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Archive for the ‘The former Soviet Union’ Category

Qu’on le veuille ou non, un seul monde et le droit à la migration

In Africa, Anticolonialism, Asia, Being a World Citizen, Conflict Resolution, Current Events, Democracy, Europe, Fighting Racism, Human Rights, Latin America, Middle East & North Africa, Migration, NGOs, Refugees, Solidarity, Syria, The former Soviet Union, The Search for Peace, Track II, United Nations, World Law on December 28, 2021 at 5:00 PM

Par Bernard J. Henry

Deux ans déjà, deux ans d’une guerre mondiale qui semble interminable, une Troisième Guerre Mondiale non entre deux ou plusieurs alliances d’Etats souverains, ou contre un envahisseur extraterrestre comme dans certains films ou séries de science-fiction, mais contre un virus – un coronavirus, le SARS-CoV-2 responsable de la COronaVIrus Disease of 2019 ou Covid-19. Après la souche originelle dite de Wuhan, le monde a découvert les variants, d’abord affublés de gentilés (anglais, sud-africain, indien) puis renommés selon l’alphabet grec : Alpha, Beta, Delta …  Et maintenant Omicron.

La lutte progresse mais la pandémie sait contre-attaquer, comme avec Omicron. Hélas, l’inégalité vaccinale entre pays et régions du monde, couplée aux décisions scientifiquement absurdes de certains gouvernements, se fait pour le virus une alliée inespérée.

L’histoire nous l’enseigne, lorsqu’une crise mondiale éclate et se prolonge, ce n’est pas après qu’elle a pris fin qu’il faut envisager l’avenir, mais pendant même qu’elle se produit, et faire de ses projets son but réel de guerre. L’histoire nous l’enseigne, oui, et l’an prochain verra le quatre-vingtième anniversaire des Nations Unies, non pas de l’organisation internationale créée en 1945 à San Francisco – également berceau de l’Association of World Citizens (AWC) – mais de l’alliance militaire des pays combattant l’Allemagne nazie, l’Italie fasciste et le Japon. Une alliance militaire qui avait retenu les leçons de l’échec de la Société des Nations et compris, à l’avenant, qu’un combat armé ne vaut rien s’il n’est porteur d’un projet politique pour un monde en paix, donc, un monde plus uni.

Un monde plus uni …  Que certains partis politiques ici ou là le veuillent ou non, c’est ce que produira inéluctablement cette pandémie, après une épreuve dont aucun continent sur terre n’aura été épargné. Et même si cela dérange ces partis xénophobes de divers pays et continents, là encore, ce monde ne pourra plus regarder de la même manière le sujet dont ils ont fait leur fonds de commerce pendant le demi-siècle écoulé – la migration.

La forteresse WENA

Si c’est littéralement le monde entier qui est touché, tout comme par la Covid-19, par le virus de la xénophobie qu’aucun vaccin ne vient enrayer, le centre mondial de l’épidémie est bien la WENA (Western Europe and North America, Europe occidentale et Amérique du Nord). Depuis le début du siècle, avec des entrées au gouvernement en Autriche et en Italie notamment, ainsi qu’une présence au second tour de l’élection présidentielle en France et un résultat électoral sans précédent aux Pays-Bas, l’extrême droite xénophobe n’a cessé de croître en WENA, jusqu’à fusionner au Canada avec la droite traditionnelle incarnée par le Parti conservateur. Mais, après des reflux ici et là, l’année 2015 est venue lui ouvrir grand les portes jusqu’alors closes du pouvoir.

Après ce que d’aucuns appelaient la «crise migratoire» de l’été, lorsque migrants et réfugiés avaient eu l’impudence de venir déranger la baignade et la bronzette des Européens en accostant sur la rive sud de la Méditerranée, un exode vite réduit par certains à une attaque envers l’Occident de Daesh, le soi-disant «État islamique en Irak et en Syrie» qui avait déjà en janvier fait couler le sang à Paris, la Grande-Bretagne suivit sans mal l’année suivante un UKIP déchaîné contre des hordes d’envahisseurs vers le vote du Brexit. A des milliers de kilomètres de là, loin des rivages du désespoir, un Donald Trump donné perdant d’avance remporta contre toute attente la Maison Blanche en évoquant, entre autres, un mur géant le long de la frontière mexicaine censé bloquer toute immigration clandestine. En 2017, bien que largement vaincue en fin de compte, l’extrême droite française atteignit une nouvelle fois les marches de l’Élysée. En 2018, les électeurs italiens consacrèrent Matteo Salvini. Il ne suffisait plus d’une «forteresse Europe», le temps était venu d’une «forteresse WENA», à bâtir du plus ironiquement sur des plans fournis par Moscou, où le pouvoir inspire et parfois finance les partis d’extrême droite comme de gauche radicale, antagonistes mais unanimes pour saper la démocratie libérale.

Ile de Lesbos (Grèce), 11 octobre 2015 (C) Antonio Masiello

Ils savent ce qui leur fait peur, les tenants de la forteresse WENA. Ils le désignent par deux mots – le grand remplacement, celui d’une population européenne blanche et chrétienne qui n’existe que dans leur imaginaire par des hordes d’Arabes et d’Africains musulmans. Leur imaginaire où trône Le Camp des Saints, roman publié en 1973 par Jean Raspail et qui, en écho à l’antisémitisme délirant des Turner Diaries adulés par les suprémacistes blancs des Etats-Unis, décrit la chute de l’Occident blanc devant une invasion venue des pays du Sud. Loin d’avoir été oublié avec le temps, Le Camp des Saints inspire encore aujourd’hui l’extrême droite française ainsi que des proches de Donald Trump.

Personne au sud ne prône un «grand remplacement», concept qui n’existe donc qu’en WENA. Et pour cause, il ne pouvait venir d’ailleurs. S’il est une région au monde dont les pays ont, dans le passé, débarqué de force sur des rivages lointains, usé de la force pour imposer leur présence puis, in fine, leurs institutions, leur religion et leur culture, ce sont bien ceux de la WENA à travers le colonialisme, imités plus tard, tragique ironie, par l’URSS «anticolonialiste» sous couvert de soutien idéologique et pour les pires effets, dont deux en Afghanistan ayant pour noms les Talibans et Al-Qaïda.

Il n’y a qu’eux qui y pensent, eux pour qui la relation avec l’autre n’est que haine ou mépris, et pour certains, violence et guerre où l’on ne peut être que vainqueur ou vaincu. Dans leur immense majorité, celles et ceux qui, au sud, veulent gagner la WENA y recherchent tout au contraire son mode de vie, ses opportunités de travail et de construction d’une vie nouvelle, ses libertés que leur refusent les gouvernements de leurs pays d’origine, se servant la plupart du temps de la culture traditionnelle locale comme d’un alibi et nourrissant ainsi les fantasmes des xénophobes en WENA, trop contents de prendre en tenaille des migrants et réfugiés déjà pourchassés par leurs propres gouvernants.

Nigel Farage, chef du parti UKIP, agitant le spectre de la migration pour amener les Britanniques à voter pour le Brexit en 2016 (C) @epkaufm (Twitter), licensed under Public Domain

La WENA a peur. Elle a peur de tous ces gens qui voient en elle un exemple pour leurs propres dirigeants, peur de toutes ces victimes qui l’appellent à agir pour leur permettre de vivre en paix chez eux ou, si elle s’y refuse, à les admettre au moins sur son territoire. Elle a peur aussi de ses propres enfants, ceux dont les parents sont eux-mêmes venus d’ailleurs ou dont les ancêtres plus lointains y ont été amenés de force, notamment comme esclaves. Elle a peur des Black Lives Matter et autres mouvements exigeant la justice pour qui, né ou élevé dans la WENA, s’y voit rejeté car porteur de cet ailleurs qui la tétanise.

