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Garry Davis : “Et maintenant, la parole est au peuple !”

In Being a World Citizen, The Search for Peace, World Law on July 29, 2013 at 12:07 PM

GARRY DAVIS : « ET MAINTENANT, LA PAROLE EST AU PEUPLE ! »

Par René Wadlow

Garry Davis, qui est décédé le 24 juillet 2013 à Burlington (Vermont, Etats-Unis), était souvent appelé le « Premier Citoyen du Monde ». Ce titre n’était pourtant pas tout à fait correct, car le mouvement citoyen du monde est apparu sous sa forme structurée dans l’Angleterre de 1937, avec Hugh J. Shonfield et son Commonwealth of World Citizens, lequel fut suivi en 1938 par la création, aux Etats-Unis et en Angleterre de manière conjointe, de la World Citizen Association[i]. Néanmoins, c’est bien Garry Davis qui, en 1948 et 1949 à Paris, toucha un large public et popularisa ainsi le terme « citoyen du monde ».

Garry Davis fut l’initiateur de ce que je considère être la « deuxième vague de l’action des Citoyens du Monde ». La première vague eut lieu entre 1937 et 1940, dans une tentative de contrer le nationalisme étroit qu’incarnaient l’Italie fasciste, l’Allemagne nazie et le Japon militariste. Cette première vague d’action des Citoyens du Monde ne parvint pas à empêcher la Seconde Guerre Mondiale, mais elle mit en lumière le besoin d’une vision cosmopolite globale. Henri Bonnet, du Comité pour la Coopération intellectuelle de la Société des Nations (SDN), également fondateur de la Section des Etats-Unis de la World Citizen Association, devint l’un des intellectuels les plus influents de la France Libre du Général de Gaulle à Londres durant la guerre. Bonnet fut ensuite l’un des fondateurs de l’UNESCO – ce qui explique que l’organisation soit basée à Paris – dont il est aussi à l’origine de l’insistance sur la compréhension entre les cultures.

La Deuxième Vague de l’action des Citoyens du Monde, dans laquelle Garry Davis joua un rôle de premier plan, dura de 1948 à 1950 – soit jusqu’à ce qu’éclate la guerre en Corée et que chacun puisse se rendre compte que la Guerre Froide avait commencé, même si, en réalité, la Guerre Froide avait commencé dès 1945, lorsqu’il était devenu évident que l’Allemagne et le Japon allaient être vaincus. Les Grandes Puissances victorieuses commencèrent vite à consolider leurs positions respectives. La Guerre Froide dura de 1945 à 1991, année de la disparition de l’Union soviétique. Durant la période 1950-1951, l’activité des Citoyens du Monde consista principalement en la prévention d’une guerre entre les Etats-Unis et l’URSS, très largement dans le cadre du contrôle des armements ainsi que du désarmement, et non sous un quelconque « drapeau des Citoyens du Monde ».

La Troisième Vague de l’action des Citoyens du Monde commença en 1991, avec la fin de la Guerre Froide et la montée, une nouvelle fois, de mouvements incarnant le nationalisme étroit, tels qu’ils se manifestèrent lors de la dislocation de l’Union soviétique et de la Yougoslavie. De par son insistance particulière sur la résolution des conflits, les Droits de l’Homme, le développement écologiquement durable et la compréhension entre les différentes cultures, l’Association of World Citizens est la force motrice de cette Troisième Vague.

Pendant les deux ans qu’elle a duré, la Deuxième Vague fut en fait une tentative de prévenir la Guerre Froide, et avec elle, la guerre chaude qu’elle aurait pu devenir, à savoir une Troisième Guerre Mondiale. En 1948, le Parti Communiste s’empara de la Tchécoslovaquie, dans ce que l’Occident qualifia de « coup d’Etat » mais qui s’apparentait bien plus précisément à une manipulation cynique des institutions politiques. Ce coup d’Etat fut le premier exemple du changement de l’après-1945 de l’équilibre du pouvoir entre l’Est et l’Ouest, et de là naquit la conjecture sur d’autres éventuels changements du même ordre, comme dans l’Indochine française ou en 1950 en Corée. Mais 1948, c’est aussi l’année où l’Assemblée générale de l’ONU s’était réunie à Paris. Les Nations Unies ne disposaient pas encore d’un siège permanent à New York, aussi l’Assemblée générale s’était-elle réunie d’abord à Londres puis ensuite à Paris. Tous les yeux, à commencer par ceux des médias, étaient fixés sur l’ONU. Personne ne savait avec certitude ce qu’il adviendrait de l’ONU, si elle serait capable de répondre aux défis politiques sans cesse plus importants ou si elle « suivrait la SDN dans sa tombe » …

A Paris, en 1948, Garry Davis ouvre la voie au mouvement Citoyen du Monde.

A Paris, en 1948, Garry Davis ouvre la voie au mouvement Citoyen du Monde.

Garry Davis, né en 1921, était un jeune acteur de Broadway, à New York, avant que les Etats-Unis ne se joignent à la Guerre Mondiale en 1941. Garry Davis était le fils de Meyer Davis, célèbre chef d’orchestre populaire qui jouait souvent dans des bals mondains et était bien connu des milieux du spectacle dont New York était alors le berceau. Il n’était donc que très naturel que son fils intègre lui aussi la profession, ce qu’il fit en tant qu’acteur-chanteur-danseur spécialiste des comédies musicales de l’époque. Garry avait étudié au Carnegie Institute of Technology, une institution de pointe en matière de technologie.

