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Archive for the ‘Human Rights’ Category

Les Citoyens du Monde condamnent le terrorisme et l’intolérance basés sur la religion

In Cultural Bridges, Current Events, Human Rights, International Justice, World Law on May 30, 2013 at 2:26 PM

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ATTAQUES TERRORISTES A LONDRES ET PARIS :

LES CITOYENS DU MONDE CONDAMNENT LE TERRORISME

ET L’INTOLERANCE BASES SUR LA RELIGION

L’Association of World Citizens (AWC) est totalement consternée par les récentes attaques terroristes commises contre des militaires à Londres et Paris par des jeunes gens qui étaient chrétiens au départ et se sont convertis à l’Islam.

Même si elle n’est pas une organisation religieuse, l’AWC estime que la religion est précieuse en ce qu’elle remplit, selon sa définition étymologique, un rôle important de création de liens entre les êtres humains. Invoquer la religion pour justifier des actes terroristes délibérés n’est donc jamais excusable ni a fortiori acceptable.

En conséquence, les convertis d’une religion à une autre qui s’avèrent commettre des actes terroristes au nom de leur nouvelle religion ne peuvent en aucun cas être considérés comme représentatifs de quelque foi religieuse que ce soit.

L’AWC appelle les citoyens tant du Royaume-Uni que de la France à avoir pleinement conscience de ces faits cruciaux et à ne pas céder, en conséquence, à quelque parallèle hâtif et infondé que ce soit entre de tels individus et l’entière population musulmane de l’un ou l’autre des deux pays concernés.

World Citizens Condemn Terrorism and Intolerance Based on Religion

In Cultural Bridges, Current Events, Human Rights, International Justice, World Law on May 30, 2013 at 12:56 PM
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TERROR ATTACKS IN LONDON AND PARIS:
WORLD CITIZENS CONDEMN TERRORISM AND INTOLERANCE
BASED ON RELIGION
The Association of World Citizens (AWC) is completely dismayed at the recent terror attacks against soldiers committed in London and Paris by young people who are Christians by birth and converts to Islam.
Although not a religious organization, the AWC values religion as, in its etymological definition, a valuable instrument of bonding between human beings. Citing religion for deliberate terrorist acts is thus never excusable, let alone acceptable.
Consequently, people who convert from their original religion to another and wind up committing terrorist acts on behalf of their chosen religion shall never be deemed representative of any religious faith whatsoever.
The AWC calls on all citizens of Britain and France to be fully aware of these crucial facts and thus refrain from any hasty, unfounded parallel between such people and the Muslim community in either country as a whole.
— 30 —

N’abandonnez pas la lutte pour les Droits de l’Homme !

In Being a World Citizen, Current Events, Democracy, Human Rights, International Justice, The Search for Peace, United Nations, World Law on May 3, 2013 at 11:06 PM

N’ABANDONNEZ PAS LA LUTTE POUR LES DROITS DE L’HOMME !

Par Bernard Henry

 

(D’après « Don’t Give Up the Fight for Human Rights! », du même auteur :

https://awcungeneva.com/2013/05/03/dont-give-up-fight-human-rights/)

 

Le début du mois de mai est un bon moment pour fêter les Droits de l’Homme. En dehors du 1er mai, Fête internationale du Travail, il y a aussi le 3 mai, Journée internationale de la Liberté de la Presse, instaurée par l’Assemblée générale de l’ONU en 1993 et célébrée chaque année sous l’égide de l’institution spécialisée de l’ONU en charge de la communication, l’UNESCO[1].

Alors faisons la fête. Mais le restant de l’année, les Droits de l’Homme ne nous donnent guère d’occasions de le faire. Depuis l’année 2000, en dépit même de développements historiques à l’ONU et dans d’autres organisations intergouvernementales, ainsi que dans un certain nombre d’Etats-nations pris isolément, les Droits de l’Homme au niveau international, indiscutablement le plus noble héritage politique du vingtième siècle, semblent avoir largement perdu leur place prioritaire dans la vie politique mondiale.

Rien d’étonnant. Après l’élection présidentielle de 2000 aux Etats-Unis et le coup ainsi porté au modèle occidental de démocratie protégeant les libertés, les attaques terroristes contre le World Trade Center et le Pentagone l’année suivante ont entièrement tourné l’attention du monde vers une menace terroriste capable de frapper quiconque, où que ce soit, à tout instant, semant la peur et entraînant un appel aux armes. Il s’en est suivi une « guerre contre le terrorisme » menée par les Etats-Unis, dont l’horreur est symbolisée par la zone de non-droit sous direction gouvernementale de Guantanamo Bay et les « restitutions secrètes » de personnes soupçonnées d’actes de terrorisme et convoyées par avion de pays en pays. Dans les premières années, brandir les Droits de l’Homme en protestation, c’était être vu tout simplement comme un partisan d’Al Qaïda.

Après les attaques terroristes du 11 septembre 2001 à New York et Washington, de nombreux Américains se sont dits prêts à accepter des restrictions des libertés civiles pour combattre le terrorisme. C’est ce qui a permis à l’Administration Bush de réagir à la menace terroriste par de nombreuses et graves atteintes aux Droits de l’Homme, plus particulièrement à l’établissement pénitentiaire américain de Guantanamo Bay à Cuba.

Après les attaques terroristes du 11 septembre 2001 à New York et Washington, de nombreux Américains se sont dits prêts à accepter des restrictions des libertés civiles pour combattre le terrorisme. C’est ce qui a permis à l’Administration Bush de réagir à la menace terroriste par de nombreuses et graves atteintes aux Droits de l’Homme, plus particulièrement à l’établissement pénitentiaire américain de Guantanamo Bay à Cuba. (C) Reuters

Puis ce furent les émeutes de la faim de 2008 – les premiers symptômes de la crise du système mondial de finance et d’économie de marché qui se poursuit aujourd’hui. Après que la spéculation financière sur les denrées alimentaires de base a produit des effets dévastateurs dans la plupart des pays en développement, la crise des subprimes aux Etats-Unis a mis à genoux même le pays le plus fortuné au monde, conduisant une corporation de premier plan comme Lehman Brothers à la faillite pure et simple et mettant au jour le système de fraude à long terme du courtier-vedette Bernard Madoff. Autant dire que des droits fondamentaux comme l’alimentation ou le logement, on pouvait les oublier. Dans de nombreux pays, riches comme pauvres, le sentiment général était que la mondialisation économique était coupable et que les frontières nationales étaient désormais les (seuls) remparts des peuples contre la violation de leurs droits économiques et sociaux, comme ce fut le cas au Venezuela de Hugo Chavez. Le populisme est également monté en Occident, restreignant les limites du questionnement politique au fait de savoir à quel point exactement les immigrés faisaient du tort à l’emploi et au pouvoir d’achat. Considérés à présent comme élitistes en Occident et comme « occidentaux » dans le reste du monde, les Droits de l’Homme furent forcés de plier sous le poids de l’écroulement de l’économie.

Le résultat en fut que, lorsque la première décennie du siècle nouveau toucha à sa fin, les Droits de l’Homme tels qu’ils avaient été codifiés à Paris et New York à l’issue de la Seconde Guerre Mondiale apparaissaient comme morts et enterrés. Dans son édition du 18 février 2010, Newsweek alla jusqu’à proclamer la « Mort des Droits de l’Homme »[2], expliquant en détail comment les Etats occidentaux en étaient venus à ne plus prêter aucune attention aux bilans désastreux en matière de Droits de l’Homme de leurs partenaires économiques, politiques et militaires en Asie, en Afrique et au Moyen-Orient. Alors que la crise économique s’éternise et que l’islamisme armé essaime aujourd’hui jusque dans une Afrique subsaharienne relativement épargnée, l’homme de la rue désabusé et des grands de ce monde qui le sont tout autant ont appris à s’en remettre au jeu cynique de la géopolitique et à ne plus guère aimer les Droits de l’Homme que comme une philosophie bienveillante qui serait politiquement irréalisable.

Serait-ce vrai ? Mais pourquoi alors quiconque, où que ce soit, devrait-il continuer à se battre pour les Droits de l’Homme ?

Le 11 décembre 2008, le courtier-vedette Bernard Madoff fut arrêté aux Etats-Unis pour avoir commis une présumée fraude d’un montant de 50 milliards de dollars. ( C ) The Telegraph – Derek Blair

Le 11 décembre 2008, le courtier-vedette Bernard Madoff fut arrêté aux Etats-Unis pour avoir commis une présumée fraude d’un montant de 50 milliards de dollars. ( C ) The Telegraph – Derek Blair

Pas si vite. Dire que les décennies actuelle et précédente n’ont rien apporté de bon aux Droits de l’Homme, en ce qu’elles auraient été au mieux infructueuses et au pire dangereuses, serait des plus naïfs – ou des plus malhonnêtes.

