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Archive for the ‘Europe’ Category

PRESS RELEASE – 20200914/Migrants and Refugees/Human Rights

In Africa, Being a World Citizen, Conflict Resolution, Current Events, Democracy, Europe, Human Rights, Middle East & North Africa, Migration, NGOs, Press release, Refugees, Solidarity, Syria, The Search for Peace, Track II, United Nations, World Law on September 14, 2020 at 7:49 AM

Press Release

September 14, 2020

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THE ASSOCIATION OF WORLD CITIZENS PROPOSES

INCREASED GOVERNMENTAL AND NONGOVERNMENTAL ACTION

FOR AN ENLIGHTENED POLICY

TOWARD MIGRANTS AND REFUGEES

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Recent events have highlighted the need for a dynamic and enlightened policy toward migrants and refugees. The refugee camp in Moria, on Lesbos Island, Greece, which burned to the ground on September 9, 2020, hosted over 13,000 refugees and migrants, most from Afghanistan with others from Pakistan, Iraq, Syria and an increasing number from West Africa. Among them were thousands of defenseless women and children, victims of war, violence and later from xenophobia, islamophobia and racism. Prior to the fire, the refugees were already living in poor conditions, in small tents on wet ground without clean drinking water or medical care.

Since the fire, most of the refugees in Moria, including newborn babies, have been sleeping in the streets while xenophobic locals harass them and armed policemen, known for their far-right sympathies, threaten them.

A second drama of refugees and migrants is being acted out in the French Department of Pas-de-Calais, as refugees try to reach England before December 31, 2020, when the United Kingdom leaves the European Union, thus ending the existing accords on refugees and migrants. Many have paid large sums of money for the possibility to reach England, often in unsafe makeshift boats.

The Association of World Citizens, along with other humanitarian organizations, has worked actively for world law concerning migrants and refugees – policies which need to be strengthened and, above all, applied respecting the dignity of each person: https://awcungeneva.com/2020/06/20/world-refugee-day/

PRESS RELEASE – 20200911/Belarus/Democracy/Human Rights

In Being a World Citizen, Current Events, Democracy, Europe, Human Rights, NGOs, Solidarity, The former Soviet Union on September 11, 2020 at 11:42 AM

Press Release


Paris, September 11, 2020

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LATEST PRESIDENTIAL ELECTION IN BELARUS:

WHEN OPPOSITION ACTIVISTS RUN FOR THEIR LIVES OR “DISAPPEAR”,

DEMOCRACY CAN NEVER BE WELL SERVED

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The Association of World Citizens (AWC) has expressed deep concern over the crackdown on leaders of the opposition to the July 9, 2020 election of President Alexander Lukashenko of Belarus. Many consider the election to have been marked by serious irregularities and false counting of votes.


Members of the nonviolent opposition coordinating council have been forced into exile such as the opposition’s presidential candidate, Svetlana Tikhanovskaya, to Lithuania. Others, such as Maria Kalesnikova, were taken by masked security agents to the frontier with Ukraine.


Ms. Kalesnikova ripped her passport so that she could not enter Ukraine and be exiled. Other members of the opposition have “disappeared”, no doubt held by security forces in undisclosed locations. The AWC has specifically highlighted the abuses of such “disappearances” and the need for continuing efforts against such abuses: https://awcungeneva.com/2020/08/30/enforced-disappearances-ngo-efforts-to-continue/.

Violences contre les femmes : Qui a peur de la Convention d’Istanbul ?

In Being a World Citizen, Current Events, Democracy, Europe, Human Rights, Social Rights, Solidarity, The former Soviet Union, United Nations, Women's Rights, World Law on September 8, 2020 at 11:22 AM

Par Bernard J. Henry

« You can kill the dreamer, but you cannot kill the dream », « Vous pouvez tuer le rêveur, mais vous ne pouvez pas tuer le rêve ». Le plus célèbre « rêveur » de l’histoire, Martin Luther King, Jr., qui avait dit à la foule rassemblée devant le Lincoln Memorial de Washington, le 28 août 1963, « I have a dream », « J’ai un rêve », se savait menacé. Il se disait ainsi conscient que d’aucuns saisiraient la première occasion pour l’assassiner, ce qu’ils ont fait le 4 avril 1968 à Memphis. Jamais le « rêve » ne s’est éteint, et l’année 2020 aux Etats-Unis a montré que plus il manquait à se concrétiser, plus il se transformait en cauchemar.

Lorsqu’une personne incarne à ce point sa cause, est-il toujours permis de penser que, pour peu que cette personne disparaisse, la cause lui survivra toujours ? La question se pose désormais en France, depuis le décès le 28 août dernier de Gisèle Halimi, légendaire avocate devenue femme politique puis diplomate et, depuis le Procès de Bobigny qui la fit connaître en 1973, défenseure emblématique de La cause des femmes.

S’il n’a jamais été aussi vigoureux, depuis l’affaire Harvey Weinstein ainsi que l’apparition des hashtags #BalanceTonPorc et #MeToo, le féminisme ne fait pourtant toujours pas l’unanimité. En Europe, certains chefs d’Etat semblent même tant le craindre qu’ils sont prêts à amputer la loi nationale d’un instrument majeur contre les violences liées au genre, au premier rang desquelles les violences conjugales. Quels sont ces dirigeants européens qui rêvent d’un retour en arrière et que cherchent-ils ainsi ? Pourquoi vouloir éloigner encore davantage le « rêve » de Gisèle Halimi de la réalité ?

La Convention d’Istanbul, instrument juridique et engagement politique

A quoi, d’abord, ressemblerait cette amputation ? Quel est cet instrument qui leur fait si peur ? Il s’agit d’un traité, plus précisément d’une convention du Conseil de l’Europe, et comme bien des conventions, celle-ci porte un nom barbare pour les non-juristes, alors le grand public préfère la désigner selon la ville où elle a été adoptée. La Convention du Conseil de l’Europe sur la prévention et la lutte contre la violence à l’égard des femmes et la violence domestique, adoptée le 11 mai 2011 à Istanbul (Turquie), est communément appelée la Convention d’Istanbul.

