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L’ONU n’a plus le droit aux rendez-vous manqués en matière de racisme

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Par Bernard J. Henry

 

Il fallait s’y attendre. Après la mort de l’Afro-Américain George Floyd à Minneapolis (Minnesota) le 25 mai, étouffé par le policier Derek Chauvin et ses collègues auxquels il criait du peu de voix qu’ils lui laissaient « I can’t breathe », « Je ne peux pas respirer », et avec la vague mondiale d’indignation que le drame a soulevée quant au racisme et aux violences policières, l’Afrique s’est élevée d’une seule voix à l’ONU.

Le 12 juin, les cinquante-quatre pays du Groupe africain de l’Assemblée générale des Nations Unies ont appelé le Conseil des Droits de l’Homme à un « débat urgent sur les violations actuelles des droits de l’homme d’inspiration raciale, le racisme systémique, la brutalité policière contre les personnes d’ascendance africaine et la violence contre les manifestations pacifiques ».

Avec les cinquante-quatre pays africains, c’étaient plus de six cents organisations non-gouvernementales, dont l’Association of World Citizens (AWC), qui appelaient le Conseil à se saisir de la question. Et le 15 juin, la demande a été acceptée sans qu’aucun des quarante-sept Etats qui composent le Conseil ne s’y soit opposé. Le débat demandé a donc eu lieu, sur fond de dénonciation d’un « racisme systémique » par Michelle Bachelet, Haute Commissaire des Nations Unies pour les Droits de l’Homme, mais aussi d’indignation des cadres onusiens originaires d’Afrique contre leur propre institution qu’ils jugent trop passive.

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Une fresque en hommage à George Floyd sur un mur de Chicago (Illinois).

Pour l’Organisation mondiale, il s’agit plus que jamais de n’entendre pas seulement la voix de ses Etats membres, mais aussi celle du peuple du monde qui s’exprime en bravant les frontières, parfois même ses dirigeants. La mort de George Floyd et l’affirmation, plus forte que jamais, que « Black Lives Matter », « Les vies noires comptent », imposent une responsabilité historique à l’ONU qui, en matière de racisme, n’a plus droit aux rendez-vous manqués, réels et présents dans son histoire.

Résolution 3379 : quand l’Assemblée générale s’est trompée de colère

Le 10 novembre 1975, l’Assemblée générale de l’ONU adoptait sa Résolution 3379 portant « Élimination de toutes les formes de discrimination raciale ». Malgré ce titre prometteur, le vote de l’Assemblée générale cristallisait en fait les frustrations des Etats Membres quant à deux situations de conflit, jugées les plus graves au monde depuis la fin de la guerre du Vietnam en avril – l’Afrique australe et le Proche-Orient.

A côté de l’Afrique du Sud ou règne l’apartheid, la ségrégation raciale érigée en système par la minorité blanche aux dépens de la population noire autochtone, se tient l’ancêtre de l’actuel Zimbabwe, la Rhodésie, Etat proclamé en 1970 sur une colonie britannique mais non reconnu par la communauté internationale. La Rhodésie n’est pas un Etat d’apartheid proprement dit, mais sa minorité blanche tient la majorité noire sous la chappe brutale d’un paternalisme colonialiste. Deux organisations indépendantistes, la ZANU et la ZAPU, s’y affrontent dans une violente guerre civile et le gouvernement principalement blanc de Ian Smith n’y veut rien entendre.

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Dans l’Afrique du Sud de l’apartheid, même sans le dire, une plage réservée aux Blancs était interdite aux Noirs au même titre qu’elle l’était aux chiens.

Au Proche-Orient, la création en 1948 de l’Etat d’Israël s’est faite sans celle d’un Etat palestinien que prévoyait pourtant le plan original de l’ONU. En 1967, lors de la Guerre des Six Jours qui l’oppose aux armées de plusieurs pays arabes, l’Etat hébreu étend son occupation sur plus de territoires que jamais auparavant, prenant le Sinaï à l’Egypte – qui lui sera rendu en 1982 – et le Golan à la Syrie, la Cisjordanie et Jérusalem-Est échappant quant à elles à la Jordanie. Aux yeux du monde, l’idéal sioniste des fondateurs d’Israël signifie désormais principalement l’oppression de la Palestine.

Et les deux Etats parias de leurs régions respectives avaient fini par s’entendre, causant la fureur tant de l’URSS et de ses alliés à travers le monde que du Mouvement des Non-Alignés au sud. Le 14 décembre 1973, dans sa Résolution 3151 G (XXVIII), l’Assemblée générale avait déjà « condamné en particulier l’alliance impie entre le racisme sud africain et le sionisme ». C’est ainsi que deux ans plus tard, la Résolution 3379 enfonçait le clou contre le seul Israël en se concluant sur ces termes : « [L’Assemblée générale] [c]onsidère que le sionisme est une forme de racisme et de discrimination raciale ».

Impossible de ne pas condamner l’occupation israélienne en Palestine, tant elle paraissait incompatible avec le droit international qui, en 1948, avait précisément permis la création de l’Etat d’Israël. Pour autant, assimiler le sionisme au racisme présentait un double écueil. D’abord, s’il se trouvait un jour une possibilité quelconque d’amener Israéliens et Palestiniens au dialogue, comment Israël allait-il jamais accepter de venir à la table des négociations avec un tel anathème international sur son nom ? C’est ce qui amena, après la Première Guerre du Golfe, l’adoption par l’Assemblée générale de l’ONU de la Résolution 46/86 du 16 décembre 1991 par laquelle la Résolution 3379, et avec elle l’assimilation du sionisme au racisme, étaient tout simplement abrogées, ce qui était l’une des conditions d’Israël pour sa participation à la Conférence de Madrid en octobre. Ensuite, plus durablement cette fois, présenter l’affirmation d’un peuple de son droit à fonder son propre Etat comme étant du racisme ne pouvait qu’alimenter le refus, ailleurs à travers le monde, du droit à l’autodétermination déjà mis à mal dans les années 1960 au Katanga et au Biafra, avec à la clé, l’idée que toute autodétermination allait entraîner l’oppression du voisin.

« Les racistes sont des gens qui se trompent de colère », disait Léopold Sédar Senghor. Il n’en fut pire illustration que la Résolution 3379, inefficace contre le racisme et n’ayant servi qu’à permettre à Israël de se poser en victime là où son occupation des Territoires palestiniens n’avait, et n’a jamais eu, rien de défendable.

Un échec complet donc pour l’ONU, mais qui fut réparé lorsque commença le tout premier processus de paix au Proche-Orient qui entraîna, en 1993, les Accords d’Oslo et, l’année suivante, le traité de paix entre Israël et la Jordanie. C’était toutefois moins une guérison qu’une simple rémission. 

Durban 2001 : l’antiracisme otage de l’antisémitisme

Le 2 septembre 2001 s’est ouverte à Durban, en Afrique du Sud, la Conférence mondiale contre le racisme, la discrimination raciale, la xénophobie et l’intolérance, conférence organisée par les Nations Unies. Sans même évoquer la Résolution 3379 en soi, depuis son abrogation en 1991, le monde avait changé. La Guerre Froide était terminée, l’URSS avait disparu, l’apartheid avait pris fin dans une Afrique du Sud rebâtie en démocratie multiraciale par Nelson Mandela auquel succédait désormais son ancien Vice-président Thabo Mbeki.