Quand les Etats-Unis sont entrés en guerre, Garry a rejoint l’U. S. Air Force et est devenu pilote de bombardier B-17, basé en Angleterre et ayant pour mission de bombarder des cibles désignées en Allemagne. Le frère de Garry avait été tué durant l’invasion de l’Italie par les Alliés, ce qui conférait en lui un aspect de vengeance à ses bombardements de cibles militaires, qui durèrent jusqu’à ce que l’on lui donne l’ordre de bombarder des villes allemandes dans lesquelles se trouvaient des civils.

Après la fin de la guerre, redevenu acteur à New York, il se sentit investi d’une responsabilité personnelle de contribuer à créer un monde en paix et devint ainsi actif au sein des Fédéralistes mondiaux, qui proposaient la création d’une fédération mondiale dotée des pouvoirs nécessaires à empêcher toute guerre, s’inspirant largement de l’expérience américaine de transformation d’un gouvernement fortement décentralisé, suivant les Articles de Confédération, en un Gouvernement fédéral plus centralisé et structuré par la Constitution des Etats-Unis.

A cette époque, Garry avait lu un livre très populaire chez les Fédéralistes, L’Anatomie de la Paix (The Anatomy of Peace) d’Emery Reves, Hongrois d’origine. Reves écrivait : « Nous devons clarifier tous les principes et parvenir aux définitions axiomatiques de ce qui cause la guerre et de ce qui engendre la paix dans la société humaine. » Si la guerre était le produit du nationalisme qu’est l’égocentrisme national, comme l’affirmait l’observateur avisé de la SDN qu’avait été Reves, alors la paix exige que l’on se défasse du nationalisme. Comme l’écrivait Garry dans son autobiographie, Mon Pays, C’est le Monde (My Country is the World)[ii], « Pour devenir un citoyen du monde entier, pour proclamer mon allégeance première à l’humanité, il me fallait d’abord renoncer à détenir la nationalité des Etats-Unis. J’allais donc faire sécession de l’ancien et proclamer le nouveau. »

En mai 1948, ayant appris que l’Assemblée générale de l’ONU devait se réunir à Paris en septembre et qu’auparavant, la conférence de fondation du Mouvement fédéraliste mondial au niveau international devait avoir lieu pour sa part au Luxembourg, il s’est rendu à Paris. C’est là qu’il a renoncé à sa nationalité américaine et a rendu son passeport. Toutefois, il ne disposait d’aucun autre document d’identité, dans une Europe où la police peut vous accoster dans la rue et exiger que vous lui montriez vos papiers sur-le-champ. Il avait donc imprimé une « Carte d’Identité Internationale des Citoyens du Monde Unis », même si les Français l’avaient pour leur part enregistré comme « apatride d’origine américaine ». Dans le Paris de l’après-guerre, les « apatrides » ne manquaient pas, mais en dehors de lui, il n’y en avait probablement aucun autre « d’origine américaine ».

Renoncer à une nationalité américaine, ainsi qu’à un passeport que bon nombre des réfugiés présents à Paris auraient rêvé d’avoir à n’importe quel prix, cela ne pouvait que passionner la presse et valoir à Garry de très nombreuses visites. Parmi ses visiteurs se trouva un jour Robert Sarrazac, qui avait combattu dans la Résistance française et partageait les points de vue de Garry sur la nature destructrice du nationalisme étroit ainsi que sur le besoin de développer une idéologie citoyenne du monde. Garry fut aussi rejoint par un jeune homme qui se nommait Guy Marchand[iii], lequel jouerait plus tard un rôle important dans la création des structures du mouvement citoyen du monde.

Comme la police française n’aimait guère voir des gens sans papiers d’identité valables se balader ici et là, Garry Davis déménagea pour s’installer dans le bâtiment spacieux et moderne qu’était le Palais de Chaillot, avec ses terrasses qui avaient été proclamées « territoire mondial » pour la durée de l’Assemblée générale de l’ONU. Il y avait monté sa tente, attendant de voir ce que ferait l’ONU pour promouvoir la citoyenneté mondiale. Dans l’intervalle, Robert Sarrazac, qui conservait de nombreux contacts de son temps dans la Résistance, avait créé un « Conseil de Solidarité » formé de personnes admirées pour leur indépendance d’esprit et qui n’étaient liées à aucun parti politique en particulier. Le Conseil était dirigé par Albert Camus, romancier et rédacteur dans plusieurs journaux, André Breton, poète surréaliste, l’Abbé Pierre et Emmanuel Mounier, rédacteur en chef d’Esprit, tous deux étant des Catholiques dotés d’une forte indépendance d’esprit, ainsi qu’Henri Roser, pasteur protestant et secrétaire en charge des pays francophones du Mouvement international de la Réconciliation.

Davis et ses conseillers pensaient qu’il ne fallait pas que la citoyenneté mondiale soit laissée à la porte de l’Assemblée générale mais qu’elle devait être présentée à celle-ci même comme un défi lancé à la manière conventionnelle de faire les choses, en un mot, « une interruption ». C’est pourquoi il avait été décidé que Garry Davis, depuis le balcon des spectateurs, interromprait la session de l’Assemblée générale pour lire un court texte ; Robert Sarrazac avait le même texte en français et Albert Crespey, fils d’un chef du Togo, avait un discours écrit dans sa langue natale togolaise.

