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Pourparlers de paix en Afghanistan : Les femmes qui devraient être reines

In Being a World Citizen, Conflict Resolution, Current Events, Democracy, Human Rights, International Justice, Middle East & North Africa, NGOs, Solidarity, Spirituality, The Search for Peace, Track II, War Crimes, Women's Rights, World Law on March 8, 2021 at 7:00 AM

Par Bernard J. Henry

«Quand vous êtes blessé et abandonné sur les plaines d’Afghanistan, et que les femmes arrivent pour découper ce qu’il reste de vous, dépêchez-vous de rouler jusqu’à votre carabine, de vous faire sauter la cervelle et d’aller vers votre dieu comme un soldat», disait Rudyard Kipling, l’écrivain britannique dont le culte de la virilité, notamment militaire, transpire à travers son œuvre. En témoigne son poème «If», «Si …», traduit en français par André Maurois dans Les silences du colonel Bramble et parfois désigné par son vers final, «Tu seras un homme, mon fils».

Le même Kipling qui nous racontait, dans The Man Who Would Be King, en français L’homme qui voulut être roi, la fable de deux Anglais qui se jurent de découvrir le pays perdu du Kafiristan, niché quelque part entre Afghanistan et Pakistan, alors colonies britanniques. Ils y parviennent et, lors d’un affrontement avec des indigènes, un hasard fait que l’un des deux, Daniel Dravot, est subitement pris pour un dieu. Conduit à la capitale de ce pays rendu au culte d’Alexandre le Grand, il est proclamé fils du conquérant et couronné roi. Mais lorsqu’il épouse une jeune fille pour fonder sa dynastie, celle-ci le démasque. Dravot exécuté en public, son comparse supplicié puis libéré rentre en Inde en emportant sa tête encore ornée de la couronne.

L’histoire est fictive, mais le Kafiristan existe. Aujourd’hui le Nouristan, il est une province orientale de la République islamique d’Afghanistan, un pays où, loin des aventures viriles que rêvait Kipling, des femmes mènent une lutte quotidienne – une lutte pour la paix.

Vingt ans d’une paix introuvable

Depuis l’invasion soviétique de 1980, suivie de huit ans de combats entre régime communiste soutenu par Moscou et Mojahedin, combattants de la résistance – parmi lesquels se trouvait un groupe alors soutenu par les Etats-Unis, dénommé Al-Qaïda et commandé par un Saoudien du nom d’Osama bin Laden – le pays n’a jamais connu que la guerre, dont était sorti en 1996 l’ «Émirat islamique d’Afghanistan», créé par la milice islamiste des Talibans qui avait fait du même Osama bin Laden l’un de ses ministres, bien à l’abri pour lancer ses attaques terroristes contre son ancien allié américain le 11 septembre 2001. L’intervention militaire internationale qui avait ensuite mis fin à la folie meurtrière des Talibans n’a jamais engendré une paix durable.

Comme le chante Pierre Perret, “Quand la femme est grillagée, Toutes les femmes sont outragées.” (C) USAID

En presque vingt ans, plusieurs initiatives ont été lancées sous les présidences successives de Hamid Karzai et Ashraf Ghani, mais l’obstination des Talibans a mis à néant tous les efforts. Après un traité signé en 2016 avec un autre mouvement islamiste armé, le Hezb-e Islami Gulbuddin, des pourparlers de paix avec les Talibans se sont enfin ouverts en septembre dernier à Doha, la capitale du Qatar. Mais les discussions piétinent. Malgré des propos lénifiants, les Talibans démontrent encore et toujours la même haine d’une partie bien ciblée de la population, contre laquelle ils avaient déchaîné du temps de leur «émirat» toute leur répression – les femmes.

Les puissances étrangères engagées en Afghanistan n’ont pas oublié les cinq années de ce que les Talibans voulaient le régime islamique «le plus rigide au monde», ni les femmes cloîtrées chez elles, autorisées à sortir seulement sous la burqa et, lorsqu’accusées d’adultère, lapidées. Pas de paix au prix d’un retour à cette époque, insiste-t-on à Doha. Parfait. Mais s’il n’est pas question d’une paix aux dépens des droits des femmes, pourquoi alors maintenir les Afghanes en dehors des pourparlers ?