Entrée en vigueur le 1er mai 2014, elle compte à ce jour trente-quatre Etats Parties et, en tout, quarante-six signataires dont l’un n’est pas un Etat, puisqu’il s’agit de l’Union européenne en tant qu’institution supranationale. Instrument de son temps, la Convention fait référence, outre son illustre aînée la Convention européenne de Sauvegarde des Droits de l’Homme et des Libertés fondamentales, tout à la fois aux classiques du genre, tels que le Pactes internationaux relatifs aux droits civils et politiques ainsi qu’aux droits économiques, sociaux et culturels, bien sûr la Convention des Nations Unies sur l’élimination de toutes les formes de discrimination à l’égard des femmes, la fameuse CEDAW, et la Convention des Nations Unies relative aux droits de l’enfant, mais aussi des textes d’adoption plus contemporaine comme la Convention des Nations Unies relative aux droits des personnes handicapées, datant de 2006, et le Statut de Rome de la Cour pénale internationale.

La Convention justifie son existence non pas seulement en droit, mais aussi en fait, invoquant le « volume croissant de la jurisprudence de la Cour européenne des droits de l’homme qui établit des normes importantes en matière de violence à l’égard des femmes », et affirmant reconnaître que « la réalisation de jure et de facto de l’égalité entre les femmes et les hommes est un élément clé dans la prévention de la violence à l’égard des femmes ». La richesse et la pertinence particulière de la Convention proviennent pourtant de ce qu’elle puise sa force dans la sociologie même, son Préambule reprenant plusieurs réalités de première importance, tant historiques que contemporaines, telles que :

« la violence à l’égard des femmes est une manifestation des rapports de force historiquement inégaux entre les femmes et les hommes ayant conduit à la domination et à la discrimination des femmes par les hommes, privant ainsi les femmes de leur pleine émancipation »,

« la nature structurelle de la violence à l’égard des femmes est fondée sur le genre, et que la violence à l’égard des femmes est un des mécanismes sociaux cruciaux par lesquels les femmes sont maintenues dans une position de subordination par rapport aux hommes »,

« les femmes et les filles sont souvent exposées à des formes graves de violence telles que la violence domestique, le harcèlement sexuel, le viol, le mariage forcé, les crimes commis au nom du prétendu ‘honneur’ et les mutilations génitales, lesquelles constituent une violation grave des droits humains des femmes et des filles et un obstacle majeur à la réalisation de l’égalité entre les femmes et les hommes »,

« les violations constantes des droits de l’homme en situation de conflits armés affectant la population civile, et en particulier les femmes, sous la forme de viols et de violences sexuelles généralisés ou systématiques et la potentialité d’une augmentation de la violence fondée sur le genre aussi bien pendant qu’après les conflits »,

« les femmes et les filles sont exposées à un risque plus élevé de violence fondée sur le genre que ne le sont les hommes »,

« la violence domestique affecte les femmes de manière disproportionnée et que les hommes peuvent également être victimes de violence domestique »,

« les enfants sont des victimes de la violence domestique, y compris en tant que témoins de violence au sein de la famille ».

La Convention n’est donc pas un traité de plus, venant s’ajouter à une liste déjà longue lisible des seuls juristes. Elle est un authentique engagement, non pas seulement judiciaire mais aussi politique, du Conseil de l’Europe contre la violence envers les femmes sous les multiples formes qu’elle peut revêtir.

Pour un Etat Partie, s’en retirer ne peut qu’être lourd de sens et tout autant de conséquences. Alors, qui parmi les chefs d’Etat européens peut vouloir en prendre le risque, et quelle peut être la justification d’un acte, même s’il reste hypothétique, aussi indéfendable ?

Pologne et Turquie, même combat – contre les femmes

Les deux pays concernés n’ont en commun ni géographie, ni langue, ni culture, ni religion. Mais aujourd’hui, une tentative identique de leurs dirigeants de déposséder leurs citoyennes de la protection européenne de leurs droits les unit pour le pire.

Le premier coup contre la Convention est venu du nord de l’Europe, d’un pays slave, majoritairement catholique et qui fut pendant la Guerre Froide une dictature communiste du Pacte de Varsovie. Varsovie, qui est aussi la capitale de ce pays puisqu’il s’agit de la Pologne.

Le 26 juillet, le Conseil de l’Europe s’alarmait publiquement de l’annonce du gouvernement du Président Andrzej Duda de son intention de dénoncer la Convention. Marija Pejčinović Burić, la Secrétaire générale du Conseil de l’Europe, déclarait par écrit : « Il serait fort regrettable que la Pologne quitte la Convention d’Istanbul, et ce retrait marquerait un grave recul dans la protection des femmes contre la violence en Europe ».

Zbigniew Ziobro

Devant le tollé, le parti Droit et Justice (PiS) au pouvoir ne tardait pas à se distancier du Ministre de la Justice Zbigniew Ziobro, auteur de l’annonce et représentant d’un parti de droite minoritaire de la coalition gouvernementale. Mais sans désavouer sur le fond le ministre et sans affirmer de soutien à la Convention, précisément jugée trop laxiste par le Gouvernement polonais.

En août, c’était le tour du premier pays à avoir signé et ratifié la Convention de parler à présent de la révoquer, le pays même où a vu le jour la Convention d’Istanbul, donc la Turquie. De nombreux analystes y voyaient un coup de barre à droite de la majorité gouvernementale islamo-conservatrice du Parti de la Justice et du Développement (AKP). Reçep Tayyip Erdogan, Président turc et, à l’époque de l’adoption de la Convention, Premier Ministre, déclarait néanmoins quant à lui qu’« un accord, une réglementation ou une idéologie qui sape les fondations de la famille n’est pas légitime ».

Seul le Parlement, en vacances jusqu’au 1er octobre, pourra décider du retrait ou non la Convention. Et le décès d’une grève de la faim, le 27 août, de l’avocate Ebru Timtik augure mal de la volonté des dirigeants turcs de sauver leurs administrées de violences qu’elles n’ont pas à subir.

Ebru Timtik

Que les partis conservateurs religieux, quelle que soit la religion qu’ils invoquent, n’aient jamais été les plus grands défenseurs des droits des femmes, ce n’est pas nouveau et encore moins secret. De tels partis savent pourtant, du moins devraient savoir, que risquer de perdre le vote des femmes n’est pas et ne sera jamais une stratégie politique sensée, mais bel et bien suicidaire. De là à en déduire que les femmes ne seraient pas la cible, du moins ultime, de ces menaces de départ de la Convention d’Istanbul, il n’y a qu’un pas. Et le franchir mène à une destination inattendue.

Le sexisme en cheval de Troie de la LGBTphobie

Derrière les attaques contre les femmes, dans les deux pays, la véritable cible, c’est la féminité. Non pas la vraie, mais une féminité fantasmée, crainte, maudite, celle qu’incarne aux yeux des conservateurs polonais comme turcs l’homosexualité, et au-delà, toute personne LGBT.

