October 2 is the United Nations (UN) General Assembly-designated Day of Nonviolence chosen as October 2 is the birth anniversary of Mahatma Gandhi.
Mahatma Gandhi, shortly after finishing his legal studies in England, went to South Africa and began working with Indian laborers, victims of discrimination. He looked for a term understandable to a largely English-speaking population to explain his efforts. “Passive resistance” was the most widely used term and had been used by Leo Tolstoy and others. However, Gandhi found the word “passive” misleading. There did exist a Hindu term, ahinsa – a meaning non- and hinsa, violence. The term was basically unknown among White South Africans, largely uninterested in Indian philosophical thought.
Gandhi wrote to a friend from his legal studies days in England, Edward Maitland. Maitland and Anna Kingsford were the leaders of the Esoteric Christian Union and the leaders of the London Lodge of the Theosophical Society. Maitland introduced Gandhi to the writings of the American New Thought writer Ralph Waldo Trine. Trine was a New Englander and his parents named him after Emerson. His best-known work from which Gandhi took the term for his actions in South Africa is In Tune with the Infinite or Fullness of Peace Power and Plenty. (1)
Trine uses the term “soul force” which Gandhi then used for his work in South Africa. Once back in India, Gandhi wanted an Indian rather than an English expression, and he coined the term satyagraha − holding on to truth: satya as Truth in a cosmic sense is an oft-used Hindu term while “soul” would need some explaining to Indian followers.
All of Trine’s writings contained the same message: soul force could be acquired by making oneself one with God, who was immanent, through love and service to one’s fellow men. The Christ Trine followed was one familiar to Gandhi − the supreme spiritual exemplar who showed men the way to union with their divine essence. Trine promised that the true seeker, fearless and forgetful of self-interest, will be so filled with the power of God working through him that “as he goes here and there, he can continually send out influences of the most potent and powerful nature that will reach the uttermost parts of the world.”
For Trine, thought was the way that a person came into tune with the Infinite. “Each is building his own world. We both build from within, and we attract from without. Thought is the force with which we build, for thoughts are forces. Like builds like and like attracts like. In the degree that thought is spiritualized does it become more subtle and powerful in its workings. This spiritualizing is in accordance with law and is within the power of all.
“Everything is first worked out in the unseen before it is manifested in the seen, in the ideal before it is realized in the real, in the spiritual before it shows forth in the material. The realm of the unseen is the realm of cause. The realm of the seen is the realm of effect. The nature of effect is always determined and conditioned by the nature of its cause.”
Thus, for Mahatma Gandhi, before a nonviolent action or campaign, there was a long period of spiritual preparation of both him and his close co-workers. Prayer, fasting, and meditation were used in order to focus the force of the soul, to visualize a positive outcome and to develop harmlessness to those opposed.
Another theme which Trine stressed and Gandhi constantly used in his efforts to build bridges between Hindus and Muslims was that there was a basic core common to all religions. Gandhi wrote “There is a golden thread that runs through every religion in the world. There is a golden thread that runs through the lives and the teachings of all the prophets, seers, sages, and saviors in the world’s history, through the lives of all men and women of truly great and lasting power. The great central fact of the universe is that the spirit of infinite life and power is back of all, manifests itself in and through all. This spirit of infinite life and power that is back of all is what I call God. I care not what term you may use, be it Kindly Light, Providence, the Over-Soul, Omnipotence or whatever term may be most convenient, so long as we are agreed in regard to the great central fact itself.”
Note:
(1) R.W. Trine, In Tune with the Infinite (New York: Whitecombe and Tombs, 1899, 175 pp.)
Prof. René Wadlow is President of the Association of World Citizens.
Le 2 octobre est la Journée de la non-violence désignée par l’Assemblée générale des Nations Unies (ONU), cette date ayant été choisie car elle correspond à l’anniversaire de la naissance du Mahatma Gandhi.
Peu après avoir terminé ses études de droit en Angleterre, le Mahatma Gandhi s’est rendu en Afrique du Sud et a commencé à travailler auprès des ouvriers indiens, victimes de discrimination. Il chercha un terme compréhensible pour une population majoritairement anglophone afin d’expliquer ses efforts. La «résistance passive» était le terme le plus couramment utilisé, notamment par Léon Tolstoï et d’autres. Cependant, Gandhi trouvait le mot «passif» trompeur. Il existait bien un terme hindou, ahimsa – signifiant «non-» et hinsa, «violence». Ce terme était pratiquement inconnu des Sud-Africains blancs, qui ne s’intéressaient guère à la pensée philosophique indienne.
