a commencé à travailler auprès des ouvriers indiens, victimes de discrimination. Il chercha un terme compréhensible pour une population majoritairement anglophone afin d’expliquer ses efforts. La «résistance passive» était le terme le plus couramment utilisé, notamment par Léon Tolstoï et d’autres. Cependant, Gandhi trouvait le mot «passif» trompeur. Il existait bien un terme hindou, ahimsa – signifiant «non-» et hinsa, «violence». Ce terme était pratiquement inconnu des Sud-Africains blancs, qui ne s’intéressaient guère à la pensée philosophique indienne.

Gandhi écrivit à un ami qu’il avait connu lors de ses études de droit en Angleterre, Edward Maitland. Maitland et Anna Kingsford étaient à la tête de l’Union chrétienne ésotérique et dirigeaient la loge londonienne de la Société théosophique. Maitland fit découvrir à Gandhi les écrits de Ralph Waldo Trine, auteur américain du mouvement de la «Nouvelle Pensée». Originaire de Nouvelle-Angleterre, Trine avait été baptisé en l’honneur d’Emerson par ses parents. Son ouvrage le plus célèbre, dont Gandhi s’inspira pour nommer ses actions en Afrique du Sud, s’intitule In Tune with the Infinite ou Fullness of Peace, Power and Plenty. (1)

Trine utilise le terme «force de l’âme» (soul force), que Gandhi reprit ensuite pour son action en Afrique du Sud. De retour en Inde, Gandhi souhaitait employer une expression indienne plutôt qu’anglaise, et il forgea le terme satyagraha – «s’en tenir à la vérité» : satya, qui désigne la Vérité au sens cosmique, est un terme hindou couramment utilisé, tandis que le concept d’«âme» aurait nécessité quelques explications auprès de ses partisans indiens.

Tous les écrits de Trine véhiculaient le même message : on pouvait acquérir la force de l’âme en ne faisant qu’un avec Dieu, qui était immanent, par l’amour et le service rendu à ses semblables. Le Christ que Trine suivait était celui que Gandhi connaissait bien : le modèle spirituel suprême qui montrait aux hommes le chemin vers l’union avec leur essence divine. Trine promettait que le véritable chercheur, intrépide et désintéressé, serait à tel point imprégné de la puissance de Dieu agissant à travers lui que «partout où il ira, il pourra sans cesse diffuser des influences de la nature la plus puissante et la plus forte qui atteindront les confins du monde».

Pour Trine, la pensée était le moyen par lequel une personne s’accordait avec l’Infini. «Chacun construit son propre monde. Nous construisons à la fois de l’intérieur et nous attirons de l’extérieur. La pensée est la force avec laquelle nous construisons, car les pensées sont des forces. Le semblable construit le semblable et le semblable attire le semblable. Plus la pensée est spiritualisée, plus elle devient subtile et puissante dans son action. Cette spiritualisation est conforme à la loi et est à la portée de tous».

«Tout s’élabore d’abord dans l’invisible avant de se manifester dans le visible, dans l’idéal avant de se réaliser dans le réel, dans le spirituel avant de se révéler dans le matériel. Le domaine de l’invisible est le domaine de la cause. Le domaine du visible est le domaine de l’effet. La nature de l’effet est toujours déterminée et conditionnée par la nature de sa cause.»

Ainsi, pour le Mahatma Gandhi, toute action ou campagne non violente était précédée d’une longue période de préparation spirituelle, tant pour lui-même que pour ses proches collaborateurs. La prière, le jeûne et la méditation étaient utilisés afin de concentrer la force de l’âme, de visualiser un résultat positif et de cultiver l’innocuité envers ceux qui s’opposaient à eux.