Ses dirigeants ont peur, et ceux qui voudraient l’être aussi. Délogé de la présidence américaine, Donald Trump ne désarme pas. En France, terre de l’adoption de la Déclaration universelle des Droits de l’Homme en 1948, l’extrême droite se dédouble en deux partis rivalisant de peur et de haine d’autrui, tandis que le parti héritier de celui du Général de Gaulle parle arrêt de l’immigration et sortie de la Cour européenne des Droits de l’Homme, même la gauche se laissant tenter par la facilité xénophobe en s’en prenant par exemple aux transferts d’argent de travailleurs migrants vers leurs familles au pays.

Mise à mal par l’exemple russe de la démocratie illibérale de pure façade et celui de l’autoritarisme de marché donné par la Chine, la WENA n’est plus, elle le sait, maîtresse du monde. Devenir la forteresse WENA ne résoudra pourtant, pour elle, aucun problème. Fantasmer n’est pas empêcher les difficultés, encore moins les surmonter mais bien les rendre hors de contrôle. A travers le monde entier, migration et recherche d’asile génèrent des drames sans lien avec les peurs irraisonnées des opinions occidentales. La WENA peut bien rêver d’isolement, mais tout comme ceux que crée la Covid-19, les drames de la migration ont aboli les frontières et uni le monde – pour le pire.

Le monde uni en fait refuse de l’être en droit

Déjà tourmentée par ses cauchemars de « grand remplacement » et les capitulations de ses démocrates supposés devant les vrais populistes, la WENA tente l’impossible en s’obstinant à séparer strictement les migrants, en quête d’une vie meilleure, et les réfugiés, qui fuient une persécution potentiellement mortelle. Il est pourtant de moins en moins possible de chercher une vie meilleure sans fuir aussi une certaine forme d’oppression, même en filigrane, là où un réfugié peut certes avoir dû laisser derrière lui une vie confortable mais à laquelle a mis fin une soudaine et brutale menace. Et le mouvement des demandeurs d’asile s’exerce toujours bien davantage vers la WENA qu’à partir d’elle …   Mais qui érige la peur en système s’en soucie bien peu. Tant pis pour les tragédies qui en sortent et tant pis pour le mauvais exemple ainsi envoyé au reste du monde, qui ne le reçoit que trop clairement.

Toute cette année, l’AWC n’a pu que le constater en intervenant sur des situations où les frontières des Etats ne s’ouvrent que pour laisser entrer l’oppression venue d’ailleurs. Entre la Pologne, Etat membre de l’Union européenne (UE), et le Belarus sous la tyrannie d’Aleksandr Loukachenko, des migrants et réfugiés venus du Moyen-Orient sont bloqués hors du monde, utilisés par Minsk tels des pions contre l’UE et refoulés par Varsovie qui craint un afflux si elle laisse entrer un petit groupe de personnes. A l’intérieur de l’UE même, le Danemark où l’extrême droite inquiète un gouvernement social-démocrate restreint encore ses lois sur l’asile et ordonne aux réfugiés de Syrie de rentrer chez eux, comme si la fin des combats actifs dans certaines régions du pays rendait plus sûr, et meilleur, le régime tyrannique de Bachar el-Assad. Et c’est à toute l’UE que se pose, comme au monde entier, la question de l’accueil des réfugiés d’Afghanistan depuis le retour au pouvoir le 15 août dernier de la milice islamiste des Talibans, dont la première cible est depuis un quart de siècle toujours la même – les femmes, premières à devoir fuir et premières à chercher asile.

Manifestation de soutien aux réfugiés à Berlin le 31 août 2014 (C) Montecruz Foto

Cherchant toujours plus à fermer ses frontières à qui veut y entrer, la WENA n’a en revanche aucun état d’âme à les ouvrir grand pour en faire sortir l’inspiration du refus de l’autre. Et ça marche.

En Amérique latine où se produit la deuxième plus grave crise de demandeurs d’asile au monde, celle du Venezuela où quiconque le peut fuit la dictature de Nicolas Maduro soutenue par Moscou, le Pérou qui accueille le plus grand nombre d’exilés vénézuéliens refuse aux enfants son statut de «Migration Humanitaire», plongeant donc des mineurs déjà déracinés dans une invivable inexistence officielle. En Égypte, où déjà sévit une répression intense, des réfugiés de conflits africains comme celui de l’Érythrée se voient, en dépit de l’évidence même, déboutés de leurs demandes d’asile et placés dans l’expectative d’un rapatriement forcé à tout moment. En Russie, une réfugiée d’Ouzbékistan privée d’un jour à l’autre de son statut après avoir dénoncé les manquements de Moscou à ses obligations en la matière a fini sa course en détention dans un aéroport, «hors du monde», comme emmurée «dans la prison des frontières», selon la Complainte du Partisan, l’autre chant de la Résistance française pendant la Seconde Guerre Mondiale.

Qu’attendre d’autre d’un monde qui s’entête à ne pas comprendre que, bien que composé d’États souverains, il est désormais uni dans l’épreuve et doit donc le devenir aussi pour la vaincre ? Un monde uni de fait qui refuse de l’être de droit, ce n’est pas nouveau dans l’histoire et on en sait les conséquences. En 1914, c’est un monde où l’Europe faisait la loi mais où une forme de mondialisation, économique et technologique, existait déjà qui est entré en guerre, car sa politique était restée peu ou prou celle du Congrès de Vienne, là où les nations ayant vaincu l’Empire français de Napoléon Ier avaient décidé entre elles du sort des autres. Pour certains la Grande Guerre, pour d’autres «la der des der», le conflit mondial sorti d’un ordre international périmé allait certes engendrer la première organisation politique internationale de l’histoire, la Société des Nations, mais cette dernière allait s’avérer elle aussi en retard sur son temps, incapable d’arrêter les ambitions italiennes en Éthiopie puis celles plus dévastatrices et meurtrières encore d’Adolf Hitler et du Troisième Reich allemand. Ce n’est qu’en combattant le fléau d’un temps en son temps, en créant contre Hitler une alliance militaire prenant le nom de Nations Unies, que le monde libre allait réussir à vaincre le Reich génocidaire et créer une nouvelle organisation, celle que nous connaissons encore aujourd’hui – l’Organisation des Nations Unies.

Voir le passé avec l’œil du présent, l’historien le dira, il faut se l’interdire. Mais l’inverse n’est pas plus souhaitable, et de 1914, l’historien pourra le dire encore. Que conclure alors d’un monde qui, en proie à une pandémie qui a déchiré les frontières, s’y enferme comme en des murailles et se le voit enseigner par la région même qui, depuis la fin de la Seconde Guerre Mondiale, symbolisait la liberté ?