Les droits des femmes, nerf de la guerre

Réduites au silence sous les Talibans, devenues comme fantômes sous leurs burqas, les femmes ont su depuis 2001 profiter de leur liberté retrouvée. Certes voilées en public comme leurs sœurs iraniennes, dans cette République islamique d’Afghanistan dont le nom rappelle celui du voisin de l’ouest, les Afghanes n’en ont pas moins su faire entrer le vent dans leurs voiles.

Comme le rappelle Amnesty International, elles sont avocates, médecins, magistrates, enseignantes, ingénieures, athlètes, militantes, politiciennes, journalistes, bureaucrates, entrepreneuses, policières, soldates. Et ce sont aujourd’hui 3 300 000 petites Afghanes qui sont scolarisées, se préparant à marcher dans les pas de leurs aînées.

Et pourtant. La tentation existe pour Kaboul, du jour au lendemain, de décider que la paix avec l’irréductible ennemi taliban vaut bien de brûler les (re)conquêtes de ses citoyennes. Elles le savent. Farahnaz Forotan, journaliste de vingt-huit ans contrainte à l’exil car figurant sur une liste de personnes à abattre des Talibans, le sait mieux que toute autre. Pour dire le refus des Afghanes de voir leurs droits transformés en monnaie d’échange, elle a lancé la campagne MyRedLine (Ma ligne rouge) désignant la ligne à ne pas franchir à Doha.

Farahnaz Forotan

Dans l’État afghan, la paix s’écrit au masculin. Un Ministre d’État à la Paix a été nommé au sein du Gouvernement, auquel s’ajoute un Haut Conseil de la Réconciliation nationale dirigé par Abdullah Abdullah, ancien Ministre des Affaires Étrangères et candidat malheureux à la présidentielle de 2014. Pour l’équipe Ghani, la paix est une urgence, et qui dit urgence dit sacrifices. Les droits des femmes étant le nerf de la guerre, pour une paix qu’il faut obtenir à tout prix, le premier sacrifice sera de les brûler, craignent-elles légitimement de leurs propres autorités. Des mêmes hommes qui, salués voilà vingt ans comme les vainqueurs des Talibans, sont désormais prêts à de lourdes pertes à leur profit.

Et elles ont raison, car il est déjà un droit que le Gouvernement afghan leur a retiré en vue des pourparlers de paix – tout simplement, celui d’y participer. Impardonnable erreur.

Elles sauront faire la paix

Se croire habilité à toutes les concessions à l’ennemi parce que, l’ayant déjà vaincu une fois, l’on n’a pas réussi à le vaincre une seconde fois et qu’une paix doit être conclue d’urgence, un maréchal français l’avait déjà tenté, et depuis, son nom reste associé à la Shoah, même si, aujourd’hui comme hier, d’aucuns au sommet de l’Etat prônent une «patience malvenue», comme le chante Louis Chedid dans Anne, ma sœur Anne, envers le souvenir de l’inacceptable.

Si les hommes à la tête de l’Afghanistan sont prêts à emprunter ce même chemin, il leur faudra se souvenir que, pendant qu’entre leurs mains parlaient les armes, les femmes ont su mener leur propre lutte contre les Talibans, mais sans tuer ni blesser quiconque, luttant non pour le pouvoir mais pour le bien de toutes et tous, à commencer par les victimes les plus démunies des conflits armés, toujours et partout – les enfants.

Ainsi d’Ayesha Aziz, enseignante et directrice d’école, membre du Hezb-e Islami identique aux Talibans dans les idées mais qui, historiquement plus pragmatique, a conclu la paix avec le Gouvernement afghan. Avec Ayesha Aziz parmi les membres de sa délégation.