Tout d’abord, même si elle a fait aux Droits de l’Homme un mal indiscutable, la crise économique n’offre pas matière à s’inquiéter, du moins en ce qui concerne les pays occidentaux. Comme l’ont expliqué les politologues américains Christian Welzel et Ronald Inglehart dans leur livre de 2005 Modernization, Cultural Change and Democracy (Modernisation, changement culturel et démocratie)[3], cité par Larry Diamond, professeur à l’Université de Stanford, dans The Spirit of Democracy (L’esprit de la démocratie)[4], les difficultés économiques rendent la population plus encline à affirmer des valeurs de survie, à savoir des valeurs conservatrices, sectaires et casanières, plutôt que des valeurs d’expression de soi qui permettent la liberté, l’autonomie et la tolérance.

Nous ne traversons donc pas un moment de rejet des Droits de l’Homme en eux-mêmes, mais en fait un moment d’angoisse et de doute alimentés par l’incertitude quant au présent et à l’avenir de l’emploi, de la sécurité sociale et de la fiscalité. Les politiques d’austérité, toutefois, jouent bel et bien un rôle en faisant naître chez les citoyens un sentiment que l’on en fait plus pour sauver leurs banques que pour venir en aide à leurs comptes bancaires en souffrance.

Alors que le mécontentement social monte dans les pays en faillite ou risquant de l’être, de plus en plus d’électeurs frustrés en arrivent à traduire leur adhésion aux valeurs de survie en votant pour la première fois de leur vie pour l’extrême droite, laquelle va du Front National qui, en France, s’escrime à se donner bon genre, au parti ouvertement néo-nazi Aube Dorée en Grèce. L’attitude parfois ambiguë des partis au pouvoir envers les migrants, particulièrement envers les Roms, vient fournir un encouragement malvenu à l’intolérance en faisant penser aux citoyens que leur haine de tout ce qui vient d’ailleurs est justifiée.

En Grèce, Nikólaos Michaloliákos dirige le parti Aube Dorée, dont l’emblème rappelle le svastika des Nazis et dont la rhétorique violente et haineuse fait resurgir des souvenirs des heures les plus noires de l’histoire européenne moderne.

Ensuite, bien que les années 2000 aient été en effet largement perturbées tout à la fois par le terrorisme et par la réaction agressive de l’Amérique à celui-ci, elles furent indéniablement des années de progrès authentiques et importants pour les Droits de l’Homme dans le monde, dans la parfaite continuité de l’année 1998 qui avait vu l’adoption tout à la fois du Statut de Rome créant la Cour pénale internationale (CPI) et, le 9 décembre, de la Déclaration sur les Défenseurs des Droits de l’Homme, « née » Résolution 53/144 de l’Assemblée générale de l’ONU.

La CPI, justement, a vu le jour en 2002, le seuil de la ratification du Statut de Rome par soixante Etats ayant été atteint cette année-là.

Quatre ans plus tard, c’est encore un autre organe de l’ONU qui était créé, cette fois à partir d’un qui existait déjà – le Conseil des Droits de l’Homme, conçu pour remplacer la Commission des Droits de l’Homme qui se trouvait depuis déjà longtemps sous le feu des critiques en raison de ses mécanismes archaïques et inefficaces de surveillance et de sanctions, ainsi que pour avoir permis à des régimes autoritaires et répressifs de prendre part à ses activités.

En septembre 2007, l’Assemblée générale de l’ONU a adopté la Déclaration sur les Droits des Peuples indigènes, premier instrument international de Droits de l’Homme de tous les temps à définir de manière universelle les droits spécifiques des populations indigènes dans chaque pays, qu’ils soient civils, politiques, économiques, sociaux ou culturels. Sans surprise, quatre gouvernements connus pour être encore aux prises avec des revendications autochtones chez eux ont voté contre – les Etats-Unis, le Canada, la Nouvelle-Zélande et l’Australie.

L’année suivante vit l’entrée en vigueur de la Convention sur les Droits des Personnes handicapées, enfin rédigée en 2006 après des années d’opposition farouche de la part de l’Administration Bush qui soutenait que les Etats-Unis et tous les autres pays du monde devraient avoir des lois nationales propres quant aux droits des handicapés plutôt qu’un traité mondial. En fait, la réticence américaine s’avéra être la meilleure justification possible pour la création d’un traité de l’ONU sur les droits liés au handicap, en ce qu’elle rappelait à une communauté internationale oublieuse que le handicap était, depuis les années 1970, une question pleine et entière de Droits de l’Homme au sein de l’Organisation mondiale[5]. Même si les Etats-Unis ont fini par rejoindre la Convention en qualité de signataires, l’Administration Obama ne l’a toujours pas ratifiée.

Avec la création de la Convention vint celle d’une agence de l’ONU chargée d’encourager et de surveiller le respect par les Etats membres des dispositions de celle-ci, UN Enable. Une autre nouvelle agence de l’ONU de premier plan créée pendant les années 2000 fut ONU Femmes, officiellement dénommée l’Entité des Nations Unies pour l’Egalité de Genre et l’Autonomisation des Femmes. Sa Directrice exécutive fondatrice fut l’emblématique ancienne Présidente socialiste du Chili Michelle Bachelet.

Un monde qui serait devenu totalement obsédé par l’idée d’arrêter le terrorisme n’aurait jamais pu aller si loin pour faire progresser les Droits de l’Homme et les enraciner sans conteste, au bout du compte, dans le vingt-et-unième siècle.

Le siège de la Cour pénale internationale à La Haye (Pays-Bas).

Le siège de la Cour pénale internationale à La Haye (Pays-Bas).

CQFD. Les Droits de l’Homme ont beau être moins populaires de nos jours, l’on en a pourtant toujours autant besoin qu’avant, besoin mais aussi envie, même si l’on sera moins prompt que dans le passé à l’avouer.

Le problème est que la « guerre contre le terrorisme » et les valeurs de survie inspirées par la crise qui se sont répandues à travers le monde depuis le début du siècle font qu’il est beaucoup plus difficile pour les Défenseurs des Droits de l’Homme, qu’ils soient isolés ou membres d’organisations non-gouvernementales (ONG), d’exercer leurs fonctions et activités habituelles sans craindre d’être réprimés ou à tout le moins intimidés. Certains gouvernements ont même commencé à les fustiger comme « ennemis de l’Etat », ainsi de la Russie qui impose aujourd’hui un label « agent de l’étranger » aux ONG recevant un soutien financier depuis l’extérieur du pays.

Le 15 mars, en réaction à de tels développements catastrophiques, quinze ans après que l’Assemblée générale de l’ONU a adopté la Déclaration sur les Défenseurs des Droits de l’Homme, le Conseil des Droits de l’Homme a adopté une résolution au titre éloquent – « Protéger les Défenseurs des Droits de l’Homme ».

Dans son Préambule, la résolution, proposée à l’origine par la Norvège, rappelle que « toutes les dispositions de la [déclaration de 1998] restent fondées et applicables », rappelant aussi les résolutions précédentes du Conseil et de l’Assemblée générale ainsi que le Programme d’Action de la Conférence de Vienne de 1993 sur les Droits de l’Homme, qui fut le premier événement international d’envergure consacré aux Droits de l’Homme après la fin de la guerre froide. La résolution réaffirme que « les États sont tenus de protéger tous les droits de l’homme et libertés fondamentales de tous », reconnaît que « les défenseurs des droits de l’homme apportent une contribution importante, aux niveaux local, national, régional et international, à la promotion et à la protection des droits de l’homme », et souligne en conséquence que « le respect et le soutien manifestés pour les activités des défenseurs des droits de l’homme, y compris les femmes qui défendent ces droits, sont déterminants pour la jouissance globale des droits de l’homme ».

La résolution appelle tous les Etats membres de l’ONU à éviter ou cesser de recourir au droit interne et aux dispositions administratives, en ce comprises « les lois et autres mesures relatives à la sécurité nationale et à la lutte antiterroriste, telles que les lois régissant les organisations de la société civile », pour entraver le travail des Défenseurs des Droits de l’Homme, a fortiori pour les stigmatiser ainsi que leur dévouement sans relâche. Elle met également l’accent sur le rôle important que jouent « les nouvelles formes de communication, y compris la diffusion d’informations en ligne et hors ligne, peuvent constituer pour les défenseurs des droits de l’homme », car elles sont des « outils importants leur permettant de promouvoir et favoriser la protection des droits de l’homme ».

Le Conseil des Droits de l’Homme en session au Palais des Nations à Genève (Suisse).

Le Conseil des Droits de l’Homme en session au Palais des Nations à Genève (Suisse).

