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En Tunisie, les femmes ne doivent plus être les oubliées de la révolution

In Being a World Citizen, Current Events, Democracy, Human Rights, Middle East & North Africa, NGOs, Social Rights, Solidarity, Track II, United Nations, Women's Rights, World Law on October 13, 2020 at 12:07 PM

Par Bernard J. Henry et Cherifa Maaoui

Il est des anniversaires qui ne sont pas des fêtes. Cette année, la Déclaration et Programme d’action de Beijing adoptée à l’issue de la Quatrième Conférence mondiale sur les femmes, du 4 au 15 septembre 1995, a quinze ans. En décembre, la Résolution 1325 du Conseil de Sécurité des Nations Unies sur les conflits armés et les femmes aura vingt ans. Malgré ces deux anniversaires capitaux, dans le monde d’aujourd’hui, les femmes n’ont trop rien à fêter.

C’est encore plus vrai de celles du monde arabe, bientôt dix ans après les révolutions populaires parties de Tunisie avec l’éviction du Président Zine el Abidine ben Ali le 14 janvier 2011. La Tunisie, considérée comme le seul vrai succès du « printemps arabe » et dont les institutions héritées de cette époque tiennent toujours, tandis que l’Egypte est retournée vers l’autoritarisme et l’espoir s’est perdu dans les sables de la guerre en Libye, en Syrie et au Yémen. Epargnées par le conflit armé, les Tunisiennes n’en ont pas moins dû lutter, menacées dans leurs droits par la mouvance islamiste et jamais confortées dans ceux-ci par la droite « destourienne » se voulant héritière du bourguibisme.

Aux prises avec une incertitude politique inédite depuis la révolution de 2011, ouverte par le décès du Président Beji Caïd Essebsi en 2019, la Tunisie a connu une élection présidentielle marquée par le fait que l’un des deux candidats qualifiés pour le second tour, Nabil Karoui, se trouvait depuis peu en détention. En sortit vainqueur un conservateur assumé, le juriste Kaïs Saied, suivi du retour en force au parlement du parti islamiste Ennahda. Rien qui laisse augurer d’avancées dignes des deux anniversaires onusiens en Tunisie, où il ne manquait qu’un drame criminel pour venir plonger dans la terreur et la rage des femmes n’en pouvant plus d’être les oubliées des colères de l’histoire.

Les droits des femmes constamment écartés de la loi

En disparaissant, Beji Caid Essebsi laissait en héritage aux Tunisiennes un espoir déçu, ou plutôt, inaccompli. En novembre 2018, son gouvernement approuvait un projet de loi, transmis à l’Assemblée des Représentants du Peuple chargée de se prononcer, sur l’égalité des sexes dans l’héritage, là où un Code du statut personnel qui se distingue dans le monde arabe et musulman par son aspect moderniste et progressiste cohabite étrangement avec une survivance de la charia en droit tunisien n’accordant à une femme que la moitié de l’héritage d’un homme.

Beji Caïd Essebsi

Caid Essebsi décédé, son successeur Kaïs Saied élu dans un climat de chaos constitutionnel, le projet de loi tombait dans l’oubli. Fidèle, trop fidèle même, à ses annonces de campagne en faveur d’une prépondérance systématique de la charia en cas de conflit avec le droit civil, le nouveau chef d’Etat choisissait de célébrer la Fête nationale de la Femme Tunisienne le 13 août dernier en désavouant la notion d’égalité telle que défendue par le projet de loi.

Dans le même temps, Rached Ghannouchi, chef historique du parti islamiste Ennahda, devenait Président de l’Assemblée des Représentants du Peuple. Très vite, il trouvait sur son chemin une avocate et députée, Abir Moussi, du Parti destourien libre fondé par d’anciens responsables du Rassemblement constitutionnel démocratique, le parti unique sous Ben Ali dissous après la révolution.

Certes, les menaces d’Ennahda sur l’égalité des sexes en Tunisie, notamment à travers un projet de déclarer les femmes « complémentaires » des hommes et non leurs égales dans la future Constitution, ont laissé des souvenirs amers. Mais cet affrontement entre un ancien dissident devenu dignitaire et une bénaliste sans repentir offrait peu d’espérance, lui aussi, à des Tunisiennes dont les droits semblaient cette fois mis en sommeil pour longtemps.

Soudain, aux errements d’une politique tunisienne orpheline est venu s’ajouter un crime – plus exactement, un féminicide. De ceux qui sortent la politique du champ de la raison, faisant d’elle, à coup sûr, la politique du pire.

Quand un féminicide ravive le désir de voir l’Etat tuer

Le 21 septembre dernier, la famille de Rahma Lahmar, âgée de vingt-neuf ans, signalait la disparition de la jeune femme alors qu’elle rentrait de son travail. Quatre jours plus tard, son corps mutilé était retrouvé à Aïn Zaghouan, en banlieue de Tunis, et il apparaissait bientôt qu’avant d’être tuée, elle avait été violée. Rapidement, l’auteur présumé était appréhendé – un récidiviste condamné deux fois pour tentative de meurtre.

Rahma Lahmar, victime d’un féminicide en Tunisie

Il n’en fallait pas plus à l’opinion publique pour réclamer la peine de mort, jamais abolie en droit tunisien bien que faisant l’objet d’un moratoire depuis 1991. Les magistrats tunisiens continuent de l’infliger, quelques cent trente personnes se trouvent aujourd’hui dans le couloir de la mort en Tunisie, mais personne n’est exécuté. Le violeur et meurtrier de Rahma Lahmar doit l’être, estime la famille de la victime rejointe par une opinion publique excédée, ainsi que par un Kaïs Saied qui en vient lui-même à rouvrir la question de la peine de mort.

Kaïs Saied

Quelques jours après, l’Algérie voisine était ébranlée par un drame semblable. Le 1er octobre, une jeune femme de dix-neuf ans prénommée Chaïma tombait dans un piège tendu par un homme qui, à seize ans, l’avait violée et avait lui aussi eu affaire depuis lors à la justice de son pays. Dans une station-service désaffectée, à une cinquantaine de kilomètres à l’est d’Alger, il la violait, la frappait, puis la jetait à terre, l’aspergeait d’essence et la brûlait à mort. Comme son homologue tunisien, il était arrêté sous peu et son crime ignoble réveillait dans le pays des envies de peine de mort.

Chaïma, victime d’un féminicide en Algérie

Le 12 octobre, loin du monde arabe mais toujours dans le monde musulman, le Bangladesh, en proie à une vague d’agressions sexuelles, instaurait une peine capitale automatique pour le viol, sans s’attaquer en rien aux défauts de sa législation nationale en termes de violences contre les femmes.

En 2011, la révolution non-violente des Tunisiens avait inspiré le monde arabe jusqu’au Yémen. Aujourd’hui, le drame du viol mortel en Tunisie n’est peut-être pas ce qui donne envie de voir l’Etat faire couler le sang jusqu’en Asie, mais en tout cas, il n’y échappe pas. Pourquoi ?