Après la pause qui suivait une longue intervention de la Yougoslavie, Davis s’est levé. Le Père Montecland, « prêtre le jour et citoyen du monde la nuit », a dit d’une voix bondissante : « Et maintenant, la parole est au peuple ! ». Davis a dit en anglais : « Messieurs les Président et Délégués, je vous interromps au nom du peuple du monde qui n’est pas représenté ici. Même si mes mots devaient ne pas être entendus, notre besoin commun d’une loi et d’un ordre mondiaux ne peut plus être ignoré. » Après cela, des gardes de la sécurité sont intervenus, mais Robert Sarrazac, de l’autre côté de la Galerie des Visiteurs, a continué en français, suivi par un plaidoyer pour les Droits de l’Homme en togolais. Plus tard, vers la fin de la session de l’ONU à Paris, l’Assemblée générale adopta, sans une seule voix contre, la Déclaration universelle des Droits de l’Homme qui devint le fondement des efforts des Citoyens du Monde pour mettre en avant le droit mondial.

C’est le Docteur Herbert Evatt, d’Australie, qui était le Président de l’Assemblée générale de l’ONU en 1948. C’était un internationaliste qui avait travaillé pendant la Conférence de San Francisco d’où était née l’ONU pour limiter les pouvoirs des cinq Membres Permanents du Conseil de Sécurité. Evatt s’entretint avec Davis quelques jours après cette « interruption » et encouragea Davis à continuer de travailler en direction de la citoyenneté mondiale, même s’il n’était pas forcément des plus judicieux pour ce faire d’interrompre des réunions de l’ONU.

Peu après avoir mis en lumière la citoyenneté mondiale à l’ONU, Garry Davis vint au soutien de Jean Moreau, jeune Citoyen du Monde français et Catholique militant qui, en tant qu’objecteur de conscience au service militaire, avait été emprisonné à Paris, en l’absence d’une loi sur le service alternatif à l’époque en France. Davis campa devant la porte de la prison militaire de la Rue du Cherche-Midi, dans le centre de Paris. Comme l’a écrit Davis, « Alors qu’il est clairement visible que les citoyens d’autres nations sont prêts à souffrir pour un homme né en France qui revendique le droit moral d’œuvrer pour son prochain et de l’aimer plutôt que d’être formé à le tuer, comme l’ont enseigné Jésus, Bouddha, Lao Tseu, Tolstoï, Saint François d’Assise, Gandhi, ainsi que d’autres grands penseurs et dignitaires religieux, le monde devrait commencer à comprendre que la conscience de l’Homme elle-même transcende toutes les divisions et toutes les peurs artificiellement créées »[iv]. D’autres rejoignirent Davis dans son campement de rue. Garry Davis travailla étroitement sur ce cas avec Henri Roser et André Trocmé du Mouvement international de la Réconciliation. Davis fut jeté en prison pour avoir campé dans la rue en pleine ville ainsi que pour manque de documents d’identité valides, mais d’autres vinrent bientôt le remplacer dans la rue, parmi lesquels un pacifiste allemand, véritable acte de courage si peu de temps après la fin de la guerre. Il allait falloir encore une décennie pour qu’un service alternatif soit mis en place en France, mais l’action de Davis avait permis à la question de recueillir une large attention dans le pays et le lien était désormais clairement établi entre la citoyenneté mondiale et l’action non-violente.

Plus d'une fois, l'apatridie de Garry Davis et son militantisme Citoyen du Monde l'ont amené devant les tribunaux, comme ici en France. Mais pour autant, il n'a jamais renoncé à son idéal.

Plus d’une fois, l’apatridie de Garry Davis et son militantisme Citoyen du Monde l’ont amené devant les tribunaux, comme ici en France. Mais pour autant, il n’a jamais renoncé à son idéal.

Garry Davis n’a jamais été un « homme d’organisation ». Il se concevait comme un symbole en action. Après une année en France avec quelques courts séjours en Allemagne, il décida en juillet 1949 de retourner aux Etats-Unis. Comme il l’avait écrit à l’époque, « J’ai souvent dit que ce n’était pas mon intention de diriger un mouvement ou de devenir président d’une organisation. En toute honnêteté et sincérité, je dois définir la limite de mes capacités à être le témoin du principe d’unité mondiale, à défendre jusqu’à la limite de mes capacités l’Unicité de l’homme et ses immenses possibilités sur la planète Terre, et à combattre les peurs et les haines créées artificiellement pour perpétuer les divisions étroites et obsolètes qui mènent et ont toujours conduit au conflit armé ».

Peut-être du fait du karma, pendant le voyage en bateau qui le ramenait aux Etats-Unis, il a rencontré le Docteur P. Natarajan, enseignant religieux du sud de l’Inde dans la tradition oupanishadique. Natarajan avait vécu à Genève et à Paris et détenait un doctorat en philosophie de l’Université de Paris. Lui et Davis étaient devenus amis proches et Davis avait passé quelques temps en Inde, au centre créé par Natarajan qui mettait l’accent sur le développement de la vie intérieure. « La méditation consiste à faire entrer en vous toutes les valeurs », avait pour devise Natarajan.

C’est au domicile de Harry Jakobsen, disciple de Natarajan, sur le Mont Schooly dans le New Jersey, que j’avais fait la connaissance de Garry Davis au début des années 1950. J’étais moi aussi intéressé par la philosophie indienne et quelqu’un m’avait mis en contact avec Jakobsen. Cependant, j’avais rejoint les Fédéralistes mondiaux Etudiants en 1951 et je connaissais donc les aventures de Garry à Paris. Nous nous sommes vus depuis lors à Genève, en France et aux Etats-Unis de temps en temps.

Garry Davis pose ici devant le drapeau de son Gouvernement mondial des Citoyens du Monde, tenant à la main le Passeport mondial dont il était l'inventeur.

Garry Davis pose ici devant le drapeau de son Gouvernement mondial des Citoyens du Monde, tenant à la main le Passeport mondial dont il était l’inventeur.