Prenant la mesure de la « discrimination et la violence systémiques et structurelles subies par les femmes qui défendent les droits de l’homme », la résolution « engage les États à prendre en compte les considérations liées au genre » dans leurs entreprises de sécurisation et de garantie de la liberté d’action des Défenseurs des Droits de l’Homme au sein de leurs frontières.

Dans l’une des déclarations les plus fortes de toute la résolution, le Conseil, s’appuyant directement sur des instruments de Droits de l’Homme de l’ONU aussi primordiaux que la Déclaration universelle des Droits de l’Homme, le Pacte international relatif aux Droits civils et politiques et le Pacte international relatif aux Droits économiques, sociaux et culturels, appelle tous les pays à « instaurer un climat sûr et porteur qui permette aux défenseurs des droits de l’homme d’agir sans entrave et en toute sécurité, dans l’ensemble du pays et dans tous les secteurs de la société, et notamment à apporter leur appui aux défenseurs des droits de l’homme au niveau local ».

Adoptée avec le soutien de nombreux Etats non-membres du Conseil, tels que la France, le Costa Rica, le Portugal, la Suède et l’Uruguay, mais aussi, de manière plus surprenante lorsqu’il s’agit de Droits de l’Homme, de la Côte d’Ivoire, de la Géorgie et de la Turquie, la résolution survient tel un vibrant rappel à l’ordre, réaffirmant la pertinence et l’importance du travail des Défenseurs des Droits de l’Homme dans le monde d’aujourd’hui et confirmant que celui-ci n’est ni un luxe suranné, ni une croisade d’arrière-garde coupée de la réalité, mais une nécessité claire et immédiate.

Dans l’un de ses plus grands succès, parfois utilisé comme un « hymne de la maison » par Amnesty International, Bob Marley chantait :

 “Get up, stand up,

Stand up for your right,

Get up, stand up,

Don’t give up the fight”,

« Allez, debout,

Luttez pour vos droits,

Allez, debout,

N’abandonnez pas. »

Marley a disparu depuis trente-deux ans, mais ses mots n’ont jamais cessé de résonner comme un appel au courage et à l’action pour les Défenseurs des Droits de l’Homme en tous lieux.

Plus que jamais, nous, Défenseurs des Droits de l’Homme, devons faire briller la flamme, cette même flamme qui symbolise les Droits de l’Homme au sein de l’ONU, et poursuivre notre combat, sans nous laisser dissuader, sans nous laisser décourager, sans nous laisser impressionner. A présent, la dernière ligne de défense de l’humanité contre la peur et le désespoir, c’est nous.

 A l’ONU, les Droits de l’Homme sont représentés par un flambeau, le flambeau pour une vie de plein épanouissement. Le flambeau représente également ceux qui le portent à travers le monde – les Défenseurs des Droits de l’Homme.


A l’ONU, les Droits de l’Homme sont représentés par un flambeau, le flambeau pour une vie de plein épanouissement. Le flambeau représente également ceux qui le portent à travers le monde – les Défenseurs des Droits de l’Homme.

Bernard Henry est l’Officier des Relations Extérieures du Bureau de Représentation auprès de l’Office des Nations Unies à Genève de l’Association of World Citizens.

 

 

Don’t Give Up the Fight for Human Rights!

In Being a World Citizen, Current Events, Democracy, Human Rights, International Justice, The Search for Peace, United Nations, Women's Rights, World Law on May 3, 2013 at 1:34 PM

DON’T GIVE UP THE FIGHT FOR HUMAN RIGHTS!

By Bernard Henry

Early May is a good time to celebrate human rights. Besides May 1, International Labor Day, there is also May 3, World Press Freedom Day, first established by the United Nations (UN) General Assembly in 1993 and celebrated yearly under the auspices of the UN’s specialized institution in charge of communication, UNESCO[1].

So let’s celebrate. But during the rest of the year, human rights actually give cause to little celebration. Since the year 2000, in spite of milestone developments at the UN and other intergovernmental organizations as well as in a number of individual nation-states, international human rights, arguably the noblest part of the political inheritance of the twentieth century, seem to have lost much of their prominence in global political life.

No wonder. After the 2000 presidential election in the United States dealt a severe blow to the until then sacrosanct, universally-revered Western pattern of liberal democracy, the terror attacks on the World Trade Center and the Pentagon of the following year definitely shifted the world’s attention to the reality of a terrorist threat that could strike anyone, anywhere, anytime, creating calamity and leading to a call to arms. A “war on terror” led by the United States ensued, infamously symbolized by the government-operated lawless zone of Guantanamo Bay and the “secret renditions” of terror suspects by plane from one country to another. In the early years, holding out human rights in protest was viewed as merely being an Al Qaeda supporter.

After the terror attacks of September 11, 2001 in New York and Washington, many Americans said they were willing to accept restrictions on civil liberties to fight terrorism. This allowed the Bush Administration to respond to the terrorist threat with numerous, serious human rights abuses, most notably at the U. S. detention facility of Guantanamo Bay, Cuba.

After the terror attacks of September 11, 2001 in New York and Washington, many Americans said they were willing to accept restrictions on civil liberties to fight terrorism. This allowed the Bush Administration to respond to the terrorist threat with numerous, serious human rights abuses, most notably at the U. S. detention facility of Guantanamo Bay, Cuba. (C) Reuters

Then came the hunger riots of 2008—the first symptoms of the crisis of the global trade and free-market system we are still in today. After financial speculation on basic food items had devastating effects in most developing countries, the subprime mortgage crisis in the United States brought even the world’s wealthiest country to its knees, leading a major corporation like Lehman Brothers to plain, simple bankruptcy and exposing the long-running fraud schemes of star trader Bernard Madoff. So much for basic rights such as food and housing. In many countries rich and poor, it was felt that economic globalization was at fault and national borders were now the (only) safeguards of peoples against abuse of their economic and social rights, as was seen in Hugo Chavez’s Venezuela. Populism also rose in the West, limiting the scope of political questioning to how much damage immigrants were causing to employment and purchasing power. Now perceived as elitist in the West and “Western” in the rest of the world, human rights were forced to yield under the weight of economic collapse.

As a result, by the end of the first decade of the new century, human rights as codified in Paris and New York in the wake of World War II appeared to be dead in space. In its edition of February 18, 2010, Newsweek went so far as to declare the “Death of Human Rights”[2], detailing how Western states were now disregarding the poor human rights records of their economic, political and military partners in Asia, Africa and the Middle East. As the economic crisis lingers on and armed Islamism now spawns also in the relatively spared Sub-Saharan Africa, jaded everyday citizens and world leaders have learned to leave it to a cynical game of geopolitics and like human rights as little more than a benevolent philosophy which would be politically unrealizable.

Could this be true? If so, why should anyone, anywhere in the world, continue to fight for human rights?

On December 11, 2008, star trader Bernard Madoff was arrested for an alleged $50 billion fraud. (C) The Telegraph - Derek Blair

On December 11, 2008, star trader Bernard Madoff was arrested in the United States for an alleged $50 billion fraud.
(C) The Telegraph – Derek Blair

Not so fast. Dismissing the previous and current decades as having been at best fruitless, at worst damaging in terms of human rights development would be quite foolish—or quite dishonest.

First, harmful as it may have been to human rights, the economic crisis is nothing to worry about, at least as far as Western countries are concerned. As the American political scientists Christian Welzel and Ronald Inglehart explained in their 2005 book Modernization, Cultural Change and Democracy[3], quoted by Stanford professor Larry Diamond in The Spirit of Democracy[4], economic hardship makes it more natural for people to affirm survival values, i. e. conservative, sectarian, inward-looking  values, rather than self-expression values allowing for freedom, autonomy and tolerance.

This is thus hardly a time of rejection of human rights per se, actually a time of anguish and doubt fueled by uncertainty about the present and future of employment, health care and taxation. Austerity policies, however, do play a role in alienating constituents who feel more is being done to save their banks than to support their ailing bank accounts.

As social discontent grows in those bankrupt or economically-fledgling countries, an increasing number of disgruntled voters come to translate their adhesion to survival values into a first-time vote for the extreme right, ranging from the would-be nice-looking National Front in France to Greece’s openly neo-Nazi Golden Dawn party. The sometimes ambiguous attitude of ruling parties toward migrants, especially the Roma, in some European countries further provides an unwelcome encouragement of intolerance, making people feel justified in their hatred of outsiders.

In Greece, Nikólaos Michaloliákos leads the Golden Dawn party, whose emblem resembles the Nazi swastika and whose violent, hateful rhetoric brings back memories of the darkest hours of modern European history.

In Greece, Nikólaos Michaloliákos leads the Golden Dawn party, whose emblem resembles the Nazi swastika and whose violent, hateful rhetoric brings back memories of the darkest hours of modern European history.