La peine de mort, fausse justice et vrai symptôme de l’injustice

Quel que soit le crime commis, aussi abject soit-il et le viol puis le meurtre de Rahma Lahmar est l’archétype du crime impardonnable, l’Association of World Citizens (AWC) est par principe contre la peine de mort où que ce soit dans le monde. Par indulgence envers les criminels ? Par faiblesse dogmatique ? Ces arguments n’appartiennent qu’à ceux qui ne comprennent pas ce qu’est en réalité la peine de mort, non pas un châtiment judiciaire comme l’est, par exemple, la réclusion criminelle à perpétuité, mais un meurtre commis par l’Etat, à l’image de celui commis par le meurtrier que l’on cherche ainsi à sanctionner. Une vengeance, sans rapport aucun avec la justice qui doit punir les criminels des actes par lesquels ils se mettent eux-mêmes en dehors de la société. Comme le chante Julien Clerc dans L’assassin assassiné, par l’application de la peine capitale, le crime change de côté. Pire encore, là où un crime peut être commis sous une pulsion soudaine – qui ne l’excuse pas quand bien même – la peine de mort résulte immanquablement d’une délibération, consciente et volontaire, de citoyens agissant sous le couvert de la puissance publique.

Le violeur et assassin de Rahma Lahmar l’a privée pour toujours de son droit à la vie ; comment espérer réaffirmer les droits des femmes en Tunisie en appelant à ce qu’il soit lui aussi privé de son droit à la vie, plaçant ainsi l’Etat de droit au même niveau qu’un criminel récidiviste, ce qui serait du plus absurde et indécent ? Pas plus qu’elle n’a d’effet dissuasif prouvé, la peine de mort ne répare aucune injustice. Elle nous fait seulement perdre ce qui nous sépare des criminels. Pour quoi faire ?

Si la Déclaration et Programme d’action de Beijing en 1995, puis la Résolution 1325 du Conseil de Sécurité cinq ans plus tard, omettent toute référence à la peine capitale pour les crimes commis contre les femmes, ce n’est pas par hasard. On ne fait respecter les droits de personne en faisant couler le sang au nom de l’Etat, pas plus qu’on n’envisagerait de le faire par le crime.

En Tunisie, l’envolée des partisans de la peine de mort après celle de Rahma Lahmar en est, ironiquement, la preuve. Tant ils s’époumonent à crier vengeance, ils en oublient l’essentiel, la cause de tout le drame – la négation des droits des femmes. Et ce n’est même pas leur faute.

Seul le respect des droits des femmes peut créer la justice

Lorsqu’il s’agit du meurtre, que ce soit celui d’une femme, d’un homme voire d’un enfant, pour justifier leur acte injustifiable, les meurtriers ne sont jamais à court de raisons. En revanche, le viol ne s’explique, lui, que d’une seule façon. L’homme qui viole une femme la réduit à un corps, sans plus d’esprit, celui d’un être humain comme lui, doté du droit de refuser ses faveurs sexuelles si elle le souhaite. Ce corps privé de tout droit, déchu de la qualité d’être humain de sexe féminin, soumis par la brutale force physique, n’est plus que l’objet dont entend disposer à son gré l’homme qui viole. Autant le meurtre ouvre grand les portes de l’imagination, autant le viol verrouille la vérité, celle d’une négation de la féminité, une négation de la femme.

A quoi s’attend, sinon à cela, une société tunisienne qui, au gré des alternances politiques postrévolutionnaires entre islamistes et droite bourguibiste, ne défend que mollement les droits des femmes lorsqu’elle n’en vient pas ouvertement à les nier ? Dans un Maghreb et, plus largement, un monde arabe et musulman où son Code du statut personnel se détache depuis toujours comme étant d’avant-garde, une Tunisie qui s’interdit d’avancer ne peut que se voir reculer.

Rached Ghannouchi

C’est du reste ce qu’a bien compris Rached Ghannouchi, trop satisfait de pouvoir voler au secours de l’avocate et ancienne députée Bochra Bel Haj Hmida, en rien proche des positions d’Ennahda mais qui, pour avoir réaffirmé son opposition à la peine de mort en pleine affaire Rahma Lahmar, a subi un lynchage en règle sur les réseaux sociaux, jusqu’à un député notoirement populiste et sexiste qui s’est permis de tomber suffisamment bas pour imputer son refus de la peine capitale au fait qu’elle-même « ne risquait pas d’être violée ». De quoi faire passer les islamistes les plus réactionnaires pour des anges de vertu et ils savent en tirer profit.

Bochra Bel Haj Hmida

De tels propos, à l’aune du viol et du meurtre de Rahma Lahmar, sont immanquablement la marque d’une société qui manque à consolider dans sa législation les droits des femmes, ainsi qu’à les inscrire durablement dans sa morale civique et politique. Il paraît lointain, le temps où, en 2014, la Tunisie s’est débarrassée de ses dernières réserves envers la Convention des Nations Unies pour l’Elimination de toute forme de Discrimination envers les Femmes, la fameuse CEDAW, là où Algérie, Egypte, Libye, Syrie et Yémen conservent leurs propres réserves. Un engagement international ne sert à rien si, chez lui, l’Etat qui le souscrit en ignore ou viole l’esprit.

Inutile de réussir sa révolution si, ensuite, on rate son évolution. Sans des femmes sûres de leurs droits, réaffirmés dans la loi comme dans les esprits, la Tunisie en aura tôt fini d’être en termes économiques, sociaux ou sociétaux, une éternelle success story.

Bernard J. Henry est Officier des Relations Extérieures de l’Association of World Citizens.

Cherifa Maaoui est Officier de Liaison Afrique du Nord & Moyen-Orient de l’Association of World Citizens.

PRESS RELEASE – 20200914/Migrants and Refugees/Human Rights

In Africa, Being a World Citizen, Conflict Resolution, Current Events, Democracy, Europe, Human Rights, Middle East & North Africa, Migration, NGOs, Press release, Refugees, Solidarity, Syria, The Search for Peace, Track II, United Nations, World Law on September 14, 2020 at 7:49 AM

Press Release

September 14, 2020

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THE ASSOCIATION OF WORLD CITIZENS PROPOSES

INCREASED GOVERNMENTAL AND NONGOVERNMENTAL ACTION

FOR AN ENLIGHTENED POLICY

TOWARD MIGRANTS AND REFUGEES

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Recent events have highlighted the need for a dynamic and enlightened policy toward migrants and refugees. The refugee camp in Moria, on Lesbos Island, Greece, which burned to the ground on September 9, 2020, hosted over 13,000 refugees and migrants, most from Afghanistan with others from Pakistan, Iraq, Syria and an increasing number from West Africa. Among them were thousands of defenseless women and children, victims of war, violence and later from xenophobia, islamophobia and racism. Prior to the fire, the refugees were already living in poor conditions, in small tents on wet ground without clean drinking water or medical care.

Since the fire, most of the refugees in Moria, including newborn babies, have been sleeping in the streets while xenophobic locals harass them and armed policemen, known for their far-right sympathies, threaten them.

A second drama of refugees and migrants is being acted out in the French Department of Pas-de-Calais, as refugees try to reach England before December 31, 2020, when the United Kingdom leaves the European Union, thus ending the existing accords on refugees and migrants. Many have paid large sums of money for the possibility to reach England, often in unsafe makeshift boats.

