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Edgar Morin : «En moi l’humanité dont je fais partie»

In Being a World Citizen, Cultural Bridges, Current Events, Environmental protection, Human Development, Human Rights, Nonviolence, Peacebuilding, Solidarity, Spirituality, The Search for Peace on June 2, 2026 at 11:30 AM

Par Bernard J. Henry

Il est des gens qui ont si longue vie que l’on se dit qu’ils restent pour éclairer la voie lorsque les ténèbres l’absorbent toujours un peu plus. Lorsqu’ils partent, celles et ceux qui se tournaient vers eux sont frappés non seulement de deuil, mais d’une soudaine solitude et, plus encore, de la peur d’un avenir qu’il faudra bâtir avec leurs mots, leur héritage, mais sans leur autorité morale.

Depuis le 29 mai dernier, médias et réseaux sociaux vibrent de tels sentiments mêlés pour Edgar Morin, célèbre sociologue et philosophe français qui s’est éteint à 104 ans.

La biographie d’Edgar Morin a été retracée de manière si vaste et exhaustive que nous n’aurions que vainement la prétention d’y rien ajouter d’utile. Ce qui est peut-être moins dit, c’est que, même si Edgar Morin n’avait jamais soutenu de manière ouverte et directe l’un des groupes composant le mouvement Citoyen du Monde, ni l’Association of World Citizens (AWC) ni un autre, il portait en lui ce que nous représentons et c’est dans toute son œuvre que se lisent et s’entendent nos combats et nos valeurs.

En 2011, Radio France avait même publié un disque reprenant ses entretiens avec Marie-Christine Navarro ayant pour titre Edgar Morin, citoyen du monde, et ce n’était en rien une exagération. Au-delà d’une œuvre prolifique, il n’est pas excessif de dire de lui que, comme l’avait écrit Gandhi à son propre sujet, sa vie même était son message. Certes, personne ne peut se résumer à sa naissance ou même son passé. Il est des gens, pourtant, qui semblent avoir en eux un talent unique d’en tirer le meilleur parti. Edgar Morin était de ces gens-là.

Edgar Morin est né trois fois. Sa première naissance a eu lieu le 8 juillet 1921 à Paris, sous le nom de David Salomon Nahoum, de parents juifs grecs de Salonique. La deuxième, en 1943, fut celle d’un Résistant, militant libertaire antifasciste pendant la guerre d’Espagne, membre du Parti Communiste Français (PCF) à partir de 1941, officier dans la Résistance en 1943, qui tenta de prendre le pseudonyme d’Edgar Magnin en hommage à L’Espoir d’André Malraux mais le vit mal retranscrit en Morin, sans tenter de rectifier. La troisième, ce fut lorsqu’un tribunal parisien lui accorda, le 12 août 1993, le droit de substituer le prénom Edgar à ses deux prénoms de naissance.

Après la Libération, Edgar Morin a suivi la voie académique – mais d’une manière qui était loin de l’être. Morin l’avouait lui-même, il était autodidacte, titulaire d’une licence en histoire-géographie et d’une licence de droit, ayant suivi des cours de philosophie, d’économie et de sciences politiques, mais sans avoir obtenu de diplôme. «J’ai pourtant fait une carrière au CNRS. J’ai été élu maître de recherche sans avoir écrit de thèse de doctorat», déclarait-il en 2009 au CNRS qu’il avait intégré en 1950.

Dans les années 1960, il enseigne au Chili puis, aux Etats-Unis, jette les bases de ce qui sera le concept-phare de sa vie, le concept épistémologique de pensée complexe, l’adjectif étant ici pris dans son sens étymologique latin, complexus, désignant un tissage d’enlacements, pour mettre en avant les liens entre chaque champ de la pensée et l’approche transdisciplinaire du savoir.

A la tête du Centre d’études des communications de masse (CECMAS) de 1973 à 1989, Morin deviendra l’initiateur de la revue Arguments, publiée de 1956 à 1962, la Revue française de sociologie en 1960, et enfin Communications.

Entre 1977 et 2004, il rédige son ouvrage majeur, La Méthode, somme en six volumes où il développe sa méthodologie de la transdisciplinarité. Il y décrit sa pensée comme constructiviste, mais non au sens traditionnel du terme en relations internationales : pour lui, il s’agit d’une collaboration entre le monde extérieur et l’esprit humain pour construire la réalité.

Dans cette approche académique nouvelle se décèle déjà un esprit Citoyen du Monde, la transdisciplinarité, concept parfois remplacé par celui d’interdisciplinarité, étant aussi au cœur de l’Institut d’Etudes mondialistes créé en 1977. Cet esprit qui est le nôtre, Morin en tirerait un essai, en 1993, puis un livre à quatre mains en 2011.