Second, although the 2000s were largely marred by both terrorism and America’s pushy response to it, these were years of genuine, significant progress for human rights in the world, very much in continuity with the year 1998 which saw the adoption of both the Rome Statute of the International Criminal Court (ICC) and, on December 9, the Declaration on Human Rights Defenders née Resolution 53/144 of the UN General Assembly.

Precisely, the ICC came to existence in 2002 after the threshold of ratification of the Rome Statute by 60 UN Member States was reached that year.

Four years later, another new UN body was created out of an existing one—the Human Rights Council, designed to replace the Human Rights Commission which had been for some time under heavy fire for its outdated, unassertive monitoring and sanctioning mechanisms and for allowing authoritarian, repressive regimes to participate in its activities.

In September 2007 the UN General Assembly adopted the Declaration on the Rights of Indigenous Peoples, the first ever international human rights instrument to universally define the specific rights of indigenous groups in every country, whether civil, political, economic, social or cultural. Unsurprisingly, four governments notoriously still scrambling with indigenous rights claims at home voted against—the USA, Canada, New Zealand and Australia.

The following year saw the entry into force of the Convention on the Rights of People with Disabilities, finally drafted in 2006 after years of fierce opposition from the Bush Administration which claimed the USA and all other countries should have national laws of their own about disability rights instead of a world treaty. Actually, the American reluctance turned out to be the best possible justification for the creation of a UN treaty on disability rights, as it reminded an oblivious international community that since the 1970s, disability has been a full-fledged human rights issue within the World organization[5]. Although the USA eventually joined the Convention as a signatory, the Obama Administration still hasn’t ratified it.

Along with the creation of the Convention came that of a UN agency tasked to encourage and monitor compliance by Member States with its provisions, UN Enable. Another paramount new UN agency created in the 2000s was UN Women, officially named the UN Entity for Gender Equality and the Empowerment of Women. Its founding Executive Director was the emblematic former Socialist Chilean President Michelle Bachelet.

A world gone completely obsessed with stopping terrorism could never have gone that far in making human rights progress and definitely take root after all in the twenty-first century.

The headquarters of the International Criminal Court in The Hague, Netherlands.

The headquarters of the International Criminal Court in The Hague, Netherlands.

Q.E.D.  Human rights may be less popular nowadays but they are still just as needed as ever, needed and wanted too, although the latter will not be said publicly as easily as before.

The problem is that the “war on terror” and crisis-inspired survival values that have spread throughout the world since the beginning of the century have made it a lot more difficult for Human Rights Defenders, whether on their own or as members of nongovernmental organizations (NGOs), to carry out their usual work and activities without fear of repression or at the very least intimidation. Some governments have even begun to lash out at them as “enemies of the state”, such as Russia which is now imposing a “foreign agent” label on NGOs receiving financial support from outside the country.

On March 15, in response to such alarming developments, fifteen years after the UN General Assembly adopted the Declaration of Human Rights Defenders, the Human Rights Council adopted a resolution whose title says it all – “Protecting Human Rights Defenders”.

In its Preamble, the resolution, originally proposed by Norway, recalls “the continued validity and application of all the provisions” of the 1998 declaration, as well as other Council and General Assembly resolutions and the Program of Action of the Vienna Conference on Human Rights of 1993 which was the first post-Cold War main event dedicated to human rights on the international stage. It reaffirms that “States are under the obligation to protect all human rights and fundamental freedoms of all persons” and acknowledges that “human rights defenders play an important role at the local, national, regional and international levels in the promotion and protection of human rights”, accordingly “[s]tressing that respect and support for the activities of human rights defenders, including women human rights defenders, is essential to the overall enjoyment of human rights.”

The resolutions calls on UN Member States to avoid or stop using domestic law and administrative provisions, including “national security and counter-terrorism legislation and other measures, such as laws regulating civil society organizations”, to hinder the work of Human Rights Defenders, let alone to stigmatize them and their tireless campaigning. It also highlights the important role played by “new forms of communication, including the dissemination of information online and offline” as “tools for human rights defenders to promote and strive for the protection of human rights”.

The Human Rights Council in session at the Palais des Nations in Geneva, Switzerland.

The Human Rights Council in session at the Palais des Nations in Geneva, Switzerland.

Taking stock of the “systemic and structural discrimination and violence faced by women human rights defenders”, the resolution “calls upon States to integrate a gender perspective” in their work to ensure the freedom and safety of Human Rights Defenders within their borders.

In one of the most powerful statements in the entire resolution, the Council, referring directly to such major UN human rights instruments as the Universal Declaration of Human Rights, the International Covenant on Civil and Political Rights and the International Covenant on Economic, Social and Cultural Rights, urges all countries to “create a safe and enabling environment in which human rights defenders can operate free from hindrance and insecurity, in the whole country and in all sectors of society, including by extending support to local human rights defenders”.

Adopted with the support of many non-Member States of the Council, such as France, Costa Rica, Portugal, Sweden and Uruguay but also, more surprisingly when it comes to human rights, Ivory Coast, Georgia and Turkey, the resolution came as a powerful reminder that the work of Human Rights Defenders is still relevant and important to today’s world and that it is neither an old-fashioned luxury nor a rear-guard crusade out of touch with reality but a clear and present necessity.

In one of his greatest hits, sometimes used as a “house anthem” by Amnesty International, the late Bob Marley sang,

“Get up, stand up,

Stand up for your right,

Get up, stand up,

Don’t give up the fight.”

Marley has been gone for thirty-two years but his words never ceased to resonate as a call to courage and action for Human Rights Defenders everywhere.

More than ever, we Human Rights Defenders must keep the flame alive, that very flame which symbolizes human rights at the UN, and carry on with our fight, undeterred, unabated, uncompromising. We are now humanity’s last line of defense against fear and despair.

At the United Nations, human rights are represented by a flame, the flame for a life of full self-fulfillment. The flame also symbolizes those who carry it throughout the world - Human Rights Defenders.

At the United Nations, human rights are represented by a flame, the flame for a life of full self-fulfillment. The flame also symbolizes those who carry it throughout the world – Human Rights Defenders.

Bernard Henry is the External Relations Officer of the Office to the United Nations—Geneva of the Association of World Citizens.

The Association of World Citizens Promotes Knowledge and Skills for World Citizenship

In Being a World Citizen, Human Rights, Solidarity, The Search for Peace, United Nations, World Law on February 10, 2013 at 4:16 PM

THE ASSOCIATION OF WORLD CITIZENS PROMOTES KNOWLEDGE AND SKILLS FOR WORLD CITIZENSHIP

By René Wadlow

 

The Association of World Citizens (AWC) stresses that our oneness with humanity and our acceptance of the whole planet as our home involves a process of change both in the attitudes of individuals and in the policies of States. Humanity is clearly moving toward participation in the emerging World Society. An awareness of the emerging World Society and preparation for full and active participation in the emerging World Society is a necessary element of education at all levels, from primary schools, through university and adult education.

 

The AWC stresses that a World Citizen is one:

Aware of the wider world and who:

–  has a sense of his or her role as a world citizen;

–   respects and values diversity;

–   has an understanding of how the world works economically, politically, socially, culturally, technologically and environmentally;

–   is outraged by social injustice;

–   is willing to act to make the world a more equitable and sustainable place;

–   participates in and contributes to the community at a range of levels from the local to the global.

 

The AWC believes that World Citizenship is based on rights, responsibility and action.

 

The rights and freedoms are set out by the Universal Declaration of Human Rights and related human rights conventions such as the International Covenant on Economic, Social and Cultural Rights, the International Covenant on Civil and Political Rights, the Convention on the Rights of the Child, and the Convention for the Elimination of All Forms of Discrimination Against Women. These United Nations (UN)-sponsored human rights treaties are the basis of world law which deals directly with individuals and not just with States.

The Universal Declaration of Human Rights, adopted by the UN General Assembly in 1948, is truly the building block of World Citizenship.

The Universal Declaration of Human Rights, adopted by the UN General Assembly in 1948, is truly the most important building block of World Citizenship.

In most cases, there are procedures that exist for the redress of violations of these rights at the national, regional, and UN levels. These rights should enable all persons to participate effectively in national, regional and the world society.

 

The idea of responsibility has been often discussed within the UN, but it has been impossible to set out agreed-upon obligations. Rather, a sense of responsibility toward the Planet and toward others is left to the individual’s conscience and moral sense. Nevertheless, a sense of responsibility, an ethical concern for social justice, and the dignity of humanity is central to the values of a world citizen.

 

Action is at the heart of the attitude of a vibrant world citizen. Action must be based on three pillars: knowledge, analysis and skills.

Knowledge: Background knowledge, a sense of modern history, of world trends, and issues of ecologically-sound development is fundamental. As one can never know everything about issues that require action, one needs to know where to find information and to evaluate its quality for the actions one wants to undertake.