Certains chez les Fédéralistes mondiaux et les Citoyens du Monde pensaient que sa renonciation à la nationalité américaine en 1948 avait créé la confusion chez le public. Les Fédéralistes mondiaux, davantage adeptes du fonctionnement en organisation, préféraient mettre en avant l’idée que l’on peut être un bon citoyen tout à la fois d’une communauté locale, d’un Etat-nation et en tant que Citoyen du Monde. Toutefois, l’intérêt de Davis et le mien propre pour la pensée asiatique nous a toujours liés, en dépit même de nos désaccords tactiques.

Aujourd’hui, il paraît approprié de citer l’image souvent invoquée de la vague solitaire qui représente en fait un seul et unique éternel océan d’énergie. Tout individu est à la fois une vague solitaire et une partie de la source impersonnelle d’où tout part et où tout revient. La vague qu’était Garry Davis est retournée à l’océan dans toute son étendue. Il nous laisse un défi permanent avec cette phrase qu’il a écrite : « Il existe à présent un besoin vital de leadership qui soit à la fois sage et pragmatique, et les symboles, qui ne sont utiles que jusqu’à un certain point, doivent à présent faire place à des hommes qualifiés pour un tel leadership ».

Garry Davis nous a quittés. Nous ne l'oublierons jamais.

Garry Davis nous a quittés. Nous ne l’oublierons jamais.

 

René Wadlow est Président et Représentant en Chef auprès de l’Office des Nations Unies à Genève de l’Association of World Citizens.

 


[i] A ne pas confondre avec l’Association of World Citizens d’aujourd’hui.

[ii] Garry Davis, My Country is the World (London: Macdonald Publishers, 1962).

[iii] A ne pas confondre avec l’acteur et chanteur français du même nom.

[iv] Garry Davis, Over to Pacifism:A Peace News Pamphlet (London: Peace News, 1949)

A World Citizen Passport and Snowden’s Catch 22

In Being a World Citizen, Current Events, Democracy, Human Rights, World Law on July 16, 2013 at 6:58 PM

A WORLD CITIZEN PASSPORT AND SNOWDEN’S CATCH 22

By René Wadlow

The fate of Edward J. Snowden still held, as of this writing, in the transit area of Moscow’s airport has nearly overshadowed the debate on the methods and extent of the National Security Agency’s surveillance and collection of information which Snowden made public. Each day brings more information about the degree of cooperation among the Silicon Valley firms and United States (U. S.) intelligence services and between the U. S. intelligence services and those of other countries such as Germany and England.

Living in the transit area at the airport for several weeks and potentially longer was not Snowden’s plan when he left Hong Kong. As I had been blocked in the same transit area for three days in 1977 under the mistaken impression that I would be given a Soviet visa at the airport, unless things have improved greatly since the end of the USSR, it is not the sort of place where one wants to stay for a long time: a third class motel with an armed guard at each floor.

He thought that he could travel to Moscow and then Havana and on to Ecuador, Nicaragua or Venezuela. However, before Snowden could make a Havana connection, the U. S. Government revoked his passport, and Ecuador withdrew the safe-conduct pass he had used to leave Hong Kong saying it had been issued by a consular official in contravention of Ecuadorean law. Without a travel document or a Russian visa, Snowden has no way to travel outside the transit area even to the Embassies of Ecuador or Nicaragua or Venezuela which are considered by diplomatic convention as being the territory of that particular state.

Edward Snowden, a man whom his country is trying to punish only for telling the truth. © The Guardian/Reuters

Edward Snowden, a man whom his country is trying to punish only for telling the truth. © The Guardian/Reuters

The degree of U. S. pressure was evident when France, Italy, Portugal and Spain refused to allow Bolivian President Evo Morales’ official jet to overfly their territory on its way from Moscow to La Paz after a rumour, no doubt planted by U. S. agents, that Snowden might be aboard. Morales’ plane ultimately landed in Vienna, Austria for 13 hours until Spanish officials were satisfied that Snowden was not aboard. Why it took 13 hours to check all the hiding places on a small jet has not been explained, but the move no doubt discourages any commercial lines no matter what over-flight agreements they have.

Snowden’s presence in the Moscow airport transit area has attracted too much attention for the Russian police to look the other way while Snowden was taken to a Latin American embassy. It is not clear that anyone wants to repeat the experience of Ecuador which has allowed WikiLeaks’ Julien Assange to live in its London Embassy for over a year.

To break out of Snowden’s “Catch 22” situation of no passport-to travel-no travel- no asylum – a world citizen passport has been issued to Snowden by Garry Davis — “World Citizen N° 1” — as he was called in January 1949 when the Registry of World Citizens was created. One of the ironies of the world citizen movement is that it has always used the symbols of a nation-state — a flag, an identity card, a passport — to symbolize a loyalty to the welfare of the Planet. The philosophy behind the identity cards and passports is that of world law — that is, international law as applied to the individual. “All human beings are entitled to the enjoyment of political, civil, economic, and social rights as set forth in the Universal Declaration of Human Rights and various treaties and covenants adopted in furtherance of that declaration.”

In practice, some people have crossed frontiers with world citizen passports and world citizen identity cards and often had the passport stamped with an official stamp. It is not sure that the frontier officials knew what they were stamping or were very aware of cosmopolitan ideals. It is likely that most officials don’t want long lines of people waiting at frontier posts or filling transit areas at airports. Article 13(2) of the Universal Declaration sets out the right to leave and return to one’s country, though it does not speak of the right to travel to other countries.

The World Service Authority (WSA), based in Washington, is the organization that issues World Citizen Passports to applicants. Unlike the name may suggest, the WSA is NOT affiliated with the Association of World Citizens.