The Association of World Citizens, along with other humanitarian organizations, has worked actively for world law concerning migrants and refugees – policies which need to be strengthened and, above all, applied respecting the dignity of each person: https://awcungeneva.com/2020/06/20/world-refugee-day/

PRESS RELEASE – 20200909/Sudan/Human Rights

In Africa, Being a World Citizen, Current Events, Democracy, Human Rights, Middle East & North Africa, Press release, Solidarity, Sudan, World Law on September 8, 2020 at 11:06 AM

PRESS RELEASE

Paris, September 9, 2020

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HALA KHALID ABUGROUN, A LAWYER

AND WOMAN HUMAN RIGHTS DEFENDER UNDER THREAT:

TIME FOR SUDAN TO MAKE THE RIGHT CHOICES AT LAST

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In an Appeal to the authorities of the transitional government of Sudan, the Association of World Citizens (AWC) highlighted the present situation of Ms Hala Khalid Abugroun, Attorney at Law, a Woman Human Rights Defender. Attorney Abugroun is a member of the “No to Women’s Oppression” initiative which wishes to set out strong guidelines for the society in transition. Attorney Abugroun and colleagues have been harassed and threatened by members of the still powerful National Intelligence and Security Services (NISS).

The AWC stresses that the United Nations (UN) is the main instrument for the community of States to guide life in common, according to standards which all have accepted in agreeing to the UN Charter and according also to the provisions of world law. Among these provisions are the Declaration on Human Rights Defenders, adopted by the UN General Assembly in Resolution 53/144 and the Resolution on Protecting Human Rights Defenders adopted by the UN Human Rights Council on March 15, 2013.

The AWC understands that the Sudan is in a transition process toward a more law-based society. A historic decision has already been made to separate religion and state, ending an improper political use of private belief to repressive ends which spanned some three decades. This is the right time to make the right choices in terms of international human rights commitments too.

Therefore, the AWC urges the Sudanese Government to ratify the Convention against Torture and Other Cruel, Inhuman or Degrading Treatment or Punishment. Such a move would help Sudan to develop measures to guarantee the physical and psychological integrity of all persons.

There also has to be an immediate, thorough, and impartial investigation into the threats against and harassment of Attorney Hala Khalid Abugroun with a view to bringing those responsible to justice consistently with international standards.

Enforced Disappearances: NGO Efforts to Continue

In Being a World Citizen, Current Events, Democracy, Human Rights, Humanitarian Law, International Justice, Latin America, Middle East & North Africa, NGOs, Solidarity, Syria, The Search for Peace, Track II, United Nations, War Crimes, World Law on August 30, 2020 at 10:14 AM

By René Wadlow

August 30 is the International Day of the Victims of Enforced Disappearances. The Day highlights the United Nations (UN) General Assembly Declaration on the Protection of All Persons from Enforced Disappearances, Resolution 47/133 of December 18, 1992.

In a good number of countries, there are State-sponsored “death squads” – persons affiliated to the police or to the intelligence agencies who kill “in the dark of the night” – unofficially. These deaths avoid a trial which might attract attention. A shot in the back of the head is faster. In many cases, the bodies of those killed are destroyed. Death is suspected but not proved. Many family members hope for a return. In addition to governments, nongovernmental armed groups and criminal gangs have the same practices.

Also to be considered among the “disappeared” are the secret imprisonment of persons at places unknown to their relatives or to legal representatives. The Office of the UN High Commissioner for Human Rights has a Working Group on Enforced or Involuntary Disappearances, created in 1980, which has registered some 46,000 cases of people who disappeared under unknown circumstances.

Disappearances was one of the first issues to be raised, largely by nongovernmental organizations (NGOs) when the UN Secretariat’s Center for Human Rights with a new director, Theo van Boven, moved from New York to Geneva in 1977. After seizing power in 1976, Argentina’s military rulers set out to kill opposition figures and at the same time to weaken the UN’s human rights machinery in case the UN objected. The Argentinean ambassadors to the UN used delaying tactics in order to give the military time to kill as many suspected “subversives” as possible.

In 1980, a group of Argentinian mothers of the disappeared came to Geneva and some entered the public gallery and silently put on their symbolic white head scarves. (1)

Theo van Boven, March 22, 1983 – (C) Rob C. Croes / Anefo – Nationaal Archief, CC BY-SA 3.0 nl

Today, the issue of the disappeared and of the secretly imprisoned continues, sometimes on a large scale such as in Syria. The International Committee of the Red Cross (ICRC) is the only non-governmental organization with the recognized mandate to deal with specific prisoners, enabling a minimum level of contact and inspection of their treatment. However, the mandate functions only when the prisoners are known, not kept in “black holes” or killed.

The Association of World Citizens stresses that much more needs to be done in terms of prevention, protection, and search for disappeared persons. On August 30, we will reaffirm our dedication to this effort.

Note:
1) See Iain Guest, Behind the Disappearances: Argentina’s Dirty War Against Human Rights and the United Nations (Philadelphia; University of Pennsylvania Press, 1990) Iain Guest was the Geneva UN correspondent for The Guardian and the International Herald Tribune. He had access to Argentinian confidential documents once the military left power. He interviewed many diplomats and NGO representatives active in Geneva-based human rights work. This book is probably the most detailed look at how human rights efforts are carried out at the UN Geneva-based human rights bodies.

Prof. René Wadlow is President of the Association of World Citizens.

Hagia Sophia: The Divine Spark in All

In Cultural Bridges, Current Events, Middle East & North Africa, Religious Freedom, Spirituality, The Search for Peace on August 2, 2020 at 3:20 PM

By René Wadlow

 

There is a certain irony in the return of the Hagia Sophia to being an Islamic mosque which it had been from 1453 to 1934. From 1934 till today, it was considered a museum and was visited by many especially for the fine quality of its artwork.

Sophia is the incarnation of wisdom in a feminine figure, providing light in a dark, material world. Only the feminine, the channel of creation in the world, has the power and compassion necessary to overcome the darkness of ignorance.

Sophia as the incarnation of wisdom was a concept among the philosophers of Alexandria and from there entered Jewish thought. (See the Book of Proverbs) The Sophia myth was widespread in the Middle East at the time of Jesus. (1) Sophia was also an important part of Manichean. The Sophia image was also used in various gnostic systems and underwent a great variety of treatments.

Hagia_Sophia,_Constantinople,_Turkey,_ca._1897

Probably developed independently, the feminine embodiment of wisdom and compassion is Shakti in Hinduism and Kuan Yin, the compassionate Bodhisattva in Taoism and Chinese Buddhism.

In our own time, Carl G. Jung highlights the Sophia myth as a many-layered structure of an individual’s search for health and wholeness. Jung stresses the archetypal fall into darkness and the return to light in related myths such as the Egyptian Isis and the descent of Orpheus into the underworld to rescue his wife Eurydice.

It is not certain that all who go to pray at the newly restored mosque will know of the cultural and spiritual meaning of Sophia. However, the central theme of Sophia is that wisdom is the divine spark within each person. That spark is there if one knows the myth or not.