Car forcément, pour un conservateur, l’homosexualité est plus grave encore si elle est masculine puisque, dans son idée, elle féminise l’homme qui s’en réclame, et dès lors, foin du modèle viril patriarcal qu’exalte le conservatisme, cette abhorrée « féminité masculine » corrompt la famille et ronge toute la société.

Un certain nombre de villes de Pologne n’ont rien trouvé de plus intelligent que de se déclarer “LGBT-free”, “Libérées de l’idéologie LGBT”. Elles ont subi à juste titre la colère de leurs villes jumelles à l’étranger, de l’Union européenne, et parfois même de la justice polonaise.

Dès l’époque de son adoption, Zbigniew Ziobro avait été sans équivoque au sujet de la Convention, puisqu’il l’avait dénoncée comme « une invention, une création féministe qui vise à justifier l’idéologie gay ». Le ministre qu’il est devenu n’allait pas se priver de lui infliger le sort qu’elle mérite à ses yeux. Même coupé dans son élan par ses partenaires gouvernementaux, il en demeure capable.

En Turquie, l’anathème contre les personnes LGBT est identique, et c’est de Numan Kurtulmus, Vice-président de l’AKP, qu’il provient sous sa forme la plus explicite. Pour lui, la Convention est « aux mains des LGBT et d’éléments radicaux ». Ce à quoi ne s’attendait certainement pas, en revanche, le parti gouvernemental turc, c’est le soutien apporté à la Convention par l’Association Femmes et Démocratie, notoirement influente et qui a pour Vice-présidente Sümeyye Erdogan Bayraktar, la propre fille du chef de l’Etat.

Sümeyye Erdogan Bayraktar

Voir en la protection légale des femmes contre la violence une présumée manipulation politique des personnes LGBT, c’est tout au mieux du fantasme, au pire de l’homophobie et du sexisme morbides. Même s’il serait naïf de s’étonner de telles saillies haineuses de la part de conservateurs, comment accepter que ce qui est déjà inacceptable en parole devienne la clé qui verrouillera Polonaises et Turques hors de la Convention d’Istanbul ? A l’Europe comme au monde entier, Varsovie et Ankara en demandent ici trop.

Soutien aux femmes de Pologne et de Turquie

Et pendant que les deux gouvernements conservateurs laissent leurs fantasmes dicter leur politique, ailleurs en Europe, dans le nord scandinave, le Danemark met enfin sa législation sur le viol en conformité avec la Convention en l’acceptant enfin pour ce qu’il est – l’absence de consentement. Polonaises et Turques sont vent debout contre la menace. L’Association of World Citizens les soutient et restera à leurs côtés, de même qu’aux côtés des personnes LGBT si sournoisement visées à travers elles par ces intolérables politiques rétrogrades.

Bernard J. Henry est Officier des Relations Extérieures de l’Association of World Citizens.

Turkey-Greece Mediterranean Tensions: Track II Efforts Needed

In Being a World Citizen, Conflict Resolution, Current Events, Europe, NGOs, The Search for Peace, Track II, United Nations, World Law on September 3, 2020 at 8:04 PM

By René Wadlow

With Turkish war ships in the Mediterranean and the Greek army on alert, the tensions between Greece and Turkey are growing. On August 10, 2020, Turkey sent an oil and natural gas exploration ship, the Oruc Reis, into what Greece considers its territorial waters. The Oruc Reis was accompanied by Turkish war ships and fighter planes. Greek soldiers on the Greek island of Kastellorizo, some two kilometers from the Turkish coast are on alert. Jens Stoltenberg, the Secretary-General of NATO, has warned that the growing tensions may lead to violence, either intentionally or by miscalculation.

So far, governmental efforts of mediation, especially that of the German Foreign Minister Heiko Mass have not produced positive results. The Foreign Minister of Greece, Nikos Demdias, and the Foreign Minister of Turkey have both said that negotiations were possible but not under current conditions. Both countries face real economic difficulties which lend themselves to nationalist sentiments and an unwillingness to compromise.

Much of the dispute centers around the concept of an Exclusive Economic Zone, a 370-kilometer zone around national territory, a concept developed in the United Nations (UN) Law of the Sea Convention of 1980. Greece has signed the Convention, Turkey has not. The issue, as with the current tensions in the South China Sea concerns what is the national territory – including small islands – from which the Exclusive Economic Zone is to be measured. The situation in the Mediterranean is complicated by the close contact or overlapping Exclusive Economic Zones of Cyprus, Syria, Lebanon, Libya, Israel – all States with deep political tensions or armed conflicts.

Kastellorizo

With governmental negotiations at a standstill, the Association of World Citizens (AWC) has proposed the possibility of Track II efforts to see on what issues negotiations might be possible. The term “Track II” was coined in 1982 by Joseph Montville of the U. S. Foreign Service Institute to describe methods of diplomacy that are outside the formal governmental diplomatic system. (1)

As the AWC’s Track II proposal stated, “When the very terrain of history is shifting beneath our feet, we must transform old diplomatic methods to serve new diplomatic purposes. Building peace in today’s conflicts call for long-term commitment to establishing an infrastructure calling upon all levels of society to draw on the resources of compromise and reconciliation from within the society and maximize the contributions from outside. There is no facile optimism as to what can be done when the UN or governments fail to act positively. However, we can strive to keep channels of communication open.” The Greek-Turkish tensions are a test case for action.

Note

(1) See John Davies and Eddy Kaufman, Second Track/Citizen’s Diplomacy: Concepts and Techniques (Rowman and Littlefield, 2002)

Prof. René Wadlow is President of the Association of World Citizens.

L’ONU n’a plus le droit aux rendez-vous manqués en matière de racisme

In Africa, Anticolonialism, Being a World Citizen, Conflict Resolution, Cultural Bridges, Current Events, Democracy, Europe, Fighting Racism, Human Rights, Middle East & North Africa, NGOs, Social Rights, Solidarity, The Search for Peace, Track II, United Nations, War Crimes, Women's Rights, World Law on June 21, 2020 at 10:56 PM

Par Bernard J. Henry

 

Il fallait s’y attendre. Après la mort de l’Afro-Américain George Floyd à Minneapolis (Minnesota) le 25 mai, étouffé par le policier Derek Chauvin et ses collègues auxquels il criait du peu de voix qu’ils lui laissaient « I can’t breathe », « Je ne peux pas respirer », et avec la vague mondiale d’indignation que le drame a soulevée quant au racisme et aux violences policières, l’Afrique s’est élevée d’une seule voix à l’ONU.