Ayesha Aziz (C) USIP

Déployant des talents de négociation et de diplomatie que d’autres s’interdisent de voir du seul fait qu’elle est une femme, elle a réussi à obtenir des Talibans l’ouverture d’écoles pour filles, des écoles qu’elle finance par le biais d’une entreprise de raffinement de pierres semi-précieuses qu’elle a créée et où elle engage des femmes par centaines. S’appuyant sur «le respect, l’humour et l’Islam», Ayesha Aziz obtient des résultats spectaculaires auprès de l’implacable milice islamiste.

Pour elle, la paix doit passer par le dialogue entre les femmes, celles du camp Ghani et les Talibanes, ainsi que par les zones rurales plutôt que par le sommet de l’État.

Très bien, pourrait-on dire, mais tout cela reste au niveau national et la paix se construit également avec des partenaires internationaux ; malgré tout son mérite, Ayesha Aziz ne semble pas taillée pour avoir affaire à eux. Si l’on pense ainsi, qu’à cela ne tienne. Palwasha Kakar, elle, sait parler hors de l’Afghanistan la langue que les décideurs doivent entendre.

Palwasha Kakar, lors de son témoignage devant le Congrès des Etats-Unis (C) USIP

Responsable principale du Programme Religion et Sociétés inclusives à l’United States Institute of Peace (USIP) de Washington, Palwasha Kakar a consacré plus de onze ans de sa vie à l’inclusion des femmes, l’engagement pour la paix des dignitaires religieux, la gouvernance et l’éducation dans son Afghanistan natal. A l’USIP, elle applique une approche comparative sur les femmes, la religion et la construction de la paix au Pakistan, en Libye, en Syrie, en Irak et au Myanmar. Son inspiration, elle la tient de ses sœurs afghanes qui, utilisant le cadre religieux, ont su négocier avec les Talibans pour des cessez-le-feu locaux, des libérations d’otages et des écoles pour filles.

Appelée à témoigner en 2019 devant le Congrès des Etats-Unis, témoignage capital au vu de la présence de deux mille cinq cents soldats américains en Afghanistan, Palwasha Kakar a rappelé que les femmes étaient essentielles au succès et à la durabilité de tout processus de paix, des pourparlers jusqu’à la mise en œuvre des accords, et qu’elles exigeaient une paix protégeant leurs acquis depuis 2001.

Pour les élus américains qui aimeraient trop Kipling, ce fut le temps d’un autre rappel. «A travers l’histoire de l’Afghanistan, les femmes ont toujours fait partie des processus de paix couronnés de succès. Même si l’on accorde toute la gloire à [l’empereur] Ahmed Shah Durrani pour avoir créé l’État d’Afghanistan moderne en 1747, c’est la contribution de Nazo Ana [poétesse et écrivaine] à l’unification des tribus qui se combattaient jusqu’alors pour ensuite affronter les Perses en 1709 qui fut la cheville ouvrière de la fondation de l’État afghan, ce qui lui a valu le titre de ‘Mère de la Nation afghane’. Quand les Talibans furent chassés du pouvoir en 2001 par les troupes américaines et leurs alliés, les femmes ont pris toute leur part au succès de l’accord politique du processus de Bonn et à la rédaction de la constitution qui a donné dix-huit ans de gouvernement démocratique stable, alors même que se poursuivaient les attaques des Talibans qui n’avaient pas été inclus dans le processus de Bonn».

Jadis, sans une femme, pas d’Afghanistan. Aujourd’hui, sans les femmes, pas d’Afghanistan libre. Demain, sans les femmes, un Afghanistan en paix est inconcevable.

La paix des femmes, seul espoir de survie

Professionnelles, citoyennes, militantes – mais indignes de donner la paix à leur pays.  A croire que les gouvernants afghans ont trop lu Kipling. Veulent-ils, à leur tour, être rois ? On le croirait pour peu, tant ils semblent craindre que, ceints de la couronne comme le fut Daniel Dravot de celle du Kafiristan, une femme censée les embrasser, mais refusant de se soumettre, ne les morde au sang et prouve que les faux dieux sont des mortels sans droit divin de régner.