Note: (1) See James M. Robenson (Ed), The Nag Hammadi Library in English (San Francisco: Harper Collins).

Prof. René Wadlow is President of the Association of World Citizens.

L’ONU n’a plus le droit aux rendez-vous manqués en matière de racisme

In Africa, Anticolonialism, Being a World Citizen, Conflict Resolution, Cultural Bridges, Current Events, Democracy, Europe, Fighting Racism, Human Rights, Middle East & North Africa, NGOs, Social Rights, Solidarity, The Search for Peace, Track II, United Nations, War Crimes, Women's Rights, World Law on June 21, 2020 at 10:56 PM

Par Bernard J. Henry

 

Il fallait s’y attendre. Après la mort de l’Afro-Américain George Floyd à Minneapolis (Minnesota) le 25 mai, étouffé par le policier Derek Chauvin et ses collègues auxquels il criait du peu de voix qu’ils lui laissaient « I can’t breathe », « Je ne peux pas respirer », et avec la vague mondiale d’indignation que le drame a soulevée quant au racisme et aux violences policières, l’Afrique s’est élevée d’une seule voix à l’ONU.

Le 12 juin, les cinquante-quatre pays du Groupe africain de l’Assemblée générale des Nations Unies ont appelé le Conseil des Droits de l’Homme à un « débat urgent sur les violations actuelles des droits de l’homme d’inspiration raciale, le racisme systémique, la brutalité policière contre les personnes d’ascendance africaine et la violence contre les manifestations pacifiques ».

Avec les cinquante-quatre pays africains, c’étaient plus de six cents organisations non-gouvernementales, dont l’Association of World Citizens (AWC), qui appelaient le Conseil à se saisir de la question. Et le 15 juin, la demande a été acceptée sans qu’aucun des quarante-sept Etats qui composent le Conseil ne s’y soit opposé. Le débat demandé a donc eu lieu, sur fond de dénonciation d’un « racisme systémique » par Michelle Bachelet, Haute Commissaire des Nations Unies pour les Droits de l’Homme, mais aussi d’indignation des cadres onusiens originaires d’Afrique contre leur propre institution qu’ils jugent trop passive.

The_George_Floyd_mural_outside_Cup_Foods_at_Chicago_Ave_and_E_38th_St_in_Minneapolis,_Minnesota

Une fresque en hommage à George Floyd sur un mur de Chicago (Illinois).

Pour l’Organisation mondiale, il s’agit plus que jamais de n’entendre pas seulement la voix de ses Etats membres, mais aussi celle du peuple du monde qui s’exprime en bravant les frontières, parfois même ses dirigeants. La mort de George Floyd et l’affirmation, plus forte que jamais, que « Black Lives Matter », « Les vies noires comptent », imposent une responsabilité historique à l’ONU qui, en matière de racisme, n’a plus droit aux rendez-vous manqués, réels et présents dans son histoire.

Résolution 3379 : quand l’Assemblée générale s’est trompée de colère

Le 10 novembre 1975, l’Assemblée générale de l’ONU adoptait sa Résolution 3379 portant « Élimination de toutes les formes de discrimination raciale ». Malgré ce titre prometteur, le vote de l’Assemblée générale cristallisait en fait les frustrations des Etats Membres quant à deux situations de conflit, jugées les plus graves au monde depuis la fin de la guerre du Vietnam en avril – l’Afrique australe et le Proche-Orient.

A côté de l’Afrique du Sud ou règne l’apartheid, la ségrégation raciale érigée en système par la minorité blanche aux dépens de la population noire autochtone, se tient l’ancêtre de l’actuel Zimbabwe, la Rhodésie, Etat proclamé en 1970 sur une colonie britannique mais non reconnu par la communauté internationale. La Rhodésie n’est pas un Etat d’apartheid proprement dit, mais sa minorité blanche tient la majorité noire sous la chappe brutale d’un paternalisme colonialiste. Deux organisations indépendantistes, la ZANU et la ZAPU, s’y affrontent dans une violente guerre civile et le gouvernement principalement blanc de Ian Smith n’y veut rien entendre.

Apartheid

Dans l’Afrique du Sud de l’apartheid, même sans le dire, une plage réservée aux Blancs était interdite aux Noirs au même titre qu’elle l’était aux chiens.

Au Proche-Orient, la création en 1948 de l’Etat d’Israël s’est faite sans celle d’un Etat palestinien que prévoyait pourtant le plan original de l’ONU. En 1967, lors de la Guerre des Six Jours qui l’oppose aux armées de plusieurs pays arabes, l’Etat hébreu étend son occupation sur plus de territoires que jamais auparavant, prenant le Sinaï à l’Egypte – qui lui sera rendu en 1982 – et le Golan à la Syrie, la Cisjordanie et Jérusalem-Est échappant quant à elles à la Jordanie. Aux yeux du monde, l’idéal sioniste des fondateurs d’Israël signifie désormais principalement l’oppression de la Palestine.

Et les deux Etats parias de leurs régions respectives avaient fini par s’entendre, causant la fureur tant de l’URSS et de ses alliés à travers le monde que du Mouvement des Non-Alignés au sud. Le 14 décembre 1973, dans sa Résolution 3151 G (XXVIII), l’Assemblée générale avait déjà « condamné en particulier l’alliance impie entre le racisme sud africain et le sionisme ». C’est ainsi que deux ans plus tard, la Résolution 3379 enfonçait le clou contre le seul Israël en se concluant sur ces termes : « [L’Assemblée générale] [c]onsidère que le sionisme est une forme de racisme et de discrimination raciale ».

Impossible de ne pas condamner l’occupation israélienne en Palestine, tant elle paraissait incompatible avec le droit international qui, en 1948, avait précisément permis la création de l’Etat d’Israël. Pour autant, assimiler le sionisme au racisme présentait un double écueil. D’abord, s’il se trouvait un jour une possibilité quelconque d’amener Israéliens et Palestiniens au dialogue, comment Israël allait-il jamais accepter de venir à la table des négociations avec un tel anathème international sur son nom ? C’est ce qui amena, après la Première Guerre du Golfe, l’adoption par l’Assemblée générale de l’ONU de la Résolution 46/86 du 16 décembre 1991 par laquelle la Résolution 3379, et avec elle l’assimilation du sionisme au racisme, étaient tout simplement abrogées, ce qui était l’une des conditions d’Israël pour sa participation à la Conférence de Madrid en octobre. Ensuite, plus durablement cette fois, présenter l’affirmation d’un peuple de son droit à fonder son propre Etat comme étant du racisme ne pouvait qu’alimenter le refus, ailleurs à travers le monde, du droit à l’autodétermination déjà mis à mal dans les années 1960 au Katanga et au Biafra, avec à la clé, l’idée que toute autodétermination allait entraîner l’oppression du voisin.

« Les racistes sont des gens qui se trompent de colère », disait Léopold Sédar Senghor. Il n’en fut pire illustration que la Résolution 3379, inefficace contre le racisme et n’ayant servi qu’à permettre à Israël de se poser en victime là où son occupation des Territoires palestiniens n’avait, et n’a jamais eu, rien de défendable.