Le 12 juin, les cinquante-quatre pays du Groupe africain de l’Assemblée générale des Nations Unies ont appelé le Conseil des Droits de l’Homme à un « débat urgent sur les violations actuelles des droits de l’homme d’inspiration raciale, le racisme systémique, la brutalité policière contre les personnes d’ascendance africaine et la violence contre les manifestations pacifiques ».

Avec les cinquante-quatre pays africains, c’étaient plus de six cents organisations non-gouvernementales, dont l’Association of World Citizens (AWC), qui appelaient le Conseil à se saisir de la question. Et le 15 juin, la demande a été acceptée sans qu’aucun des quarante-sept Etats qui composent le Conseil ne s’y soit opposé. Le débat demandé a donc eu lieu, sur fond de dénonciation d’un « racisme systémique » par Michelle Bachelet, Haute Commissaire des Nations Unies pour les Droits de l’Homme, mais aussi d’indignation des cadres onusiens originaires d’Afrique contre leur propre institution qu’ils jugent trop passive.

The_George_Floyd_mural_outside_Cup_Foods_at_Chicago_Ave_and_E_38th_St_in_Minneapolis,_Minnesota

Une fresque en hommage à George Floyd sur un mur de Chicago (Illinois).

Pour l’Organisation mondiale, il s’agit plus que jamais de n’entendre pas seulement la voix de ses Etats membres, mais aussi celle du peuple du monde qui s’exprime en bravant les frontières, parfois même ses dirigeants. La mort de George Floyd et l’affirmation, plus forte que jamais, que « Black Lives Matter », « Les vies noires comptent », imposent une responsabilité historique à l’ONU qui, en matière de racisme, n’a plus droit aux rendez-vous manqués, réels et présents dans son histoire.

Résolution 3379 : quand l’Assemblée générale s’est trompée de colère

Le 10 novembre 1975, l’Assemblée générale de l’ONU adoptait sa Résolution 3379 portant « Élimination de toutes les formes de discrimination raciale ». Malgré ce titre prometteur, le vote de l’Assemblée générale cristallisait en fait les frustrations des Etats Membres quant à deux situations de conflit, jugées les plus graves au monde depuis la fin de la guerre du Vietnam en avril – l’Afrique australe et le Proche-Orient.

A côté de l’Afrique du Sud ou règne l’apartheid, la ségrégation raciale érigée en système par la minorité blanche aux dépens de la population noire autochtone, se tient l’ancêtre de l’actuel Zimbabwe, la Rhodésie, Etat proclamé en 1970 sur une colonie britannique mais non reconnu par la communauté internationale. La Rhodésie n’est pas un Etat d’apartheid proprement dit, mais sa minorité blanche tient la majorité noire sous la chappe brutale d’un paternalisme colonialiste. Deux organisations indépendantistes, la ZANU et la ZAPU, s’y affrontent dans une violente guerre civile et le gouvernement principalement blanc de Ian Smith n’y veut rien entendre.

Apartheid

Dans l’Afrique du Sud de l’apartheid, même sans le dire, une plage réservée aux Blancs était interdite aux Noirs au même titre qu’elle l’était aux chiens.

Au Proche-Orient, la création en 1948 de l’Etat d’Israël s’est faite sans celle d’un Etat palestinien que prévoyait pourtant le plan original de l’ONU. En 1967, lors de la Guerre des Six Jours qui l’oppose aux armées de plusieurs pays arabes, l’Etat hébreu étend son occupation sur plus de territoires que jamais auparavant, prenant le Sinaï à l’Egypte – qui lui sera rendu en 1982 – et le Golan à la Syrie, la Cisjordanie et Jérusalem-Est échappant quant à elles à la Jordanie. Aux yeux du monde, l’idéal sioniste des fondateurs d’Israël signifie désormais principalement l’oppression de la Palestine.

Et les deux Etats parias de leurs régions respectives avaient fini par s’entendre, causant la fureur tant de l’URSS et de ses alliés à travers le monde que du Mouvement des Non-Alignés au sud. Le 14 décembre 1973, dans sa Résolution 3151 G (XXVIII), l’Assemblée générale avait déjà « condamné en particulier l’alliance impie entre le racisme sud africain et le sionisme ». C’est ainsi que deux ans plus tard, la Résolution 3379 enfonçait le clou contre le seul Israël en se concluant sur ces termes : « [L’Assemblée générale] [c]onsidère que le sionisme est une forme de racisme et de discrimination raciale ».

Impossible de ne pas condamner l’occupation israélienne en Palestine, tant elle paraissait incompatible avec le droit international qui, en 1948, avait précisément permis la création de l’Etat d’Israël. Pour autant, assimiler le sionisme au racisme présentait un double écueil. D’abord, s’il se trouvait un jour une possibilité quelconque d’amener Israéliens et Palestiniens au dialogue, comment Israël allait-il jamais accepter de venir à la table des négociations avec un tel anathème international sur son nom ? C’est ce qui amena, après la Première Guerre du Golfe, l’adoption par l’Assemblée générale de l’ONU de la Résolution 46/86 du 16 décembre 1991 par laquelle la Résolution 3379, et avec elle l’assimilation du sionisme au racisme, étaient tout simplement abrogées, ce qui était l’une des conditions d’Israël pour sa participation à la Conférence de Madrid en octobre. Ensuite, plus durablement cette fois, présenter l’affirmation d’un peuple de son droit à fonder son propre Etat comme étant du racisme ne pouvait qu’alimenter le refus, ailleurs à travers le monde, du droit à l’autodétermination déjà mis à mal dans les années 1960 au Katanga et au Biafra, avec à la clé, l’idée que toute autodétermination allait entraîner l’oppression du voisin.

« Les racistes sont des gens qui se trompent de colère », disait Léopold Sédar Senghor. Il n’en fut pire illustration que la Résolution 3379, inefficace contre le racisme et n’ayant servi qu’à permettre à Israël de se poser en victime là où son occupation des Territoires palestiniens n’avait, et n’a jamais eu, rien de défendable.

Un échec complet donc pour l’ONU, mais qui fut réparé lorsque commença le tout premier processus de paix au Proche-Orient qui entraîna, en 1993, les Accords d’Oslo et, l’année suivante, le traité de paix entre Israël et la Jordanie. C’était toutefois moins une guérison qu’une simple rémission. 