Gandhi écrivit à un ami qu’il avait connu lors de ses études de droit en Angleterre, Edward Maitland. Maitland et Anna Kingsford étaient à la tête de l’Union chrétienne ésotérique et dirigeaient la loge londonienne de la Société théosophique. Maitland fit découvrir à Gandhi les écrits de Ralph Waldo Trine, auteur américain du mouvement de la «Nouvelle Pensée». Originaire de Nouvelle-Angleterre, Trine avait été baptisé en l’honneur d’Emerson par ses parents. Son ouvrage le plus célèbre, dont Gandhi s’inspira pour nommer ses actions en Afrique du Sud, s’intitule In Tune with the Infiniteou Fullness of Peace, Power and Plenty. (1)
Trine utilise le terme «force de l’âme» (soul force), que Gandhi reprit ensuite pour son action en Afrique du Sud. De retour en Inde, Gandhi souhaitait employer une expression indienne plutôt qu’anglaise, et il forgea le terme satyagraha – «s’en tenir à la vérité» : satya, qui désigne la Vérité au sens cosmique, est un terme hindou couramment utilisé, tandis que le concept d’«âme» aurait nécessité quelques explications auprès de ses partisans indiens.
Tous les écrits de Trine véhiculaient le même message : on pouvait acquérir la force de l’âme en ne faisant qu’un avec Dieu, qui était immanent, par l’amour et le service rendu à ses semblables. Le Christ que Trine suivait était celui que Gandhi connaissait bien : le modèle spirituel suprême qui montrait aux hommes le chemin vers l’union avec leur essence divine. Trine promettait que le véritable chercheur, intrépide et désintéressé, serait à tel point imprégné de la puissance de Dieu agissant à travers lui que «partout où il ira, il pourra sans cesse diffuser des influences de la nature la plus puissante et la plus forte qui atteindront les confins du monde».
Pour Trine, la pensée était le moyen par lequel une personne s’accordait avec l’Infini. «Chacun construit son propre monde. Nous construisons à la fois de l’intérieur et nous attirons de l’extérieur. La pensée est la force avec laquelle nous construisons, car les pensées sont des forces. Le semblable construit le semblable et le semblable attire le semblable. Plus la pensée est spiritualisée, plus elle devient subtile et puissante dans son action. Cette spiritualisation est conforme à la loi et est à la portée de tous».
«Tout s’élabore d’abord dans l’invisible avant de se manifester dans le visible, dans l’idéal avant de se réaliser dans le réel, dans le spirituel avant de se révéler dans le matériel. Le domaine de l’invisible est le domaine de la cause. Le domaine du visible est le domaine de l’effet. La nature de l’effet est toujours déterminée et conditionnée par la nature de sa cause.»
Ainsi, pour le Mahatma Gandhi, toute action ou campagne non violente était précédée d’une longue période de préparation spirituelle, tant pour lui-même que pour ses proches collaborateurs. La prière, le jeûne et la méditation étaient utilisés afin de concentrer la force de l’âme, de visualiser un résultat positif et de cultiver l’innocuité envers ceux qui s’opposaient à eux.
Un autre thème sur lequel Trine insistait et que Gandhi utilisait constamment dans ses efforts pour jeter des ponts entre hindous et musulmans était l’existence d’un noyau fondamental commun à toutes les religions. Gandhi écrivait : «Il existe un fil d’or qui traverse toutes les religions du monde. Il existe un fil d’or qui traverse la vie et les enseignements de tous les prophètes, voyants, sages et sauveurs de l’histoire du monde, ainsi que la vie de tous les hommes et femmes dotés d’une puissance véritablement grande et durable. Le grand fait central de l’univers est que l’esprit de vie et de puissance infinies est à l’origine de tout, se manifeste en tout et à travers tout. Cet esprit de vie et de puissance infinies qui est à l’origine de tout est ce que j’appelle Dieu. Peu m’importe le terme que vous utiliserez, qu’il s’agisse de «Lumière bienveillante», de «Providence», d’«Âme suprême», d’«Omnipotence» ou de tout autre terme qui vous semblera le plus approprié, pourvu que nous soyons d’accord sur cette grande réalité centrale elle-même.»
Note : (1) R.W. Trine, In Tune with the Infinite (New York : Whitecombe and Tombs, 1899, 175 p.)
Le Professeur René Wadlow est Président de l’Association of World Citizens.
Il est des gens qui ont si longue vie que l’on se dit qu’ils restent pour éclairer la voie lorsque les ténèbres l’absorbent toujours un peu plus. Lorsqu’ils partent, celles et ceux qui se tournaient vers eux sont frappés non seulement de deuil, mais d’une soudaine solitude et, plus encore, de la peur d’un avenir qu’il faudra bâtir avec leurs mots, leur héritage, mais sans leur autorité morale.
Depuis le 29 mai dernier, médias et réseaux sociaux vibrent de tels sentiments mêlés pour Edgar Morin, célèbre sociologue et philosophe français qui s’est éteint à 104 ans.
La biographie d’Edgar Morin a été retracée de manière si vaste et exhaustive que nous n’aurions que vainement la prétention d’y rien ajouter d’utile. Ce qui est peut-être moins dit, c’est que, même si Edgar Morin n’avait jamais soutenu de manière ouverte et directe l’un des groupes composant le mouvement Citoyen du Monde, ni l’Association of World Citizens (AWC) ni un autre, il portait en lui ce que nous représentons et c’est dans toute son œuvre que se lisent et s’entendent nos combats et nos valeurs.