Un échec complet donc pour l’ONU, mais qui fut réparé lorsque commença le tout premier processus de paix au Proche-Orient qui entraîna, en 1993, les Accords d’Oslo et, l’année suivante, le traité de paix entre Israël et la Jordanie. C’était toutefois moins une guérison qu’une simple rémission. 

Durban 2001 : l’antiracisme otage de l’antisémitisme

Le 2 septembre 2001 s’est ouverte à Durban, en Afrique du Sud, la Conférence mondiale contre le racisme, la discrimination raciale, la xénophobie et l’intolérance, conférence organisée par les Nations Unies. Sans même évoquer la Résolution 3379 en soi, depuis son abrogation en 1991, le monde avait changé. La Guerre Froide était terminée, l’URSS avait disparu, l’apartheid avait pris fin dans une Afrique du Sud rebâtie en démocratie multiraciale par Nelson Mandela auquel succédait désormais son ancien Vice-président Thabo Mbeki.

Au Proche-Orient, Yitzhak Rabin avait été assassiné en 1995, et avec lui étaient morts les Accords d’Oslo réfutés par son opposition de droite, cette même opposition qui dirigeait désormais Israël en la personne d’Ariel Sharon, ancien général, chef de file des faucons et dont le nom restait associé aux massacres de Sabra et Chatila en septembre 1982 au Liban. Aux Etats-Unis, le libéralisme international des années Clinton avait fait place aux néoconservateurs de l’Administration George W. Bush, hostiles à l’ONU là où leurs devanciers démocrates avaient su s’accommoder du Secrétaire général Kofi Annan. Le monde avait changé, mais c’était parfois seulement pour remplacer certains dangers par d’autres. Et le passé n’allait pas tarder à se rappeler au bon souvenir, trop bon pour certains, des participants.

La Haute Commissaire des Nations Unies pour les Droits de l’Homme, Mary Robinson, n’était pas parvenue à mener des travaux préparatoires constructifs, et dès le début des discussions, le résultat s’en est fait sentir. Devant la répression israélienne de la Seconde Intifada à partir de fin septembre 2000, l’Etat hébreu déclenche une fois de plus la colère à travers le monde. Un nombre non négligeable d’Etats rêvent de déterrer la Résolution 3379, mais cette fois, sans plus de racisme sud-africain auquel accoler le sionisme, Israël va voir cette colère dégénérer en récusation non plus du sionisme mais, tout simplement, du peuple juif où qu’il vive dans le monde.

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A gauche, Ariel Sharon, alors officier supérieur de Tsahal, en 1967. Plus tard Ministre de la Défense puis Premier Ministre, son nom sera associé à de graves crimes contre les Palestiniens commis par Israël.

S’y attendant, l’Administration Bush a lancé des mises en garde avant le début de la conférence. En ouverture, Kofi Annan annonce la couleur – il ne sera pas question de sionisme, pas de redite de 1975. Rien n’y fait. Toute la journée, des Juifs présents à la conférence sont insultés et menacés de violences. Le Protocole des Sages de Sion, faux document né dans la Russie tsariste au début du vingtième siècle pour inspirer la haine des Juifs, est vendu en marge. Et, comble pour une conférence des Nations Unies, même si elles n’y sont bien entendu pour rien, il est distribué aux participants des tracts à l’effigie, et à la gloire, d’Adolf Hitler.

Il n’en faut pas plus pour qu’Etats-Unis et Israël plient bagages dès le lendemain. Si la France et l’Union européenne restent, ce n’est cependant pas sans un avertissement clair – toute poursuite de la stigmatisation antisémite verra également leur départ.

C’est à la peine qu’est adopté un document final, dont ce n’est qu’en un lointain 58ème point qu’il est rappelé que « l’Holocauste ne doit jamais être oublié ». Dans le même temps, un Forum des ONG concomitant adopte une déclaration si violente contre Israël que même des organisations majeures de Droits Humains telles qu’Amnesty International, Human Rights Watch et la Fédération internationale des Ligues des Droits de l’Homme s’en désolidarisent. Le Français Rony Brauman, ancien Président de Médecins Sans Frontières, ardent défenseur de la cause palestinienne, n’avait pu lui aussi que déplorer l’échec consommé de la conférence, prise en otage par des gens qui prétendaient combattre le racisme, y compris, naturellement, le colonialisme israélien, mais n’avaient en réalité pour but que de répandre le poison de l’antisémitisme.

Pour la dignité de chaque être humain

Le racisme est un phénomène universel, qui n’épargne aucun continent, aucune culture, aucune communauté religieuse. De la part de l’ONU, c’est en tant que tel que le peuple du monde s’attend à le voir combattu. Par deux fois, les Etats membres de l’Organisation mondiale l’ont détournée de sa fonction pour plaquer le racisme sur ce qui était, et qui demeure, une atteinte à la paix et la sécurité internationales, nommément l’occupation israélienne en Palestine où, indéniablement, le racisme joue aussi un rôle, mais qui ne peut se résumer à la seule question de la haine raciale comme c’était le cas de l’apartheid en Afrique du Sud ou comme c’est aujourd’hui celui du scandale George Floyd.

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Ici à New York en 2014, le slogan “Black Lives Matter”, qui exprime désormais le droit de tout être humain opprimé en raison de son origine au respect et à la justice.

S’il ne peut ni ne doit exister d’indulgence envers quelque Etat que ce soit, en ce compris l’Etat d’Israël, le racisme sous toutes ses formes, surtout lorsqu’il provient d’agents de l’Etat tels que les policiers, ne peut être circonscrit à la condamnation d’une seule situation dans le monde, aussi grave soit-elle, encore moins donner lieu à l’antisémitisme qui est lui aussi une forme de racisme et l’on ne peut en tout bon sens louer ce que l’on condamne !

Par bonheur, le Groupe africain a su éviter tous les écueils du passé, ayant lancé un appel au débat qui fut accepté sans mal par le Conseil des Droits de l’Homme. Les appels de la Haute Commissaire aux Droits de l’Homme et des hauts fonctionnaires d’origine africaine viennent amplifier un appel que l’ONU doit entendre. Le monde s’est réveillé, il faut en finir avec le racisme, et sur son aptitude à agir, à accueillir les critiques, l’ONU joue sa crédibilité dans cette lutte pour la dignité de chaque être humain qui est le premier des droits.

Bernard J. Henry est Officier des Relations Extérieures de l’Association of World Citizens.

World Refugee Day

In Africa, Being a World Citizen, Current Events, Europe, Fighting Racism, Human Rights, Humanitarian Law, Middle East & North Africa, Migration, NGOs, Refugees, Solidarity, The Search for Peace, Track II, United Nations, World Law on June 20, 2020 at 4:01 PM

By René Wadlow

 

June 20 is the United Nations (UN)-designated World Refugee Day marking the signing in 1951 of the Convention on Refugees. The condition of refugees and migrants has become a “hot” political issue in many countries, and the policies of many governments have been very inadequate to meet the challenges. The UN-led World Humanitarian Summit held in Istanbul, Turkey on May, 23-24, 2016 called for efforts to prevent and resolve conflicts by “courageous leadership, acting early, investing in stability, and ensuring broad participation by affected people and other stakeholders.”