(C) U.S. National Archives & DVDs

Qu’on le veuille ou non

Un monde sans frontières est aussi peu probable qu’un «grand remplacement» en WENA, peu probable et, pour nous, une fausse bonne idée. L’AWC défend depuis le départ une Citoyenneté Mondiale accessible à toutes et tous, acceptable par toutes et tous, fondée sur un principe simple mais qui semble si difficile à accepter : étant toutes et tous natifs et habitants de la planète Terre, il est du devoir de chacun(e) de la protéger ainsi que son peuple, notre peuple, l’humanité, et accepter cet état d’esprit est entrer dans une Citoyenneté Mondiale qui s’exerce en supplément de la citoyenneté nationale, non à la place, d’autant qu’il n’existe au niveau planétaire aucune structure reconnue par les États qui permette une telle substitution. Même la citoyenneté de l’UE n’est acquise que par la citoyenneté nationale de l’un de ses États membres, se vouloir citoyen(ne) de l’Union de manière directe et exclusive étant impossible.

Pour autant, et l’histoire ne va pas dans une direction autre, qu’est-ce qui oblige les frontières à s’ériger en remparts, a fortiori contre un ennemi inexistant et chimérique ? Au nom de quoi les États souverains devraient-ils être des citadelles ? Et surtout, comment exercer dans de telles conditions la moindre Citoyenneté Mondiale alors que le sort de toute la planète et toute l’humanité nous le commande ? C’est ce que l’AWC a toujours défendu et, aujourd’hui, ce que l’on pouvait refuser comme n’étant qu’un simple axiome de notre part est devenu, plus que jamais, un fait prouvé. Même si un autre enseignement de la Covid-19 est, hélas, que les faits prouvés peuvent n’être plus probants.

Négateurs du virus, promoteurs de thérapies inefficaces, d’aucuns auront rejeté l’évidence nue face au SARS-CoV-2. Chefs d’État ou de gouvernement, qu’ils se nomment Trump, Johnson ou Bolsonaro, ils auront tous fini par rencontrer ce virus qu’ils niaient ou minimisaient, finissant ainsi par prouver au contraire son existence et le besoin absolu de s’en protéger. D’autres poursuivent aujourd’hui le travail de sape de ces derniers, parfois en y laissant leur vie. Les faits prouvés peuvent n’être plus probants, mais Lénine le savait, «les faits sont têtus».

Ces politiques migratoires et ces injustices qui nous ont amenés à intervenir, nous ne les avons pas inventées. L’AWC n’a pas le temps, encore moins le goût, de fabriquer des problèmes, trop occupée qu’elle est à tenter de résoudre ceux dont elle vient à avoir connaissance. Une vision des frontières, de l’étranger et de la migration qui n’est plus adaptée à son temps, c’est un problème, majeur, que nous ne résoudrons jamais seuls et qui demande une implication littéralement universelle. D’autant qu’il n’est pas sans rencontrer l’autre problème majeur du moment, le coronavirus. Si ce n’est par la coupable méfiance vis-à-vis de traitements venus de l’extérieur et/ou par la tout aussi coupable négligence alimentant l’inégalité vaccinale entre nations, plusieurs fois dénoncée de concert par l’Organisation mondiale de la Santé et le Fonds monétaire international, comment expliquer l’apparition des variants Delta puis Omicron respectivement en Inde puis en Afrique du Sud ? On empêchera des êtres humains de quitter leur pays, on les empêchera d’entrer dans celui qu’ils espèrent atteindre, mais des gardes-frontières n’arrêtent pas un virus. Les frontières non plus, et voir en elles une solution soit à la migration tant redoutée soit à la Covid-19, c’est rendre impossible tant une migration ordonnée et humaine que la fin de la pandémie.

Un seul monde, ce n’est plus un slogan, c’est maintenant un fait. Que la WENA vous nomme un migrant si vous y venez ou si vous allez et venez en dehors d’elle (le terme «réfugié» n’ayant plus rien d’automatique, même devant un danger avéré), ou un expatrié si vous en venez et la quittez, vous serez toujours soumis aux lois nationales sur la migration et c’est là, partout, un domaine régalien, privilège absolu de l’État. Mais si ces lois sont adoptées et/ou appliquées les yeux grands fermés à la marche du monde, votre sort ne regardera bientôt plus seulement votre État de provenance et/ou d’arrivée. Pas plus que votre nationalité ne fera quelque différence si vous êtes positif à la Covid-19, où que vous soyez. Les deux questions seront mondiales.

Le droit absolu à la migration, sans demander l’avis de l’État d’arrivée, n’existera probablement jamais. Pour autant, le droit à la migration, celui d’être accueilli dignement, d’être ainsi traité même si l’on doit ensuite repartir et, certes, de n’être en aucun cas traité en migrant lorsque l’on est demandeur d’asile, peut et doit être un droit absolu, pour d’élémentaires raisons d’humanité dont même une catastrophe planétaire claire et présente n’autorise pas l’oubli.

Qu’on le veuille ou non, il n’existe plus qu’un seul monde. S’il prend au sérieux les malades de la Covid-19, alors il n’a pas d’excuse pour ne pas prendre au sérieux les migrants. Au moment où la deuxième année de la pandémie s’achève, s’il est déjà temps de prendre une bonne résolution, alors, que ce soit celle d’y parvenir enfin. Et immuniser les consciences contre nos coupables indifférences.

Bernard J. Henry est Officier des Relations Extérieures de l’Association of World Citizens.

Antonio Gramsci: A Cultural Base for Positive Action

In Being a World Citizen, Democracy, Europe, Literature, Social Rights, Solidarity, The former Soviet Union, The Search for Peace on January 24, 2021 at 7:54 PM

By René Wadlow

Antonio Gramsci (January 22, 1891 – April 24, 1937) was an Italian Socialist and then Communist editor who is best known for his notebooks of reflections that he wrote while in prison. (1) Gramsci grew up on the Italian island of Sardinia and saw the poor conditions of the impoverished peasants there. He studied just before the First World War at the University of Turin at a time when industry, especially the Fiat auto company was starting. Gramsci became concerned with the conditions of the new industrial working class. When the First World War started, he was asked to join a new Socialist newspaper that had started in Turin.

Antonio Gramsci

In 1921, in part due to the Russian Revolution, the Italian Communist Party was born. Some of the Socialists, including Gramsci, joined the new party, and Gramsci became an editor of the Communist newspaper. In 1922, he went to Russia as a delegate of the Italian Communist Party to a convention of Communist Parties from different parts of the world.

Also in 1922, Benito Mussolini and his Fascist Party came to power and quickly began a crackdown on the Communists and other opposition movements. In 1926, after a failed attempt on Mussolini’s life, there was a massive crackdown on Communists. Although he had nothing to do with the effort to kill Mussolini, but as a Communist deputy to the national Parliament, Gramsci was sentenced to 20 years in prison. His health, which had never been strong, deteriorated in prison. On April 27, 1937 he died, aged 46.

While in prison, he wrote his ideas in notebooks which were censored by the prison authorities. Then the notebooks were passed on to family members. Gramsci had to be careful about how he expressed his ideas. The notebooks were published only after the end of the Second World War and the defeat of the Fascist government. Thus, Gramsci was never able to discuss or clarify his views. Nevertheless, his prison writings have been widely read and discussed.

Benito Mussolini

The concept most associated with Gramsci is the idea of “hegemony”. Hegemony is constructed through a complex series of struggles. Hegemony cannot be constructed once and for all since the balance of social forces on which it rests is continually evolving. Class structures related to the mode of production is obviously one area of struggle – the core of the Marxist approach. However, what is new in Gramsci is his emphasis on the cultural, ideological, and moral dimensions of the struggle for hegemony.

For Gramsci, hegemony cannot be economic alone. There must be a cultural battle to transform the popular mentality. He asks, “How it happens that in all periods, there co-exist many systems and currents of philosophical thought and how these currents are born, how they are diffused and why in the process of diffusion they fracture along certain lines and in certain directions.”