Durban 2001 : l’antiracisme otage de l’antisémitisme

Le 2 septembre 2001 s’est ouverte à Durban, en Afrique du Sud, la Conférence mondiale contre le racisme, la discrimination raciale, la xénophobie et l’intolérance, conférence organisée par les Nations Unies. Sans même évoquer la Résolution 3379 en soi, depuis son abrogation en 1991, le monde avait changé. La Guerre Froide était terminée, l’URSS avait disparu, l’apartheid avait pris fin dans une Afrique du Sud rebâtie en démocratie multiraciale par Nelson Mandela auquel succédait désormais son ancien Vice-président Thabo Mbeki.

Au Proche-Orient, Yitzhak Rabin avait été assassiné en 1995, et avec lui étaient morts les Accords d’Oslo réfutés par son opposition de droite, cette même opposition qui dirigeait désormais Israël en la personne d’Ariel Sharon, ancien général, chef de file des faucons et dont le nom restait associé aux massacres de Sabra et Chatila en septembre 1982 au Liban. Aux Etats-Unis, le libéralisme international des années Clinton avait fait place aux néoconservateurs de l’Administration George W. Bush, hostiles à l’ONU là où leurs devanciers démocrates avaient su s’accommoder du Secrétaire général Kofi Annan. Le monde avait changé, mais c’était parfois seulement pour remplacer certains dangers par d’autres. Et le passé n’allait pas tarder à se rappeler au bon souvenir, trop bon pour certains, des participants.

La Haute Commissaire des Nations Unies pour les Droits de l’Homme, Mary Robinson, n’était pas parvenue à mener des travaux préparatoires constructifs, et dès le début des discussions, le résultat s’en est fait sentir. Devant la répression israélienne de la Seconde Intifada à partir de fin septembre 2000, l’Etat hébreu déclenche une fois de plus la colère à travers le monde. Un nombre non négligeable d’Etats rêvent de déterrer la Résolution 3379, mais cette fois, sans plus de racisme sud-africain auquel accoler le sionisme, Israël va voir cette colère dégénérer en récusation non plus du sionisme mais, tout simplement, du peuple juif où qu’il vive dans le monde.

Sharon_ageila

A gauche, Ariel Sharon, alors officier supérieur de Tsahal, en 1967. Plus tard Ministre de la Défense puis Premier Ministre, son nom sera associé à de graves crimes contre les Palestiniens commis par Israël.

S’y attendant, l’Administration Bush a lancé des mises en garde avant le début de la conférence. En ouverture, Kofi Annan annonce la couleur – il ne sera pas question de sionisme, pas de redite de 1975. Rien n’y fait. Toute la journée, des Juifs présents à la conférence sont insultés et menacés de violences. Le Protocole des Sages de Sion, faux document né dans la Russie tsariste au début du vingtième siècle pour inspirer la haine des Juifs, est vendu en marge. Et, comble pour une conférence des Nations Unies, même si elles n’y sont bien entendu pour rien, il est distribué aux participants des tracts à l’effigie, et à la gloire, d’Adolf Hitler.

Il n’en faut pas plus pour qu’Etats-Unis et Israël plient bagages dès le lendemain. Si la France et l’Union européenne restent, ce n’est cependant pas sans un avertissement clair – toute poursuite de la stigmatisation antisémite verra également leur départ.

C’est à la peine qu’est adopté un document final, dont ce n’est qu’en un lointain 58ème point qu’il est rappelé que « l’Holocauste ne doit jamais être oublié ». Dans le même temps, un Forum des ONG concomitant adopte une déclaration si violente contre Israël que même des organisations majeures de Droits Humains telles qu’Amnesty International, Human Rights Watch et la Fédération internationale des Ligues des Droits de l’Homme s’en désolidarisent. Le Français Rony Brauman, ancien Président de Médecins Sans Frontières, ardent défenseur de la cause palestinienne, n’avait pu lui aussi que déplorer l’échec consommé de la conférence, prise en otage par des gens qui prétendaient combattre le racisme, y compris, naturellement, le colonialisme israélien, mais n’avaient en réalité pour but que de répandre le poison de l’antisémitisme.

Pour la dignité de chaque être humain

Le racisme est un phénomène universel, qui n’épargne aucun continent, aucune culture, aucune communauté religieuse. De la part de l’ONU, c’est en tant que tel que le peuple du monde s’attend à le voir combattu. Par deux fois, les Etats membres de l’Organisation mondiale l’ont détournée de sa fonction pour plaquer le racisme sur ce qui était, et qui demeure, une atteinte à la paix et la sécurité internationales, nommément l’occupation israélienne en Palestine où, indéniablement, le racisme joue aussi un rôle, mais qui ne peut se résumer à la seule question de la haine raciale comme c’était le cas de l’apartheid en Afrique du Sud ou comme c’est aujourd’hui celui du scandale George Floyd.

Black_Lives_Matter_protest

Ici à New York en 2014, le slogan “Black Lives Matter”, qui exprime désormais le droit de tout être humain opprimé en raison de son origine au respect et à la justice.

S’il ne peut ni ne doit exister d’indulgence envers quelque Etat que ce soit, en ce compris l’Etat d’Israël, le racisme sous toutes ses formes, surtout lorsqu’il provient d’agents de l’Etat tels que les policiers, ne peut être circonscrit à la condamnation d’une seule situation dans le monde, aussi grave soit-elle, encore moins donner lieu à l’antisémitisme qui est lui aussi une forme de racisme et l’on ne peut en tout bon sens louer ce que l’on condamne !

Par bonheur, le Groupe africain a su éviter tous les écueils du passé, ayant lancé un appel au débat qui fut accepté sans mal par le Conseil des Droits de l’Homme. Les appels de la Haute Commissaire aux Droits de l’Homme et des hauts fonctionnaires d’origine africaine viennent amplifier un appel que l’ONU doit entendre. Le monde s’est réveillé, il faut en finir avec le racisme, et sur son aptitude à agir, à accueillir les critiques, l’ONU joue sa crédibilité dans cette lutte pour la dignité de chaque être humain qui est le premier des droits.

Bernard J. Henry est Officier des Relations Extérieures de l’Association of World Citizens.