Un autre thème sur lequel Trine insistait et que Gandhi utilisait constamment dans ses efforts pour jeter des ponts entre hindous et musulmans était l’existence d’un noyau fondamental commun à toutes les religions. Gandhi écrivait : «Il existe un fil d’or qui traverse toutes les religions du monde. Il existe un fil d’or qui traverse la vie et les enseignements de tous les prophètes, voyants, sages et sauveurs de l’histoire du monde, ainsi que la vie de tous les hommes et femmes dotés d’une puissance véritablement grande et durable. Le grand fait central de l’univers est que l’esprit de vie et de puissance infinies est à l’origine de tout, se manifeste en tout et à travers tout. Cet esprit de vie et de puissance infinies qui est à l’origine de tout est ce que j’appelle Dieu. Peu m’importe le terme que vous utiliserez, qu’il s’agisse de «Lumière bienveillante», de «Providence», d’«Âme suprême», d’«Omnipotence» ou de tout autre terme qui vous semblera le plus approprié, pourvu que nous soyons d’accord sur cette grande réalité centrale elle-même.»

Note :
(1) R.W. Trine, In Tune with the Infinite (New York : Whitecombe and Tombs, 1899, 175 p.)

Le Professeur René Wadlow est Président de l’Association of World Citizens.

A voir également :

Des mesures de paix fermes sont nécessaires pour éviter une escalade des tensions entre l’Arabie saoudite et le Yémen

In Being a World Citizen, Cultural Bridges, Current Events, Humanitarian Law, Middle East & North Africa, NGOs, Nonviolence, Peacebuilding, Solidarity, The Search for Peace, Track II, United Nations, Yemen on September 10, 2026 at 6:00 AM

Par René Wadlow

Le 8 septembre 2026, les forces houthistes, qui contrôlent Sanaa, la capitale du Yémen, ont lancé des attaques à la roquette et au drone contre l’Arabie saoudite, marquant l’une des plus importantes offensives houthistes depuis le début des combats en juillet 2026, qui ont mis fin à une trêve de quatre ans. Le gouvernement houthi a accusé les Saoudiens d’avoir d’abord pris pour cible une prison yéménite dans la province de Jawf, tuant au moins 17 personnes.

Dans un contexte moyen-oriental marqué par des puissances rivales qui se disputent la suprématie, une étincelle entre l’Arabie saoudite et les Houthis pourrait déclencher un incendie de plus grande ampleur. Le mouvement religieux et tribal houthi bénéficie du soutien du gouvernement de la République islamique d’Iran, mais n’est pas contrôlé par ce dernier. Les forces houthistes contrôlent Sanaa depuis septembre 2014. Des mesures internationales fortes, tant gouvernementales que non gouvernementales (notamment par l’intermédiaire d’organisations non gouvernementales), doivent être prises.

L’une des initiatives gouvernementales possibles pourrait venir du gouvernement chinois. Lors d’une visite d’État en Égypte le 2 septembre 2026, le président chinois Xi Jinping a souligné la nécessité d’une coordination internationale renforcée en matière de sécurité commune afin de «préserver la sécurité des voies maritimes internationales, de faire progresser la coopération au développement, de renforcer progressivement la confiance mutuelle et d’éliminer les causes profondes des conflits».

Cependant, le mouvement houthiste n’est pas un gouvernement. Les Houthis incarnent ce qui devient de plus en plus courant dans la politique mondiale : un conflit armé opposant un gouvernement à des forces non gouvernementales, parfois de nature tribale ou religieuse. L’Organisation des Nations Unies (ONU) est en grande partie structurée pour gérer les conflits et les tensions entre gouvernements.

Les tensions entre les Houthis et l’Arabie saoudite mettront à l’épreuve la capacité des institutions intergouvernementales à faire face à une nouvelle réalité.

Une situation qui mérite une attention particulière.

Le Professeur René Wadlow est Président de l’Association of World Citizens.