En 2011, Radio France avait même publié un disque reprenant ses entretiens avec Marie-Christine Navarro ayant pour titre Edgar Morin, citoyen du monde, et ce n’était en rien une exagération. Au-delà d’une œuvre prolifique, il n’est pas excessif de dire de lui que, comme l’avait écrit Gandhi à son propre sujet, sa vie même était son message. Certes, personne ne peut se résumer à sa naissance ou même son passé. Il est des gens, pourtant, qui semblent avoir en eux un talent unique d’en tirer le meilleur parti. Edgar Morin était de ces gens-là.
Edgar Morin est né trois fois. Sa première naissance a eu lieu le 8 juillet 1921 à Paris, sous le nom de David Salomon Nahoum, de parents juifs grecs de Salonique. La deuxième, en 1943, fut celle d’un Résistant, militant libertaire antifasciste pendant la guerre d’Espagne, membre du Parti Communiste Français (PCF) à partir de 1941, officier dans la Résistance en 1943, qui tenta de prendre le pseudonyme d’Edgar Magnin en hommage à L’Espoir d’André Malraux mais le vit mal retranscrit en Morin, sans tenter de rectifier. La troisième, ce fut lorsqu’un tribunal parisien lui accorda, le 12 août 1993, le droit de substituer le prénom Edgar à ses deux prénoms de naissance.
Après la Libération, Edgar Morin a suivi la voie académique – mais d’une manière qui était loin de l’être. Morin l’avouait lui-même, il était autodidacte, titulaire d’une licence en histoire-géographie et d’une licence de droit, ayant suivi des cours de philosophie, d’économie et de sciences politiques, mais sans avoir obtenu de diplôme. «J’ai pourtant fait une carrière au CNRS. J’ai été élu maître de recherche sans avoir écrit de thèse de doctorat», déclarait-il en 2009 au CNRS qu’il avait intégré en 1950.
Dans les années 1960, il enseigne au Chili puis, aux Etats-Unis, jette les bases de ce qui sera le concept-phare de sa vie, le concept épistémologique de pensée complexe, l’adjectif étant ici pris dans son sens étymologique latin, complexus, désignant un tissage d’enlacements, pour mettre en avant les liens entre chaque champ de la pensée et l’approche transdisciplinaire du savoir.
A la tête du Centre d’études des communications de masse (CECMAS) de 1973 à 1989, Morin deviendra l’initiateur de la revue Arguments, publiée de 1956 à 1962, la Revue française de sociologie en 1960, et enfin Communications.
Entre 1977 et 2004, il rédige son ouvrage majeur, La Méthode, somme en six volumes où il développe sa méthodologie de la transdisciplinarité. Il y décrit sa pensée comme constructiviste, mais non au sens traditionnel du terme en relations internationales : pour lui, il s’agit d’une collaboration entre le monde extérieur et l’esprit humain pour construire la réalité.
Dans cette approche académique nouvelle se décèle déjà un esprit Citoyen du Monde, la transdisciplinarité, concept parfois remplacé par celui d’interdisciplinarité, étant aussi au cœur de l’Institut d’Etudes mondialistes créé en 1977. Cet esprit qui est le nôtre, Morin en tirerait un essai, en 1993, puis un livre à quatre mains en 2011.
Dans le premier ouvrage, Terre-Patrie, avec Anne Brigitte Kern, Morin alerte sur la barbarie qui suit la fin de la Guerre Froide et sur la cause qui en est, selon lui, «l’impuissance de l’humanité à devenir l’humanité», proposant un nouveau mode de pensée dans un «tout planétaire», ainsi que de découvrir notre «carte d’identité terrienne» dans une «matrie terrestre», la Terre-Patrie. Dans le second, Le Chemin de l’espérance, Morin et Stéphane Hessel qui voyait en lui un «frère de lutte» revendiquent de «dénoncer le cours pervers d’une politique aveugle qui conduit au désastre, d’énoncer une voie politique de salut public et d’annoncer une nouvelle espérance», le concept de «Terre-mère» y étant également central.
«Je sens présente en moi l’humanité dont je fais partie. Non seulement, je suis une une petite partie dans le tout, mais le tout est à l’intérieur de moi-même. C’est peut-être cela qui me donne l’énergie de continuer sur la voie qui est la mienne. Et à un moment donné, sans que vous ne sachiez pourquoi, c’est comme une catalyse, quelque chose qui se passe, se transforme, bascule … C’est cela l’espoir.»
L’Espoir, un mot qui suivait Edgar Morin depuis qu’il y avait trouvé son nom de guerre dans la Résistance, en s’inspirant du roman d’André Malraux. Dans la pensée contemporaine, Edgar Morin a incarné les valeurs du mouvement Citoyen du Monde d’une manière unique et indélébile. Chaque disparition oblige davantage celles et ceux qui restent à poursuivre la lutte, à entretenir la flamme, à sentir en leur être l’humanité dont elles et ils font partie. A nous maintenant.