World Refugee Day

In Africa, Being a World Citizen, Current Events, Europe, Fighting Racism, Human Rights, Humanitarian Law, Middle East & North Africa, Migration, NGOs, Refugees, Solidarity, The Search for Peace, Track II, United Nations, World Law on June 20, 2020 at 4:01 PM

By René Wadlow

 

June 20 is the United Nations (UN)-designated World Refugee Day marking the signing in 1951 of the Convention on Refugees. The condition of refugees and migrants has become a “hot” political issue in many countries, and the policies of many governments have been very inadequate to meet the challenges. The UN-led World Humanitarian Summit held in Istanbul, Turkey on May, 23-24, 2016 called for efforts to prevent and resolve conflicts by “courageous leadership, acting early, investing in stability, and ensuring broad participation by affected people and other stakeholders.”

If there were more courageous political leadership, we might not have the scope and intensity of the problems that we now face. Care for refugees is the area in which there is the closest cooperation between nongovernmental organizations (NGOs) and the UN system. As one historian of the work of the United Nations High Commissioner for Refugees (UNHCR) has written “No element has been more vital to the successful conduct of the programs of the UNHCR than the close partnership between UNHCR and the non-governmental organizations.”

The 1956 flow of refugees from Hungary was the first emergency operation of the UNHCR. The UNHCR turned to the International Committee of the Red Cross and the League of Red Cross Societies which had experience and the finances to deal with such a large and unexpected refugee departures and re-settlements. Since 1956, the UNHCR has increased the number of NGOs, both international and national, with which it works given the growing needs of refugees and the increasing work with internally displaced persons who were not originally part of the UNHCR mandate.

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Hungarian refugees outside a building at Charleston Air Force Base in 1956.

Along with emergency responses − tents, water, medical facilities − there are longer-range refugee needs, especially facilitating integration into host societies. It is the integration of refugees and migrants which has become a contentious political issue. Less attention has been given to the concept of “investing in stability”. One example:

The European Union (EU), despite having pursued in words the design of a Euro-Mediterranean Community, in fact did not create the conditions to approach its achievement. The Euro-Mediterranean partnership, launched in 1995 in order to create a free trade zone and promote cooperation in various fields, has failed in its purpose. The EU did not promote a plan for the development of the countries of North Africa and the Middle East and did nothing to support the democratic currents of the Arab Spring. Today, the immigration crisis from the Middle East and North Africa has been dealt with almost exclusively as a security problem.

The difficulties encountered in the reception of refugees do not lie primarily in the number of refugees but in the speed with which they have arrived in Western Europe. These difficulties are the result of the lack of serious reception planning and weak migration policies. The war in Syria has gone on for five years. Turkey, Lebanon, and Jordan, not countries known for their planning skills, have given shelter to nearly four million persons, mostly from the Syrian armed conflicts. That refugees would want to move further is hardly a surprise. That the refugees from war would be joined by “economic” and “climate” refugees is also not a surprise. The lack of adequate planning has led to short-term “conflict management” approaches. Fortunately, NGOs and often spontaneous help have facilitated integration, but the number of refugees and the lack of planning also impacts NGOs.

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Women and children among Syrian refugees striking at the platform of Budapest Keleti railway station in 2015.

Thus, there is a need on the part of both governments and NGOs to look at short-term emergency humanitarian measures and at longer-range migration patterns, especially at potential climate modification impact. World Refugee Day can be a time to consider how best to create a humanist, cosmopolitan society.

Prof. René Wadlow is President of the Association of World Citizens.

A Vibrant World Civil Society

In Being a World Citizen, Conflict Resolution, Democracy, Europe, Human Rights, NGOs, Solidarity, The Search for Peace, Track II on January 4, 2020 at 11:21 PM

By René Wadlow

The term “civil society” came into extensive use especially in Europe in the mid -1970s as efforts to bridge the East-West divide and prevent the dangers of war in Europe. As Mary Kalder writes “A group of us launched the European Nuclear Disarmament (END) Appeal for a nuclear-free Europe. The Appeal attracted thousands of signatures from all over Europe and beyond and was one of the mobilizing documents of the new peace movement which sprang up in Western Europe in the early 1980s. The Appeal called for nuclear disarmament through unilateral, bilateral, and multilateral means, but it was also an appeal to end the Cold War. It accorded responsibility in the Cold War to both the United States and the Soviet Union and insisted on the link between disarmament and democracy.” (1)

Ernest Gellner

The END Appeal looked to positive action from “civil society” within the Soviet bloc which was starting to be vocal outside of the government-controlled peace organizations which largely reflected Soviet government policy in their interaction with Western peace-disarmament non-governmental organizations. As Ernest Gellner writes, “Civil Society is the idea of institutional and ideological pluralism, which prevents the established monopoly of power and truth and counterbalances those central institutions which though necessary, might otherwise acquire such monopoly. The actual practice of Marxism had led, wherever it came to be implemented to what might be called Caesaro-Papism-Mannonism to the near total fusion of the political, ideological, and economic hierarchies. The state, the church-party, and the economic managers were all parts of one single nomenclature… Civil Society is that set of diverse nongovernmental institutions which is strong enough to counterbalance the state and, while not preventing the state from fulfilling its role as keeper of the peace and arbitrator between major interests, can nevertheless prevent it from dominating and atomizing the rest of society.” (2)

Vaclav Havel

Vaclav Havel, although he later became president of a State, was a valuable symbol of the efforts to develop a civil society. “We emphasized many times that the struggle we had taken on had little in common with what is traditionally understood by the expression ‘politics.’ We discussed such concepts as non-political politics, and stressed that we were interested in certain values and principles and not in power and position. We emphasized the importance of the spirit, the importance of truth and said that even spirit and truth embody a certain kind of power.” (3)

Today, more than in the recent past, we are faced with a revival of the Caesaro-Papism-Mannonism States whose interactions, especially in the wider Middle East, could lead to armed conflicts. In addition to the Caesaro-led States, the world society faces terrorism as movements with goals, gurus, ideologues, myths and martyrs. Thus there is a need to develop and structure a world-wide civil society. The concept of civil society is probably the platform for future progressive action. The global civil society is a ‘power shift’ of potentially historic dimensions with bonds of trust, shared values and mutual obligations which cross national frontiers. With the war drums starting to beat, creative action is needed now.

Notes

1) Mary Kaldor (Ed.), Europe from Below (London: Verso, 1991)
2) Ernest Gellner, Conditions of Liberty: Civil Society and its Rivals (London: Penguin Books, 1996)
3) Vaclav Havel in Mary Kalder (Ed.), Europe from Below.

Prof. René Wadlow is President of the Association of World Citizens.