Analysis: It is important to be able to analyse current trends and events, to place events in their context, to understand the power relations expressed in an event. One needs to try to understand if an event is a “one-time only” occurrence or if it is part of a series, an on-going process, if it is a local event or if it is likely to happen in other parts of the world as well.

Analysis is closely related to motivation. If from one’s analysis, one sees a possibility for creative action alone or with others, one will often act. If from analysis, it seems that little can be done as an individual, then one can urge a government to act. The degree of personal involvement will usually depend on the results of the analysis of a situation.

Skills: Political skills are needed to make an effective world citizen. A wide range of skills is useful such as negotiation, lobbying, networking, campaigning, letter writing, communications technology and preparing for demonstrations. These are all essential skills to join with others for a strong world citizen voice in world politics. Some of these skills can be taught by those having more experience, for experience is the best teacher. It is by networking to new individuals and groups that one learns the potentials and limits of networking.

 

In our period of rapid social and political change, the past cannot provide an accurate guide to the future. Anticipation and adaptability, foresight and flexibility, innovation and intuition, become increasingly essential tools for creative political action.

 

Prof. René Wadlow is President of the Association of World Citizens.

L’AWC DEMANDE VÉRITÉ ET JUSTICE POUR CHOKRI BELAÏD

In Conflict Resolution, Current Events, Democracy, Human Rights, Middle East & North Africa, The Search for Peace, World Law on February 6, 2013 at 3:39 PM

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COMMUNIQUE

 

Genève, Mercredi 6 Février 2013

 

L’AWC DEMANDE VERITE ET JUSTICE APRES L’ASSASSINAT

DU DIRIGEANT POLITIQUE CHOKRI BELAÏD EN TUNISIE

L’Association of World Citizens (AWC), organisation non-gouvernementale internationale œuvrant pour le respect de l’Etat de droit et le dialogue politique dans les Etats en crise ou en conflit armé, s’indigne de l’assassinat de Maître Chokri Belaïd, avocat tunisien, Secrétaire général du Mouvement des Patriotes démocrates et ancien membre de la Haute instance pour la Réalisation des Objectifs de la Révolution, de la Réforme politique et de la Transition démocratique en Tunisie.

Qui que l’on prenne pour cible, l’assassinat n’est jamais admissible dans une démocratie. Négation ultime de l’état de droit en politique, il est l’arme exclusive de ceux qui voudraient faire prévaloir l’ordre de la terreur et la loi du plus fort.

L’AWC appelle instamment les autorités tunisiennes à diligenter une enquête indépendante, impartiale et exhaustive sur le meurtre de Maître Chokri Belaïd, enquête dont les résultats devront être sans faute rendus publics et qui devra aboutir sans faiblesse à la comparution des responsables devant la justice, selon toutes les normes de droit international en la matière.

La violence vient de frapper en Tunisie. Il faut maintenant l’empêcher de triompher.

* * *

Supporting Young Syrians who Say “Stop the Killing!”

In Conflict Resolution, Current Events, Human Rights, Middle East & North Africa, Solidarity, The Search for Peace, United Nations, World Law on May 26, 2012 at 3:07 PM

SUPPORTING YOUNG SYRIANS WHO SAY “STOP THE KILLING!”

By René Wadlow

 Image

In early May 2012, there were particularly deadly explosions in Damascus, the capital of Syria, an escalation of a conflict which began over a year ago with nonviolent protests but which spilled over into violence, refugee displacements, and ever deeper division among the people of Syria.

For the moment, the efforts of the League of Arab States and the United Nations have not been able to establish good-faith negotiations or even a permanent ceasefire. Therefore a group of young nonviolent Syrians have created a movement “Stop the Killing,” not related to a political party or a confessional religious group, but which wishes to unite those of good will to stop the violence and to develop a society in which all can contribute.

Therefore, we who are outside Syria, send our support and willingness to cooperate.

I believe in you, and I believe in your destiny.

I believe that you have inherited from your forefathers an ancient dream, a song, a prophecy which you can proudly lay as a gift of gratitude to  those working for a just resolution of the current conflicts.

I believe that it is in you to be good citizens.

And what is it to be a good citizen?

It is to acknowledge the other person’s rights before asserting your own, but always to be conscious of your own.

It is to be free in word and deed but it is to know that your freedom is subject to the other person’s freedom.

It is to know that killing will never bring a society of justice and harmony. A just and nonviolent society is the fruit of wisdom and love. Therefore let love, human and frail, command the coming day.

 

 

Rene Wadlow, a member of the Fellowship of Reconciliation and of its Task Force on the Middle East, is President and Chief Representative to the United Nations Office at Geneva of the Association of World Citizens.

March 8 – International Day of Women: Women as Peacemakers

In Conflict Resolution, Human Rights, The Search for Peace, United Nations, Women's Rights, World Law on March 7, 2012 at 10:37 PM

MARCH 8 – INTERNATIONAL DAY OF WOMEN:

WOMEN AS PEACEMAKERS

By René Wadlow

 

It is only when women start to organize in large numbers that we become a political force, and begin to move towards the possibility of a truly democratic society in which every human being can be brave, responsible, thinking and diligent in the struggle to live at once freely and unselfishly.

 

March 8 is the International Day of Women first proposed by Clara Zetkin (1857-1933) at the Second International Conference of Socialist Women in Copenhagen in 1911.  Zetkin, who had lived some years in Paris and active in women’s movements there was building on the 1889 International Congress for Feminine Works and Institutions held in Paris under the leadership of Ana de Walska. De Walska was part of the circle of young Russian and Polish intellectuals in Paris around Gerard Encausse, a spiritual writer who wrote under the pen name of Papus. For this turn-of-the-century spiritual milieu influenced by Indian and Chinese thought, ‘feminine’ and ‘masculine’ were related to the Chinese terms of Yin and Yang. Men and women alike have these psychological characteristics. ‘Feminine’ characteristics or values include intuitive, nurturing, caring, sensitive, relational traits, while ‘masculine’ are rational, dominant, assertive, analytical and hierarchical.

Clara Zetkin (1857-1933), a woman who changed the world.

As individual persons, men and women alike can achieve a state of wholeness, of balance between the Yin and Yang.  However, in practice ‘masculine’ refers to men and ‘feminine’ to women.  Thus, some feminists identify the male psyche as the prime cause of the subordination of women around the world.  Men are seen as having nearly a genetic coding that leads them to ‘seize’ power, to institutionalize that power through patriarchal societal structures and to buttress the power with masculine values and culture.

One of the best-known symbols of a woman as peacemaker is Lysistrata, immortalized by Aristophanes, who mobilized women on both sides of the Athenian-Spartan War for a sexual strike in order to force men to end hostilities and avert mutual annihilation.  In this, Lysistrata and her co-strikers were forerunners of the American humanistic psychologist Abraham Maslow who proposed a hierarchy of needs: water, food, shelter, and sexual relations being the foundation. (See Abraham Maslow The Farther Reaches of Human Nature) Maslow is important for conflict resolution work because he stresses dealing directly with identifiable needs in ways that are clearly understood by all parties and with which they are willing to deal at the same time.

Addressing each person’s underlying needs means you move toward solutions that acknowledge and value those needs rather than denying them.  To probe below the surface requires redirecting the energy towards asking ‘what are your real needs here? What interests need to be serviced in this situation?’ The answers to such questions significantly alter the agenda and provide a real point of entry into the negotiation process.

It is always difficult to find a point of entry into a conflict, that is, a subject on which people are willing to discuss because they sense the importance of the subject and all sides feel that ‘the time is ripe’ to deal with the issue.  The art of conflict resolution is highly dependent on the ability to get to the right depth of understanding and intervention into the conflict.  All conflicts have many layers.  If one starts off too deeply, one can get bogged down in philosophical discussions about the meaning of life. However, one can also get thrown off track by focusing on too superficial an issue on which there is relatively quick agreement.  When such relatively quick agreement is followed by blockage on more essential questions, there can be a feeling of betrayal.

Lysistrata's message to the "men at war" from Athens and Sparta was clear as could be: No peace, no sex!

Since Lysistrata, women, individually and in groups, have played a critical role in the struggle for justice and peace in all societies. However, when real negotiations begin, women are often relegated to the sidelines.  However a gender perspective on peace, disarmament, and conflict resolution entails a conscious and open process of examining how women and men participate in and are affected by conflict differently.  It requires ensuring that the perspectives, experiences and needs of both women and men are addressed and met in peace-building activities.  Today, conflicts reach everywhere.  How do these conflicts affect people in the society — women and men, girls and boys, the elderly and the young, the rich and poor, the urban and the rural?

I would stress three elements which seem to me to be the ‘gender’ contribution to conflict transformation efforts:

1) The first is in the domain of analysis, the contribution of the knowledge of gender relations as indicators of power. Uncovering gender differences in a given society will lead to an understanding of power relations in general in that society, and to the illumination of contradictions and injustices inherent in those relations.