Bernard J. Henry est Officier des Relations Extérieures de l’Association of World Citizens.
Deng Ming-Dao, The Wandering Taoist. New York: Harper and Row, 1986, 240pp.
This is a biography of Kwan Saihung, a Chinese Taoist ascetic master written by an American student of his in martial arts and Taoist training. Kwan Saihung was trained in a leading Taoist monastery in China in the 1930s. He left the monastery to fight the Japanese during the late 1930s. After the Communist victory in the civil war, he arrived in California where he teaches Chinese martial arts – many of which are related to Taoist philosophy.
Although Taoist sages usually speak little of themselves – the personality and outward events of life being of less importance than one’s relations to nature and the permanent patterns of life – Deng Ming-Dao has pieced together a chronological description of Kwan Saihung’s early life and training from conversations with the master. Most of the book is recounted in conversational style, which makes for pleasant reading.
“All that matters to a Taoist is that one is in harmony with nature. In one’s character, one is like heaven and earth, as orderly as the four seasons. The book Tao Te Ching clearly states that when things reach the pinnacle of their strength, they begin to grow old. (1) Therefore excessive strength is contrary to Tao. What is contrary to Tao will come to a speedy end. Thus one seeks not to build up one’s own power but to unite with the Tao. Things change but the laws underlying change remain unchanging. If one understands these laws and regulates one’s actions in conformity with them, one can then turn everything to one’s advantage.”
(1) See Arthus Waley, The Way and its Power: A Study of the Tao Te Ching (New York, Grove Press, 1958, 260pp)
Prof. René Wadlow is President of the Association of World Citizens.
William Bloom who combines a long-standing interest in New Age approaches to spirituality with an identity focus in international relations (1), has written “We are in changing times. Our culture and technology are continually transforming, and the intellectual certainties of the last few hundred years are no longer secure…It is our need to find a new authenticity in our spiritual lives — to bring back fully into our consciousness — the sacred dimension of life, but we want to do this in a way that honours personal freedom and personal growth. In essence, then, we are turning to the teachings and experiences of what is called the ageless wisdom, but we are doing so with completely new attitudes”.
A key element of our changing culture is that we are discarding old religious forms and re-creating our spiritual and sacred world. Creative new attitudes, practices, and forms have been an emphasis of William Bloom. (2) As he writes, “As a teacher and author I often feel conflicted: on the one hand, I want to inspire and encourage people about their innate goodness and the wonders of creation; on the other hand, I do not want to support naiveté about the human condition. We are magnificent beings with cosmic consciousness, and yet at the same time we are also insecure and can do harm.
“Yet the current emergence and creation of a new culture is not always an easy process. It feels as if everything is being created anew. At the same time, we know that we are working with dimensions which have always been and which always shall be.”
The basis of many New Age approaches is that we live in a vast field of energy. Vibrations and atmospheres can move like waves through this field to impact others. Our thoughts, feelings and actions can cooperate with this vitality, energy and consciousness for our development and to benefit others. We find this use of energy fields in many schools of spiritual healing such as reiki, in yoga and martial arts. (3)
William Bloom sets out a three-step process for deepening and expanding our awareness, developing our hearts, and building a just, creative and benevolent world. He sets out some core skills.
The first is centering — a calm awareness, an integration of body, mind and spirit. This is best done through silent meditation, but some find music or ritual helpful. “Whatever works for you” is basically his approach. This is an approach called “mindfulness” in some Buddhist traditions and can also be helped by breathing exercises and other techniques.
The second step is to focus the heart on compassion. Visualization is one approach, such as visualizing ever wider circles of persons or places held within the field of compassion. Focusing on the Sacred Heart of Jesus is used in certain Catholic traditions.
The third step is to direct the energy field so that it is of service to others. When we are centered and heart-focused, with an encouraging psychological attitude, we create a vibration that is supportive for those around us and can be a positive influence in the wider world.
William Bloom has written a clear and helpful presentation for personal fulfillment and service to humanity.
Notes:
1) William Bloom, Personal Identity, National Identity and International Relations (Cambridge: Cambridge University Press, 1993) 2) William Bloom, First Steps: An Introduction to Spiritual Practice (Forres, Scotland: Findhorn Press, 1993) 3) Barbara Ann Brennan, Hands of Light: Guide to Healing Through the Human Energy Field (New York: Bantam, 1990)
Prof. René Wadlow is President of the Association of World Citizens.
Baolin Wu and Jessica Riley, Eye of Heaven. St. Petersburg, Florida: Three Pines Press, 2025, 107pp.