Michael Caine (centre) et Sean Connery (droite) dans le film de John Huston L’Homme qui voulut être roi, d’après l’ouvrage de Rudyard Kipling, en 1975

Sans doute les femmes d’Afghanistan ne rêvent-elles pas d’être reines, laissant la futilité de ces fantasmes aux hommes pour se préoccuper de la vraie vie et de l’avenir. Mais lorsqu’il s’agit de rechercher la paix, juste et durable, impossible de ne pas penser qu’elles devraient être reines, autant que leurs compatriotes masculins se veulent rois, et pouvoir brandir leur sceptre face aux Talibans à Doha.

Blessé et abandonné sur les plaines d’Afghanistan, selon Kipling, il ne vous restait plus pour échapper à des femmes venues vous charcuter qu’à vous brûler la cervelle en un chevaleresque suicide. Sous les assauts des Talibans, c’est tout le peuple afghan qui git, blessé et abandonné, sur ses plaines rougies de sang. Voyant les femmes accourir pour le soigner et le relever, s’il leur prend la main, il saisit son ultime chance de survie. S’il choisit d’agripper son arme et se tirer une balle en refusant la paix des femmes, il voue son avenir à l’enfer.

Bernard J. Henry est Officier des Relations Extérieures de l’Association of World Citizens.

A New Start for Stability in Libya

In Africa, Conflict Resolution, Current Events, Libya, Middle East & North Africa, Solidarity, The Search for Peace, United Nations on February 17, 2021 at 10:21 PM

By René Wadlow

The 74 members of the Libya Political Dialogue Forum meeting in Geneva, Switzerland with the mediation of the United Nations, on February 5, 2021, announced the creation of a new executive authority for all of Libya. This interim unity government would lead the administration until national elections which are to be held on December 24, 2021. This interim executive authority has the mandate to fulfill the October 23, 2020 Ceasefire Agreement which calls for a permanent ceasefire and the withdrawal of all foreign fighters.

This new interim executive authority by its membership, tries to build a balance among the three geographic divisions of the country. It also tries to build on new faces which have been relatively not directly involved in the troubled situation since the 2011 end of the government of Muammar Qaddafi.

The new interim executive will have a three-person Presidency led by Mohammad Younes Memfi. He was born in 1958. He is an engineer and businessman from Misrata. He was educated in Canada and has not been directly involved in politics before. The other two members of the Presidency are Abdullah Hussein Al-Lafi, more involved in politics but not in the first ranks, and Mossa Al-Koni, an ethnic Tuareg from the south near the frontier with Mali. Abdul Hamid Mohammed Dbeibah will serve as Prime Minister under this new Presidency.

Mohammed Younes Memfi

There is still a long road ahead to create meaningful reconciliation among the divisions based on geography, tribal networks, and religious brotherhoods. At Independence in 1951, authority rested with King Sayyid Idris (1890-1983), the leader of an important Islamic Brotherhood who remained more concerned with religious reforms than with the structure of the government. (1)

When the military officers led by Colonel Muammar Qaddafi took power in a coup in September 1969, there was for a short time some discussion as to the forms that the government should take. Colonel Qaddafi wanted to do away with parliamentary government and representative elections in favor or people’s committees, a people’s congress and revolutionary committees – all held together by the ideological assumptions of his Third Universal Theory – a concept that embodied anti-imperialism, Arab unity, Islamic socialism and direct popular democracy. (2)

General Khalifa Haftar

Disagreements on the nature of the State had led to important divisions among the ruling circle, especially in 1975. However, all open discussions on the nature of the State, of the relations between State and society, of the place of tribes and of religious brotherhoods were considered subversive, in fact treason. In practice, but not in theory, decision-making was in the hands of Colonel Qaddafi, his family, friends, and tribal allies. (3)

Since the end of the Qaddafi government, the country has been largely divided into three unstable zones: The West with Tripoli as the main city, with a “Government of National Accord” led by Faiez Sarraj, an East around Benghazi, with the “National Libyan Army” under General Khalifa Haftar, and the south divided among many political, tribal factions.

However, both the West and the East contain different armed tribal groups, Islamic militias and armed groups linked to the exploitation of migrants, trafficking in arms and drugs. As the disorder dragged on, more and more outside States became involved to different degrees and in different ways: Russia, Turkey, Egypt, France, the USA and to some extent the African Union.