The World Service Authority (WSA), based in Washington, is the organization that issues World Citizen Passports to applicants. Unlike the name may suggest, the WSA is NOT affiliated with the Association of World Citizens.

It may be that Vladimir Putin would be happy to have the whole Snowden story go away. While I have never thought of Mr. Putin as a “world citizen” type, let us hope that he allows the airport officials to stamp the world citizen passport as a recognition of the growing cosmopolitan spirit.

The world passport and the pulling by Ecuador of its safe-conduct pass brings to mind an event I knew but had not thought about until a recent New York Times article highlighted the efforts of Aristides de Sousa Mendes who was consul of Portugal in Bordeaux when Germany invaded France in 1940. France already had a good number of refugees from Germany, Central Europe, Republican Spain as well as French, particularly Jews who feared what Nazi policy in France might bring. De Sousa Mendes and his staff working day and night issued 30,000 visas so people could go to Portugal and then beyond.

It took a couple of months before the Fascist government in Lisbon realized what was going on, recalled de Sousa Mendes, fired him and informed the Spanish government of Franco not to recognize the visas issued in France. De Sousa Mendes died in poverty, but his travel documents had saved many lives.

One cannot help but be reminded of the fate met by the character played by Tom Hanks in The Terminal, Steven Spielberg’s 2004 movie. A citizen of the fictional country of Krakozhia, Viktor Navorski finds himself trapped at a terminal in New York’s John F. Kennedy Airport after a civil war breaks out in his home country.

One cannot help but be reminded of the fate met by the character played by Tom Hanks in The Terminal, Steven Spielberg’s 2004 movie. A citizen of the fictional country of Krakozhia, Viktor Navorski finds himself trapped at a terminal in New York’s John F. Kennedy Airport after a civil war breaks out in his home country.

The world citizen passport is not a governmental document the way de Sousa Mendes’ were, but world citizen passports and identity cards are a symbol of a “higher law” than that of States. Let us hope that some Russian officials are in tune with the higher law.

René Wadlow is President and Chief Representative to the United Nations Office at Geneva of the Association of World Citizens.

Les Citoyens du Monde en appellent au Gouvernement de la Turquie pour le respect du droit des citoyens à manifester pacifiquement

In Conflict Resolution, Current Events, Democracy, Human Rights, Middle East & North Africa on June 4, 2013 at 11:12 PM

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LES CITOYENS DU MONDE EN APPELLENT

AU GOUVERNEMENT DE LA TURQUIE

POUR LE RESPECT DU DROIT DES CITOYENS

A MANIFESTER PACIFIQUEMENT

Paris & Genève, le 4 juin 2013

L’Association of World Citizens (AWC) est gravement préoccupée par les très sérieuses atteintes aux Droits de l’Homme commises ces derniers jours par les forces de sécurité contre les manifestants pacifiques rassemblés au Parc de Taksim Gezi à Istanbul (Turquie), dans un mouvement de protestation dont l’impact s’est entre temps étendu à d’autres parties du pays.

L’AWC est dévouée aux valeurs de respect, de reconnaissance et d’inclusion de toutes les composantes de la société. C’est pourquoi l’AWC appelle le Gouvernement de la Turquie à se montrer attentif aux inquiétudes de celles et ceux qui s’expriment aujourd’hui ainsi qu’à rechercher des solutions permettant d’ouvrir des négociations de bonne foi.

Le droit international des Droits de l’Homme interdit formellement l’utilisation du gaz lacrymogène contre des protestataires pacifiques ainsi que dans des espaces clos où il peut s’avérer extrêmement dangereux, de même que l’usage excessif de la force contre des manifestations non-violentes, l’un et l’autre ayant pourtant été présents dans l’intégralité de la réaction de la police turque aux dernières protestations en date.

Même si le maintien de l’ordre public est une fonction naturelle de tout gouvernement dans une société démocratique, toute décision de disperser un rassemblement doit être prise seulement en ultime recours et toujours en conformité avec les principes de nécessité et de proportionnalité.

Le Code de Conduite des Nations Unies pour les Responsables de l’Application des Lois adopté par l’Assemblée générale de l’ONU en sa Résolution 34/169 du 17 décembre 1979 stipule clairement que « Les responsables de l’application des lois peuvent recourir à la force seulement lorsque cela est strictement nécessaire et dans la mesure exigée par l’accomplissement de leurs fonctions ».

L’AWC appelle donc le Premier Ministre Reçep Tayyip Erdogan à ordonner promptement une enquête indépendante et impartiale sur tout signalement d’utilisation excessive et non nécessaire de la force, à s’assurer que tout responsable de l’application des lois reconnu responsable d’usage arbitraire ou abusif de la force soit promptement traduit en justice et, bien sûr, à garantir pleinement les légitimes droits à la réunion pacifique et à la liberté d’expression pour tous les citoyens de la Turquie.

World Citizens Call on the Government of Turkey to Respect the Right of Citizens to Peaceful Demonstration

In Conflict Resolution, Current Events, Democracy, Human Rights, Middle East & North Africa on June 4, 2013 at 3:36 PM

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WORLD CITIZENS CALL

ON THE GOVERNMENT OF TURKEY

TO RESPECT THE RIGHT OF CITIZENS

TO PEACEFUL DEMONSTRATION

Paris & Geneva, June 4, 2013

The Association of World Citizens (AWC) is gravely concerned at the serious human rights violations which have been committed in recent days by the security forces against peaceful demonstrators gathered at Taksim Gezi Park in Istanbul, Turkey, in a movement of protest which has had impact on other parts of the country.