The subtitle of this book is The Daoist Secret for Opening the Third Eye. The Third Eye is a path to awareness. Opening the third eye frees one’s mind from certain limitations. This is the reason that in Daoism the third eye is often referred to as the Eye of Heaven (The title of the book). One finds the same approach in Hinduism, where the third eye, placed just above the other two, is one of the seven main chakras, energy centers in the body, symbolized as a turning wheel. In Buddhism, the third eye represents the eye of consciousness and wisdom. The third eye is widely developed in Tibetan Buddhism where it represents the Gate of Heaven.
Dr.. Baolin Wu entered the Daoist White Cloud Monastery in Beijing as a young boy and was trained there in Daoist medical practice, especially acupuncture as well as in spiritual practices. The White Cloud Monastery is a highly respected center for the study of Daoist philosophy and medicine. He worked for many years in a hospital in Beijing and emigrated to the USA in 1990. The information on spiritual practices in the book comes from Dr. Baolin Wu. Jessica Riley is one of his current students in California, and the English style of the book is hers.
Throughout Chinese history, philosophical and spiritual beliefs have often been related to healing. Some of the Daoist schools emphasize internal alchemy, often as a way to reach longevity. Internal alchemy helps one to become aware of sexual energy and how to circulate, balance, preserve and reuse the energy so as to heal.
The book provides illustrated qigong exercises useful for relaxation but which are also preparation for the opening of the third eye. Work on the third eye and the higher states of consciousness is usually done with a master Daoist. Thus the book is no substitute for efforts with an advanced Daoist practitioner. However, it is a good introduction to the approach and its role in Chinese culture.
Prof. René Wadlow is President of the Association of World Citizens.
Jenny Lecoat, The Girl from the Channel Islands. New York: Graydon House, 2021, 304pp.
It is hard to stay human when wolves rule your world. It is harder still to hold on to your values when those very values might cost you your life. Most people, when faced with terror and deprivation, bend to the wind of fear. Compassion becomes a luxury, conscience an inconvenience. They retreat into the narrow shelter of survival.
But now and then, there are exceptions—rare, luminous moments when the human spirit refuses to break. Jenny Lecoat’s Hedy’s War tells one such story: a story of love and courage that endures amid the ruins of occupied Europe.
The novel is based on true events that unfolded on the island of Jersey during the Nazi occupation. Hedy, a Jewish woman who fled Vienna in search of safety, finds herself trapped once more under Nazi rule, this time on British soil. The irony is cruel, almost unbearable. And yet, against all odds, kindness finds her.
Anton, a man the regime calls Aryan, sees beyond race and propaganda. To him, Hedy is not an enemy or an inferior being but a friend—someone worth risking his life for. Dorothea, a local Jersey woman, shares his instinctive decency. She befriends Hedy not out of ideology but from an uncalculated sense of humanity, a natural warmth that refuses to be extinguished by fear.
Then comes Kurt, a German officer, who is drawn to Hedy’s quiet strength and beauty without knowing her origins. When the truth is revealed, he feels betrayed not by her identity, but by the lie their world demands they live. He rejects the Nazi myth of blood and purity, and instead chooses love—a dangerous, almost impossible act in his position.
Together, these three—Anton, Dorothea, and Kurt—form a fragile circle of protection around Hedy. They risk everything for her, defying a regime built on suspicion and cruelty. That she survived at all is a miracle; that she did so because of their compassion is a testament to the stubborn endurance of the human heart.
Hedy’s War is, above all, a story about moral clarity in an age of confusion. It reminds us that decency can survive even in the shadow of atrocity, that friendship and love can outlast the machinery of hate.
Hedy’s story is rare—precisely because most did not act this way. Most looked away, stayed silent, survived by doing nothing. But this book honours those who did not. It pays tribute to the small, unrecorded acts of goodness that saved lives, and to the few who kept their humanity when the world around them had lost its soul.
Jenny Lecoat captures, with quiet strength, the moral choices of ordinary people confronted by extraordinary evil. Her novel reminds us that even in an age of darkness, there were those who defied hatred, who chose decency over obedience, and love over fear. Lecoat writes with restraint and grace, allowing the quiet heroism of her characters to shine through the fog of occupation.
A moving and deeply humane story of courage, compassion, and moral integrity sustained against impossible odds.
Dorothea Weber who hid Hedwig Bercu from German forces occupying Jersey was posthumously awarded the “Righteous Among the Nations” honour for showing “extraordinary courage” during the holocaust.
The True Story Behind Hedy’s War
Hedwig Bercu (1919–2018) was an Austrian Jewish woman who fled Vienna after the Nazi annexation in 1938. She found refuge on the British island of Jersey, hoping to rebuild her life far from persecution. But in 1940, the Nazis invaded the Channel Islands—the only British territory they would occupy during the war.
Hedwig, known to her friends as Hedy, was trapped once more under Nazi rule. She worked as a translator for the German authorities, her fluency in languages allowing her a precarious survival. When her Jewish identity was discovered, she faced arrest and likely deportation to a concentration camp.