Gramsci was particularly interested in the French Revolution and its follow up. Why were the revolutionary ideas not permanently in power but rather were replaced by those of Napoleon, only to return later? Gramsci put an emphasis on what is called today “the civil society” – all the groups and forces not directly related to government: government administration, the military, the police.  There can be a control of the government, but such control: can be replaced if the civil society’s values and zeitgeist (world view) are not modified in depth. There is a slow evolution of mentalities from one value system to another. For progress to be permanent, one needs to influence and then control those institutions – education, culture, religion, folklore – that create the popular zeitgeist. He was unable to return to the USSR to see how Stalin developed the idea of hegemony.

The intellectual contribution of Gramsci has continued in the work of Edward Said on how the West developed its ideas about the Middle East. (2) Likewise, his influence is strong in India in what are called “subaltern studies” – what those people left out of official histories think. As someone noted, “I believe firmly that the history of ideas is the key to the history of deeds.”

Notes

(1) Antonio Gramsci, The Prison Notebooks (three volumes) (New York: Columbia University Press); Antonio Gramsci, Prison Letters (London: Pluto Press, 1996)

(2) See Edward Said, Culture and Imperialism (London: Vintage, 1994)

Prof. René Wadlow is President of the Association of World Citizens.

Pitirim Sorokin: The Renewal of Humanity

In Being a World Citizen, Conflict Resolution, Cultural Bridges, Democracy, Europe, Literature, The former Soviet Union, The Search for Peace on January 24, 2021 at 7:26 PM

By René Wadlow

Pitirim Sorokin (1889-1968) whose birth anniversary we mark on January 21, was concerned, especially in the period after the Second World War, with the relation between the values and attitudes of the individual and their impact on the wider society. His key study Society, Culture and Personality: Their Structure and Dynamics (1947) traced the relations between the development of the personality, the wider cultural values in which the personality was formed, and the structures of the society.

Pitirim Sorokin

The two World Wars convinced him that humanity was in a period of transition, that the guideline of earlier times had broken down and had not yet been replaced by a new set of values and motivations. To bring about real renewal, one had to work at the same time on the individual personality, on cultural values as created by art, literature, education, and on the social framework. One had to work on all three at once, not one after the other as some who hope that inner peace will produce outer peace. In his Reconstruction of Humanity (1948), he stressed the fact that “if we want to raise the moral standards of large populations, we must change correspondingly the mind and behavior of the individuals making up these populations, and their social institutions and their cultures.”

Sorokin was born in a rural area in the north of Russia. Both his parents died when he was young. He had to work in handicraft trades in order to go to the University of St. Petersburg where his intelligence was noted, and he received scholarships to carry out his studies in law and in the then new academic discipline of sociology. After obtaining his doctorate, he was asked to create the first Department of Sociology at the University of St. Petersburg. However, the study of the nature of society was a dangerous undertaking, and he was imprisoned three times by the Tsarist regime.

He was among the social reformers that led to the first phase of the Russian Revolution in 1917. He served as private secretary to Aleksandr Kerensky, head of the Provisional Government and Sorokin was the editor of the government newspaper. When Kerensky was overthrown by Lenin, Sorokin became part of a highly vocal anti-Bolshevik faction, leading to his arrest and condemnation to death in 1923. At the last moment, after a number of his cell mates had been executed, Lenin modified the penalty to exile, and Sorokin left the USSR, never to return. His revolutionary activities are well-described in his autobiography A Long Journey (1963).

Aleksandr Kerensky

He went to the United States and taught at the University of Minnesota (1924-1930) where he carried out important empirical studies on social mobility, especially rural to urban migration. These studies were undertaken at a time when sociology was becoming increasingly recognized as a specific discipline. Sorokin was invited to teach at Harvard University where the Department of Social Ethics was transformed into the Department of Sociology with Sorokin as its head. He continued teaching sociology at Harvard until his retirement in 1955 when the Harvard Research Center in Creative Altruism was created so that he could continue his research and writing.

Of the three pillars that make up society − personality, culture, and social structure − personality may be the easiest to modify. Therefore, he turned his attention to how a loving or altruistic personality could be developed. He noted that in slightly different terms: love, compassion, sympathy, mercy, benevolence, reverence, Eros, Agape and mutual aid − all affirm supreme love as the highest moral value and its imperatives as the universal and perennial moral commandments. He stressed the fact that an ego-transcending altruistic transformation is not possible without a corresponding change in the structure of one’s ego, values and norms of conduct. Such changes have to be brought about by the individual himself, by his own effortful thinking, meditation, volition and self-analysis. He was strongly attracted to yoga which acted on the body, mind, and spirit.

Sorokin believed that love or compassion must be universal if it were to provide a basis for social reconstruction. Partial love, he said, can be worse than indifference. “If unselfish love does not extend over the whole of mankind, if it is confined within one group − a given family, tribe, nation, race, religious denomination, political party, trade union, caste, social class or any part of humanity − in such an in-group altruism tends to generate an out-group antagonism. And the more intense and exclusive the in-group solidarity of its members, the more unavoidable are the clashes between the group and the rest of humanity.

Sorokin was especially interested in the processes by which societies change cultural orientations, particularly the violent societies he knew, the USSR and the USA. As he wrote renewal “demands a complete change of contemporary mentality, a fundamental transformation of our system of values and the profoundest modification of our conduct toward other men, cultural values and the world at large. All this cannot be achieved without the incessant, strenuous active efforts on the part of every individual.”

Notes

For a biography see: B. V. Johnston, Pitirim A. Sorokin: An Intellectual Biography (University Press of Kansas, 1995)

For an overview of his writings see: Frank Cowell, History, Civilization and Culture: An Introduction to the Historical and Social Philosophy of Pitirim A. Sorokin (Boston: Beacon Press, 1952)

For Sorokin’s late work on the role of altruism see: P. A. Sorokin, The Ways and Power of Love (Boston, Beacon Press, 1954) A new reprint was published by Templeton Press in 2002

Prof. René Wadlow is President of the Association of World Citizens.

Nagorno-Karabakh: Uneasy Ceasefire, Key Issues Remain

In Being a World Citizen, Conflict Resolution, Current Events, Europe, Humanitarian Law, International Justice, NGOs, Solidarity, The former Soviet Union, The Search for Peace, Track II, United Nations, War Crimes, World Law on December 24, 2020 at 4:56 PM

By René Wadlow

December 9-10, 2020 marked the one-month anniversary of the ceasefire in Nagorno-Karabakh, known as Artsakh by the Armenians. The ceasefire was negotiated by Russia between Azerbaijan and Armenia. The agreement was signed by the Russian President, Vladimir Putin, the Azerbaijan President, Ilham Aliyev, and the Armenian Prime Minister, Nikol Pachinian. However, on December 11, the Russian Novosti Press Agency reported the first ceasefire violation, an exchange of fire between Azerbaijan and Armenian soldiers. There are some 2000 Russian peacekeepers on site, but it is always difficult to control a ceasefire. Moreover, a ceasefire is only the first step on what will be a long path of confidence-building measures and ultimately forms of cooperation.

Nicol Pachanian

The ceasefire agreement structures two safe avenues of road communication from the remaining Armenian areas in Nagorno-Karabakh to Armenia. In the same way there will be a safe avenue of road communication from the Azerbaijan areas to Nakhichevan, an Azerbaijan majority area within Armenia. The avenue to Nakhichevan close to the frontier with Turkey will allow Turkish goods to cross to Azerbaijan and from there through Central Asia to the frontier with China.