A Flowering of Culture: A Goal of the UNESCO-led Education for Global Citizenship

In Being a World Citizen, Cultural Bridges, Human Development, Human Rights, Nonviolence, Peacebuilding, Solidarity, The Search for Peace, United Nations on August 11, 2026 at 7:00 AM

By René Wadlow

A flowering of culture is an important response to major world challenges such as armed conflicts, persistent poverty, increased migration, and the consequences of climate change. The UNESCO-led program of Education for Global Citizenship stresses the aim of developing a sense of belonging to a common humanity, sharing common values and responsibilities with empathy and solidarity. Thus, there is a need to act effectively at the local, national and global levels for a peaceful and harmonious world society.

Education for Global Citizenship aims to be transformative, building the knowledge, skills, values, and attitudes needed to contribute to a more inclusive, just, and peaceful world society. Education for Global Citizenship applies a lifelong learning perspective, beginning from childhood and continuing through all levels of education, with both formal and extracurricular approaches.

Culture plays a vital role in understanding shared values, and at the same time developing an appreciation of, and respect for, differences and diversity with respect to language, literature, music, and religion. Given the strong position of Western culture on the world scene, there is a need for a greater understanding of the Asian philosophies of Confucianism, Taoism, Buddhism, Hinduism, and Islam.

Increasingly, we see the growth of the awareness of harmony and the unity of humanity. Nevertheless, there are still strong currents of fear, mistrust, and rejection of “the other” which we must overcome. We are summoned to embrace an active, world-embracing morality and the ideal of freedom which is the political expression of that morality. The future will be the result of our choices at every level of activity. Let us make creative and profound choices!

Prof. René Wadlow is President of the Association of World Citizens.

L’épanouissement de la culture : un objectif de l’éducation à la citoyenneté mondiale menée par l’UNESCO

In Being a World Citizen, Cultural Bridges, Human Development, Human Rights, Nonviolence, Peacebuilding, Solidarity, The Search for Peace, United Nations on August 11, 2026 at 7:00 AM

Par René Wadlow

L’épanouissement de la culture constitue une réponse importante aux grands défis mondiaux tels que les conflits armés, la pauvreté persistante, l’intensification des migrations et les conséquences du changement climatique. Le programme d’éducation à la citoyenneté mondiale mené par l’UNESCO met l’accent sur l’objectif de développer un sentiment d’appartenance à une humanité commune, en partageant des valeurs et des responsabilités communes avec empathie et solidarité. Il est donc nécessaire d’agir efficacement aux niveaux local, national et mondial pour une société mondiale pacifique et harmonieuse.

L’éducation à la citoyenneté mondiale se veut transformatrice : elle vise à développer les connaissances, les compétences, les valeurs et les attitudes nécessaires pour contribuer à une société mondiale plus inclusive, plus juste et plus pacifique. Elle s’inscrit dans une perspective d’apprentissage tout au long de la vie, commençant dès l’enfance et se poursuivant à tous les niveaux d’enseignement, à travers des approches à la fois formelles et extrascolaires.

La culture joue un rôle essentiel dans la compréhension des valeurs communes, tout en développant l’appréciation et le respect des différences et de la diversité en matière de langue, de littérature, de musique et de religion. Compte tenu de la position dominante de la culture occidentale sur la scène mondiale, il est nécessaire de mieux comprendre les philosophies asiatiques que sont le confucianisme, le taoïsme, le bouddhisme, l’hindouisme et l’islam.

Nous constatons de plus en plus une prise de conscience croissante de l’harmonie et de l’unité de l’humanité. Néanmoins, il existe encore de forts courants de peur, de méfiance et de rejet de « l’autre » que nous devons surmonter. Nous sommes appelés à adopter une morale active et universelle, ainsi que l’idéal de liberté qui en est l’expression politique. L’avenir sera le fruit de nos choix à tous les niveaux d’action. Faisons des choix créatifs et profonds !

Le Professeur René Wadlow est Président de l’Association of World Citizens.