It was then that Dorothea Le Brocq (later Weber), a young local woman who worked with her, chose to act. Defying the occupation authorities, Dorothea and her future husband, Anton Weber, a German soldier disillusioned with the regime, hid Hedy in their home in St Helier. For eighteen months, the couple risked their lives daily to protect her.
Several accounts also identify Kurt Newmann, a German officer stationed on the island, as a further — and deeply complicating — presence. Reportedly drawn to Hedy’s intelligence and dignity, Newmann rejected the racial doctrines he was ordered to enforce. His attitude, whether motivated by conscience, love, or both, ultimately translated into intervention at critical moments: misdirecting inquiries, softening official scrutiny, and risking censure for showing leniency. Where many officers obeyed doctrine, Newmann’s conduct — as reported — helped enlarge the circle of protection around Hedy.
Hedy lived in a secret space within their house, emerging only at night. Neighbours suspected nothing. Dorothea and Kurt brought her food and company, while Anton used his position within the occupying forces to divert attention and suspicion. Their courage was not just an act of resistance—it was an act of profound humanity.
When liberation finally came in 1945, Hedy survived, against all odds. Her story remained largely untold for decades, overshadowed by the larger tragedy of the Holocaust. But her survival, thanks to Dorothea and Anton, stands as one of the Channel Islands’ most remarkable accounts of friendship and moral courage under occupation.
In 2016, Yad Vashem recognised Dorothea Weber as Righteous Among the Nations for saving Hedy Bercu—a belated but deeply deserved honour.
Jenny Lecoat’s novel Hedy’s War (2020) fictionalises this true story, capturing its emotional depth and moral resonance. Lecoat herself grew up in Jersey, the daughter of islanders who lived through the occupation, giving her account both intimacy and authenticity.
Prof. Raphael Cohen-Almagor is an Israeli-British academic.
There is a tale of a Rabbi who enters into a discussion with his students about the night. He asks them, “When can one know that the night has ended and the day has begun?”. One student suggests, “When you can tell the difference between a sheep and a dog.” Another student suggests, “When you can see the difference between an olive tree and a fig tree”. “No”, replies the Rabbi, “It is the moment when you can look at a face never seen before and recognize the stranger as a brother or sister. Until that moment, no matter how bright the day, it is still night.”
In much of the world, it is still night. In 2026, the greatest challenge facing the world society is to release the enormous financial, technical, and human resources still used for military and narrow nationalist goals for ecologically-sound development. These resources will be provided only as more persons develop a profound sense of responsibility for the fate of the planet and for the well-being of the entire human family. We seek to develop a sustainable and just world. If we work together, 2026 can be a strong light for the world.
Prof. René Wadlow is President of the Association of World Citizens.
The Association of World Citizens (AWC) calls for an urgent ceasefire in the renewed armed conflict between Thailand and Cambodia which flared up again on December 8, 2025 with the Thai military launching airstrikes on Cambodia.
A ceasefire had been agreed to in July 2025 in negotiations led by U.S. mediators. There is a 500-mile frontier between the two countries. The frontier was drawn when Cambodia was under French rule. Thailand contests the frontier lines.
Prasat Preah Vihear, the temple claimed by both Thailand and Cambodia (C) PsamatheM
The decades-long dispute has already displaced many persons on both sides of the frontier. The frontier area on both sides has a large number of landmines planted making the whole area unsafe. The disputed area contains a Buddhist temple which should be a symbol of peace and harmony but is now a factor in the dispute.
The AWC stresses that urgent measures of conflict resolution should be undertaken. Nongovernmental Organizations may be able to play a positive role in such efforts. Contacts should be undertaken now.
Prof. René Wadlow is President of the Association of World Citizens.
C’est ce que chantait Guy Béart en 1968, alors que la révolte politique grondait en France et ailleurs. Au départ inspiré pour sa chanson La vérité par l’une des premières anecdotes sur le dopage dans le cyclisme, Béart a élargi sa chanson à l’assassinat de John F. Kennedy, à la répression des écrivains en URSS et même au calvaire de Jésus-Christ, rendant hommage aux victimes du refus de la liberté d’expression et, in fine, se mettant lui-même en scène en tant que victime potentielle des «murmures» et des «tomates mûres» de son public qu’il voyait déjà, à son tour, l’exécuter ! Heureusement non, pas plus qu’après Les couleurs du temps l’année passée, chanson qui est pour moi un hymne personnel.
Aujourd’hui hélas, les autorités de l’Iran, où l’assassinat de la jeune Masha Jina Amini par les Gardiens de la Révolutions (Pasdaran) en septembre 2022 a fait naître des revendications de liberté sous le slogan «Femme, Vie, Liberté» qui, même réprimées, ne se sont jamais tues, semblent avoir pris ce refrain de Guy Béart au pied de la lettre puisqu’elles entendent précisément exécuter un poète, Peyman Farahavar.