Au Proche-Orient, Yitzhak Rabin avait été assassiné en 1995, et avec lui étaient morts les Accords d’Oslo réfutés par son opposition de droite, cette même opposition qui dirigeait désormais Israël en la personne d’Ariel Sharon, ancien général, chef de file des faucons et dont le nom restait associé aux massacres de Sabra et Chatila en septembre 1982 au Liban. Aux Etats-Unis, le libéralisme international des années Clinton avait fait place aux néoconservateurs de l’Administration George W. Bush, hostiles à l’ONU là où leurs devanciers démocrates avaient su s’accommoder du Secrétaire général Kofi Annan. Le monde avait changé, mais c’était parfois seulement pour remplacer certains dangers par d’autres. Et le passé n’allait pas tarder à se rappeler au bon souvenir, trop bon pour certains, des participants.

La Haute Commissaire des Nations Unies pour les Droits de l’Homme, Mary Robinson, n’était pas parvenue à mener des travaux préparatoires constructifs, et dès le début des discussions, le résultat s’en est fait sentir. Devant la répression israélienne de la Seconde Intifada à partir de fin septembre 2000, l’Etat hébreu déclenche une fois de plus la colère à travers le monde. Un nombre non négligeable d’Etats rêvent de déterrer la Résolution 3379, mais cette fois, sans plus de racisme sud-africain auquel accoler le sionisme, Israël va voir cette colère dégénérer en récusation non plus du sionisme mais, tout simplement, du peuple juif où qu’il vive dans le monde.

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A gauche, Ariel Sharon, alors officier supérieur de Tsahal, en 1967. Plus tard Ministre de la Défense puis Premier Ministre, son nom sera associé à de graves crimes contre les Palestiniens commis par Israël.

S’y attendant, l’Administration Bush a lancé des mises en garde avant le début de la conférence. En ouverture, Kofi Annan annonce la couleur – il ne sera pas question de sionisme, pas de redite de 1975. Rien n’y fait. Toute la journée, des Juifs présents à la conférence sont insultés et menacés de violences. Le Protocole des Sages de Sion, faux document né dans la Russie tsariste au début du vingtième siècle pour inspirer la haine des Juifs, est vendu en marge. Et, comble pour une conférence des Nations Unies, même si elles n’y sont bien entendu pour rien, il est distribué aux participants des tracts à l’effigie, et à la gloire, d’Adolf Hitler.

Il n’en faut pas plus pour qu’Etats-Unis et Israël plient bagages dès le lendemain. Si la France et l’Union européenne restent, ce n’est cependant pas sans un avertissement clair – toute poursuite de la stigmatisation antisémite verra également leur départ.

C’est à la peine qu’est adopté un document final, dont ce n’est qu’en un lointain 58ème point qu’il est rappelé que « l’Holocauste ne doit jamais être oublié ». Dans le même temps, un Forum des ONG concomitant adopte une déclaration si violente contre Israël que même des organisations majeures de Droits Humains telles qu’Amnesty International, Human Rights Watch et la Fédération internationale des Ligues des Droits de l’Homme s’en désolidarisent. Le Français Rony Brauman, ancien Président de Médecins Sans Frontières, ardent défenseur de la cause palestinienne, n’avait pu lui aussi que déplorer l’échec consommé de la conférence, prise en otage par des gens qui prétendaient combattre le racisme, y compris, naturellement, le colonialisme israélien, mais n’avaient en réalité pour but que de répandre le poison de l’antisémitisme.

Pour la dignité de chaque être humain

Le racisme est un phénomène universel, qui n’épargne aucun continent, aucune culture, aucune communauté religieuse. De la part de l’ONU, c’est en tant que tel que le peuple du monde s’attend à le voir combattu. Par deux fois, les Etats membres de l’Organisation mondiale l’ont détournée de sa fonction pour plaquer le racisme sur ce qui était, et qui demeure, une atteinte à la paix et la sécurité internationales, nommément l’occupation israélienne en Palestine où, indéniablement, le racisme joue aussi un rôle, mais qui ne peut se résumer à la seule question de la haine raciale comme c’était le cas de l’apartheid en Afrique du Sud ou comme c’est aujourd’hui celui du scandale George Floyd.

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Ici à New York en 2014, le slogan “Black Lives Matter”, qui exprime désormais le droit de tout être humain opprimé en raison de son origine au respect et à la justice.

S’il ne peut ni ne doit exister d’indulgence envers quelque Etat que ce soit, en ce compris l’Etat d’Israël, le racisme sous toutes ses formes, surtout lorsqu’il provient d’agents de l’Etat tels que les policiers, ne peut être circonscrit à la condamnation d’une seule situation dans le monde, aussi grave soit-elle, encore moins donner lieu à l’antisémitisme qui est lui aussi une forme de racisme et l’on ne peut en tout bon sens louer ce que l’on condamne !

Par bonheur, le Groupe africain a su éviter tous les écueils du passé, ayant lancé un appel au débat qui fut accepté sans mal par le Conseil des Droits de l’Homme. Les appels de la Haute Commissaire aux Droits de l’Homme et des hauts fonctionnaires d’origine africaine viennent amplifier un appel que l’ONU doit entendre. Le monde s’est réveillé, il faut en finir avec le racisme, et sur son aptitude à agir, à accueillir les critiques, l’ONU joue sa crédibilité dans cette lutte pour la dignité de chaque être humain qui est le premier des droits.

Bernard J. Henry est Officier des Relations Extérieures de l’Association of World Citizens.

World Refugee Day

In Africa, Being a World Citizen, Current Events, Europe, Fighting Racism, Human Rights, Humanitarian Law, Middle East & North Africa, Migration, NGOs, Refugees, Solidarity, The Search for Peace, Track II, United Nations, World Law on June 20, 2020 at 4:01 PM

By René Wadlow

 

June 20 is the United Nations (UN)-designated World Refugee Day marking the signing in 1951 of the Convention on Refugees. The condition of refugees and migrants has become a “hot” political issue in many countries, and the policies of many governments have been very inadequate to meet the challenges. The UN-led World Humanitarian Summit held in Istanbul, Turkey on May, 23-24, 2016 called for efforts to prevent and resolve conflicts by “courageous leadership, acting early, investing in stability, and ensuring broad participation by affected people and other stakeholders.”

If there were more courageous political leadership, we might not have the scope and intensity of the problems that we now face. Care for refugees is the area in which there is the closest cooperation between nongovernmental organizations (NGOs) and the UN system. As one historian of the work of the United Nations High Commissioner for Refugees (UNHCR) has written “No element has been more vital to the successful conduct of the programs of the UNHCR than the close partnership between UNHCR and the non-governmental organizations.”

The 1956 flow of refugees from Hungary was the first emergency operation of the UNHCR. The UNHCR turned to the International Committee of the Red Cross and the League of Red Cross Societies which had experience and the finances to deal with such a large and unexpected refugee departures and re-settlements. Since 1956, the UNHCR has increased the number of NGOs, both international and national, with which it works given the growing needs of refugees and the increasing work with internally displaced persons who were not originally part of the UNHCR mandate.

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Hungarian refugees outside a building at Charleston Air Force Base in 1956.

