Par René Wadlow
Le 8 septembre 2026, les forces houthistes, qui contrôlent Sanaa, la capitale du Yémen, ont lancé des attaques à la roquette et au drone contre l’Arabie saoudite, marquant l’une des plus importantes offensives houthistes depuis le début des combats en juillet 2026, qui ont mis fin à une trêve de quatre ans. Le gouvernement houthi a accusé les Saoudiens d’avoir d’abord pris pour cible une prison yéménite dans la province de Jawf, tuant au moins 17 personnes.
Dans un contexte moyen-oriental marqué par des puissances rivales qui se disputent la suprématie, une étincelle entre l’Arabie saoudite et les Houthis pourrait déclencher un incendie de plus grande ampleur. Le mouvement religieux et tribal houthi bénéficie du soutien du gouvernement de la République islamique d’Iran, mais n’est pas contrôlé par ce dernier. Les forces houthistes contrôlent Sanaa depuis septembre 2014. Des mesures internationales fortes, tant gouvernementales que non gouvernementales (notamment par l’intermédiaire d’organisations non gouvernementales), doivent être prises.
L’une des initiatives gouvernementales possibles pourrait venir du gouvernement chinois. Lors d’une visite d’État en Égypte le 2 septembre 2026, le président chinois Xi Jinping a souligné la nécessité d’une coordination internationale renforcée en matière de sécurité commune afin de «préserver la sécurité des voies maritimes internationales, de faire progresser la coopération au développement, de renforcer progressivement la confiance mutuelle et d’éliminer les causes profondes des conflits».
Cependant, le mouvement houthiste n’est pas un gouvernement. Les Houthis incarnent ce qui devient de plus en plus courant dans la politique mondiale : un conflit armé opposant un gouvernement à des forces non gouvernementales, parfois de nature tribale ou religieuse. L’Organisation des Nations Unies (ONU) est en grande partie structurée pour gérer les conflits et les tensions entre gouvernements.
Les tensions entre les Houthis et l’Arabie saoudite mettront à l’épreuve la capacité des institutions intergouvernementales à faire face à une nouvelle réalité.
Une situation qui mérite une attention particulière.
Le Professeur René Wadlow est Président de l’Association of World Citizens.