World Citizens Oppose Ethnic Unity Law

In Human Rights, Current Events, Solidarity, Democracy, Asia, United Nations, World Law, Cultural Bridges, Being a World Citizen, Fighting Racism, NGOs on August 5, 2026 at 6:00 AM

By René Wadlow

The Chinese Government limits ethnic minorities with a new Ethnic Unity law which expands state control over identity, culture, and religious practice. The Ethnic Unity Law came into force on July 1, 2026. To protest the Ethnic Unity Law, Lobga Rangzen, a 52-year-old Tibetan activist, made a sacrificial death at the doors of the United Nations in New York.

The protection of the way of life of ethnic minorities is an issue in many countries. On the one hand, minorities must be protected; on the other hand, minorities must not be relegated to folklore to be looked at by tourists. Finding the proper balance is not easy.

The Chinese Government presents one extreme position in its effort to mold large ethnic minorities, such as the Tibetans, into what the government considers to be Chinese identity.

The Association of World Citizens has appealed to the Chinese authorities to reconsider its policies and to modify or abolish its Ethnic Unity Law. For the moment, the authorities have taken no action despite protests by other human rights action groups.

The situation should be followed closely.

Prof. René Wadlow is the President of the Association of World Citizens.

Les Citoyens du Monde s’opposent à la loi sur l’unité ethnique

In Human Rights, Current Events, Solidarity, Democracy, Asia, United Nations, World Law, Cultural Bridges, Being a World Citizen, Fighting Racism, NGOs on August 5, 2026 at 6:00 AM

Par René Wadlow

Le gouvernement chinois impose des restrictions aux minorités ethniques par le biais d’une nouvelle loi sur l’unité ethnique, laquelle renforce le contrôle de l’État sur l’identité, la culture et les pratiques religieuses. Cette loi est entrée en vigueur le 1er juillet 2026. Pour protester contre cette mesure, Lobga Rangzen, un militant tibétain de 52 ans, s’est donné la mort en signe de sacrifice devant le siège des Nations Unies à New York.

La préservation du mode de vie des minorités ethniques constitue un enjeu dans de nombreux pays. D’une part, ces minorités doivent être protégées ; d’autre part, elles ne doivent pas être réduites à un simple folklore destiné au regard des touristes. Trouver le juste équilibre n’est pas chose aisée.

Le gouvernement chinois adopte une position extrême en cherchant à mouler d’importantes minorités ethniques, telles que les Tibétains, dans ce qu’il considère comme étant l’identité chinoise.

L’Association of World Citizens a appelé les autorités chinoises à reconsidérer leurs politiques et à modifier ou abroger la loi sur l’unité ethnique. Pour l’heure, les autorités n’ont pris aucune mesure, malgré les protestations d’autres groupes de défense des Droits Humains.

La situation mérite une attention particulière.

Le Professeur René Wadlow est Président de l’Association of World Citizens.

Appel AWC sur le Conflit au Liban

In Being a World Citizen, Conflict Resolution, Cultural Bridges, Current Events, Humanitarian Law, International Justice, Middle East & North Africa, NGOs, Nonviolence, Peacebuilding, Solidarity, Syria, The Search for Peace, Track II, United Nations, War Crimes, World Law on June 16, 2026 at 7:01 AM

LES CITOYENS DU MONDE APPELLENT A DES MESURES EFFECTIVES POUR METTRE FIN AUX ATTAQUES CONTRE LES CIVILS ET BATIR LA PAIX AU LIBAN

Il y a quarante ans, le groupe pop français Gold grimpait en haut des classements avec une ballade intitulée Ville de Lumière, chanson dont le personnage était un combattant de l’une des factions en guerre au Liban. Pleurant sa chère capitale, Beyrouth, dont il était éloigné, le soldat concluait : «Je sais, je ne te reverrai pas, Ville de Lumière, Qu’ont-ils fait de moi ?».