Along with emergency responses − tents, water, medical facilities − there are longer-range refugee needs, especially facilitating integration into host societies. It is the integration of refugees and migrants which has become a contentious political issue. Less attention has been given to the concept of “investing in stability”. One example:

The European Union (EU), despite having pursued in words the design of a Euro-Mediterranean Community, in fact did not create the conditions to approach its achievement. The Euro-Mediterranean partnership, launched in 1995 in order to create a free trade zone and promote cooperation in various fields, has failed in its purpose. The EU did not promote a plan for the development of the countries of North Africa and the Middle East and did nothing to support the democratic currents of the Arab Spring. Today, the immigration crisis from the Middle East and North Africa has been dealt with almost exclusively as a security problem.

The difficulties encountered in the reception of refugees do not lie primarily in the number of refugees but in the speed with which they have arrived in Western Europe. These difficulties are the result of the lack of serious reception planning and weak migration policies. The war in Syria has gone on for five years. Turkey, Lebanon, and Jordan, not countries known for their planning skills, have given shelter to nearly four million persons, mostly from the Syrian armed conflicts. That refugees would want to move further is hardly a surprise. That the refugees from war would be joined by “economic” and “climate” refugees is also not a surprise. The lack of adequate planning has led to short-term “conflict management” approaches. Fortunately, NGOs and often spontaneous help have facilitated integration, but the number of refugees and the lack of planning also impacts NGOs.

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Women and children among Syrian refugees striking at the platform of Budapest Keleti railway station in 2015.

Thus, there is a need on the part of both governments and NGOs to look at short-term emergency humanitarian measures and at longer-range migration patterns, especially at potential climate modification impact. World Refugee Day can be a time to consider how best to create a humanist, cosmopolitan society.

Prof. René Wadlow is President of the Association of World Citizens.

Sudan’s Recovery Crippled by U.S. Sanctions Policy

In Africa, Being a World Citizen, Conflict Resolution, Current Events, Human Rights, Middle East & North Africa, NGOs, Solidarity, Sudan, The Search for Peace, Track II, United Nations, World Law on June 15, 2020 at 8:54 PM

By René Wadlow

 

Economic recovery from decades of stagnation and misuse of resources during the 30-year dictatorship of Omar al-Bashir is critical for Sudan’s civilian-led transitional government.

Since August 2019, Sudan has been led by a Council made up of six civilians and five members of the military with a cabinet of liberal civilian administrators headed by Prime Minister Abdallah Hamdok, a former economist with the United Nations (UN). Elections are scheduled for next year, time for civil society to organize.

Sudan

However, chronic economic problems could lead elements in the armed forces to assert further their influence even without trying to take power. Sudan faces deep economic challenges. There is a backlog of domestic needs. The consequences of the creation of a separate State of South Sudan are still not resolved. The armed conflicts in the Darfur provinces, while not as active as earlier, still exist. Real economic development in Darfur is stopped.

The Association of World Citizens (AWC) was the first nongovernmental organization to raise the Darfur conflicts in the UN Commission on Human Rights in early 2004. Since then, our Association has striven to have negotiations in good faith to resolve the issues. However, the original opposition alliances have broken down into smaller, tribal-based groups and no real negotiations have been able to be held.

A strong obstacle to Sudan’s economic development is the continued United States (U. S.) economic sanctions which impact trade and investment. The U. S. sanctions policy prevents loans from international institutions such as the World Bank. The U. S. still lists Sudan as a “State sponsor of terrorism”. Sudan in an earlier period did house violent Islamist movements which carried out attacks in other countries such as the attack on the U. S. Embassy in Kenya. However, the violent Islamist groups were not “sponsored” by the government of Sudan.

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Prime Minister Abdallah Hamdok of Sudan

Prime Minister Abdallah Hamdok in his address to the UN General Assembly said that these U. S. sanctions “have played havoc on our people causing them untold misery of all types and forms. We, in the transitional government call on the United States of America to take Sudan off the list of State Sponsors of Terrorism.”

Such a realistic request is a necessary first step toward the creation of a stable Sudan which should be able to play a positive role in an unstable part of the world. The AWC will continue its efforts for a Sudan in which all can play a positive role.

Prof. René Wadlow is President of the Association of World Citizens.

Plus que jamais, créer un Etat en paix pour tous en Libye

In Africa, Being a World Citizen, Conflict Resolution, Current Events, Democracy, Human Rights, Humanitarian Law, Libya, Middle East & North Africa, Modern slavery, NGOs, Refugees, Solidarity, The Search for Peace, Track II, United Nations, War Crimes, World Law on June 11, 2020 at 8:10 AM

Par Bernard J. Henry

 

Dans la Libye où rien ne semble pouvoir éteindre les braises de la guerre civile, l’appel à un cessez-le-feu et à la poursuite des négociations lancé le 6 juin par le Président égyptien Abdel Fattah al-Sissi en présence du Général Khalifa Haftar a vécu.

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Le Général Khalifa Haftar

Le 4, les troupes du Gouvernement d’accord national (GAN) du Premier Ministre Fayez al-Sarraj, reconnu par l’ONU, reprenaient la ville. Une défaite majeure pour Haftar, longtemps vu comme l’homme fort du pays mais dont les revirements sur les accords conclus et le refus d’en adopter de nouveaux ont mené à sa remise en question, y compris par l’Egypte et la Russie qui lui préféreraient, pour représenter la Cyrénaïque qui recouvre le tiers oriental de la Libye, Aguila Saleh, le Président du Parlement hostile au GAN.

Le 9, les chefs de la diplomatie français, italien et allemand, accompagnés du Haut Représentant de l’Union européenne, appelaient ensemble à reprendre les pourparlers et la recherche d’un cessez-le-feu, prenant en compte les discussions du Caire et demandant dans un communiqué conjoint «instamment, toutes les parties libyennes et internationales à faire cesser de manière effective et immédiate toutes les opérations militaires et à s’engager de façon constructive dans les négociations en format 5+5, sur la base du projet d’accord du 23 février».

Néanmoins, la course à l’influence menée par les diplomaties russe et turque menace d’emblée toute recherche de la paix sur ce seul fondement. Comment, dès lors, envisager une paix prochaine et durable dans la Libye qui, depuis 2011 et la fin du régime Kadhafi, n’a plus d’État que le nom ?

Un Etat qui n’a jamais su s’inventer

Avec le retournement de la situation militaire, les espoirs sont ouverts pour des négociations plus fructueuses et, plus encore, afin d’envisager des formes nouvelles et stables de gouvernement.

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Le Premier Ministre Fayez al-Sarraj

De longue date, l’Association of World Citizens (AWC) appelle à la création en Libye de structures gouvernementales nouvelles qui prennent en compte la nature géographique du pays, particulièrement en ce qui concerne la nature tribale de la population.

Après la fin de la colonisation italienne en 1952, la Libye fortement marquée par les combats de la Seconde Guerre Mondiale n’a jamais su se trouver en tant qu’entité étatique, ni la monarchie du roi Idriss Ier, ni la République arabe libyenne proclamée en 1969 par Mouammar Kadhafi et encore moins la Jamahiriya, néologisme signifiant «l’État des masses» et désignant une forme d’Etat minimaliste mise en place en 1977 n’étant parvenues à cimenter le pays.

Depuis la fin du régime Kadhafi en 2011, deux provinces de Libye démontrent cet échec par deux exemples extrêmes.