If there were more courageous political leadership, we might not have the scope and intensity of the problems that we now face. Care for refugees is the area in which there is the closest cooperation between nongovernmental organizations (NGOs) and the UN system. As one historian of the work of the United Nations High Commissioner for Refugees (UNHCR) has written “No element has been more vital to the successful conduct of the programs of the UNHCR than the close partnership between UNHCR and the non-governmental organizations.”

The 1956 flow of refugees from Hungary was the first emergency operation of the UNHCR. The UNHCR turned to the International Committee of the Red Cross and the League of Red Cross Societies which had experience and the finances to deal with such a large and unexpected refugee departures and re-settlements. Since 1956, the UNHCR has increased the number of NGOs, both international and national, with which it works given the growing needs of refugees and the increasing work with internally displaced persons who were not originally part of the UNHCR mandate.

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Hungarian refugees outside a building at Charleston Air Force Base in 1956.

Along with emergency responses − tents, water, medical facilities − there are longer-range refugee needs, especially facilitating integration into host societies. It is the integration of refugees and migrants which has become a contentious political issue. Less attention has been given to the concept of “investing in stability”. One example:

The European Union (EU), despite having pursued in words the design of a Euro-Mediterranean Community, in fact did not create the conditions to approach its achievement. The Euro-Mediterranean partnership, launched in 1995 in order to create a free trade zone and promote cooperation in various fields, has failed in its purpose. The EU did not promote a plan for the development of the countries of North Africa and the Middle East and did nothing to support the democratic currents of the Arab Spring. Today, the immigration crisis from the Middle East and North Africa has been dealt with almost exclusively as a security problem.

The difficulties encountered in the reception of refugees do not lie primarily in the number of refugees but in the speed with which they have arrived in Western Europe. These difficulties are the result of the lack of serious reception planning and weak migration policies. The war in Syria has gone on for five years. Turkey, Lebanon, and Jordan, not countries known for their planning skills, have given shelter to nearly four million persons, mostly from the Syrian armed conflicts. That refugees would want to move further is hardly a surprise. That the refugees from war would be joined by “economic” and “climate” refugees is also not a surprise. The lack of adequate planning has led to short-term “conflict management” approaches. Fortunately, NGOs and often spontaneous help have facilitated integration, but the number of refugees and the lack of planning also impacts NGOs.

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Women and children among Syrian refugees striking at the platform of Budapest Keleti railway station in 2015.

Thus, there is a need on the part of both governments and NGOs to look at short-term emergency humanitarian measures and at longer-range migration patterns, especially at potential climate modification impact. World Refugee Day can be a time to consider how best to create a humanist, cosmopolitan society.

Prof. René Wadlow is President of the Association of World Citizens.

Sudan’s Recovery Crippled by U.S. Sanctions Policy

In Africa, Being a World Citizen, Conflict Resolution, Current Events, Human Rights, Middle East & North Africa, NGOs, Solidarity, Sudan, The Search for Peace, Track II, United Nations, World Law on June 15, 2020 at 8:54 PM

By René Wadlow

 

Economic recovery from decades of stagnation and misuse of resources during the 30-year dictatorship of Omar al-Bashir is critical for Sudan’s civilian-led transitional government.

Since August 2019, Sudan has been led by a Council made up of six civilians and five members of the military with a cabinet of liberal civilian administrators headed by Prime Minister Abdallah Hamdok, a former economist with the United Nations (UN). Elections are scheduled for next year, time for civil society to organize.

Sudan

However, chronic economic problems could lead elements in the armed forces to assert further their influence even without trying to take power. Sudan faces deep economic challenges. There is a backlog of domestic needs. The consequences of the creation of a separate State of South Sudan are still not resolved. The armed conflicts in the Darfur provinces, while not as active as earlier, still exist. Real economic development in Darfur is stopped.

The Association of World Citizens (AWC) was the first nongovernmental organization to raise the Darfur conflicts in the UN Commission on Human Rights in early 2004. Since then, our Association has striven to have negotiations in good faith to resolve the issues. However, the original opposition alliances have broken down into smaller, tribal-based groups and no real negotiations have been able to be held.

A strong obstacle to Sudan’s economic development is the continued United States (U. S.) economic sanctions which impact trade and investment. The U. S. sanctions policy prevents loans from international institutions such as the World Bank. The U. S. still lists Sudan as a “State sponsor of terrorism”. Sudan in an earlier period did house violent Islamist movements which carried out attacks in other countries such as the attack on the U. S. Embassy in Kenya. However, the violent Islamist groups were not “sponsored” by the government of Sudan.

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Prime Minister Abdallah Hamdok of Sudan

Prime Minister Abdallah Hamdok in his address to the UN General Assembly said that these U. S. sanctions “have played havoc on our people causing them untold misery of all types and forms. We, in the transitional government call on the United States of America to take Sudan off the list of State Sponsors of Terrorism.”

Such a realistic request is a necessary first step toward the creation of a stable Sudan which should be able to play a positive role in an unstable part of the world. The AWC will continue its efforts for a Sudan in which all can play a positive role.

Prof. René Wadlow is President of the Association of World Citizens.

Plus que jamais, créer un Etat en paix pour tous en Libye

In Africa, Being a World Citizen, Conflict Resolution, Current Events, Democracy, Human Rights, Humanitarian Law, Libya, Middle East & North Africa, Modern slavery, NGOs, Refugees, Solidarity, The Search for Peace, Track II, United Nations, War Crimes, World Law on June 11, 2020 at 8:10 AM

Par Bernard J. Henry

 

Dans la Libye où rien ne semble pouvoir éteindre les braises de la guerre civile, l’appel à un cessez-le-feu et à la poursuite des négociations lancé le 6 juin par le Président égyptien Abdel Fattah al-Sissi en présence du Général Khalifa Haftar a vécu.

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Le Général Khalifa Haftar

Le 4, les troupes du Gouvernement d’accord national (GAN) du Premier Ministre Fayez al-Sarraj, reconnu par l’ONU, reprenaient la ville. Une défaite majeure pour Haftar, longtemps vu comme l’homme fort du pays mais dont les revirements sur les accords conclus et le refus d’en adopter de nouveaux ont mené à sa remise en question, y compris par l’Egypte et la Russie qui lui préféreraient, pour représenter la Cyrénaïque qui recouvre le tiers oriental de la Libye, Aguila Saleh, le Président du Parlement hostile au GAN.

Le 9, les chefs de la diplomatie français, italien et allemand, accompagnés du Haut Représentant de l’Union européenne, appelaient ensemble à reprendre les pourparlers et la recherche d’un cessez-le-feu, prenant en compte les discussions du Caire et demandant dans un communiqué conjoint «instamment, toutes les parties libyennes et internationales à faire cesser de manière effective et immédiate toutes les opérations militaires et à s’engager de façon constructive dans les négociations en format 5+5, sur la base du projet d’accord du 23 février».