To what extent the new interim authority will be able to create public services, limit outside influences and create appropriate forms of government will have to be seen. Libya merits close attention.

Notes
1) For a useful analysis of Libyan governmental structures see J. Davis, Libyan Politics, Tribes and Revolution (London: I. B. Tauris, 1987)
2) See M. M. Ayoub, Islam and the Third Universal Theory: The religious thought of Muammar al Qadhdhafi (London: Kegan Pail, 1987)
3) See René Lemarchand (Ed), The Green and the Black, Qadhafi’s Politics in Africa (Bloomington: Indiana University Press, 1988)

Prof. René Wadlow is President of the Association of World Citizens.

Ethiopia: Storm Clouds Getting Darker

In Africa, Being a World Citizen, Conflict Resolution, Current Events, Democracy, NGOs, Refugees, Solidarity, Sudan, The Search for Peace on January 24, 2021 at 8:20 PM

By René Wadlow

In an earlier article on the armed conflict in Ethiopia “Storm Clouds Gather Over Ethiopia” I agreed with other observers of the situation that one knows when an armed conflict starts but not when it ends. There is always a real danger that violence spreads to other parts of the country and that neighboring States get involved. Now both dangers have taken form in Ethiopia.

Ethiopia is a federal republic structured on the basis of 10 states or provinces. The provinces have the name of the major ethnic group within that province. However, no province is populated exclusively by one ethnic group. Through history and economic development people have moved to areas beyond their original “homeland”. However, people from a “foreign” ethnic group can be made to feel as “second class citizens”, and there may be violence used against them in times of tensions.

A neighborhood in Tigray

Thus, in the far west of Ethiopia, there is a small province called Benishangul-Gumuz, named after two ethnic groups, the Berta and the Gamuz. However, there are three other ethnic groups which also consider the area as their “homeland”. The area has good farmland and is a major producer of vegetables. Thus, Amhara farmers from the larger neighboring Amhara province have progressively settled in Benishangul-Gumuz. Tensions over land use has grown between the Amhara farmers and the dominant Gumuz. At the same time that the federal government forces were moving into the Tigray province, Gumuz militias attacked the Amhara settlers. The federal government sent in troops to restore order, but troops can not deal with the basic issues of ethnic-based tensions and disputes over land ownership which is often collective rather than individual. Thus, the tensions and violence in Tigray and Benishangul-Gumuz provinces may spread to other provinces as well.

In addition to the dangers of violence spreading to other provinces, there is a real danger that neighboring Sudan will get involved. The Ethiopian federal government’s military action within Tigray province has caused an exodus of some 50,000 persons across the frontier into Sudan. A smaller number have crossed the frontier into South Sudan.

Abdallah Hamdok

The Sudanese government in far-away Khartoum has been preoccupied with restructuring itself after the 30 years of governance by Omar al-Bashir came to an end in April 2019. However, the entry of a large number of refugees from Tigray must have pushed some in the Sudanese government to look at maps to see where all this trouble was going on. They saw that part of the trouble was near the Al-Fashaga triangle, a small area but of rich farmland largely farmed by Ethiopian farmers. However, Al-Fashaga is within the territory of Sudan, set by the British-Egyptian condominium in 1902 and 1907.

The Ethiopian settlers in Al-Fashaga had created self-protection militias without a relation to the Ethiopian central army. However, with the the current Ethiopian army near Al-Fashaga, the Sudanese government is rushing tanks and troops to the area. The acting Prime Minister of Sudan, Abdallah Hamdok, has publicly reaffirmed Sudanese ownership of the area. While it is difficult to have accurate reporting from Al-Fashaga, some nongovernmental organizations working with refugees in Sudan near the frontier have warned of possible fighting and increased tensions. There are real possibilities of the storm clouds getting darker.

Note:

An earlier article on the same subject from Prof. René Wadlow: Storm Clouds Gather Over Ethiopia.

Prof. René Wadlow is President of the Association of World Citizens.

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