Un conte de deux Libye – sans grandes espérances

A la frontière sud derrière le Sahara, le Fezzan et ses oasis abritent plus de deux cent mille personnes. La terre de l’ordre soufiste du roi Idriss n’inquiétait guère Tripoli du temps de Kadhafi, qui n’y voyait guère un foyer de contestation. Mais après 2011, le Fezzan s’est trouvé livré au trafic de drogue, d’armes et même d’êtres humains. Il a fallu que ce soit l’ancienne puissance coloniale, l’Italie, qui attire l’attention sur l’anarchie gangrénant le Fezzan – et pour cause, nombre de migrants africains qui gagnent le pays passaient par cet enfer.

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Ibrahim Jadran

A l’est, le Cyrénaïque adossé à l’Egypte a vu se développer dans l’ère post-Kadhafi le règne d’un chef de milice, Ibrahim Jadran. Emprisonné en 2005 avec ses quatre frères pour avoir tenté de fomenter une rébellion armée contre le «guide de la révolution» Kadhafi, il sort avec eux de prison à la faveur de la révolution de 2011. Accédant l’année suivante à la hiérarchie des Gardes de Défense du Pétrole protégeant les infrastructures pétrolières du pays, il se prononce pour un fédéralisme aussi décentralisateur que possible en Libye. L’année suivante, il instaure le Bureau politique de Cyrénaïque et proclame l’autonomie de la province, défiant Tripoli et tentant sans succès de vendre à son seul profit du pétrole à l’étranger. En juin 2018, il fuit la débâcle de sa Force d’autodéfense de la Cyrénaïque, un temps forte de 17 500 hommes devant les troupes de Haftar. Le 12 septembre, le Conseil de Sécurité de l’ONU adopte des sanctions individuelles contre Jadran pour ses attaques armées contre les forces du général.

Si les deux provinces offrent ce que Charles Dickens, auteur d’Un conte de deux cités, aurait pu appeler un «conte de deux Libye», il n’existe dans l’une et l’autre aucune place pour Les grandes espérances, autre roman de Dickens, tant le chaos qui mène au banditisme généralisé et l’aventure personnelle d’un seigneur de la guerre se voulant magnat du pétrole sont deux exemples de ce que l’avenir de la Libye ne doit pas être.

La Libye comme l’Europe, «Unie dans la diversité»

L’histoire l’a quelque peu oublié, mais l’Etat libyen de 1952 se nommait le Royaume-Uni de Libye, à l’image de la Grande-Bretagne. Pour autant, tenter d’unir autour d’une figure monarchique un pays aux identités locales, voire «micro-locales» selon l’expression du chercheur français Patrick Haimzadeh, à ce point enracinées et prononcées relevait de l’utopie, sans une forme de gouvernement à l’image, par exemple, du Royaume-Uni contemporain avec un Parlement en Ecosse, une Assemblée du Pays de Galles et une autre en Irlande du Nord en plus du Gouvernement britannique à Londres.

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L’histoire n’était pas prête, sans doute. Elle ne le sera pas davantage si, au cas où le Brexit tournerait mal, les nations composant le Royaume-Uni venaient à se découvrir plus diverses qu’elles ne sont unies et l’une ou plusieurs d’entre elles plébiscitaient leur indépendance.

Aujourd’hui, le seul salut de la Libye réside dans une structure gouvernementale faisant d’elle un pays qui soit à l’image de la devise de l’Union européenne, «Unie dans la diversité». Désunis, les Britanniques ne se tueraient pas. Les Libyens, oui, depuis près de dix ans. Ce qui leur manque, ce n’est pas un homme pour les diriger. C’est de pouvoir se diriger eux-mêmes, être eux-mêmes et apprendre à se ressembler dans la différence.

Bernard J. Henry est Officier des Relations Extérieures de l’Association of World Citizens.

Au Nicaragua, l’Etat nie la COVID-19 et abandonne les soignants à leur sort

In Being a World Citizen, Current Events, Democracy, Human Rights, Latin America, NGOs, Nicaragua, Refugees, Social Rights, Solidarity, The Search for Peace, United Nations, World Law on June 2, 2020 at 8:03 PM

Par Bernard J. Henry

 

L’une des leçons majeures de la crise de la COVID-19 restera que, malgré ses errements dans les premiers temps de la pandémie, l’Organisation mondiale de la Santé (OMS) aura agi comme un révélateur de la mentalité des Etats envers cette menace planétaire sans précédent depuis la Seconde Guerre Mondiale. L’enseignement en est clair, autant qu’il est inquiétant : là où, partout dans le monde, le virus frappe sans faire de distinction, certains dirigeants nationaux le croient néanmoins perméable à leurs choix politiques.

Là où Emmanuel Macron, Président de la République française, déclarait à son peuple en instaurant le confinement «Nous sommes en guerre» et son Ministre des Solidarités et de la Santé Olivier Véran faisait sien le mot d’ordre de l’OMS, «Testez, testez, testez», le Premier Ministre britannique Boris Johnson risquait le pari de l’immunité collective, pari perdu qui faillit lui coûter sa propre vie.

Aux Etats-Unis, le Président Donald Trump refuse toute injonction internationale, étant allé jusqu’à interrompre le financement américain de l’OMS puis rompre toute relation avec elle. Au Brésil, le Président Jair Bolsonaro adopte une ligne semblable, rejetant gestes-barrière et distanciation physique. Dans les deux pays, ce sont les gouverneurs des Etats fédérés qui doivent agir, provoquant la colère de leurs chefs d’Etat respectifs qui mobilisent contre eux leurs partisans.

Et toujours sur le continent américain, un pays se distingue plus encore – le Nicaragua, où le pouvoir nie tout bonnement l’épidémie et invite, si ce n’est oblige, la population à enfreindre toutes les préconisations internationales.

Le Président du Nicaragua défend la COVID-19 comme un «signal de Dieu»

Daniel Ortega, l’ancien chef sandiniste du temps de la Guerre Froide, évincé du pouvoir aux urnes en 1990 puis qui y est revenu par la même voie en 2006 et s’y est fait réélire en 2011 avec, pour candidate à la Vice-présidence, nulle autre que son épouse Rosario Murillo, tenait déjà son pays d’une main de fer depuis le 18 avril 2018 et sa répression des protestations populaires contre un projet avorté de réforme des retraites et de la sécurité sociale défavorable aux plus précaires. Des professionnels de tous corps de métier, parmi lesquels un nombre important de soignants, avaient été licenciés. Des militants de l’opposition avaient été emprisonnés. Le Costa Rica voisin connaissait un afflux par dizaines de milliers de Nicaraguayens fuyant la dictature de fait surnommée «Orteguillo» en contraction des noms de Daniel Ortega et Rosario Murillo.

Dans de telles conditions, il n’aurait pas paru saugrenu de voir le pouvoir nicaraguayen prendre prétexte de la COVID-19 pour imposer des restrictions impitoyables, par exemple un confinement sur le modèle philippin avec menace de tirer à balles réelles sur les contrevenants. Contre toute attente, Managua a choisi l’extrême inverse, celui du déni total de la pandémie.

Capture d’écran France 2, 2018

Après avoir obligé la population à marcher en masse, dans la promiscuité, sous la bannière du Front Sandiniste de Libération Nationale (FSLN) au pouvoir pour célébrer «l’amour et la paix en temps de coronavirus», Ortega a disparu des écrans à partir du 12 mars, à tel point que d’aucuns le supposaient contaminé lui-même. Le 15 avril, il est réapparu sur les antennes de la télévision nicaraguayenne, qualifiant la COVID-19 de «signal de Dieu» et excluant toute mesure sanitaire nationale contre elle.