Turkey considers the outcome of the ceasefire as a victory for Turkey, especially that the Turkish drones and weapons used by the Azerbaijan forces played a large role in giving Azerbaijan a military advantage. In contrast, the outcome of the ceasefire is considered by many in Armenia as a defeat, creating an instability for the current government led by Pachinian. The results of the ceasefire have led to the naming of a new Foreign Minister, Ara Aivazian, on November 18.

The conflict has led to a large number of new refugees, of displaced persons and hopes among those in Azerbaijan who had fled Nagorno-Karabakh as a result of the 1992-1994 armed conflict. The economy of the area, always marginal as Nagorno-Karabakh, a mountainous, largely rural area is largely destroyed. However, the area had highly symbolic meaning for both Armenia and Azerbaijan.

Ilham Aliyev

The Group of Minsk, created by the Organization for Security and Cooperation in Europe after the 1992-1994 conflict has 11 States as members including Azerbaijan and Armenia. The Minsk Group has three co-chairs: Russia, France, the USA. The Group as a whole rarely meets. Rather it is diplomats from Russia and France who have met in bilateral meetings with representatives from Azerbaijan or Armenia. There has been little progress in finding confidence-building measures and virtually none on forms of cooperation.

Today, this armed conflict in an area that is troubled in a number of places may be a warning sign that negotiations in good faith should be a priority. The Association of World Citizens has been concerned with the tensions in Nagorno-Karabakh since the eve of the breakup of the USSR in 1991. We need to remain alert at possible efforts at Track II diplomacy or other forms of nongovernmental mediation.

Prof. René Wadlow is the President of the Association of World Citizens.

Building Stronger Conflict Prevention Networks

In Being a World Citizen, Conflict Resolution, Current Events, Europe, Middle East & North Africa, NGOs, Solidarity, The former Soviet Union, The Search for Peace, Track II, United Nations, World Law on November 9, 2020 at 1:44 PM

By René Wadlow

As we reflect on current armed conflicts on which the Association of World Citizens (AWC) has proposed measures for conflict resolution – Nagorno-Karabakh, Yemen, Syria, Ukraine-Donetsk-Lugansk-Russia – we ask ourselves if we are to be overwhelmed by an endless chain of regional wars capable of devastating entire countries or will we help build the structures for the resolution of armed conflicts through negotiations in good faith. Can we help build stronger conflict prevention networks?

In each of these current conflicts, there is a mix of underlying causes: ethnic tensions, social inequality, environmental degradation, and regional rivalries. In each conflict, there were warning signs and a building of tensions prior to the outbreak of armed conflict. This was particularly true in Syria where there were four months of nonviolent protests and local organizing for reforms before violence began. Not enough was done by external nongovernmental organizations (NGOs) to strengthen and protect these nonviolent reform movements in Syria. Given the complexity of conflict situations and the often-short time between the signs of tensions and the outbreak of violence, external peacebuilding organizations have to be able to move quickly to support local civil society efforts.

In each of these four situations, the degree of civil society organizations differs. We need to look carefully at the different currents within the society to see what groups we might be able to work with and to what degree of influence they may have on governmental action. Governments tend to react in the same ways. Governments cling to the belief that there can be simple security-related solutions to complex challenges as we see these days with the current use of police and military methods by the government of Belarus.

There is often a pervading mistrust between the central government and outlying territories. Such mistrust cannot be overcome by external NGOs. We can, however, reflect with local groups on how lines of communication can be established or strengthened.

Preventing the eruption of disputes into full-scale hostilities is not an easy task, but its difficulties pale beside those of ending the fighting once it has started. NGOs need to have active channels of communication with multinational governmental organizations such as the United Nations (UN) and the Organization for Security and Cooperation in Europe (OSCE). NGOs may have an easier time to be in contact with local nongovernmental forces in the conflict States as both the UN and the OSCE are bound by the decisions of governments.

Growing resource scarcity and environmental degradation, the depletion of fresh water and arable land played an important role in exacerbating conflicts in Yemen. The armed conflict has made things much worse. There is now a growing world-wide recognition of the environmental-conflict linkage. Thus, groups concerned with the defense and restoration of the environment need to become part of the network of conflict resolution efforts. There is much to be done. Building stronger conflict prevention networks should be a vital priority.

Prof. René Wadlow is President of the Association of World Citizens.

Velimir Khlebnikov (November 9, 1885 – June 28, 1922): The Futurian and World Citizen

In Being a World Citizen, Cultural Bridges, Literature, Poetry, Spirituality, The former Soviet Union, The Search for Peace on November 9, 2020 at 1:02 PM

By René Wadlow

Let Planet Earth be sovereign at last. Planet Earth alone will be our sovereign song.

Velimir Khlebnikov.

Velimir Khlebnikov was a shooting star of Russian culture in the years just prior to the start of the First World War. He was part of a small creative circle of poets, painters and writers who wanted to leave the old behind and to set the stage for the future such as the abstract painter Kazimir Malevich. They called themselves “The Futurians”. They were interested in being avenues for the Spirit which they saw at work in peasent life and in shamans’ visions; however, the Spirit was very lacking in the works of the ruling nobility and commercial elite.

As Charlotte Douglas notes in her study of Khlebnikov “To tune mankind into harmony with the universe – that was Khlebnikov’s vocation. He wanted to make the Planet Earth fit for the future, to free it from the deadly gravitational pull of everyday lying and pretense, from the tyranny of petty human instincts and the slow death of comfort and complacency.” (1)

Khlebnikov wrote “Old ones! You are holding back the fast advance of humanity. You are preventing the boiling locomotive of youth from crossing the mountain that lies in its path. We have broken the locks and see what your freight cars contain: tombstones for the young.”

The Futurian movement as such lasted from 1911 until 1915 when its members were dispersed by the start of the World War, the 1917 revolutions and the civil war. Khlebnikov died in 1922 just as Stalin was consolidating his power. Stalin would put an end to artistic creativity.

The Futurians were concerned that Russia should play a creative role in the world, but they were also world citizens who wanted to create a world-wide network of creative scientists, artists and thinkers who would have a strong impact on world events. As Khlebnikov wrote in his manifesto To the Artists of the World We have long been searching for a program that would act something like a lens capable of focusing the combined rays of the work of the artist and the work of the thinker toward a single point where they might join in a common task and be able to ignite even the cold essence of ice and turn it to a blazing bonfire. Such a program, the lens capable of directing together your fiery courage and the cold intellect of the thinkers has now been discovered.”

The appeal for such a creative, politically relevant network was written in early 1919 when much of the world was starting to recover from World War I. However, Russia was sinking into a destructive civil war. The Futurians were dispersed to many different areas and were never able to create such a network. The vision of a new network is now a challenge that we must meet.

Note

1) Charlotte Douglas (Ed.) The King of Time: Velimir Khlebnikov (Cambridge, MA: Harvard University Press, 1985)

Prof. René Wadlow is President of the Association of World Citizens.

Reignited Armed Conflict Between Armenia and Azerbaijan: Could Violence Spread?