The AWC is devoted to the values of respect, recognition and inclusion of all segments of societies. Thus, the AWC calls upon the Government of Turkey to be attentive to the concerns of those now expressing themselves and to find ways of starting good faith negotiations.

International human rights law strictly prohibits the use of tear gas against peaceful protestors and in confined spaces where it may constitute a serious danger, as well as excessive force against nonviolent demonstrations, as has been seen in both cases throughout the Turkish police’s response to the latest protests.

Even though maintaining public order is a natural function of government in a democratic society, any decision to disperse an assembly should be taken only as a last resort and in line with the principles of necessity and proportionality.

The United Nations Code of Conduct for Law Enforcement Officials adopted by the UN General Assembly in its Resolution 34/169 of December 17, 1979 clearly provides that “Law enforcement officials may use force only when strictly necessary and to the extent required for the performance of their duty.”

The AWC thus calls upon Prime Minister Reçep Tayyip Erdogan to order a prompt, independent and impartial investigation into all reports of excessive and unnecessary use of force, ensure that any law enforcement officials responsible for arbitrary or abusive use of force are promptly prosecuted and, of course, fully guarantee the legitimate rights to peaceful assembly and freedom of expression of all citizens of Turkey.

Les Citoyens du Monde condamnent le terrorisme et l’intolérance basés sur la religion

In Cultural Bridges, Current Events, Human Rights, International Justice, World Law on May 30, 2013 at 2:26 PM

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ATTAQUES TERRORISTES A LONDRES ET PARIS :

LES CITOYENS DU MONDE CONDAMNENT LE TERRORISME

ET L’INTOLERANCE BASES SUR LA RELIGION

L’Association of World Citizens (AWC) est totalement consternée par les récentes attaques terroristes commises contre des militaires à Londres et Paris par des jeunes gens qui étaient chrétiens au départ et se sont convertis à l’Islam.

Même si elle n’est pas une organisation religieuse, l’AWC estime que la religion est précieuse en ce qu’elle remplit, selon sa définition étymologique, un rôle important de création de liens entre les êtres humains. Invoquer la religion pour justifier des actes terroristes délibérés n’est donc jamais excusable ni a fortiori acceptable.

En conséquence, les convertis d’une religion à une autre qui s’avèrent commettre des actes terroristes au nom de leur nouvelle religion ne peuvent en aucun cas être considérés comme représentatifs de quelque foi religieuse que ce soit.

L’AWC appelle les citoyens tant du Royaume-Uni que de la France à avoir pleinement conscience de ces faits cruciaux et à ne pas céder, en conséquence, à quelque parallèle hâtif et infondé que ce soit entre de tels individus et l’entière population musulmane de l’un ou l’autre des deux pays concernés.

World Citizens Condemn Terrorism and Intolerance Based on Religion

In Cultural Bridges, Current Events, Human Rights, International Justice, World Law on May 30, 2013 at 12:56 PM
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TERROR ATTACKS IN LONDON AND PARIS:
WORLD CITIZENS CONDEMN TERRORISM AND INTOLERANCE
BASED ON RELIGION
The Association of World Citizens (AWC) is completely dismayed at the recent terror attacks against soldiers committed in London and Paris by young people who are Christians by birth and converts to Islam.
Although not a religious organization, the AWC values religion as, in its etymological definition, a valuable instrument of bonding between human beings. Citing religion for deliberate terrorist acts is thus never excusable, let alone acceptable.
Consequently, people who convert from their original religion to another and wind up committing terrorist acts on behalf of their chosen religion shall never be deemed representative of any religious faith whatsoever.
The AWC calls on all citizens of Britain and France to be fully aware of these crucial facts and thus refrain from any hasty, unfounded parallel between such people and the Muslim community in either country as a whole.
— 30 —

N’abandonnez pas la lutte pour les Droits de l’Homme !

In Being a World Citizen, Current Events, Democracy, Human Rights, International Justice, The Search for Peace, United Nations, World Law on May 3, 2013 at 11:06 PM

N’ABANDONNEZ PAS LA LUTTE POUR LES DROITS DE L’HOMME !

Par Bernard Henry

 

(D’après « Don’t Give Up the Fight for Human Rights! », du même auteur :

https://awcungeneva.com/2013/05/03/dont-give-up-fight-human-rights/)

 

Le début du mois de mai est un bon moment pour fêter les Droits de l’Homme. En dehors du 1er mai, Fête internationale du Travail, il y a aussi le 3 mai, Journée internationale de la Liberté de la Presse, instaurée par l’Assemblée générale de l’ONU en 1993 et célébrée chaque année sous l’égide de l’institution spécialisée de l’ONU en charge de la communication, l’UNESCO[1].

Alors faisons la fête. Mais le restant de l’année, les Droits de l’Homme ne nous donnent guère d’occasions de le faire. Depuis l’année 2000, en dépit même de développements historiques à l’ONU et dans d’autres organisations intergouvernementales, ainsi que dans un certain nombre d’Etats-nations pris isolément, les Droits de l’Homme au niveau international, indiscutablement le plus noble héritage politique du vingtième siècle, semblent avoir largement perdu leur place prioritaire dans la vie politique mondiale.

Rien d’étonnant. Après l’élection présidentielle de 2000 aux Etats-Unis et le coup ainsi porté au modèle occidental de démocratie protégeant les libertés, les attaques terroristes contre le World Trade Center et le Pentagone l’année suivante ont entièrement tourné l’attention du monde vers une menace terroriste capable de frapper quiconque, où que ce soit, à tout instant, semant la peur et entraînant un appel aux armes. Il s’en est suivi une « guerre contre le terrorisme » menée par les Etats-Unis, dont l’horreur est symbolisée par la zone de non-droit sous direction gouvernementale de Guantanamo Bay et les « restitutions secrètes » de personnes soupçonnées d’actes de terrorisme et convoyées par avion de pays en pays. Dans les premières années, brandir les Droits de l’Homme en protestation, c’était être vu tout simplement comme un partisan d’Al Qaïda.