Le résultat en est dramatique. Au 23 mai, l’Observatoire citoyen du Nicaragua annonçait plus de 2 600 cas dans le pays, où s’enracine à présent la pratique des inhumations nocturnes des victimes de l’épidémie niée par le pouvoir. Le danger est devenu tel que les Etats voisins d’Amérique centrale, Guatemala, El Salvador et Costa Rica, craignent désormais de voir s’embraser toute la région par la faute de Managua.

Malgré tout, la population respecte les consignes internationales, la campagne «Quédate en casa», «Reste à la maison», lancée pour inciter au confinement, s’attirant les foudres d’un Ortega qui insiste pour ne rien faire. Quant au personnel médical, il est au mieux livré à lui-même et au pire réprimé.

Les soignants du Nicaragua livrés à eux-mêmes – et surtout au danger

Depuis avril 2018, au Nicaragua, les médecins sont des ennemis d’Etat. Ces médecins qui ont soigné les manifestants blessés dans la répression des mouvements populaires et qui l’ont payé en nombre de leur emploi. Face à la COVID-19, les derniers remparts d’une population poussée à l’infection par le régime sont devenus pour lui rien moins que des traîtres.

Fulgencio Baez, onco-hématologue hospitalier, confiait à l’association SOS Nicaragua France dans sa Newsletter de mai : «Nous savons que nous sommes dans la partie de la montée exponentielle de la contagion, avec la contagion communautaire. Il y a plusieurs morts, sans connaître le nombre exact. Ce que nous entendons quotidiennement et ce que nous voyons concernant les personnes décédées sont des foyers à Chinandega, Managua, Masaya et Matagalpa».

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Déjà faible auparavant, poursuivait le médecin, le système de santé nicaraguayen n’avait aucune chance contre la pandémie. Privés de tout appui gouvernemental, notamment de toute statistique puisque les quelques tests disponibles restent le monopole de l’Etat, les soignants sont débordés et bien sûr menacés eux-mêmes d’infection à tout moment.

L’ennemi devant eux avec la pandémie, mais aussi derrière eux en la personne de leur propre Président, les soignants du Nicaragua n’ont pas seulement la santé, et la vie, de leurs seuls compatriotes mais aussi des peuples de toute l’Amérique centrale.

Seul moyen de leur permettre de vaincre : les aider directement, en passant outre leur gouvernement. C’est ce qu’a entrepris SOS Nicaragua France, à travers une campagne de dons sur son espace HelloAsso.

L’Association of World Citizens défend l’action citoyenne en plus de celle de l’Etat, voire à la place et, s’il le faut, contre l’Etat. Ici, à la place suffit déjà bien, la société civile devant assumer seule et sans aide, envers son peuple et les pays voisins, la responsabilité que l’Etat ne reconnaît pas. Seule et sans aide, sauf si le peuple du monde vient à son secours.

Bernard J. Henry est Officier des Relations Extérieures de l’Association of World Citizens.

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Pour contribuer à la campagne de soutien,

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Education for Global Citizenship

In Being a World Citizen, Conflict Resolution, Human Development, Human Rights, Korean Peninsula, NGOs, Solidarity, Spirituality, The Search for Peace, Track II, United Nations, World Law on April 22, 2020 at 7:59 PM

By René Wadlow

The United Nations Educational, Scientific, and Cultural Organization (UNESCO) has taken a lead in Education for Global Citizenship, starting in 2013 with the UNESCO Forum of Global Citizenship Education. Global Citizenship refers to a sense of belonging to the broader community of humanity. Global Citizenship emphasizes political, economic, social, and cultural interconnectedness between the local, the national, and the global. Education for Global Citizenship aims to develop an education based on creative and critical thinking that enables all people to contribute actively to political and development processes in a complex global society.

While it is important that Global Citizenship Education be implemented in the school system at all levels, Global Citizenship must also be carried out by those who are not directly part of the school programs such as nongovernmental organizations (NGOs). Thus, the United Nations Department of Public Information’s yearly conference for NGOs in 2016 was devoted to Education for Global Citizenship. The conference was held in the city of Gyeongju which had been the first capital in 900 AD of a unified Korea. The conference was able to draw on a larger-than-usual Asian NGOs.

The Association of World Citizens (AWC) which supports fully the Global Citizenship Education process was able to play an active role and continues its efforts.

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Prof. René Wadlow, President of the Association of World Citizens, addressing the UN DPI/NGO conference in Gyeongju.

Education for Global Citizenship is an essential strategy to address global challenges as well as to promote gender equality, facilitate the eradication of poverty and hunger, build skills, eliminate corruption, and prevent violence. Education for Global Citizenship promotes truly sustainable production and consumption, mitigating climate change and its effects, protecting our waters and biodiversity.

The AWC stresses that Education for Global Citizenship needs to highlight the importance of the human spirit in educational philosophy and practice. World Citizens hold that there are inter-acting dimensions of existence from the physical to the mental and to the dimension of the spirit. Education should consider all these dimensions and not just the physical and mental which is today the focus of most education systems.

We are still at an early stage in the creation of an Education for Global Citizenship. (1)  Education for Global Citizenship is part of a long-term process to build the defenses of peace in the minds of women and men. The Constitution of UNESCO states “Since wars begin in the minds of men, it is in the minds of men that the defenses of peace must be constructed.”

Education for Global Citizenship often means changing deep-set attitudes and behavior. Yet there is much on which we can build. There is a rich body of knowledge and experience which helps students gain in self-confidence and harmony within themselves, harmony with Nature and harmony with their fellow humans.

Education for Global Citizenship requires a comprehensive system of education and training for all groups of people at all age levels, both formal and non-formal education. This is a process of awakening a sense of responsibility for the destiny of humanity as a whole.

The AWC stresses that our oneness with humanity and our acceptance of the whole planet as our home involves a process of change both in the attitudes of individuals and in the politics of States. Humanity is clearly moving towards participation in the emerging World Society. An awareness of the emerging World Society and preparation for full and active participation in this World Society is a necessary element of Education for Global Citizenship at all levels from primary schools though university and adult education.

The AWC highlights that a World Citizen is one:

– Aware of the wider world and has a sense of his role as a world citizen;

– Respects and values diversity;

– Has an understanding of how the world works economically, politically, socially, and culturally, and is willing to act to make the world a more equitable and sustainable place;

– Participates in and contributes to the community at a range of levels from the local to the global.

Note

(1) See Luis Cabrera. The Practice of Global Citizenship (Cambridge University Press, 2016)

Prof. René Wadlow is President of the Association of World Citizens.

A Day of Mother Earth: Living in Harmony with Nature

In Being a World Citizen, Environmental protection, Human Development, Human Rights, NGOs, Social Rights, Solidarity, Spirituality, The Search for Peace, Track II, United Nations, World Law on April 22, 2020 at 7:45 PM

By René Wadlow

 

International Mother Earth Day on April 22 each year was established by the United Nations (UN) General Assembly in 2009. Its aim is to promote living in harmony with Nature and to achieve a just balance among the economic, social, and environmental needs of present and future generations. The concept of living in harmony with Nature was seen by the UN delegates as a way “to improve the ethical basis of the relationship between humankind and our planet.”