De la part de la théocratie chiite de Téhéran, rivale par excellence de celle sunnite d’Arabie saoudite qui est aussi pour elle une solide concurrente en termes de violations des Droits Humains, rien de bien surprenant, certes. Qui croit tirer son pouvoir politique de la parole divine n’admet aucune œuvre de l’esprit humain. Pourtant, Peyman Farahavar a bien d’autres raisons, en fait toutes les raisons, de déplaire au régime des mollahs.
(C) Iran Human Rights
Trop croyant pour devenir théocrate
Quand une idéologie de libération fonde un système politique qui, lui-même, évolue ou plutôt dégénère en dictature, il y a toujours des gens qui, même soutenant le système, s’accrochent aux idéaux et aux principes de la libération rêvée en croyant les pérenniser par leur adhésion à l’institution. Certains resteront fidèles au système quoi qu’il arrive, persuadés de pouvoir le changer de l’intérieur par leur seule intégrité – et bien souvent voués à rester déçus –, tandis que d’autres, poussés au bout du dégoût, le quitteront s’ils le peuvent. Dans la défunte Tchécoslovaquie, un Alexander Dubček rêvant d’un «communisme à visage humain» avait tôt fait d’irriter les tenants moscovites d’un communisme répressif, puis de voir s’abattre sur son Printemps de Prague, en plein cœur de l’été, l’hiver des chars.
Promis à un avenir de mollah réprimant lui aussi son peuple, au nom d’un chiisme vidé de sa substance pour devenir l’instrument pérenne du totalitarisme, Peyman Farahavar s’y est refusé. Aux yeux du pouvoir de Téhéran, première faute.
A trente-sept ans, Peyman Farahavar, également prénommé Amin, originaire de la province de Gilan bordée par la Mer Caspienne et voisine de l’Azerbaïdjan, n’a pas toujours été le primeur de rue et père de famille comme tant d’autres qu’il est aujourd’hui. Comme le révèle IranWire, il était au départ séminariste. Comme son gouvernement, il avait fait de la religion et du culte des martyrs de la révolution islamique les piliers de sa vie. A la ville, il portait les robes des dignitaires chiites que la République islamique érige en aristocratie. A cette différence près que Peyman Farahavar, religieux dans l’âme, ne voyait pas le chiisme comme un instrument d’oppression.
Ecœuré par la manière dont les autorités de Téhéran avaient transformé la religion et la mémoire de la révolution en un «business», il s’était défroqué et avait abandonné sa vie cléricale pour devenir vendeur de rue, primeur spécialiste des fruits, travaillant chaque jour avec son frère pour gagner sa vie et nourrir son petit garçon de dix ans.
Il fustigeait désormais sans concession ces autorités qu’il en était venu à détester, s’opposant farouchement à l’oppression du peuple qu’il reprochait à ces gens auxquels son parcours le vouait au départ à ressembler. La robe des mollahs était devenue pour lui symbole de cette oppression. Pour lui, plus question de la porter encore, et l’enlever voulait dire rejeter non pas la religion, mais le régime qui se faisait oppresseur en son nom.
Devenu voix des sans-voix, Peyman Farahavar criblait sur ses réseaux sociaux «la supériorité autoproclamée du clergé chiite en Iran», ainsi que l’exploitation par le gouvernement «du sang et de la religion des martyrs». Il s’était indigné publiquement du sort de la jeune Mardak Maryaneh, jeune fille de seize ans qui, arrêtée et détenue, s’était suicidée après sa libération.
La prison, Peyman Farahavar allait la découvrir lui-même en mai 2022, avant que l’Iran ne résonne du slogan «Femme, Vie, Liberté». Arrêté une nouvelle fois le 18 août 2024 à Racht, capitale du Gilan, Peyman Farahavar fut détenu vingt-six jours au secret avant d’être transféré à la Section de sécurité de la Prison de Lakan, toujours à Racht. Avant même sa condamnation à mort, il allait bientôt être arraché violemment au monde des vivants.
Une poésie belle et forte à mourir
Dans des prisons iraniennes dont la réputation de barbarie n’est plus à faire, encore moins à ignorer, Peyman Farahavar n’avait aucune chance d’échapper au sort le plus barbare, dont les autorités, pénitentiaires et autres, comptaient sur le fait qu’il demeure aussi le sort le plus ignoré. Par bonheur, pari perdu.
Les sources d’IranWire évoquent des tortures si extrêmes qu’un jour, Peyman Farahavar en a perdu connaissance pendant vingt-quatre heures, mais aussi des saignements gastro-intestinaux persistants, des dérèglements lymphatiques provoquant des furoncles douloureux sur tout le corps, et pas le moindre traitement médical qu’il se voit constamment refuser. Au-delà du corps, l’esprit et le cœur souffrent aussi, de l’absence d’un fils auquel il n’est jamais permis de voir son père, ce qui serait voulu, poursuit IranWire, par une ex-belle-famille vindicative adossée aux Gardiens de la Révolution.