In Being a World Citizen, Conflict Resolution, Current Events, Europe, NGOs, Solidarity, The former Soviet Union, The Search for Peace, Track II, United Nations, World Law on September 30, 2020 at 8:04 PM

By René Wadlow

On September 27, 2020, military forces from Azerbaijan moved into six villages held by Armenian forces in the Nagorno-Karabakh area. The Prime Minister of Armenia, Nikol Pashinyan, warned in a television broadcast that the two countries were “on the edge of war with unforeseeable consequences”. The President of Azerbaijan, Ilham Aliyev, declared martial law and called up reserve military. There have been calls for a ceasefire from Russia; however, Russia is generally thought to favor Armenia. The President of Turkey, Recep Tayyip Erdogan, has repeated his support for Azerbaijan.

Nikol Pashinyan

On September 30, 2020, the United Nations (UN) Security Council passed a unanimous resolution calling on Armenia and Azerbaijan to halt fighting in Nagorno-Karabakh and urgently resume talks without preconditions. There have been previous talks held under the leadership of the “Minsk Group” (Russia, France, USA), founded in 1994, of the Organization of Security and Cooperation in Europe (OSCE). However, these talks have not modified the ever-tense situation. On September 29, the Association of World Citizens sent an Appeal to the authorities of Armenia and Azerbaijan for a ceasefire and the start of negotiations in good faith.

Ilham Aliyev

The Nagorno-Karabakh issue arises from the post-Revolution, post-Civil War period of Soviet history when Joseph Stalin was Commissioner for Nationalities. Stalin came from neighboring Georgia and knew the Caucasus well. His policy was a classic ‘divide and rule’ carried out with method so that national/ethnic groups would need to depend on the central government in Moscow for protection. Thus, in 1922, the frontiers of Azerbaijan, Armenia and Georgia were hammered out of what was the Transcaucasia Federative Republic. (1)

Stepanakert, the capital city of Nagorno-Karabakh. (C) Kylar Loussikian

Nagorno-Karabakh, an Armenian majority area, was given a certain autonomy within Azerbaijan but was geographically cut off from Armenia. Likewise, an Azeri majority area, Nakhichevan, was created as an autonomous republic within Armenia but cut off geographically from Azerbaijan. Thus, both enclaves had to look to Moscow for protection. This was especially true for the Armenians. Many Armenians living in what had been historic Armenia, but which had become part of the Ottoman Empire, had been killed during the First World War by the Turks. Armenians living in “Soviet Armenia” had relatives and friends among those killed by the Turks, creating a permanent sense of vulnerability and insecurity. Russia was considered a historical ally of Armenia.

The flag of the Flag of the Armenian Soviet Socialist Republic.

These mixed administrative units worked well enough or, one should say, there were few public criticisms allowed until 1988, when the whole Soviet model of nationalities and republics started to come apart. In both Armenia and Azerbaijan, nationalistic voices were raised. A strong “Karabakh Committee” began demanding that Nagorno-Karabakh be attached to Armenia. In Azerbaijan, anti-Armenian sentiment was set aflame. Many Armenians who were working in the oil-related economy of Baku were under tension and started leaving. This was followed somewhat later by real anti-Armenian pogroms. Some 160,000 Armenians left Azerbaijan for Armenia and others went to live in Russia.

With the breakup of the Soviet Union and the independence of Armenia and Azerbaijan, tensions focused on Nagorno-Karabakh. In 1992, full-scale armed conflict started in and around Nagorno-Karabakh and went on for two years. During the two years of fighting, 1992-1994, at least 20,000 persons were killed and more than one million persons displaced. In 1994, there was a ceasefire largely negotiated by Russia. Nagorno-Karabakh has declared its independence as a separate State. No other State – including Armenia – has recognized this independent status, but in practice, Nagorno-Karabakh is a de facto State with control over its population and its own military forces. Some in Nagorno-Karabakh hope that the country might become the “Liechtenstein of the Caucasus”.

Azerbaijani refugees from Nagorno-Karabakh during the 1992-1994 war.

Armed violence has broken out before, especially in 2016. Many in Nagorno-Karabakh do not want to be at the mercy of decisions made in distant centers of power but to decide their own course of action. However, the recognition of Nagorno-Karabakh as an independent State raises the issue of the status of other de facto ministates of the area, such as Abkhazia and South Ossetia in Georgia and Transnistria in Moldova.

Finding appropriate administrative structures which will permit real trans-frontier cooperation between Nagorno-Karabakh, Azerbaijan and Armenia will not be easy, but it is a crucial step if peace is to be established. The Association of World Citizens has proposed forms of con-federation and trans-frontier mechanisms in such cases and will continue to make such proposals for Nagorno-Karabakh.

Note

1) For a good analysis of Stalin’s nationality policies, see Helene Carrere d’Encausse, The Great Challenge: Nationalities and the Bolshevik State 1917-1930 (New York: Holmes and Meier, 1992)

Prof. René Wadlow is President of the Association of World Citizens.

PRESS RELEASE – 20200911/Belarus/Democracy/Human Rights

In Being a World Citizen, Current Events, Democracy, Europe, Human Rights, NGOs, Solidarity, The former Soviet Union on September 11, 2020 at 11:42 AM

Press Release


Paris, September 11, 2020

*

LATEST PRESIDENTIAL ELECTION IN BELARUS:

WHEN OPPOSITION ACTIVISTS RUN FOR THEIR LIVES OR “DISAPPEAR”,

DEMOCRACY CAN NEVER BE WELL SERVED

*

The Association of World Citizens (AWC) has expressed deep concern over the crackdown on leaders of the opposition to the July 9, 2020 election of President Alexander Lukashenko of Belarus. Many consider the election to have been marked by serious irregularities and false counting of votes.


Members of the nonviolent opposition coordinating council have been forced into exile such as the opposition’s presidential candidate, Svetlana Tikhanovskaya, to Lithuania. Others, such as Maria Kalesnikova, were taken by masked security agents to the frontier with Ukraine.


Ms. Kalesnikova ripped her passport so that she could not enter Ukraine and be exiled. Other members of the opposition have “disappeared”, no doubt held by security forces in undisclosed locations. The AWC has specifically highlighted the abuses of such “disappearances” and the need for continuing efforts against such abuses: https://awcungeneva.com/2020/08/30/enforced-disappearances-ngo-efforts-to-continue/.

Violences contre les femmes : Qui a peur de la Convention d’Istanbul ?

In Being a World Citizen, Current Events, Democracy, Europe, Human Rights, Social Rights, Solidarity, The former Soviet Union, United Nations, Women's Rights, World Law on September 8, 2020 at 11:22 AM

Par Bernard J. Henry

« You can kill the dreamer, but you cannot kill the dream », « Vous pouvez tuer le rêveur, mais vous ne pouvez pas tuer le rêve ». Le plus célèbre « rêveur » de l’histoire, Martin Luther King, Jr., qui avait dit à la foule rassemblée devant le Lincoln Memorial de Washington, le 28 août 1963, « I have a dream », « J’ai un rêve », se savait menacé. Il se disait ainsi conscient que d’aucuns saisiraient la première occasion pour l’assassiner, ce qu’ils ont fait le 4 avril 1968 à Memphis. Jamais le « rêve » ne s’est éteint, et l’année 2020 aux Etats-Unis a montré que plus il manquait à se concrétiser, plus il se transformait en cauchemar.

Lorsqu’une personne incarne à ce point sa cause, est-il toujours permis de penser que, pour peu que cette personne disparaisse, la cause lui survivra toujours ? La question se pose désormais en France, depuis le décès le 28 août dernier de Gisèle Halimi, légendaire avocate devenue femme politique puis diplomate et, depuis le Procès de Bobigny qui la fit connaître en 1973, défenseure emblématique de La cause des femmes.