The term “Mother Earth” is an expression used in different cultures to symbolize the inseparable bonds between humans and Nature. Pachamama is the term used in the Andean cultures of South America. The Earth and the ecosystem are our home. We need to care for them as a mother is supposed to care for her children and the children to show love and gratitude in return. However, we know from all the folk tales of the evil stepmother as well as the records of psychoanalytic sessions that mother-children relations are not always relations of love, care, and gratitude. Thus, to really live in harmony with Nature requires deep shifts in values and attitudes, not just “sustainable development” projects.

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The UN began its focus on ecological issues with the preparations for the 1972 Conference in Stockholm and has continued with the 1992 Rio Declaration followed by the Rio plus 20 conference 20 years later. However, the concept of living in harmony with Nature is relatively new as a UN political concept. Yet it is likely to be increasingly a theme for both governmental policy making and individual action.

Rodney Collin wrote in a letter “It is extraordinary how the key-word of harmony occurs everywhere now, comes intuitively to everyone’s lips when they wish to express what they hope for. But I feel that we have hardly yet begun to study its real meaning. Harmony is not an emotion, an effect. It is a whole elaborate science, which for some reason has only been fully developed in the realm of sound. Science, psychology and even religion are barely touching it as yet.” (1)

Resolutions in the UN General Assembly can give a sense of direction. They indicate that certain ideas and concepts are ready to be discussed at the level of governments. However, a resolution is not yet a program of action or even a detailed framework for discussion. “Living in harmony with Nature” is at that stage on the world agenda. Since the start of the yearly observation of Mother Earth Day in 2010, there have been useful projects proposed around a yearly theme. The 2018 theme is to reduce pollution from plastics. The exponential growth of plastics is now a real threat by injuring marine life, littering beaches and landfills and clogging waste systems. There is a need to reduce the single use of plastic objects by reusing and recycling plastic objects.

However, reducing pollution from plastic objects, while useful, is not yet living in harmony with Nature. There are still efforts to be made to spell out the ethical base and the necessary shifts in attitudes and actions.

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Notes

(1) His letters have been assembled after his death by his wife into a book:

Rodney Collin, The Theory of Conscious Harmony (Boulder, CO: Shambhala, 1958)

 

Prof. René Wadlow is President of the Association of World Citizens.

Condamnée pour avoir défendu ses clients : Maître Najet Laabidi, la valeur d’un symbole

In Being a World Citizen, Current Events, Democracy, Human Rights, Middle East & North Africa, NGOs, Solidarity, World Law on March 30, 2020 at 7:05 AM

Par Bernard J. Henry

Il est des années qui marquent l’histoire d’un pays, mais aussi celle d’une association. L’année 1961 est, pour l’Allemagne, celle de la construction du Mur de Berlin, qui allait devenir le symbole le plus douloureux de la Guerre Froide, de même qu’elle est l’année de la création, au Royaume-Uni, d’Amnesty International. Cinquante ans plus tard, pour la Tunisie, 2011 est l’année d’une révolution victorieuse du peuple contre la dictature, la première de son genre dans le monde arabe. Pour l’Association of World Citizens (AWC), c’est l’année de la disparition de son Président-fondateur, Douglas Mattern, emporté par un cancer dans la banlieue de San Francisco.

Mais c’est aussi l’année où nous avons commencé à suivre un cas individuel sur lequel, au début de la décennie nouvelle et au milieu de la tragédie mondiale sur laquelle elle s’ouvre, nous travaillons toujours. L’un des volets de ce cas vient de connaître son dénouement en justice, un dénouement qui, pour n’être pas des plus sévères, ne peut pourtant nous satisfaire. Car lui aussi est porteur d’un symbole, lourd, trop lourd et menaçant.

Civile jugée par des militaires, avocate punie pour avoir défendu

Ce cas, c’est celui de Najet Laabidi, avocate, Défenseure des Droits Humains (DDH). Comme nous l’écrivions le 27 mai 2017 dans notre article «Najet Laabidi, avocate engagée pour l’Etat de droit en Tunisie» :

«Le 8 novembre 2011, choisie et contactée pour représenter des victimes de mauvais traitements dans l’affaire Barakat Essahel, l’avocate subit un déluge d’insultes et de menaces de la part de proches d’anciens officiels de l’Etat poursuivis en justice pour avoir torturé des prisonniers politiques sous Ben Ali. D’abord par téléphone avant le procès, puis le jour venu, en pleine salle d’audience.

La police militaire évacue les auteurs des injures et menaces, mais ne lève pas le petit doigt pour protéger l’avocate. Il lui est ordonné de ne pas quitter le prétoire jusqu’à ce que tout le monde soit sorti. Elle décline une proposition de la raccompagner en voiture. Le ton est donné de ce que seront les années qui suivent pour Najet Laabidi.

Quatre ans plus tard, deuxième round. Le 26 novembre 2015, elle plaide lors d’une audience d’opposition contre Ezzedine Jenayeh, ancien Directeur de la Sûreté nationale sous Ben Ali, condamné par contumace pour délit de violences dans l’affaire Baraket Essahel et qui conteste le jugement. D’entrée, la procédure consacre l’arbitraire.

[…]

[Devant le Tribunal militaire, Najet Laabidi avait accusé Leila Hammami, juge du Tribunal militaire de Première instance,] de partialité, les propos de Najet Laabidi ayant été filmés puis diffusés sur les réseaux sociaux. «Dans ma vidéo,» rappelle l’avocate, «j’ai évoqué les circonstances de l’impunité, j’ai souligné que le Tribunal militaire ne pouvait pas consacrer les principes d’un procès équitable car, dans ce corps d’Etat, il y a toujours la corruption». Nouvelle plainte de Leila Hammami le 21 décembre 2015, la magistrate versant au dossier un CD de l’enregistrement de Najet Laabidi lui disant ses quatre vérités.

Il n’en faut pas plus au Procureur général près la Cour d’appel de Tunis pour lancer des poursuites sur le fondement de l’Article 128 du Code pénal pour «outrage à un fonctionnaire public». Convoquée le 1er février 2016 devant le juge d’instruction du Tribunal de première instance de Tunis, Najet Laabidi refuse de comparaître. Le 12 octobre 2016, elle est condamnée par contumace à un an d’emprisonnement.

Informée de sa condamnation seulement le 24 avril dernier, l’avocate y fait opposition. A l’issue de son audience le 10 mai dernier, Najet Laabidi est condamnée à six mois de prison, décision dont elle interjette immédiatement appel. Mais qui n’aurait jamais dû intervenir en premier lieu, puisque ce qu’on lui reproche, outre peut-être son appartenance à un parti politique d’opposition, c’est d’avoir agi comme ce qu’elle est – une avocate.»

Qu’importe que tant la Constitution tunisienne que le droit international des Droits Humains interdisent la comparution de civils devant les juridictions militaires, dont les justiciables sont par définition les seuls membres des forces armées. Najet Laabidi comparaît le 27 juin 2019 devant le Tribunal militaire de Première instance de Tunis. A l’issue d’une délibération aux allures d’interminable, le 12 mars 2020, l’avocate est reconnue coupable et condamnée à une amende symbolique de huit dinars tunisiens, soit 2,50 € ou $2,79.