A bien y réfléchir, pourquoi les autorités ménageraient-elles Peyman Farahavar alors que, tout au contraire, elles s’acharnent sur lui pour des aveux ? A coups de «graves tortures psychologiques et physiques», elles exigent qu’il avoue. Avouer ? Mais quoi, au juste ? Qu’il aurait, comme l’en accusent les autorités, déclenché un incendie volontaire sur un chantier ? En pareil cas, Peyman Farahavar n’aurait pas été autant interrogé sur ses écrits, littérale obsession de ses geôliers.
«Le crayon sera sa clé, les feuilles son issue», chantait la regrettée Teri Moise dans Les poèmes de Michelle, son hommage aux enfants travailleurs en un temps où l’on n’en parlait encore que peu. Les Gardiens de la Révolution islamique, redoutables miliciens théocrates de Téhéran, ont bien compris que c’est aussi le cas de Peyman Farahavar, insupportablement libre même dans sa cellule, puisqu’ils se sont employés à détruire ses carnets de notes où figuraient ses poèmes, même lisibles de ses seuls codétenus, car c’était apparemment déjà trop.
Vivant de peu, suivi par seulement quelques centaines de personnes sur Instagram, Peyman Farahavar n’en a pas moins fait suffisamment peur à l’Etat, comme le relève IranWire, pour se retrouver frappé d’une peine de mort. Ces fameux Gardiens de la Révolution, il leur avait fait un sort dans un poème que l’un de ses anciens codétenus décrit comme «très implacable et très beau», lui qui se souvient de Peyman Farahavar comme d’un poète doué pour la satire contestataire et, surtout, pour l’improvisation, à tel point qu’il suffisait d ’ «attiser» en lui la verve poétique pour qu’elle explose en bouquets de vers subversifs d’un savoureux vitriol.
Rien ni personne n’était épargné parmi ce qui révoltait l’ancien mollah en devenir. Incendiaire, oui, il l’était sur la corruption enracinée dans les institutions, les questions liées à l’environnement, mais aussi la fierté culturelle de la population du Gilan. Peyman Farahavar fustigeait les ventes, devenues monnaie courante, de terres agricoles du Gilan à des Iraniens d’autres parties du pays, ainsi que le gaspillage des ressources naturelles de la province par les sociétés immobilières. Jaloux de son identité provinciale, il proclamait son admiration pour les héros locaux, dont Mirza Kuchik Khan, homme politique et chef militaire du début du vingtième siècle. Voix des sans-voix, remarque encore IranWire, Peyman Farahavar portait celle d’un peuple oublié, celle des pauvres, celle des villageois dont la souffrance n’intéressait pas Téhéran.
Pour les mollahs, voilà bien de quoi vouloir exécuter un poète, la peine prononcée contre Peyman Farahavar ayant été confirmée y compris par la Cour suprême iranienne le 24 septembre.
Ecrivez sa liberté
«A quoi sert une chanson si elle est désarmée ?», demandait Julien Clerc en 1993 dans Utile, citant une expression chilienne, «La chanson sans armes ne sert à rien, la chanson sans balles n’affronte pas le fusil». La chanson, Maurice Druon y voyait la «forme moderne de la poésie», bien que la forme traditionnelle n’ait jamais cessé d’exister. Dix ans avant Julien Clerc, Daniel Balavoine évoquait la torture d’un poète dans Frappe avec ta tête. Neuf ans auparavant encore, Michel Delpech ouvrait la voie en unissant poésie et chanson dans Rimbaud chanterait, imaginant un Arthur Rimbaud ayant vécu à cette époque et qui, là où le dix-neuvième siècle l’a vu poète, aurait été chanteur, «lui, l’homme fou, l’ami, le déserteur».
A quoi servait à Guy Béart de chanter La vérité en 1968 ? Les étudiants français en révolte contre le système savaient tout au moins à quoi leur servait la chanson, qu’ils entonnaient parfois dans leurs meetings face à un pouvoir politique en lequel ils voyaient un ultime censeur.
Aujourd’hui, le poète qui a «dit la vérité» se nomme Peyman Farahavar, et dans une illustration insupportablement littérale des vers de Guy Béart, Téhéran entend l’exécuter, sous des motifs fantoches, pour sa seule poésie. Une poésie qui n’a pas besoin de dire à quoi elle sert, car les actes parlent, comme les mots dérangent.
Même pour qui n’est pas poète, un langage poli et un ton décidé suffisent pour dire non au massacre d’un innocent. Il y a toujours une ambassade iranienne, ou bien une mission auprès des Nations Unies à New York, Genève ou Vienne, dans le pire des cas une délégation permanente à l’UNESCO, à contacter. Il serait dommage de priver d’un tel soutien Peyman Farahavar, ainsi que de s’en priver soi-même lorsque l’on peut écrire et dire la vérité sans craindre d’être, comme Téhéran le lui promet, exécuté.
Bernard J. Henry est Officier des Relations Extérieures de l’Association of World Citizens.