L’Association of World Citizens (AWC) est consternée de voir qu’une chanson d’il y a quarante ans, qui devrait être aujourd’hui un beau souvenir musical, pourrait avoir été écrite juste hier. Une fois de plus, le Liban est déchiré par la violence, avec les civils libanais pris pour cible par la Force de Défense israélienne (Tsahal) qui a envahi le pays, tandis que les civils israéliens sont attaqués par la milice oppressive du Hezbollah et, par-delà la frontière syrienne, là où la milice soutenue par l’Iran assistait autrefois la guerre barbare de la dynastie Assad contre son propre peuple, tant Tsahal que le Hezbollah frappent une nation qui commence à peine à guérir et se construire un autre avenir.

Aucun de ces trois pays n’a besoin ou envie de voir davantage de combattants périr les armes à la main, ou davantage de civils massacrés par des forces d’invasion. Aucun de ces trois pays n’a besoin ou envie de voir ses propres «villes de lumière» sombrer pour toujours dans l’obscurité. Même si les négociations entreprises par les Etats-Unis et l’Iran semblent offrir un rayon de lumière, rien ne peut être réellement résolu si le but est seulement, comme c’est le cas de manière quasi systématique au Moyen-Orient, d’atteindre un cessez-le-feu qui ne sera qu’une solution de bricolage sans autre issue.

Bien qu’il ne fasse aucun doute qu’il faut des négociations, il est essentiel que celles-ci traitent enfin les problèmes de fond au long terme qui alimentent l’hostilité et le conflit entre Israël et le Liban, avec la Syrie désormais également impliquée malgré elle en tant que tierce partie. Obtenir la fin des hostilités tout en mettant de côté les causes du conflit n’a mené dans le passé qu’à des massacres tels que celui de Sabra et Chatila en 1982, Qana en 1996, et une nouvelle fois Qana en 2006. Chaque jour qui passe expose les trois pays au risque d’une nouvelle tragédie de telle nature.

C’est pourquoi l’AWC appelle à des négociations urgentes, de bonne foi et exhaustives entre toutes les parties prenantes afin de mettre un terme aux violences en cours entre le Liban, Israël et la Syrie, ainsi que de traiter enfin les questions de fond entre Israël et le Liban auxquelles il a déjà été permis d’engendrer bien plus d’inhumanité qu’une terre de trois croyances peut tolérer. Il incombe à présent aux dirigeants de toutes les parties au conflit en cours de faire en sorte que, pour le quarantième anniversaire de la chanson, cette fois-ci, aucune «ville de lumière» ne se fasse éteindre.

Prof. René WADLOW
Président

Bernard HENRY
Officier des Relations Extérieures

Cherifa MAAOUI
Officier de Liaison,
Afrique du Nord & Moyen-Orient

AWC Statement on the Conflict in Lebanon

In Being a World Citizen, Conflict Resolution, Cultural Bridges, Current Events, Humanitarian Law, International Justice, Middle East & North Africa, NGOs, Nonviolence, Peacebuilding, Solidarity, Syria, The Search for Peace, Track II, United Nations, War Crimes, World Law on June 16, 2026 at 7:00 AM

WORLD CITIZENS CALL FOR EFFECTIVE MEASURES TO STOP ATTACKS ON CIVILIANS AND BUILD PEACE IN LEBANON

Forty years ago, the French pop band Gold topped the charts with a ballad called Ville de Lumière (City of Light), a song whose protagonist was a fighter from one of the warring factions in Lebanon. Crying from afar over his beloved capital, Beirut, the soldier concluded, “I know I will never see you again, City of Light, What have they made of me?”.

The Association of World Citizens (AWC) is appalled to see that a forty-year-old song which should be a beautiful musical memory by now might as well have been written yesterday. Once again, Lebanon is being torn apart by violence, with Lebanese civilians being targeted by the invading Israeli Defense Force (IDF) while Israeli citizens come under attack from the oppressive Hezbollah militia and, over the Syrian border where the Iran-backed militia used to assist the Assad dynasty’s barbaric war on their own people, both the IDF and Hezbollah are striking a nation and people barely starting to heal and build a new future.