L’ONG FrontLine Defenders annonce la condamnation de Maître Najet Laabidi

Mieux vaut une amende symbolique qu’une peine d’emprisonnement ferme, certes, comme celle qui lui aurait été à coup sûr infligée pour les mêmes faits sous Ben Ali. Mais cela reste trop, car justement, c’est un symbole.

Une Défenseure des Droits Humains humiliée

Ce n’est un secret pour personne, le droit tunisien est un héritier direct du droit français, qui l’a construit pendant la période de protectorat de la France en Tunisie de 1881 à 1956. A cette exception près que la justice tunisienne ne dispose pas d’un instrument historique et juridique majeur comme la Déclaration des Droits de l’Homme et du Citoyen proclamée en France en 1789, aujourd’hui partie intégrante de la Constitution de la République française. Les formes y sont, mais jusqu’en cette année 2011, le fond, les justiciables tunisiens avaient pris l’habitude de s’en passer. Sauf peut-être les opposants et DDH qui garnissaient régulièrement les cellules du régime. Et ce droit français recèle un intriguant symbole.

Que ce soit au civil ou en tant que partie civile dans un procès pénal ou criminel, il est possible de demander à son adversaire, qui sera au pénal le prévenu et l’accusé en cour d’assises, un «euro symbolique» de dommages et intérêts, descendant logique du «franc symbolique» qui servait la même fonction. Lorsqu’il ne s’agit pas de balayer les accusations du public d’opportunisme financier, surtout si l’adversaire est notoirement aisé, l’euro symbolique est une solution commode pour faire reconnaître du juge son préjudice d’estime sans avoir à demander une somme conséquente qui ne serait jamais accordée, tant il serait impossible de prouver un préjudice moral ou financier conséquent. Pour autant, l’euro symbolique n’en peut pas moins servir d’outil de vexation envers la partie condamnée, qui se voit ainsi refuser toute idée de puissance et réduire au dénuement moral.

Condamner Najet Laabidi à huit dinars symboliques, comme elle aurait pu l’être à un «dinar symbolique», c’est envers elle une double insulte. D’abord parce qu’elle n’a commis aucun acte qui eût pu lui valoir une comparution en justice, ayant rempli ses charges d’avocate et aucun Etat se voulant un Etat de droit ne peut judiciariser quiconque pour cela ; voilà qui, à bon droit, interroge sur l’Article 128 du Code pénal tunisien et son intitulé périlleusement vague d’ «outrage à un fonctionnaire public». Ensuite, parce que c’est sa qualité de DDH elle-même qui s’en trouve niée, ses juges lui accordant la faveur d’une peine clémente alors que la moindre conscience juridique aurait dû les amener à une seule et unique conclusion, celle de l’iniquité de toute peine même symbolique envers elle, professionnelle du droit œuvrant pour la défense des valeurs mêmes qui avaient fait descendre les Tunisiens dans la rue et, in fine, amené la chute du régime Ben Ali puis l’avènement du système actuel, ce système dont ces mêmes juges font partie.

En ce sens-là, oui, l’amende infligée à Najet Laabidi a la valeur d’un symbole. Le symbole d’une Tunisie qui, depuis 2011, avance vers l’Etat de droit mais bien souvent trébuche. Dans notre article du 18 mars 2018 intitulé «Maître Najet Laabidi de nouveau visée par les autorités tunisiennes», nous notions encore :

«Si l’on juge un pays sur la manière dont il traite les personnes handicapées, alors la Tunisie a besoin d’un bon avocat. Et si l’on juge un pays au respect que les pouvoirs publics accordent aux avocats, alors la terre du Jasmin semble en chute libre vers l’indéfendable».

Autant dire que Najet Laabidi a elle aussi, plus encore, la valeur d’un symbole. Le symbole des DDH de tous parcours de vie et milieux professionnels, même si les praticiens du droit sont par définition mieux armés pour défendre, qui permettent tant soit peu à cette Tunisie en chute libre de se raccrocher aux branches. La valeur d’un symbole à défendre, car de là dépend la réalité de demain de l’Etat de droit en Tunisie. Et partout ailleurs, parce qu’un symbole de liberté n’a pas de frontières.

Bernard J. Henry est Officier des Relations Extérieures de l’Association of World Citizens.

Libya: The Fairy Godmothers Hoping to Bless a New State Structure Meet in Berlin

In Being a World Citizen, Conflict Resolution, Current Events, Humanitarian Law, International Justice, Libya, Middle East & North Africa, NGOs, Refugees, Solidarity, The Search for Peace, Track II, United Nations, World Law on January 22, 2020 at 9:16 PM

By René Wadlow

The Fairy Godmothers of world politics met in Berlin on January 19, 2020 to assist at the birth of a State structure arising from the currently deeply divided factions of Libya: German Chancellor Angela Merkel and United Nations (UN) Secretary-General Antonio Guterres were the co-hosts with the Turkish Recep Tayyip Erdogan, Russia’s Vladimir Putin, France’s Emmanuel Macron, the United Kingdom’s Boris Johnson, the USA’s Mike Pompeo as well as the less easily recognized officials – the Prime Minister of Italy, Giuseppe Conte, and the representatives of China, Egypt, Algeria, and the United Arab Emirates. There were also representatives of the major intergovernmental organizations involved in Libya: the UN, the European Union, the African Union and the League of Arab States.

The Final Document of the Berlin Conference is an effort to please all participants, but, in fact, on the crucial issue of the creation of a functioning administration for Libya, there was only a broad vision of a desirable future: a single, unified, inclusive, and effective Libyan government that is transparent, accountable, fair with equitable distribution of public wealth and resources between different Libyan geographic areas, including through decentralization and support for municipalities, thereby removing a central grievance and cause of recrimination.

The creation of such State structures has been the chief issue since 1945 when the Allies – Britain, the USA and the USSR – agreed that the Italian colonies should not be returned to Italy, although Italian settlers were encouraged to stay. The Allies did not want to create the structures of the new State believing that this task should be done by the Libyans themselves. Also, the three Allies disagreed among themselves as to the nature of the future State.

King Idris I of Libya

By 1950-1951 with more crucial geopolitical issues elsewhere, the Allies were ready for the creation of a Libyan State. It seemed that a monarchy was the most appropriate form of government as there were no structured political parties that could have created a parliamentary government. Thus in 1951, Idris was made the King of the State. Idris was the head of the Senussi Sufi Order created by his father. The Senussi Sufi Order had branches in most parts of the country. Idriss ruled the country as if it were a Sufi order and did little to structure non-religious political structures. Idris ruled until September 1969 when he was overthrown by Muammar Qaddafi.

Qaddafi was also not interested in creating permanent political parties which, he feared, might be used against him. He called himself “the Guide of the Revolution” not “President” and Libya became the Libyan Jamahiriya, that is, the authority of the people. The closest model to Qaddafi’s vision is a Quaker Meeting, where decisions are taken by consensus and compromise at the local level. These decisions are then sent as recommendations to the next higher level where by consensus and compromise again a decision is taken. Ultimately, these decisions reach to the top of Libya, and the “Guide” sees how they can be carried out.

Muammar Qaddafi

The problem with the governance of Libya was that not everyone was a member of a Sufi order where the search for enlightenment in a spirit of love was the way decisions were to be made. Moreover, there were hardly any Libyan Quakers, and compromise was not the chief model for the tribal and clanic networks which was how the country was structured under Qaddafi.