Migration and Awareness of Trafficking in Persons

In Africa, Asia, Being a World Citizen, Conflict Resolution, Current Events, Environmental protection, Europe, Fighting Racism, Human Rights, Middle East & North Africa, Migration, NGOs, Refugees, Solidarity, The Search for Peace, Track II, United Nations, World Law on October 28, 2019 at 12:40 PM

By René Wadlow

On October 23, 2019, 39 people, 8 women and 31 men, were found dead in a refrigerated trailer truck coming from Belgium in the last leg of its journey. The truck was at a parking lot in Essex, near London, England. The identity of the persons is still in the process of being investigated. They may be Vietnamese having traveled through China, or Chinese. The victims draw sad attention to the process of trafficking in persons.

The United Nations (UN) Global Compact for Safe, Orderly and Regular Migration has drawn attention to the positive aspects of migration. However, there are also negative aspects so that we are also concerned with migration that is not safe such as trafficking in persons. A UN report presented to the Commission on the Status of Women highlighted that human trafficking is one of the fastest growing criminal industries and one of the biggest human rights crises today. The vast majority of victims trafficked are for sexual exploitation, while others are exploited for forced labor and forced marriage.

One aspect of migration issues is the issue of the trans-frontier trafficking in persons. Awareness has been growing, but effective remedies are slow and uncoordinated. Effective remedies are often not accessible to victims of trafficking owing to gaps between setting international standards, enacting national laws and then implementation in a humane way.

The international standards have been set out in the United Nations Convention against Transnational Organized Crime and its Protocol to Prevent, Suppress and Punish Trafficking in Persons, Especially Women and Children. The Convention and the Protocol standards are strengthened by the International Convention on the Protection of the Rights of All Migrant Workers and Members of their Families. The worldwide standards have been reaffirmed by regional legal frameworks such as the Council of Europe Convention on Action against Trafficking in Human Beings.

Despite clear international and regional standards, there is poor implementation, limited government resources and infrastructure dedicated to the issue, a tendency to criminalize victims and restrictive immigration policies in many countries.

Trafficking in persons is often linked to networks trafficking in drugs and arms. Some gangs are involved in all three; in other cases agreements are made to specialize and not expand into the specialty of other criminal networks.

Basically, there are three sources of trafficking in persons. The first are refugees from armed conflicts. Refugees are covered by the Refugee Conventions supervised by the UN High Commissioner for Refugees (UNHCR) in the country of first asylum. Thus, Syrian refugees are protected and helped by the UNHCR in Lebanon, but not if they leave Lebanon. As 25% of the population of Lebanon are now refugees from the conflicts in Syria, the Lebanese government is increasingly placing restrictions on Syrian’s possibility to work in Lebanon, to receive schooling, medical services, proper housing etc. As a result, many Syrians try to leave Lebanon or Turkey to find a better life in Western Europe. Refugees from Iraq, Afghanistan, Sudan follow the same pattern.

The second category are people leaving their country for economic reasons − sometimes called “economic refugees.” Migration for better jobs and a higher standard of living has a long history. Poverty, ethnic and racial discrimination, and gender-based discrimination are all factors in people seeking to change countries. With ever-tighter immigration policies in many countries and with a popular “backlash” against migrants in some countries, would-be migrants turn to “passers” − individuals or groups that try to take migrants into a country, avoiding legal controls.

A third category − or a subcategory of economic migration − is the sex trade, usually of women but also children. As a Human Rights Watch study of the Japanese “sex-entertainment” businesses notes “There are an estimated 150,000 non-Japanese women employed in the Japanese sex industry, primarily from other Asian countries such as Thailand and the Philippines. These women are typically employed in the lower rungs of the industry either in ‘dating’ snack bars or in low-end brothels, in which customers pay for short periods of eight or fifteen minutes. Abuses are common as job brokers and employers take advantage of foreign women’s vulnerability as undocumented migrants: they cannot seek recourse from the police or other law enforcement authorities without risking deportation and potential prosecution, and they are isolated by language barriers, a lack of community, and a lack of familiarity with their surroundings.” We find similar patterns in many countries.

The scourge of trafficking in persons will continue to grow unless strong counter measures are taken. Basically, police and governments worldwide do not place a high priority on the fight against trafficking unless illegal migration becomes a media issue. Therefore, real progress needs to be made through nongovernmental organizations (NGOs), such as the Association of World Citizens, which has raised the issue in the UN Human Rights bodies in Geneva. There are four aspects to this anti-trafficking effort. The first is to help build political will by giving accurate information to political leaders and the press. The other three aspects depend on the efforts of the NGOs themselves. Such efforts call for increased cooperation among NGOs and capacity building.

The second aspect is research into the areas from which children and women are trafficked. These are usually the poorest parts of the country and among marginalized populations. Socioeconomic and educational development projects must be directed to these areas so that there are realistic avenues for advancement.

The third aspect is the development of housing and of women’s shelters to ensure that persons who have been able to leave exploitive situations have temporary housing and other necessary services.

The fourth aspect is psychological healing. Very often women and children who have been trafficked into the sex trades have a disrupted or violent family and have a poor idea of their self-worth. This is also often true of refugees from armed conflict. Thus, it is important to create opportunities for individual and group healing, to give a spiritual dimension to the person through teaching meditation and yoga. There are needs for creating adult education facilities so that people may continue a broken education cycle.

There are NGOs who are already working along these lines. Their efforts need to be encouraged and expanded.

Prof. René Wadlow is President of the Association of World Citizens.

Migration in a Globalized World Economy

In Being a World Citizen, Current Events, Europe, Fighting Racism, Human Rights, Middle East & North Africa, Migration, NGOs, Refugees, Social Rights, Solidarity, The former Soviet Union, The Search for Peace, United Nations, World Law on December 21, 2018 at 12:12 AM

By René Wadlow

The present era of globalization of the economy is not new, but as a term and also as an organizing concept for policy making, it dates from 1991 and the formal end of the Soviet zone of influence which had some of the structures of an alternative trading system.

Earlier, dating from the 1970s the term used was “interdependence”. The emphasis was on economic relations but there was also some emphasis on cultural and political factors. In a July 1975 speech, United States Secretary of State Henry Kissinger who had an academic background and kept himself informed of theoretical trends said “All of us – allies and rivals, new nations and old nations, the rich and the poor – constitute one world community. The interdependence on our planet is becoming the central fact of our diplomacy… The reality is that the world economy is a single global system of trade and monetary relations on which hinges the development of all our economies. An economic system thrives if all who take part in it thrive.”