S’il n’a jamais été aussi vigoureux, depuis l’affaire Harvey Weinstein ainsi que l’apparition des hashtags #BalanceTonPorc et #MeToo, le féminisme ne fait pourtant toujours pas l’unanimité. En Europe, certains chefs d’Etat semblent même tant le craindre qu’ils sont prêts à amputer la loi nationale d’un instrument majeur contre les violences liées au genre, au premier rang desquelles les violences conjugales. Quels sont ces dirigeants européens qui rêvent d’un retour en arrière et que cherchent-ils ainsi ? Pourquoi vouloir éloigner encore davantage le « rêve » de Gisèle Halimi de la réalité ?

La Convention d’Istanbul, instrument juridique et engagement politique

A quoi, d’abord, ressemblerait cette amputation ? Quel est cet instrument qui leur fait si peur ? Il s’agit d’un traité, plus précisément d’une convention du Conseil de l’Europe, et comme bien des conventions, celle-ci porte un nom barbare pour les non-juristes, alors le grand public préfère la désigner selon la ville où elle a été adoptée. La Convention du Conseil de l’Europe sur la prévention et la lutte contre la violence à l’égard des femmes et la violence domestique, adoptée le 11 mai 2011 à Istanbul (Turquie), est communément appelée la Convention d’Istanbul.

Entrée en vigueur le 1er mai 2014, elle compte à ce jour trente-quatre Etats Parties et, en tout, quarante-six signataires dont l’un n’est pas un Etat, puisqu’il s’agit de l’Union européenne en tant qu’institution supranationale. Instrument de son temps, la Convention fait référence, outre son illustre aînée la Convention européenne de Sauvegarde des Droits de l’Homme et des Libertés fondamentales, tout à la fois aux classiques du genre, tels que le Pactes internationaux relatifs aux droits civils et politiques ainsi qu’aux droits économiques, sociaux et culturels, bien sûr la Convention des Nations Unies sur l’élimination de toutes les formes de discrimination à l’égard des femmes, la fameuse CEDAW, et la Convention des Nations Unies relative aux droits de l’enfant, mais aussi des textes d’adoption plus contemporaine comme la Convention des Nations Unies relative aux droits des personnes handicapées, datant de 2006, et le Statut de Rome de la Cour pénale internationale.

La Convention justifie son existence non pas seulement en droit, mais aussi en fait, invoquant le « volume croissant de la jurisprudence de la Cour européenne des droits de l’homme qui établit des normes importantes en matière de violence à l’égard des femmes », et affirmant reconnaître que « la réalisation de jure et de facto de l’égalité entre les femmes et les hommes est un élément clé dans la prévention de la violence à l’égard des femmes ». La richesse et la pertinence particulière de la Convention proviennent pourtant de ce qu’elle puise sa force dans la sociologie même, son Préambule reprenant plusieurs réalités de première importance, tant historiques que contemporaines, telles que :

« la violence à l’égard des femmes est une manifestation des rapports de force historiquement inégaux entre les femmes et les hommes ayant conduit à la domination et à la discrimination des femmes par les hommes, privant ainsi les femmes de leur pleine émancipation »,

« la nature structurelle de la violence à l’égard des femmes est fondée sur le genre, et que la violence à l’égard des femmes est un des mécanismes sociaux cruciaux par lesquels les femmes sont maintenues dans une position de subordination par rapport aux hommes »,

« les femmes et les filles sont souvent exposées à des formes graves de violence telles que la violence domestique, le harcèlement sexuel, le viol, le mariage forcé, les crimes commis au nom du prétendu ‘honneur’ et les mutilations génitales, lesquelles constituent une violation grave des droits humains des femmes et des filles et un obstacle majeur à la réalisation de l’égalité entre les femmes et les hommes »,

« les violations constantes des droits de l’homme en situation de conflits armés affectant la population civile, et en particulier les femmes, sous la forme de viols et de violences sexuelles généralisés ou systématiques et la potentialité d’une augmentation de la violence fondée sur le genre aussi bien pendant qu’après les conflits »,

« les femmes et les filles sont exposées à un risque plus élevé de violence fondée sur le genre que ne le sont les hommes »,

« la violence domestique affecte les femmes de manière disproportionnée et que les hommes peuvent également être victimes de violence domestique »,

« les enfants sont des victimes de la violence domestique, y compris en tant que témoins de violence au sein de la famille ».

La Convention n’est donc pas un traité de plus, venant s’ajouter à une liste déjà longue lisible des seuls juristes. Elle est un authentique engagement, non pas seulement judiciaire mais aussi politique, du Conseil de l’Europe contre la violence envers les femmes sous les multiples formes qu’elle peut revêtir.

Pour un Etat Partie, s’en retirer ne peut qu’être lourd de sens et tout autant de conséquences. Alors, qui parmi les chefs d’Etat européens peut vouloir en prendre le risque, et quelle peut être la justification d’un acte, même s’il reste hypothétique, aussi indéfendable ?

Pologne et Turquie, même combat – contre les femmes

Les deux pays concernés n’ont en commun ni géographie, ni langue, ni culture, ni religion. Mais aujourd’hui, une tentative identique de leurs dirigeants de déposséder leurs citoyennes de la protection européenne de leurs droits les unit pour le pire.

Le premier coup contre la Convention est venu du nord de l’Europe, d’un pays slave, majoritairement catholique et qui fut pendant la Guerre Froide une dictature communiste du Pacte de Varsovie. Varsovie, qui est aussi la capitale de ce pays puisqu’il s’agit de la Pologne.

Le 26 juillet, le Conseil de l’Europe s’alarmait publiquement de l’annonce du gouvernement du Président Andrzej Duda de son intention de dénoncer la Convention. Marija Pejčinović Burić, la Secrétaire générale du Conseil de l’Europe, déclarait par écrit : « Il serait fort regrettable que la Pologne quitte la Convention d’Istanbul, et ce retrait marquerait un grave recul dans la protection des femmes contre la violence en Europe ».

Zbigniew Ziobro

Devant le tollé, le parti Droit et Justice (PiS) au pouvoir ne tardait pas à se distancier du Ministre de la Justice Zbigniew Ziobro, auteur de l’annonce et représentant d’un parti de droite minoritaire de la coalition gouvernementale. Mais sans désavouer sur le fond le ministre et sans affirmer de soutien à la Convention, précisément jugée trop laxiste par le Gouvernement polonais.

En août, c’était le tour du premier pays à avoir signé et ratifié la Convention de parler à présent de la révoquer, le pays même où a vu le jour la Convention d’Istanbul, donc la Turquie. De nombreux analystes y voyaient un coup de barre à droite de la majorité gouvernementale islamo-conservatrice du Parti de la Justice et du Développement (AKP). Reçep Tayyip Erdogan, Président turc et, à l’époque de l’adoption de la Convention, Premier Ministre, déclarait néanmoins quant à lui qu’« un accord, une réglementation ou une idéologie qui sape les fondations de la famille n’est pas légitime ».

Seul le Parlement, en vacances jusqu’au 1er octobre, pourra décider du retrait ou non la Convention. Et le décès d’une grève de la faim, le 27 août, de l’avocate Ebru Timtik augure mal de la volonté des dirigeants turcs de sauver leurs administrées de violences qu’elles n’ont pas à subir.