Since the overthrow and death of Qaddafi in 2011, there has been no agreement on how the country should be structured. The model which is most likely to be followed is that of General Khalifa Haftar, who now likes to be addressed as “Field Marshal”. The model is a military-based dictatorship with a small number of civilians as “window dressing”. The model is well represented through the world although not always held up as a model form of government. Haftar holds a good bit of the Libyan territory, although his hope of a quick victory over the “national unity” government in the capitol Tripoli has not been successful for the moment.

Faiez Sarraj

The National Unity Government of Faiez Sarraj is a civilian-led government but heavily dependent for its survival on tribal militias. The model for the government is that of Recep Tayyip Erdogan of Turkey with a certain ideological coloring from the Islamic Brotherhood, originally from Egypt but whose ideology has spread. What type of structures can be created between these two major models is not known. I would expect to see a Khalifa Haftar-led government with a few civilians brought in from the National Unity Government.

General Khalifa Haftar

The only geographic area outside of the current Tripoli-centered conflict between Faiez Sarraj and Khalifa Haftar is the area known as the Fezzan – the southwestern part of the country on the edge of the Sahara. The area was associated with the rest of the country during the period of King Idriss as there were a number of branches of his Sufi order in the oases where most of the 200,000 people in the area live, mostly date palm farmers. Gaddafi largely left the area alone as there was little possibility of developing organized opposition. However, today, the governmental neglect has opened the door to wide-spread smuggling of people, weapons and drugs. The Italian government in particular has drawn international attention to the lack of administration in the Fezzan as many of the African migrants who end up in Italy have passed through the Fezzan on their way to Europe.

The creation of highly decentralized governmental structures in Libya will not be easy. Nevertheless, such decentralized administration is key to the future, and a challenge to all of us who want to see a peaceful and relatively just Libya.

Prof. René Wadlow is President of the Association of World Citizens.

Migration and Awareness of Trafficking in Persons

In Africa, Asia, Being a World Citizen, Conflict Resolution, Current Events, Environmental protection, Europe, Fighting Racism, Human Rights, Middle East & North Africa, Migration, NGOs, Refugees, Solidarity, The Search for Peace, Track II, United Nations, World Law on October 28, 2019 at 12:40 PM

By René Wadlow

On October 23, 2019, 39 people, 8 women and 31 men, were found dead in a refrigerated trailer truck coming from Belgium in the last leg of its journey. The truck was at a parking lot in Essex, near London, England. The identity of the persons is still in the process of being investigated. They may be Vietnamese having traveled through China, or Chinese. The victims draw sad attention to the process of trafficking in persons.

The United Nations (UN) Global Compact for Safe, Orderly and Regular Migration has drawn attention to the positive aspects of migration. However, there are also negative aspects so that we are also concerned with migration that is not safe such as trafficking in persons. A UN report presented to the Commission on the Status of Women highlighted that human trafficking is one of the fastest growing criminal industries and one of the biggest human rights crises today. The vast majority of victims trafficked are for sexual exploitation, while others are exploited for forced labor and forced marriage.

One aspect of migration issues is the issue of the trans-frontier trafficking in persons. Awareness has been growing, but effective remedies are slow and uncoordinated. Effective remedies are often not accessible to victims of trafficking owing to gaps between setting international standards, enacting national laws and then implementation in a humane way.

The international standards have been set out in the United Nations Convention against Transnational Organized Crime and its Protocol to Prevent, Suppress and Punish Trafficking in Persons, Especially Women and Children. The Convention and the Protocol standards are strengthened by the International Convention on the Protection of the Rights of All Migrant Workers and Members of their Families. The worldwide standards have been reaffirmed by regional legal frameworks such as the Council of Europe Convention on Action against Trafficking in Human Beings.

Despite clear international and regional standards, there is poor implementation, limited government resources and infrastructure dedicated to the issue, a tendency to criminalize victims and restrictive immigration policies in many countries.

Trafficking in persons is often linked to networks trafficking in drugs and arms. Some gangs are involved in all three; in other cases agreements are made to specialize and not expand into the specialty of other criminal networks.

Basically, there are three sources of trafficking in persons. The first are refugees from armed conflicts. Refugees are covered by the Refugee Conventions supervised by the UN High Commissioner for Refugees (UNHCR) in the country of first asylum. Thus, Syrian refugees are protected and helped by the UNHCR in Lebanon, but not if they leave Lebanon. As 25% of the population of Lebanon are now refugees from the conflicts in Syria, the Lebanese government is increasingly placing restrictions on Syrian’s possibility to work in Lebanon, to receive schooling, medical services, proper housing etc. As a result, many Syrians try to leave Lebanon or Turkey to find a better life in Western Europe. Refugees from Iraq, Afghanistan, Sudan follow the same pattern.

The second category are people leaving their country for economic reasons − sometimes called “economic refugees.” Migration for better jobs and a higher standard of living has a long history. Poverty, ethnic and racial discrimination, and gender-based discrimination are all factors in people seeking to change countries. With ever-tighter immigration policies in many countries and with a popular “backlash” against migrants in some countries, would-be migrants turn to “passers” − individuals or groups that try to take migrants into a country, avoiding legal controls.

A third category − or a subcategory of economic migration − is the sex trade, usually of women but also children. As a Human Rights Watch study of the Japanese “sex-entertainment” businesses notes “There are an estimated 150,000 non-Japanese women employed in the Japanese sex industry, primarily from other Asian countries such as Thailand and the Philippines. These women are typically employed in the lower rungs of the industry either in ‘dating’ snack bars or in low-end brothels, in which customers pay for short periods of eight or fifteen minutes. Abuses are common as job brokers and employers take advantage of foreign women’s vulnerability as undocumented migrants: they cannot seek recourse from the police or other law enforcement authorities without risking deportation and potential prosecution, and they are isolated by language barriers, a lack of community, and a lack of familiarity with their surroundings.” We find similar patterns in many countries.

The scourge of trafficking in persons will continue to grow unless strong counter measures are taken. Basically, police and governments worldwide do not place a high priority on the fight against trafficking unless illegal migration becomes a media issue. Therefore, real progress needs to be made through nongovernmental organizations (NGOs), such as the Association of World Citizens, which has raised the issue in the UN Human Rights bodies in Geneva. There are four aspects to this anti-trafficking effort. The first is to help build political will by giving accurate information to political leaders and the press. The other three aspects depend on the efforts of the NGOs themselves. Such efforts call for increased cooperation among NGOs and capacity building.

The second aspect is research into the areas from which children and women are trafficked. These are usually the poorest parts of the country and among marginalized populations. Socioeconomic and educational development projects must be directed to these areas so that there are realistic avenues for advancement.

The third aspect is the development of housing and of women’s shelters to ensure that persons who have been able to leave exploitive situations have temporary housing and other necessary services.

The fourth aspect is psychological healing. Very often women and children who have been trafficked into the sex trades have a disrupted or violent family and have a poor idea of their self-worth. This is also often true of refugees from armed conflict. Thus, it is important to create opportunities for individual and group healing, to give a spiritual dimension to the person through teaching meditation and yoga. There are needs for creating adult education facilities so that people may continue a broken education cycle.

There are NGOs who are already working along these lines. Their efforts need to be encouraged and expanded.

Prof. René Wadlow is President of the Association of World Citizens.

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