Interdependence was to help build a world society based on equality, justice, and mutual benefit. As Secretary Kissinger said the need was “to transform the concept of world community from a slogan into an attitude.”

Interdependence was to be articulated into policies leading to disarmament, peaceful change, improved welfare especially for the poorest and respect for human rights. However, in practice the continuing USA-USSR tensions, questions of access to oil especially in the Middle East and the difficulties of establishing rules and controls for the world trade system kept “interdependence” as a slogan and not as a framework for policies and decisions of major governments.

The term “globalization” has progressively replaced that of “interdependence” The concept of globalization continues the interdependence focus on global economic linkages but adds an emphasis on the organization of social life on a global scale and the growth of a global consciousness. Global consciousness is the essential starting point of world citizenship. Globalization is a socio-economic process in which the constraints of geography on social and cultural patterns recede and in which people become increasingly away that these geographic constraints are receding.

The rapid pace of globalization requires that research and practice keep up with the speed of changes in order to reduce unnecessary risks and to provide legitimacy and confidence in the world system. However, within the world society – as within national societies – there are many different interests. At the world level, there are not yet the web of consensus-building techniques found in public and private institutions at the national level.

There were recently two intergovernmental conferences being held at the same time which indicated the possibilities and the difficulties of reaching agreement among most of the States of th World: COP 24 held in Katowice, Poland devoted to issues of climate change and the conference on the Global Compact for Safe, Orderly and Regular Migration, held in Marrakech, Morocco.

The COP 24 had the advantage of building on the 2015 Paris Climate Accord and on the serious scientific research carried out by the Intergovernmental Panel on Climate Change (IPCC). The Katowice conference was to develop a common system of rules, reporting and measurement for the Paris Climate Accord. This “rule book” was largely accomplished. A sub-theme was to show that the international spirit which had led to the Paris Agreement was still alive and well despite criticism and a lack of visible progress.

The Global Compact for Safe, Orderly and Regular Migration is the first of its kind, although there are earlier agreements on the status of refugees. In many countries, there has been sharp debates on immigration policy – often with more heat than light. Some States have already indicated that they will not sign the Compact even though it has been repeatedly pointed out that the Compact is not a treaty and thus not legally binding. The Compact sets out aspirations and strengthens some of the processes already in practice. The representatives of some States which signed indicated that they will be “selective” in the processes which they will put into practice.

Blue: Will adopt the Compact, Red: Will not adopt the Compact, Yellow: Considering not adopting, Gray: Undetermined

There was an agreement to hold a review conference in 2022. There is a growing tendency in inter-governmental treaties to set a review conference every four or five years to analyze implementation and the changing political and economic situation.

The Association of World Citizens (AWC) has been stressing for some years the importance of migration issues. Migration is likely to increase as climate changes have their impact. Thus, the AWC calls upon Nongovernmental Organizations to focus cooperatively and strongly on migration and the standards of the Global Compact.

Prof. René Wadlow is President of the Association of World Citizens.

Global Compact for Migration: A Necessary First Step

In Being a World Citizen, Current Events, Europe, Fighting Racism, Human Rights, Migration, NGOs, Refugees, Solidarity, Track II, United Nations, World Law on July 15, 2018 at 9:17 PM

By René Wadlow

On July 12, 2018, the United Nations (UN) General Assembly agreed to the text of the Global Compact for Safe, Orderly and Regular Migration after more than a year of discussions among Member States, nongovernmental organizations, academic specialists on migration issues as well as interviews with migrants and refugees.

The discussion had gained visibility in September 2016 at the UN General Assembly which set out the New York Declaration for Refugees and Migrants. As a result, the International Organization for Migration, created in 1951 largely to deal with displaced people after the Second World War, was more formally integrated into the UN “family”.

Antonio Guterres

The UN Secretary-General, Antonio Guterres, welcomed the Global Compact, saying it reflected “the shared understanding by Governments that cross-border migration is, by its very nature, an international phenomenon and that effective management of this global reality requires international cooperation to enhance its positive impact for all. It also recognizes that every individual has the right to safety, dignity and protection.”

M-Lajcak

However, the General Assembly President, Miroslav Lajcak, also indicated the limitations of the agreement saying “It does not encourage migration, nor does it aim to stop it. It is not legally binding. It does not dictate. It will not impose. And it fully respects the sovereignty of States.” The Global Compact will be formally adopted by Member States at an intergovernmental conference in Marrakesh, Morocco on December 10-11. Thus, it is useful to see what the Compact does do and what non-governmental organizations concerned need to do between now and early December.

Citizens of the world have stressed that the global aspects of migration flows have an impact on all countries. The changing nature of the world’s economies modify migration patterns, and there is a need to plan for migration as the result of possible environmental-climate changes.

The current flow of migrants and refugees to Europe has become a high profile political issue. Many migrants come from areas caught up in armed conflict: Syria, Iraq, Yemen, Afghanistan, Somalia. The leaders of the European Union (EU) have been divided and unsure in their responses. Local solidarity networks that offer food, shelter, and medical care are overwhelmed. Political debates over how to deal with the refugees have become heated, usually with more heat than light. The immediacy of the refugee exodus requires our attention, our compassion, and our sense of organization.

Migrants

EU officials have met frequently to discuss how to deal with the migrant-refugee flow, but a common policy has so far been impossible to establish. At a popular level, there have been expressions of fear of migrants, of possible terrorists among them, and a rejection of their cultures. These popular currents, often increased by right-wing political parties make decisions all the more difficult to take. An exaggerated sense of threat fuels anti-immigration sentiments and creases a climate of intolerance and xenophobia.

Therefore, the Association of World Citizens, which is in consultative status with the UN, is stressing the need for cooperative efforts carried out in good faith to meet the challenges of worldwide migration and continuing refugee flows. There is a need to look at both short-term emergency humanitarian measures and at longer-range migration patterns, especially at potential climate.

We know that there are governments whose view is that “Yes, there are migrants and refugees, but we do not want them here. Our first and last line of defense is SOVEREIGNTY.” In addition to these governments, there are political parties and groups with a less legalistic line of defense. There are shades of racism and religious prejudice that go from pale to very strongly colored. We can expect these groups to be very active between now and early December to push government to indicate that the Global Compact is not a treaty, is not binding, and will not influence national decision making.

Thus, it is up to those holding World Citizen Values of equality, respect, cooperation and living in harmony with Nature to be even more active before December so that the Global Compact will serve as a framework for governmental and civil society action.

Prof. René Wadlow is President of the Association of World Citizens.

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