2) The second contribution is to make us more fully aware of the role of women in specific conflict situations.  Women should not only be seen as victims of war: they are often significantly involved in taking initiatives to promote peace.  Some writers have stressed that there is an essential link between women, motherhood and non-violence, arguing that those engaged in mothering work have distinct motives for rejecting war which run in tandem with their ability to resolve conflicts non-violently. Others reject this position of a gender bias toward peace and stress rather that the same continuum of non-violence to violence is found among women as among men.  In practice, it is never all women or all men who are involved in peace-making efforts.  Sometimes, it is only a few, especially at the start of peace-making efforts.  The basic question is how best to use the talents, energies, and networks of both women and men for efforts at conflict resolution.

3) The third contribution of a gender approach with its emphasis on the social construction of roles is to draw our attention to a detailed analysis of the   socialization process in a given society.  Transforming gender relations requires an understanding of the socialization process of boys and girls, of the constraints and motivations which create gender relations. Thus, there is a need to look at patterns of socialization, potential incitements to violence in childhood training patterns, and socially-approved ways of dealing with violence.

Former Chilean President Michelle Bachelet, now the Executive Director of UN Women, addressing a meeting of the UN Security Council marking the 10th anniversary of landmark resolution 1325 on women, peace and security (October 26, 2010).

Awareness that there can be ‘blind spots’ in men’s visions is slowly dawning in high government circles.  The U.N. Security Council, at the strong urging of non-governmental organizations (NGOs), on October 31, 2000 issued Resolution 1325 which calls for full and equal participation of women in conflict prevention, peace processes, and peace-building, thus creating opportunities for women to become fully involved in governance and leadership.  This historic Security Council resolution 1325 provides a mandate to incorporate gender perspectives in all areas of peace support.  Its adoption is part of a process within the UN system through its World Conferences on Women in Mexico City (1975), in Copenhagen (1980), in Nairobi (1985), in Beijing (1995), and at a special session of the U.N. General Assembly to study progress five years after Beijing (2000).

There is growing recognition that it is important to have women in politics, in decision-making processes and in leadership positions. The strategies women have adapted to get to the negotiating table are testimony to their ingenuity, patience and determination. Solidarity and organization are crucial elements.   March 8: International Day of Women is a reminder of the steps taken and the distance yet to be covered.

 

René Wadlow is President and Chief Representative to the United Nations Office at Geneva of the Association of World Citizens.

World Citizens Call for Urgent Action to End Human Trafficking — a Modern-Day Slave Trade

In Human Rights, Women's Rights, World Law on January 11, 2012 at 9:05 PM

WORLD CITIZENS CALL FOR URGENT ACTION TO END HUMAN TRAFFICKING — A MODERN-DAY SLAVE TRADE

 By René Wadlow

January 11 was in some countries a “National Day of Awareness on Human Trafficking”. While ‘awareness’ is always a first step, it is action that is needed as was underlined by the Association of World Citizens in a message to the Chairman of the United Nations (UN) Human Rights Council. The recent increase in the scope, intensity and sophistication of trafficking of human beings around the world threatens the safety of citizens everywhere and hinders countries in their social, economic, and cultural development.

The smuggling of migrants and the trafficking of human beings for prostitution and slave labor have become two of the fastest growing worldwide problems of recent years.  From Himalayan villages to Eastern European cities — especially women and girls — are attracted by the prospects of a well-paid job as a domestic servant, waitress or factory worker. Traffickers recruit victims through fake advertisements, mail-order bride catalogues, casual acquaintances, and even family members.

However, trafficking in human beings is not confined to the “sex industry”.  Children are trafficked to work in sweatshops and men to work in the “three Ds jobs” — dirty, difficult, and dangerous.  The lack of economic, political and social structures providing women with equal job opportunities has also contributed to the feminization of poverty, which in turn has given rise to the feminization of migration, as women leave their homes to look for viable economic solutions. In addition, political instability, militarism, civil unrest, internal armed conflicts and natural catastrophes increase women’s vulnerability and can contribute to the development of trafficking.

Trafficking impacts the lives of millions of people — those trafficked and their family members — especially from poorer countries or the poor sections of countries.  Trafficking of persons has become a multi-billion dollar business and ranks right after the trade in drugs and guns. Trafficking is often an activity of organized crime.  In some cases, it is the same organization which deals in drugs, guns and people.  In other cases, there is a “division of labor”, but the groups are usually in contact.

Thus drugs, guns, illegal immigration — these form a nightmare vision of the dark side of globalization with untold human costs. Human trafficking affects women, men and children in their deepest being. It strikes at what is most precious in them: their dignity and their value as individuals.  Trafficked persons experience painful and traumatizing situations which can be with them for the rest of their lives. From recruitment to exploitation, they lose their identity and desperately struggle against a situation that reduces them to objects.

The Association of World Citizens stresses that the fight against human trafficking must be waged in a global and multidimensional way by the UN, regional intergovernmental organizations, by national governments and by non-governmental organizations so that countries of origin, transit and destination develop cooperative strategies and practical action against trade in human beings.  One of the foundations of cooperation is mutual trust. When mutual trust is established, cooperation becomes a natural way to act.

As trafficking in people is more often tolerated by the law enforcement agencies than drugs or guns, there has been a shift of criminal organizations toward trafficking in people.  116 governments have signed a UN-promoted 2000 Protocol to Prevent, Suppress and Punish Trafficking, Especially Women and Children which entered into force in December 2003. However, trafficking in persons is often not a priority for national governments.  Some countries which are important links in the trade of persons such as India, Pakistan, and Japan have not yet signed.

For many governments, trafficking is considered a question of illegal migration, and there is relatively little (in some cases no) consideration of the problems of the individual being trafficked.  Human concern for those caught in the web is a prime contribution of non-governmental organizations.  Concern for physical and mental health is crucial.  There is also an obvious need to deal with the issues which have created these pools of people from which traffickers can draw.  The large number of refugees from Iraq — over two million in Jordan and Syria — await better political and economic conditions in Iraq so they can return home.

Thus, one of the aspects of trafficking in which non-governmental organizations can play a crucial role is the psychological healing of the victims. Unfortunately, the victim’s psychological health is often ignored by governments.  Victims often suffer a strong psychological shock that disrupts their psychological integrity.  The result is a lack of self-esteem after having experienced such traumatizing events.

Within the Association of World Citizens we must not underestimate the difficulties and dangers which exist in the struggle against trafficking in persons nor the hard efforts which are needed for the psychological healing of victims.  However, as World Citizens, we have the opportunity of dealing with a crucial world issue.

 

René Wadlow is President and Chief Representative to the United Nations Office at Geneva of the Association of World Citizens.

Pour les avocats chinois, “Défense de défendre” …

In Asia, Democracy, Human Rights, World Law on August 14, 2011 at 3:23 PM

POUR LES AVOCATS CHINOIS, « DEFENSE DE DEFENDRE » …

Par Bernard Henry

 

« La première chose à faire, c’est de tuer tous les avocats ! »

C’est le conseil que donnait un sinistre personnage du nom de Dick le Boucher, dans la pièce de Shakespeare Henri VI[i] (en fait la seconde partie, supposément écrite en 1591), à un autre personnage de la pièce, Jack Cade, qui se rêvait en tyran d’Angleterre. Ayant réellement existé, Jack Cade fut en réalité le meneur d’une révolte populaire dans le Kent en 1450, alors que régnait en Angleterre le fameux roi dont le nom donne son titre à la pièce.

En tout cas, si le Jack Cade que nous dépeint le Barde reçoit ce sinistre conseil de Dick le Boucher, c’est que ce dernier entend lui indiquer la meilleure manière de tuer dans l’œuf toute tentative de contestation et, surtout, toute persistance d’idées subversives dans l’Angleterre sur laquelle Jack Cade régnerait en maître absolu. Dans certaines parties de l’Empire britannique tel qu’il a existé après la mort de Shakespeare, c’est un conseil que d’aucuns auraient peut-être aimé suivre, s’ils n’avaient pas eu tant à craindre de la réaction de leur propre peuple et, à coup sûr, d’un reste du monde indigné.

Dans l’Inde britannique des lendemains de la Seconde Guerre Mondiale, c’est ainsi un Mohandas Gandhi, avocat qui avait fait ses premières armes dans l’Afrique du Sud également britannique de l’époque, qui a conduit à la victoire le mouvement non-violent pour l’indépendance. En l’occurrence, sa mort fut le fait non des Britanniques mais d’un extrémiste hindou, qui jugeait le Mahatma, la « grande âme » en sanskrit, trop conciliant envers les Musulmans indiens qui, emmenés par Ali Jinnah, revendiquaient un Etat indépendant portant le nom de Pakistan.