Néanmoins, la course à l’influence menée par les diplomaties russe et turque menace d’emblée toute recherche de la paix sur ce seul fondement. Comment, dès lors, envisager une paix prochaine et durable dans la Libye qui, depuis 2011 et la fin du régime Kadhafi, n’a plus d’État que le nom ?

Un Etat qui n’a jamais su s’inventer

Avec le retournement de la situation militaire, les espoirs sont ouverts pour des négociations plus fructueuses et, plus encore, afin d’envisager des formes nouvelles et stables de gouvernement.

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Le Premier Ministre Fayez al-Sarraj

De longue date, l’Association of World Citizens (AWC) appelle à la création en Libye de structures gouvernementales nouvelles qui prennent en compte la nature géographique du pays, particulièrement en ce qui concerne la nature tribale de la population.

Après la fin de la colonisation italienne en 1952, la Libye fortement marquée par les combats de la Seconde Guerre Mondiale n’a jamais su se trouver en tant qu’entité étatique, ni la monarchie du roi Idriss Ier, ni la République arabe libyenne proclamée en 1969 par Mouammar Kadhafi et encore moins la Jamahiriya, néologisme signifiant «l’État des masses» et désignant une forme d’Etat minimaliste mise en place en 1977 n’étant parvenues à cimenter le pays.

Depuis la fin du régime Kadhafi en 2011, deux provinces de Libye démontrent cet échec par deux exemples extrêmes.

Un conte de deux Libye – sans grandes espérances

A la frontière sud derrière le Sahara, le Fezzan et ses oasis abritent plus de deux cent mille personnes. La terre de l’ordre soufiste du roi Idriss n’inquiétait guère Tripoli du temps de Kadhafi, qui n’y voyait guère un foyer de contestation. Mais après 2011, le Fezzan s’est trouvé livré au trafic de drogue, d’armes et même d’êtres humains. Il a fallu que ce soit l’ancienne puissance coloniale, l’Italie, qui attire l’attention sur l’anarchie gangrénant le Fezzan – et pour cause, nombre de migrants africains qui gagnent le pays passaient par cet enfer.

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Ibrahim Jadran

A l’est, le Cyrénaïque adossé à l’Egypte a vu se développer dans l’ère post-Kadhafi le règne d’un chef de milice, Ibrahim Jadran. Emprisonné en 2005 avec ses quatre frères pour avoir tenté de fomenter une rébellion armée contre le «guide de la révolution» Kadhafi, il sort avec eux de prison à la faveur de la révolution de 2011. Accédant l’année suivante à la hiérarchie des Gardes de Défense du Pétrole protégeant les infrastructures pétrolières du pays, il se prononce pour un fédéralisme aussi décentralisateur que possible en Libye. L’année suivante, il instaure le Bureau politique de Cyrénaïque et proclame l’autonomie de la province, défiant Tripoli et tentant sans succès de vendre à son seul profit du pétrole à l’étranger. En juin 2018, il fuit la débâcle de sa Force d’autodéfense de la Cyrénaïque, un temps forte de 17 500 hommes devant les troupes de Haftar. Le 12 septembre, le Conseil de Sécurité de l’ONU adopte des sanctions individuelles contre Jadran pour ses attaques armées contre les forces du général.

Si les deux provinces offrent ce que Charles Dickens, auteur d’Un conte de deux cités, aurait pu appeler un «conte de deux Libye», il n’existe dans l’une et l’autre aucune place pour Les grandes espérances, autre roman de Dickens, tant le chaos qui mène au banditisme généralisé et l’aventure personnelle d’un seigneur de la guerre se voulant magnat du pétrole sont deux exemples de ce que l’avenir de la Libye ne doit pas être.

La Libye comme l’Europe, «Unie dans la diversité»

L’histoire l’a quelque peu oublié, mais l’Etat libyen de 1952 se nommait le Royaume-Uni de Libye, à l’image de la Grande-Bretagne. Pour autant, tenter d’unir autour d’une figure monarchique un pays aux identités locales, voire «micro-locales» selon l’expression du chercheur français Patrick Haimzadeh, à ce point enracinées et prononcées relevait de l’utopie, sans une forme de gouvernement à l’image, par exemple, du Royaume-Uni contemporain avec un Parlement en Ecosse, une Assemblée du Pays de Galles et une autre en Irlande du Nord en plus du Gouvernement britannique à Londres.

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L’histoire n’était pas prête, sans doute. Elle ne le sera pas davantage si, au cas où le Brexit tournerait mal, les nations composant le Royaume-Uni venaient à se découvrir plus diverses qu’elles ne sont unies et l’une ou plusieurs d’entre elles plébiscitaient leur indépendance.

Aujourd’hui, le seul salut de la Libye réside dans une structure gouvernementale faisant d’elle un pays qui soit à l’image de la devise de l’Union européenne, «Unie dans la diversité». Désunis, les Britanniques ne se tueraient pas. Les Libyens, oui, depuis près de dix ans. Ce qui leur manque, ce n’est pas un homme pour les diriger. C’est de pouvoir se diriger eux-mêmes, être eux-mêmes et apprendre à se ressembler dans la différence.

Bernard J. Henry est Officier des Relations Extérieures de l’Association of World Citizens.

Condamnée pour avoir défendu ses clients : Maître Najet Laabidi, la valeur d’un symbole

In Being a World Citizen, Current Events, Democracy, Human Rights, Middle East & North Africa, NGOs, Solidarity, World Law on March 30, 2020 at 7:05 AM

Par Bernard J. Henry

Il est des années qui marquent l’histoire d’un pays, mais aussi celle d’une association. L’année 1961 est, pour l’Allemagne, celle de la construction du Mur de Berlin, qui allait devenir le symbole le plus douloureux de la Guerre Froide, de même qu’elle est l’année de la création, au Royaume-Uni, d’Amnesty International. Cinquante ans plus tard, pour la Tunisie, 2011 est l’année d’une révolution victorieuse du peuple contre la dictature, la première de son genre dans le monde arabe. Pour l’Association of World Citizens (AWC), c’est l’année de la disparition de son Président-fondateur, Douglas Mattern, emporté par un cancer dans la banlieue de San Francisco.

Mais c’est aussi l’année où nous avons commencé à suivre un cas individuel sur lequel, au début de la décennie nouvelle et au milieu de la tragédie mondiale sur laquelle elle s’ouvre, nous travaillons toujours. L’un des volets de ce cas vient de connaître son dénouement en justice, un dénouement qui, pour n’être pas des plus sévères, ne peut pourtant nous satisfaire. Car lui aussi est porteur d’un symbole, lourd, trop lourd et menaçant.

Civile jugée par des militaires, avocate punie pour avoir défendu

Ce cas, c’est celui de Najet Laabidi, avocate, Défenseure des Droits Humains (DDH). Comme nous l’écrivions le 27 mai 2017 dans notre article «Najet Laabidi, avocate engagée pour l’Etat de droit en Tunisie» :

«Le 8 novembre 2011, choisie et contactée pour représenter des victimes de mauvais traitements dans l’affaire Barakat Essahel, l’avocate subit un déluge d’insultes et de menaces de la part de proches d’anciens officiels de l’Etat poursuivis en justice pour avoir torturé des prisonniers politiques sous Ben Ali. D’abord par téléphone avant le procès, puis le jour venu, en pleine salle d’audience.