None of these three countries needs to have more fighters killed in combat or civilians slaughtered by invading forces. None of the three countries needs to have its own “cities of light” turn dark forever. While the negotiations undertaken between the United States and Iran appear to offer a ray of hope, nothing can be truly resolved if the goal is only, as happens all but systematically in the Middle East, to reach a quick-fix, dead-end ceasefire.

Even though negotiations are undoubtedly needed, these need to finally address the long-term core issues fueling hostility and conflict between Israel and Lebanon, now also involving Syria as an unwilling third party. Having hostilities cease while leaving the causes for conflict unaddressed has only led in the past to such massacres as Sabra and Shatila in 1982, Qana in 1996, and Qana a second time in 2006. Every day that passes places all three countries at risk of a new tragedy of that nature.

Therefore, the AWC calls for urgent, honest, and comprehensive negotiations between all stakeholders with a view to ending the ongoing violence between Lebanon, Israel, and Syria, as well as to finally addressing the core issues between Israel and Lebanon which have already been allowed to create more inhumanity than a land of three faiths can possibly tolerate.

It is up to the leaders of all parties to the current conflict to ensure that, as the song turns forty, no “city of light” gets turned off this time.

Prof. René Wadlow
President

Bernard J. Henry
External Relations Officer

Cherifa Maaoui
Liaison Officer,
Middle East & North Africa

Edgar Morin : «En moi l’humanité dont je fais partie»

In Being a World Citizen, Cultural Bridges, Current Events, Environmental protection, Human Development, Human Rights, Nonviolence, Peacebuilding, Solidarity, Spirituality, The Search for Peace on June 2, 2026 at 11:30 AM

Par Bernard J. Henry

Il est des gens qui ont si longue vie que l’on se dit qu’ils restent pour éclairer la voie lorsque les ténèbres l’absorbent toujours un peu plus. Lorsqu’ils partent, celles et ceux qui se tournaient vers eux sont frappés non seulement de deuil, mais d’une soudaine solitude et, plus encore, de la peur d’un avenir qu’il faudra bâtir avec leurs mots, leur héritage, mais sans leur autorité morale.

Depuis le 29 mai dernier, médias et réseaux sociaux vibrent de tels sentiments mêlés pour Edgar Morin, célèbre sociologue et philosophe français qui s’est éteint à 104 ans.

La biographie d’Edgar Morin a été retracée de manière si vaste et exhaustive que nous n’aurions que vainement la prétention d’y rien ajouter d’utile. Ce qui est peut-être moins dit, c’est que, même si Edgar Morin n’avait jamais soutenu de manière ouverte et directe l’un des groupes composant le mouvement Citoyen du Monde, ni l’Association of World Citizens (AWC) ni un autre, il portait en lui ce que nous représentons et c’est dans toute son œuvre que se lisent et s’entendent nos combats et nos valeurs.

En 2011, Radio France avait même publié un disque reprenant ses entretiens avec Marie-Christine Navarro ayant pour titre Edgar Morin, citoyen du monde, et ce n’était en rien une exagération. Au-delà d’une œuvre prolifique, il n’est pas excessif de dire de lui que, comme l’avait écrit Gandhi à son propre sujet, sa vie même était son message. Certes, personne ne peut se résumer à sa naissance ou même son passé. Il est des gens, pourtant, qui semblent avoir en eux un talent unique d’en tirer le meilleur parti. Edgar Morin était de ces gens-là.

Edgar Morin est né trois fois. Sa première naissance a eu lieu le 8 juillet 1921 à Paris, sous le nom de David Salomon Nahoum, de parents juifs grecs de Salonique. La deuxième, en 1943, fut celle d’un Résistant, militant libertaire antifasciste pendant la guerre d’Espagne, membre du Parti Communiste Français (PCF) à partir de 1941, officier dans la Résistance en 1943, qui tenta de prendre le pseudonyme d’Edgar Magnin en hommage à L’Espoir d’André Malraux mais le vit mal retranscrit en Morin, sans tenter de rectifier. La troisième, ce fut lorsqu’un tribunal parisien lui accorda, le 12 août 1993, le droit de substituer le prénom Edgar à ses deux prénoms de naissance.