Dans le premier ouvrage, Terre-Patrie, avec Anne Brigitte Kern, Morin alerte sur la barbarie qui suit la fin de la Guerre Froide et sur la cause qui en est, selon lui, «l’impuissance de l’humanité à devenir l’humanité», proposant un nouveau mode de pensée dans un «tout planétaire», ainsi que de découvrir notre «carte d’identité terrienne» dans une «matrie terrestre», la Terre-Patrie. Dans le second, Le Chemin de l’espérance, Morin et Stéphane Hessel qui voyait en lui un «frère de lutte» revendiquent de «dénoncer le cours pervers d’une politique aveugle qui conduit au désastre, d’énoncer une voie politique de salut public et d’annoncer une nouvelle espérance», le concept de «Terre-mère» y étant également central.

«Je sens présente en moi l’humanité dont je fais partie. Non seulement, je suis une une petite partie dans le tout, mais le tout est à l’intérieur de moi-même. C’est peut-être cela qui me donne l’énergie de continuer sur la voie qui est la mienne. Et à un moment donné, sans que vous ne sachiez pourquoi, c’est comme une catalyse, quelque chose qui se passe, se transforme, bascule …  C’est cela l’espoir.»

L’Espoir, un mot qui suivait Edgar Morin depuis qu’il y avait trouvé son nom de guerre dans la Résistance, en s’inspirant du roman d’André Malraux. Dans la pensée contemporaine, Edgar Morin a incarné les valeurs du mouvement Citoyen du Monde d’une manière unique et indélébile. Chaque disparition oblige davantage celles et ceux qui restent à poursuivre la lutte, à entretenir la flamme, à sentir en leur être l’humanité dont elles et ils font partie. A nous maintenant.

Bernard J. Henry est Officier des Relations Extérieures de l’Association of World Citizens.

Dialogue Among Civilizations: Understanding and Cooperation

In Being a World Citizen, Conflict Resolution, Cultural Bridges, Current Events, Middle East & North Africa, NGOs, Peacebuilding, Solidarity, The Search for Peace, Track II, United Nations on April 21, 2026 at 7:05 AM

By René Wadlow

With the acute tensions and the danger of violence concerning Iran and the Strait of Hormuz, it is useful to recall that it was President Mohammad Khatami of the Islamic Republic of Iran who proposed that the United Nations (UN) proclaim an International Year for a Dialogue among Civilizations. President Khatami stressed, “It is incumbent on those who uphold peace in the world to work for dialogue among cultures, religions, and peoples. Fight ignorance with knowledge, dispel darkness with light, defeat the logic of war with the logic of peace.”

The aim of the International Year was to highlight knowledge of civilizations, their diversity, their uniqueness as well as their universality. The Year would build bridges between different ideologies, cultures, and religions to create common ground for creative discussions. The theme of Dialogue among Civilizations would draw in participation from Nongovernmental Organizations, universities, and museums. The Year was to build upon efforts already undertaken at UNESCO on understanding among cultures. Also, earlier in 2000, political leaders of Africa and Europe had sat together to promote cultural cooperation and to safeguard African cultural forms.

The UN General Assembly set the Year of Dialogue for 2001-2002. However, on September 11, 2001, New York City’s Twin Towers were hit by two hijacked planes. The United States- led “War on Terror” began. Dialogue among Civilizations was replaced by what the then UN Secretary-General, Kofi Annan, called “a sense of equality in vulnerability.”

Today, there are obvious tensions among States based in part on their cultures and values. The need for understanding and cooperation is great if we are not to descend a spiral of violence. Thus, we should see how the efforts for a dialogue among civilizations could be revived and this time, carried out.

Prof. René Wadlow is President of the Association of World Citizens.

The AWC Calls for UN Action on Lebanon Conflict

In Being a World Citizen, Conflict Resolution, Current Events, Middle East & North Africa, NGOs, Nonviolence, Peacebuilding, Solidarity, The Search for Peace, Track II, United Nations, World Law on April 13, 2026 at 6:00 AM

By René Wadlow

The armed conflict in Lebanon is multidimensional and growing more violent as the conflict spreads to more areas of the country. Nongovernmental Organizations (NGOs) in Consultative Status with the United Nations (UN), such as the Association of World Citizens (AWC), are calling for speedy UN action to bring the fighting to a halt.

Israel’s current attacks in Lebanon against the armed militia Hezbollah are related to the United States (U.S.)-Israeli attacks against Iran, but they are separate from the U.S.-Iran negotiations that just took place in Pakistan. Hezbollah had fired rockets at Israel in support of Hamas. In the Gaza Strip, Hamas is also backed by the Iranian government.

Now in Lebanon, more than 1,000 persons have been killed and a million people displaced in a country of six million inhabitants. The Israeli attacks may be the beginning of an Israeli invasion and subsequent occupation of southern Lebanon.

The political-strategic situation in the wider Middle East is complex. In light of the dangers and uncertainties, NGOs are calling for action by the UN. There are some possibilities of UN mediation and good offices. We support these NGO calls for UN action.

Prof. René Wadlow is President of the Association of World Citizens.