La police militaire évacue les auteurs des injures et menaces, mais ne lève pas le petit doigt pour protéger l’avocate. Il lui est ordonné de ne pas quitter le prétoire jusqu’à ce que tout le monde soit sorti. Elle décline une proposition de la raccompagner en voiture. Le ton est donné de ce que seront les années qui suivent pour Najet Laabidi.

Quatre ans plus tard, deuxième round. Le 26 novembre 2015, elle plaide lors d’une audience d’opposition contre Ezzedine Jenayeh, ancien Directeur de la Sûreté nationale sous Ben Ali, condamné par contumace pour délit de violences dans l’affaire Baraket Essahel et qui conteste le jugement. D’entrée, la procédure consacre l’arbitraire.

[…]

[Devant le Tribunal militaire, Najet Laabidi avait accusé Leila Hammami, juge du Tribunal militaire de Première instance,] de partialité, les propos de Najet Laabidi ayant été filmés puis diffusés sur les réseaux sociaux. «Dans ma vidéo,» rappelle l’avocate, «j’ai évoqué les circonstances de l’impunité, j’ai souligné que le Tribunal militaire ne pouvait pas consacrer les principes d’un procès équitable car, dans ce corps d’Etat, il y a toujours la corruption». Nouvelle plainte de Leila Hammami le 21 décembre 2015, la magistrate versant au dossier un CD de l’enregistrement de Najet Laabidi lui disant ses quatre vérités.

Il n’en faut pas plus au Procureur général près la Cour d’appel de Tunis pour lancer des poursuites sur le fondement de l’Article 128 du Code pénal pour «outrage à un fonctionnaire public». Convoquée le 1er février 2016 devant le juge d’instruction du Tribunal de première instance de Tunis, Najet Laabidi refuse de comparaître. Le 12 octobre 2016, elle est condamnée par contumace à un an d’emprisonnement.

Informée de sa condamnation seulement le 24 avril dernier, l’avocate y fait opposition. A l’issue de son audience le 10 mai dernier, Najet Laabidi est condamnée à six mois de prison, décision dont elle interjette immédiatement appel. Mais qui n’aurait jamais dû intervenir en premier lieu, puisque ce qu’on lui reproche, outre peut-être son appartenance à un parti politique d’opposition, c’est d’avoir agi comme ce qu’elle est – une avocate.»

Qu’importe que tant la Constitution tunisienne que le droit international des Droits Humains interdisent la comparution de civils devant les juridictions militaires, dont les justiciables sont par définition les seuls membres des forces armées. Najet Laabidi comparaît le 27 juin 2019 devant le Tribunal militaire de Première instance de Tunis. A l’issue d’une délibération aux allures d’interminable, le 12 mars 2020, l’avocate est reconnue coupable et condamnée à une amende symbolique de huit dinars tunisiens, soit 2,50 € ou $2,79.

L’ONG FrontLine Defenders annonce la condamnation de Maître Najet Laabidi

Mieux vaut une amende symbolique qu’une peine d’emprisonnement ferme, certes, comme celle qui lui aurait été à coup sûr infligée pour les mêmes faits sous Ben Ali. Mais cela reste trop, car justement, c’est un symbole.

Une Défenseure des Droits Humains humiliée

Ce n’est un secret pour personne, le droit tunisien est un héritier direct du droit français, qui l’a construit pendant la période de protectorat de la France en Tunisie de 1881 à 1956. A cette exception près que la justice tunisienne ne dispose pas d’un instrument historique et juridique majeur comme la Déclaration des Droits de l’Homme et du Citoyen proclamée en France en 1789, aujourd’hui partie intégrante de la Constitution de la République française. Les formes y sont, mais jusqu’en cette année 2011, le fond, les justiciables tunisiens avaient pris l’habitude de s’en passer. Sauf peut-être les opposants et DDH qui garnissaient régulièrement les cellules du régime. Et ce droit français recèle un intriguant symbole.

Que ce soit au civil ou en tant que partie civile dans un procès pénal ou criminel, il est possible de demander à son adversaire, qui sera au pénal le prévenu et l’accusé en cour d’assises, un «euro symbolique» de dommages et intérêts, descendant logique du «franc symbolique» qui servait la même fonction. Lorsqu’il ne s’agit pas de balayer les accusations du public d’opportunisme financier, surtout si l’adversaire est notoirement aisé, l’euro symbolique est une solution commode pour faire reconnaître du juge son préjudice d’estime sans avoir à demander une somme conséquente qui ne serait jamais accordée, tant il serait impossible de prouver un préjudice moral ou financier conséquent. Pour autant, l’euro symbolique n’en peut pas moins servir d’outil de vexation envers la partie condamnée, qui se voit ainsi refuser toute idée de puissance et réduire au dénuement moral.

Condamner Najet Laabidi à huit dinars symboliques, comme elle aurait pu l’être à un «dinar symbolique», c’est envers elle une double insulte. D’abord parce qu’elle n’a commis aucun acte qui eût pu lui valoir une comparution en justice, ayant rempli ses charges d’avocate et aucun Etat se voulant un Etat de droit ne peut judiciariser quiconque pour cela ; voilà qui, à bon droit, interroge sur l’Article 128 du Code pénal tunisien et son intitulé périlleusement vague d’ «outrage à un fonctionnaire public». Ensuite, parce que c’est sa qualité de DDH elle-même qui s’en trouve niée, ses juges lui accordant la faveur d’une peine clémente alors que la moindre conscience juridique aurait dû les amener à une seule et unique conclusion, celle de l’iniquité de toute peine même symbolique envers elle, professionnelle du droit œuvrant pour la défense des valeurs mêmes qui avaient fait descendre les Tunisiens dans la rue et, in fine, amené la chute du régime Ben Ali puis l’avènement du système actuel, ce système dont ces mêmes juges font partie.

En ce sens-là, oui, l’amende infligée à Najet Laabidi a la valeur d’un symbole. Le symbole d’une Tunisie qui, depuis 2011, avance vers l’Etat de droit mais bien souvent trébuche. Dans notre article du 18 mars 2018 intitulé «Maître Najet Laabidi de nouveau visée par les autorités tunisiennes», nous notions encore :

«Si l’on juge un pays sur la manière dont il traite les personnes handicapées, alors la Tunisie a besoin d’un bon avocat. Et si l’on juge un pays au respect que les pouvoirs publics accordent aux avocats, alors la terre du Jasmin semble en chute libre vers l’indéfendable».

Autant dire que Najet Laabidi a elle aussi, plus encore, la valeur d’un symbole. Le symbole des DDH de tous parcours de vie et milieux professionnels, même si les praticiens du droit sont par définition mieux armés pour défendre, qui permettent tant soit peu à cette Tunisie en chute libre de se raccrocher aux branches. La valeur d’un symbole à défendre, car de là dépend la réalité de demain de l’Etat de droit en Tunisie. Et partout ailleurs, parce qu’un symbole de liberté n’a pas de frontières.

Bernard J. Henry est Officier des Relations Extérieures de l’Association of World Citizens.

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