Après la Libération, Edgar Morin a suivi la voie académique – mais d’une manière qui était loin de l’être. Morin l’avouait lui-même, il était autodidacte, titulaire d’une licence en histoire-géographie et d’une licence de droit, ayant suivi des cours de philosophie, d’économie et de sciences politiques, mais sans avoir obtenu de diplôme. «J’ai pourtant fait une carrière au CNRS. J’ai été élu maître de recherche sans avoir écrit de thèse de doctorat», déclarait-il en 2009 au CNRS qu’il avait intégré en 1950.

Dans les années 1960, il enseigne au Chili puis, aux Etats-Unis, jette les bases de ce qui sera le concept-phare de sa vie, le concept épistémologique de pensée complexe, l’adjectif étant ici pris dans son sens étymologique latin, complexus, désignant un tissage d’enlacements, pour mettre en avant les liens entre chaque champ de la pensée et l’approche transdisciplinaire du savoir.

A la tête du Centre d’études des communications de masse (CECMAS) de 1973 à 1989, Morin deviendra l’initiateur de la revue Arguments, publiée de 1956 à 1962, la Revue française de sociologie en 1960, et enfin Communications.

Entre 1977 et 2004, il rédige son ouvrage majeur, La Méthode, somme en six volumes où il développe sa méthodologie de la transdisciplinarité. Il y décrit sa pensée comme constructiviste, mais non au sens traditionnel du terme en relations internationales : pour lui, il s’agit d’une collaboration entre le monde extérieur et l’esprit humain pour construire la réalité.

Dans cette approche académique nouvelle se décèle déjà un esprit Citoyen du Monde, la transdisciplinarité, concept parfois remplacé par celui d’interdisciplinarité, étant aussi au cœur de l’Institut d’Etudes mondialistes créé en 1977. Cet esprit qui est le nôtre, Morin en tirerait un essai, en 1993, puis un livre à quatre mains en 2011.

Dans le premier ouvrage, Terre-Patrie, avec Anne Brigitte Kern, Morin alerte sur la barbarie qui suit la fin de la Guerre Froide et sur la cause qui en est, selon lui, «l’impuissance de l’humanité à devenir l’humanité», proposant un nouveau mode de pensée dans un «tout planétaire», ainsi que de découvrir notre «carte d’identité terrienne» dans une «matrie terrestre», la Terre-Patrie. Dans le second, Le Chemin de l’espérance, Morin et Stéphane Hessel qui voyait en lui un «frère de lutte» revendiquent de «dénoncer le cours pervers d’une politique aveugle qui conduit au désastre, d’énoncer une voie politique de salut public et d’annoncer une nouvelle espérance», le concept de «Terre-mère» y étant également central.

«Je sens présente en moi l’humanité dont je fais partie. Non seulement, je suis une une petite partie dans le tout, mais le tout est à l’intérieur de moi-même. C’est peut-être cela qui me donne l’énergie de continuer sur la voie qui est la mienne. Et à un moment donné, sans que vous ne sachiez pourquoi, c’est comme une catalyse, quelque chose qui se passe, se transforme, bascule …  C’est cela l’espoir.»

L’Espoir, un mot qui suivait Edgar Morin depuis qu’il y avait trouvé son nom de guerre dans la Résistance, en s’inspirant du roman d’André Malraux. Dans la pensée contemporaine, Edgar Morin a incarné les valeurs du mouvement Citoyen du Monde d’une manière unique et indélébile. Chaque disparition oblige davantage celles et ceux qui restent à poursuivre la lutte, à entretenir la flamme, à sentir en leur être l’humanité dont elles et ils font partie. A nous maintenant.

Bernard J. Henry est Officier des Relations Extérieures de l’Association of World Citizens.