Ebru Timtik

Que les partis conservateurs religieux, quelle que soit la religion qu’ils invoquent, n’aient jamais été les plus grands défenseurs des droits des femmes, ce n’est pas nouveau et encore moins secret. De tels partis savent pourtant, du moins devraient savoir, que risquer de perdre le vote des femmes n’est pas et ne sera jamais une stratégie politique sensée, mais bel et bien suicidaire. De là à en déduire que les femmes ne seraient pas la cible, du moins ultime, de ces menaces de départ de la Convention d’Istanbul, il n’y a qu’un pas. Et le franchir mène à une destination inattendue.

Le sexisme en cheval de Troie de la LGBTphobie

Derrière les attaques contre les femmes, dans les deux pays, la véritable cible, c’est la féminité. Non pas la vraie, mais une féminité fantasmée, crainte, maudite, celle qu’incarne aux yeux des conservateurs polonais comme turcs l’homosexualité, et au-delà, toute personne LGBT.

Car forcément, pour un conservateur, l’homosexualité est plus grave encore si elle est masculine puisque, dans son idée, elle féminise l’homme qui s’en réclame, et dès lors, foin du modèle viril patriarcal qu’exalte le conservatisme, cette abhorrée « féminité masculine » corrompt la famille et ronge toute la société.

Un certain nombre de villes de Pologne n’ont rien trouvé de plus intelligent que de se déclarer “LGBT-free”, “Libérées de l’idéologie LGBT”. Elles ont subi à juste titre la colère de leurs villes jumelles à l’étranger, de l’Union européenne, et parfois même de la justice polonaise.

Dès l’époque de son adoption, Zbigniew Ziobro avait été sans équivoque au sujet de la Convention, puisqu’il l’avait dénoncée comme « une invention, une création féministe qui vise à justifier l’idéologie gay ». Le ministre qu’il est devenu n’allait pas se priver de lui infliger le sort qu’elle mérite à ses yeux. Même coupé dans son élan par ses partenaires gouvernementaux, il en demeure capable.

En Turquie, l’anathème contre les personnes LGBT est identique, et c’est de Numan Kurtulmus, Vice-président de l’AKP, qu’il provient sous sa forme la plus explicite. Pour lui, la Convention est « aux mains des LGBT et d’éléments radicaux ». Ce à quoi ne s’attendait certainement pas, en revanche, le parti gouvernemental turc, c’est le soutien apporté à la Convention par l’Association Femmes et Démocratie, notoirement influente et qui a pour Vice-présidente Sümeyye Erdogan Bayraktar, la propre fille du chef de l’Etat.

Sümeyye Erdogan Bayraktar

Voir en la protection légale des femmes contre la violence une présumée manipulation politique des personnes LGBT, c’est tout au mieux du fantasme, au pire de l’homophobie et du sexisme morbides. Même s’il serait naïf de s’étonner de telles saillies haineuses de la part de conservateurs, comment accepter que ce qui est déjà inacceptable en parole devienne la clé qui verrouillera Polonaises et Turques hors de la Convention d’Istanbul ? A l’Europe comme au monde entier, Varsovie et Ankara en demandent ici trop.

Soutien aux femmes de Pologne et de Turquie

Et pendant que les deux gouvernements conservateurs laissent leurs fantasmes dicter leur politique, ailleurs en Europe, dans le nord scandinave, le Danemark met enfin sa législation sur le viol en conformité avec la Convention en l’acceptant enfin pour ce qu’il est – l’absence de consentement. Polonaises et Turques sont vent debout contre la menace. L’Association of World Citizens les soutient et restera à leurs côtés, de même qu’aux côtés des personnes LGBT si sournoisement visées à travers elles par ces intolérables politiques rétrogrades.

Bernard J. Henry est Officier des Relations Extérieures de l’Association of World Citizens.

Migration in a Globalized World Economy

In Being a World Citizen, Current Events, Europe, Fighting Racism, Human Rights, Middle East & North Africa, Migration, NGOs, Refugees, Social Rights, Solidarity, The former Soviet Union, The Search for Peace, United Nations, World Law on December 21, 2018 at 12:12 AM

By René Wadlow

The present era of globalization of the economy is not new, but as a term and also as an organizing concept for policy making, it dates from 1991 and the formal end of the Soviet zone of influence which had some of the structures of an alternative trading system.

Earlier, dating from the 1970s the term used was “interdependence”. The emphasis was on economic relations but there was also some emphasis on cultural and political factors. In a July 1975 speech, United States Secretary of State Henry Kissinger who had an academic background and kept himself informed of theoretical trends said “All of us – allies and rivals, new nations and old nations, the rich and the poor – constitute one world community. The interdependence on our planet is becoming the central fact of our diplomacy… The reality is that the world economy is a single global system of trade and monetary relations on which hinges the development of all our economies. An economic system thrives if all who take part in it thrive.”

Interdependence was to help build a world society based on equality, justice, and mutual benefit. As Secretary Kissinger said the need was “to transform the concept of world community from a slogan into an attitude.”

Interdependence was to be articulated into policies leading to disarmament, peaceful change, improved welfare especially for the poorest and respect for human rights. However, in practice the continuing USA-USSR tensions, questions of access to oil especially in the Middle East and the difficulties of establishing rules and controls for the world trade system kept “interdependence” as a slogan and not as a framework for policies and decisions of major governments.

The term “globalization” has progressively replaced that of “interdependence” The concept of globalization continues the interdependence focus on global economic linkages but adds an emphasis on the organization of social life on a global scale and the growth of a global consciousness. Global consciousness is the essential starting point of world citizenship. Globalization is a socio-economic process in which the constraints of geography on social and cultural patterns recede and in which people become increasingly away that these geographic constraints are receding.

The rapid pace of globalization requires that research and practice keep up with the speed of changes in order to reduce unnecessary risks and to provide legitimacy and confidence in the world system. However, within the world society – as within national societies – there are many different interests. At the world level, there are not yet the web of consensus-building techniques found in public and private institutions at the national level.

There were recently two intergovernmental conferences being held at the same time which indicated the possibilities and the difficulties of reaching agreement among most of the States of th World: COP 24 held in Katowice, Poland devoted to issues of climate change and the conference on the Global Compact for Safe, Orderly and Regular Migration, held in Marrakech, Morocco.

The COP 24 had the advantage of building on the 2015 Paris Climate Accord and on the serious scientific research carried out by the Intergovernmental Panel on Climate Change (IPCC). The Katowice conference was to develop a common system of rules, reporting and measurement for the Paris Climate Accord. This “rule book” was largely accomplished. A sub-theme was to show that the international spirit which had led to the Paris Agreement was still alive and well despite criticism and a lack of visible progress.

The Global Compact for Safe, Orderly and Regular Migration is the first of its kind, although there are earlier agreements on the status of refugees. In many countries, there has been sharp debates on immigration policy – often with more heat than light. Some States have already indicated that they will not sign the Compact even though it has been repeatedly pointed out that the Compact is not a treaty and thus not legally binding. The Compact sets out aspirations and strengthens some of the processes already in practice. The representatives of some States which signed indicated that they will be “selective” in the processes which they will put into practice.

Blue: Will adopt the Compact, Red: Will not adopt the Compact, Yellow: Considering not adopting, Gray: Undetermined

There was an agreement to hold a review conference in 2022. There is a growing tendency in inter-governmental treaties to set a review conference every four or five years to analyze implementation and the changing political and economic situation.

The Association of World Citizens (AWC) has been stressing for some years the importance of migration issues. Migration is likely to increase as climate changes have their impact. Thus, the AWC calls upon Nongovernmental Organizations to focus cooperatively and strongly on migration and the standards of the Global Compact.

Prof. René Wadlow is President of the Association of World Citizens.

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