Après les attaques terroristes du 11 septembre 2001 à New York et Washington, de nombreux Américains se sont dits prêts à accepter des restrictions des libertés civiles pour combattre le terrorisme. C’est ce qui a permis à l’Administration Bush de réagir à la menace terroriste par de nombreuses et graves atteintes aux Droits de l’Homme, plus particulièrement à l’établissement pénitentiaire américain de Guantanamo Bay à Cuba.

Après les attaques terroristes du 11 septembre 2001 à New York et Washington, de nombreux Américains se sont dits prêts à accepter des restrictions des libertés civiles pour combattre le terrorisme. C’est ce qui a permis à l’Administration Bush de réagir à la menace terroriste par de nombreuses et graves atteintes aux Droits de l’Homme, plus particulièrement à l’établissement pénitentiaire américain de Guantanamo Bay à Cuba. (C) Reuters

Puis ce furent les émeutes de la faim de 2008 – les premiers symptômes de la crise du système mondial de finance et d’économie de marché qui se poursuit aujourd’hui. Après que la spéculation financière sur les denrées alimentaires de base a produit des effets dévastateurs dans la plupart des pays en développement, la crise des subprimes aux Etats-Unis a mis à genoux même le pays le plus fortuné au monde, conduisant une corporation de premier plan comme Lehman Brothers à la faillite pure et simple et mettant au jour le système de fraude à long terme du courtier-vedette Bernard Madoff. Autant dire que des droits fondamentaux comme l’alimentation ou le logement, on pouvait les oublier. Dans de nombreux pays, riches comme pauvres, le sentiment général était que la mondialisation économique était coupable et que les frontières nationales étaient désormais les (seuls) remparts des peuples contre la violation de leurs droits économiques et sociaux, comme ce fut le cas au Venezuela de Hugo Chavez. Le populisme est également monté en Occident, restreignant les limites du questionnement politique au fait de savoir à quel point exactement les immigrés faisaient du tort à l’emploi et au pouvoir d’achat. Considérés à présent comme élitistes en Occident et comme « occidentaux » dans le reste du monde, les Droits de l’Homme furent forcés de plier sous le poids de l’écroulement de l’économie.

Le résultat en fut que, lorsque la première décennie du siècle nouveau toucha à sa fin, les Droits de l’Homme tels qu’ils avaient été codifiés à Paris et New York à l’issue de la Seconde Guerre Mondiale apparaissaient comme morts et enterrés. Dans son édition du 18 février 2010, Newsweek alla jusqu’à proclamer la « Mort des Droits de l’Homme »[2], expliquant en détail comment les Etats occidentaux en étaient venus à ne plus prêter aucune attention aux bilans désastreux en matière de Droits de l’Homme de leurs partenaires économiques, politiques et militaires en Asie, en Afrique et au Moyen-Orient. Alors que la crise économique s’éternise et que l’islamisme armé essaime aujourd’hui jusque dans une Afrique subsaharienne relativement épargnée, l’homme de la rue désabusé et des grands de ce monde qui le sont tout autant ont appris à s’en remettre au jeu cynique de la géopolitique et à ne plus guère aimer les Droits de l’Homme que comme une philosophie bienveillante qui serait politiquement irréalisable.

Serait-ce vrai ? Mais pourquoi alors quiconque, où que ce soit, devrait-il continuer à se battre pour les Droits de l’Homme ?

Le 11 décembre 2008, le courtier-vedette Bernard Madoff fut arrêté aux Etats-Unis pour avoir commis une présumée fraude d’un montant de 50 milliards de dollars. ( C ) The Telegraph – Derek Blair

Le 11 décembre 2008, le courtier-vedette Bernard Madoff fut arrêté aux Etats-Unis pour avoir commis une présumée fraude d’un montant de 50 milliards de dollars. ( C ) The Telegraph – Derek Blair

Pas si vite. Dire que les décennies actuelle et précédente n’ont rien apporté de bon aux Droits de l’Homme, en ce qu’elles auraient été au mieux infructueuses et au pire dangereuses, serait des plus naïfs – ou des plus malhonnêtes.

Tout d’abord, même si elle a fait aux Droits de l’Homme un mal indiscutable, la crise économique n’offre pas matière à s’inquiéter, du moins en ce qui concerne les pays occidentaux. Comme l’ont expliqué les politologues américains Christian Welzel et Ronald Inglehart dans leur livre de 2005 Modernization, Cultural Change and Democracy (Modernisation, changement culturel et démocratie)[3], cité par Larry Diamond, professeur à l’Université de Stanford, dans The Spirit of Democracy (L’esprit de la démocratie)[4], les difficultés économiques rendent la population plus encline à affirmer des valeurs de survie, à savoir des valeurs conservatrices, sectaires et casanières, plutôt que des valeurs d’expression de soi qui permettent la liberté, l’autonomie et la tolérance.

Nous ne traversons donc pas un moment de rejet des Droits de l’Homme en eux-mêmes, mais en fait un moment d’angoisse et de doute alimentés par l’incertitude quant au présent et à l’avenir de l’emploi, de la sécurité sociale et de la fiscalité. Les politiques d’austérité, toutefois, jouent bel et bien un rôle en faisant naître chez les citoyens un sentiment que l’on en fait plus pour sauver leurs banques que pour venir en aide à leurs comptes bancaires en souffrance.