Pour l’ « Union sud-africaine » britannique, lorsque les politiques d’apartheid, terme afrikaans signifiant « développement séparé », furent mises en place en 1948 sous le gouvernement du Premier Ministre Daniel Malan, l’indépendance en 1961 signifia également le départ du Commonwealth, où la politique raciste de Prétoria était réprouvée de manière unanime. Là encore, c’est un avocat qui devint le symbole international de la résistance. Il se nommait Nelson Rolihlahla Mandela.

Condamné le 12 juin 1964 à la prison à vie, Nelson Mandela fut libéré en février 1990 à l’initiative du Président Frederik Willem de Klerk. Après la légalisation de son parti, le Congrès national africain (African National Congress, ANC), il continua la lutte jusqu’à débarrasser définitivement l’Afrique du Sud de l’apartheid avec la disparition en 1992 des dernières lois de ségrégation. En 1993, Nelson Mandela et Frederik Willem de Klerk reçurent conjointement le Prix Nobel de la Paix, et le 10 mai 1994, lors des toutes premières élections démocratiques et multiraciales en Afrique du Sud, Mandela devint le premier Président noir du pays.

Si le conseil de Dick le Boucher avait été suivi par Lord Mountbatten lorsqu’il était vice-roi et gouverneur général des Indes, ou par Charles Robberts Swart, le premier Président de l’Afrique du Sud indépendante, l’histoire des deux pays, ainsi que celle du monde, en eût été bouleversée …

Mohandas Gandhi, le futur Mahatma, et Nelson Mandela, premier Président noir de l’Afrique du Sud. Deux avocats de profession qui se sont faits ceux de leurs peuples opprimés et qui, contre toute attente, les ont libérés.

C’est sans doute aussi l’avis des dirigeants de la République populaire de Chine, le plus grand pays au monde à conserver de nos jours une structure de gouvernement communiste, ayant dans le même temps adopté, à l’instar de ses « petits frères » cubain et vietnamien, l’économie capitaliste et le commerce avec les pays occidentaux, seule la Corée du Nord de Kim jong-il conservant un pur système stalinien digne des pires heures du vingtième siècle.

En faisant passer, de 1978 à 1989, son économie planifiée de type soviétique à un « socialisme de marché », Beijing a su éviter le piège dans lequel était tombée l’Union soviétique, son vieux rival à l’intérieur du monde communiste, en s’excluant durablement des grands contrats internationaux, même la perestroika mise en œuvre par Mikhaïl Gorbatchev à son accession au pouvoir en 1985 n’ayant pu enrayer le déclin du pays fondateur du « socialisme scientifique » et sa disparition pure et simple en 1991.

Ayant survécu en tant qu’Etat socialiste, fût-ce au prix de l’évolution de son système économique vers ce capitalisme qu’elle maudissait sous l’ère Mao, la Chine est ainsi devenue la deuxième puissance économique au monde, étant depuis 2001 membre de l’Organisation mondiale du Commerce. Pour autant, elle est loin d’être devenue le deuxième pays le plus libre du monde, le Parti communiste chinois gardant la haute main sur la société, fort de ses quatre-vingt millions de membres qui font de lui la plus grande organisation politique de toute la planète, et surtout, l’absence totale de droits liés au travail, garante des coûts de production ridiculement bas qui ont fait de la Chine la destination vedette de la délocalisation à partir des années 1990, allant de pair avec le mépris le plus complet des droits civils et politiques. Et comme l’on peut s’y attendre, les avocats chinois en savent quelque chose.

Après la victoire dans la guerre civile chinoise, à l’issue de vingt ans de combats, des communistes de Mao Zedong contre les nationalistes de Tchang Kaï-chek qui devaient ne garder, sous protection américaine, que l’île de Taiwan, la profession d’avocat fut l’une des victimes du raidissement du régime, échaudé par le soulèvement hongrois contre l’occupation soviétique en 1956. L’année suivante, le barreau fut purement et simplement supprimé, avant d’être reconstitué peu à peu dans les années qui suivirent, même si les avocats chinois durent attendre la fin de l’avènement du « socialisme de marché » pour retrouver un statut tant soit peu comparable à celui de leurs confrères du reste du monde, à travers une loi promulguée en 1989 par le Ministère de la Justice chinois en ce sens[ii].

Shanghai, mégapole de plus de 23 millions d’habitants, symbole par excellence d’une Chine qui s’est ouverte au capitalisme occidental tout en conservant un système politique répressif hérité des dictatures communistes du vingtième siècle.

Aujourd’hui, un niveau d’études de droit supérieur à trois ans suffit pour être avocat en Chine. Un concours national unique a été institué en 2002, à l’issue duquel le candidat chanceux doit demander et obtenir du Ministère de la Justice, une première fois puis chaque année, une « licence d’exercice » de la profession d’avocat.

Mais attention. Quand on est avocat en Chine, l’on n’a pas seulement pour mission, aux termes de la loi, « la protection des intérêts légaux de ses clients, la protection de l’application de la loi et la protection de la justice et de l’équité sociales », aux termes mêmes d’un avocat chinois[iii]. L’on est aussi tenu, « à travers l’exercice de sa profession, de participer à la marche vers la réalisation de l’Etat de droit socialiste et de protéger la justice sociale ». Autrement dit, pour l’avocat qui entreprend de défendre une notion du droit autre que celle officielle voulue par l’Etat, gare …

Comme le rappelait Amnesty International le 30 juin dernier[iv], à l’instar du soulèvement de Budapest qui avait poussé Mao à « tuer tous les avocats » au pur plan administratif, le régime chinois d’aujourd’hui, craignant une « Révolution du Jasmin » à la manière de celle de janvier dernier en Tunisie, a bien fait comprendre à tous ceux qui contestent tant soit peu dans le pays, avocats compris, qu’il ne fallait pas y compter.

L’organisation précise ainsi, en ce qui concerne la « licence d’exercice » que tout avocat doit solliciter puis obtenir du Gouvernement chaque année, que celle-ci repose sur une « évaluation annuelle » sans véritable fondement juridique, laquelle est effectuée par les autorités locales, les avocats exerçant à titre individuel étant quant à eux « évalués » par des « associations d’avocats » se prétendant indépendantes et ayant en réalité bien peu à voir en la matière avec les barreaux des pays occidentaux. Sans surprise, les rares avocats, parmi les deux cent quatre mille que compte la Chine, qui osent prendre des affaires dites « sensibles », à savoir, défendre des Défenseurs des Droits de l’Homme (DDH) ou l’être eux-mêmes, échouent largement plus que la moyenne à cette « évaluation » et voient leur licence révoquée ou au mieux suspendue. Quand bien même un avocat passe outre et continue de défendre de tels dossiers, ce sont les autorités qui passent outre les normes internationales de Droits de l’Homme …  Et la loi chinoise proprement dite.

Toute l’horreur de la peine de mort en Chine, l’Etat qui exécute le plus au monde.

Avant même que l’onde de choc du départ de Zine el Abidine Ben Ali n’ait atteint Beijing, la Chine avait d’ores et déjà introduit, au cours des deux dernières années, des réglementations interdisant aux avocats d’accepter certains types de dossiers, de faire quelque commentaire que ce soit auprès des médias sur leurs dossiers en cours ou, plus impensable encore, de contester des irrégularités commises par les tribunaux. Même si de telles réglementations sont on ne peut plus contraires aux Principes de Base des Nations Unies relatifs au Rôle du Barreau, dont l’Article 18 dispose que « les avocats ne doivent pas être assimilés à leurs clients ou à la cause de leurs clients du fait de l’exercice de leurs fonctions », l’avocat chinois qui s’avise de préférer ce droit international insolent à l’ordre du « droit socialiste » est voué à le payer cher.

Pour les membres de groupes religieux non officiels, tels que le mouvement spirituel Falun Gong, ou encore les protestataires dans les régions autonomes bouddhiste du Tibet et musulmane du Xinjiang, il n’a jamais été aussi difficile d’être défendu en justice, de même que pour ceux qui se prennent à dire publiquement qu’ils trouvent insuffisante ou inadaptée la réaction des autorités aux récentes catastrophes naturelles ou aux questions liées à la sécurité alimentaire. Pour d’autres, déjà vulnérables de manière traditionnelle, la défense est devenue tout simplement un mot vide de tout sens. Ainsi des citoyens emprisonnés de manière arbitraire, voire soumis à la torture en détention, et de ceux qui, dans ce pays qui exécute à tour de bras, risquent la peine de mort, souvent sur la base d’aveux arrachés par la torture en amont.

Amnesty International cite ainsi les cas de cinq avocats DDH particulièrement visés.

Gao Zhisheng, qui défendait des membres de Falun Gong et traitait des dossiers de peine de mort, a « disparu » depuis plus d’un an. Auparavant, il avait déjà été détenu « au secret » et torturé plus d’une fois depuis 2006.

Tang Jingling, exerçant à Guangdong, province du sud frontalière de Hong Kong, a « disparu » quant à lui le 22 février dernier. Ses amis pensant qu’il se trouve dans un centre gouvernemental de formation à Panyu, l’un de ses confrères tenta de s’en assurer ; mais il fut menacé, passé à tabac et finalement contraint d’y renoncer. Tang Jingling défendait des travailleurs emprisonnés pour avoir protesté contre leurs conditions de travail déplorables, et en dépit du refus des autorités de lui renouveler sa licence, il prodiguait des conseils juridiques aux personnes vulnérables, en particulier aux travailleurs migrants.

Liu Shihui, avocat exerçant à Guangzhou, ville jadis connue sous le nom de Canton, également dans le Guangdong, et travaillant sur des dossiers de tortures et de décès en garde à vue, fut sévèrement battu le 20 février dernier alors qu’il se rendait à une manifestation de protestation inspirée par la Révolution du Jasmin en Tunisie. Le 25, il « disparut », puis il fut en fin de compte amené de force le 12 juin par les autorités à sa résidence située dans la Région autonome de Mongolie intérieure, où il demeure à ce jour assigné à résidence.

Tang Jitian est, depuis le 5 mars dernier, lui aussi assigné à résidence après avoir « disparu » le 16 février. En 2009, lui et d’autres avocats de Beijing avaient mis en cause publiquement la légalité de l’ « évaluation annuelle », et en mai 2010, après qu’il avait défendu un adepte de Falun Gong, sa licence lui avait été retirée de manière permanente.

Ni Yulan a été à plusieurs reprises arrêtée et torturée pour avoir défendu des résidents de Beijing expulsés de force de leurs maisons en vue des Jeux Olympiques de Beijing en 2008. Sa propre maison a été détruite et elle a été radiée du Barreau, elle qui déjà, en 2002, avait été torturée de manière si violente en détention qu’elle utilise désormais un fauteuil roulant.

Avant même la parution du rapport d’Amnesty, le Bureau de Représentation auprès de l’Office des Nations Unies à Genève de l’Association of World Citizens avait interpellé les autorités chinoises sur le cas d’un avocat DDH, en situation de handicap comme l’est Ni Yulan mais qui n’est pas pour autant, loin de là, privé de ses facultés d’homme de loi.

Non-voyant, Chen Guangcheng est un juriste autodidacte qui a appris le droit en braille. Persécuté de longue date par les autorités de Linyi, dans la province orientale du Shandong – pour la petite histoire, patrie de Confucius –, pour avoir défendu la cause des femmes que le Gouvernement force à avorter, que ce soit en vertu de la politique traditionnelle chinoise de l’enfant unique ou pour empêcher la naissance de filles au profit de bébés de sexe masculin, il avait été incarcéré quatre années durant avant d’être libéré le 9 septembre 2010. Mais c’était pour être placé, ainsi que sa famille, sous un strict régime d’assignation à résidence.

Une vidéo tournée clandestinement, quelques dix semaines après le début de son assignation à résidence, puis sortie de Chine et mise en ligne le 9 février dernier par l’organisation China Aid, basée aux Etats-Unis, montre Chen Guangcheng relatant en détail les mauvais traitements dont lui et sa famille sont victimes au quotidien. « Je suis sorti d’une petite prison, mais c’était pour entrer dans une encore plus grande », confie l’avocat, désormais cantonné à une maison qu’il décrit comme observée vingt-quatre heures sur vingt-quatre par trois équipes de vingt-deux personnes en tout, qui espionnent sa famille et empêchent quiconque de quitter les lieux. Seule la mère de Chen Guangcheng, qui est âgée, peut sortir pour aller faire les courses. Pas de ligne téléphonique fixe, et un brouilleur empêche tout appel entrant ou sortant sur téléphone portable. Que l’on ne tente pas pour autant d’aller voir Chen Guangcheng en personne, car sitôt que l’on entre dans le village où se trouve la maison qui lui sert désormais de geôle, l’on se voit sommé de rebrousser chemin, puis molesté si l’on s’obstine.

De même que Gao Zhisheng, Chen Guangcheng est un pilier du mouvement des « avocats aux pieds nus » qui entreprennent de défendre des victimes d’atteintes aux Droits de l’Homme en se référant à la loi chinoise même – le suprême affront à un système où un avocat est censé être, tout au contraire, un militant politique aux ordres du parti dirigeant. C’est dans ce même mouvement que s’inscrit Hu Jia, avocat converti au bouddhisme tibétain depuis les événements de Tienanmen en 1989, militant écologiste et de la lutte contre le SIDA depuis le début des années 1990 et lauréat en 2008 du Prix Sakharov pour les Droits de l’Homme décerné par le Parlement européen.

Hu Jia, Gao Zhisheng et Chen Guangcheng, les trois figures de proue du mouvement des “avocats aux pieds nus”. Bravant chaque jour la dictature, ils luttent pour que le mot “droit”, au singulier comme au pluriel, prenne en Chine tout son sens.

On n’en est pas si loin, du « tuer tous les avocats » que préconisait Dick le Boucher sous la plume de Shakespeare. De la part d’un Etat qui frappe ainsi ses avocats jusque dans leur chair, l’on pense toutefois moins, s’agissant d’une œuvre de Shakespeare, à Henri VI qu’à La Tempête, pièce dans laquelle Miranda, fille de Prospero, le duc de Milan, emploie l’expression « brave new world » dont Aldous Huxley fera au vingtième siècle le titre original anglais de son Meilleur des mondes. Dans l’« Etat mondial » que le roman d’Huxley a pour cadre, un Etat futuriste aseptisé et totalitaire, idolâtrant Henry Ford et la production industrielle, et où le bonheur quotidien se crée par la consommation d’un sorbet euphorisant, il n’y a pas de conflits, ni militaires ni juridiques, car tout simplement pas de libertés publiques au départ. Dès lors, quel besoin d’avocats ? C’est bien à cela que Hu Jintao et ses proches semblent aujourd’hui rêver pour leur pays, trop heureux qu’ils sont de voir les crises économiques successives dans les démocraties occidentales leur permettre de vanter leur modèle, car ayant racheté pour partie les dettes publiques des Etats concernés et s’offrant ainsi le luxe de faire la leçon y compris aux Etats-Unis, démocratie dépensière à bout de souffle mais qui, au moins, respecte un principe aussi fondamental pour l’état de droit que l’est l’indépendance des avocats, fondamentale à l’état de droit, et plus encore, à la démocratie.

Défendre un justiciable, c’est toujours remettre en question l’application d’une loi écrite, tout en s’appuyant soi-même, ce qui n’est pas la moindre des ironies, sur une autre loi écrite. Dans une « société démocratique » aux termes de la Déclaration universelle des Droits de l’Homme, le travail de l’avocat, par la création de la jurisprudence, nourrit le droit et l’enrichit, contribuant ainsi à son évolution dont il est indispensable qu’elle suive celle de la société. Avant que le Ministre de la Justice français Robert Badinter ne demande à l’Assemblée nationale « l’abolition de la peine de mort en France » le 17 septembre 1981, l’avocat Robert Badinter n’avait pas été sans plaider dans le procès de Claude Buffet et Roger Bontems, alors que ces deux hommes encouraient la peine de mort pour avoir effectué une prise d’otages dans une prison où ils étaient détenus. Et ils furent en effet exécutés en 1972.

En Chine, l’avocat, censé être un auxiliaire de justice, ne doit être pour les autorités qu’un auxiliaire politique et commercial, politique car il doit mettre en œuvre le « droit socialiste » voulu par Beijing, et commercial car les seuls clients honorables pour lui sont les hommes d’affaires, chinois et étrangers, qui assurent la réussite d’un système où politique et économie se contredisent en permanence.

L’avocate française Gisèle Halimi déclarait récemment : « Dans notre profession, on considère qu’il n’y a pas d’indéfendable ». Le Gouvernement chinois a pourtant instauré ce principe dans son droit interne. Tant qu’il laissera ces dispositions perdurer, aux yeux des avocats de Chine et du monde entier, il se rendra, ainsi que son système politico-économique schizophrène, indéfendable.

 

Bernard Henry est Officier de Presse du Bureau de Représentation auprès de l’Office des Nations Unies à Genève de l’Association of World Citizens.

 


[i] Acte IV, Scène 2.

[ii] « Etre avocat en Chine », Maître Mathieu Boyer, in Revue du commerce international.

[iii] « Le rôle de l’avocat chinois dans la pratique judiciaire », Maître Xia ShanSheng, Ambassade de France en Chine (http://www.ambafrance-cn.org/Le-role-de-l-avocat-dans-le-systeme-judiciaire-En-Chine.html).