Alors que le mécontentement social monte dans les pays en faillite ou risquant de l’être, de plus en plus d’électeurs frustrés en arrivent à traduire leur adhésion aux valeurs de survie en votant pour la première fois de leur vie pour l’extrême droite, laquelle va du Front National qui, en France, s’escrime à se donner bon genre, au parti ouvertement néo-nazi Aube Dorée en Grèce. L’attitude parfois ambiguë des partis au pouvoir envers les migrants, particulièrement envers les Roms, vient fournir un encouragement malvenu à l’intolérance en faisant penser aux citoyens que leur haine de tout ce qui vient d’ailleurs est justifiée.

En Grèce, Nikólaos Michaloliákos dirige le parti Aube Dorée, dont l’emblème rappelle le svastika des Nazis et dont la rhétorique violente et haineuse fait resurgir des souvenirs des heures les plus noires de l’histoire européenne moderne.

Ensuite, bien que les années 2000 aient été en effet largement perturbées tout à la fois par le terrorisme et par la réaction agressive de l’Amérique à celui-ci, elles furent indéniablement des années de progrès authentiques et importants pour les Droits de l’Homme dans le monde, dans la parfaite continuité de l’année 1998 qui avait vu l’adoption tout à la fois du Statut de Rome créant la Cour pénale internationale (CPI) et, le 9 décembre, de la Déclaration sur les Défenseurs des Droits de l’Homme, « née » Résolution 53/144 de l’Assemblée générale de l’ONU.

La CPI, justement, a vu le jour en 2002, le seuil de la ratification du Statut de Rome par soixante Etats ayant été atteint cette année-là.

Quatre ans plus tard, c’est encore un autre organe de l’ONU qui était créé, cette fois à partir d’un qui existait déjà – le Conseil des Droits de l’Homme, conçu pour remplacer la Commission des Droits de l’Homme qui se trouvait depuis déjà longtemps sous le feu des critiques en raison de ses mécanismes archaïques et inefficaces de surveillance et de sanctions, ainsi que pour avoir permis à des régimes autoritaires et répressifs de prendre part à ses activités.

En septembre 2007, l’Assemblée générale de l’ONU a adopté la Déclaration sur les Droits des Peuples indigènes, premier instrument international de Droits de l’Homme de tous les temps à définir de manière universelle les droits spécifiques des populations indigènes dans chaque pays, qu’ils soient civils, politiques, économiques, sociaux ou culturels. Sans surprise, quatre gouvernements connus pour être encore aux prises avec des revendications autochtones chez eux ont voté contre – les Etats-Unis, le Canada, la Nouvelle-Zélande et l’Australie.

L’année suivante vit l’entrée en vigueur de la Convention sur les Droits des Personnes handicapées, enfin rédigée en 2006 après des années d’opposition farouche de la part de l’Administration Bush qui soutenait que les Etats-Unis et tous les autres pays du monde devraient avoir des lois nationales propres quant aux droits des handicapés plutôt qu’un traité mondial. En fait, la réticence américaine s’avéra être la meilleure justification possible pour la création d’un traité de l’ONU sur les droits liés au handicap, en ce qu’elle rappelait à une communauté internationale oublieuse que le handicap était, depuis les années 1970, une question pleine et entière de Droits de l’Homme au sein de l’Organisation mondiale[5]. Même si les Etats-Unis ont fini par rejoindre la Convention en qualité de signataires, l’Administration Obama ne l’a toujours pas ratifiée.

Avec la création de la Convention vint celle d’une agence de l’ONU chargée d’encourager et de surveiller le respect par les Etats membres des dispositions de celle-ci, UN Enable. Une autre nouvelle agence de l’ONU de premier plan créée pendant les années 2000 fut ONU Femmes, officiellement dénommée l’Entité des Nations Unies pour l’Egalité de Genre et l’Autonomisation des Femmes. Sa Directrice exécutive fondatrice fut l’emblématique ancienne Présidente socialiste du Chili Michelle Bachelet.

Un monde qui serait devenu totalement obsédé par l’idée d’arrêter le terrorisme n’aurait jamais pu aller si loin pour faire progresser les Droits de l’Homme et les enraciner sans conteste, au bout du compte, dans le vingt-et-unième siècle.

Le siège de la Cour pénale internationale à La Haye (Pays-Bas).

Le siège de la Cour pénale internationale à La Haye (Pays-Bas).

CQFD. Les Droits de l’Homme ont beau être moins populaires de nos jours, l’on en a pourtant toujours autant besoin qu’avant, besoin mais aussi envie, même si l’on sera moins prompt que dans le passé à l’avouer.

Le problème est que la « guerre contre le terrorisme » et les valeurs de survie inspirées par la crise qui se sont répandues à travers le monde depuis le début du siècle font qu’il est beaucoup plus difficile pour les Défenseurs des Droits de l’Homme, qu’ils soient isolés ou membres d’organisations non-gouvernementales (ONG), d’exercer leurs fonctions et activités habituelles sans craindre d’être réprimés ou à tout le moins intimidés. Certains gouvernements ont même commencé à les fustiger comme « ennemis de l’Etat », ainsi de la Russie qui impose aujourd’hui un label « agent de l’étranger » aux ONG recevant un soutien financier depuis l’extérieur du pays.

Le 15 mars, en réaction à de tels développements catastrophiques, quinze ans après que l’Assemblée générale de l’ONU a adopté la Déclaration sur les Défenseurs des Droits de l’Homme, le Conseil des Droits de l’Homme a adopté une résolution au titre éloquent – « Protéger les Défenseurs des Droits de l’Homme ».

Dans son Préambule, la résolution, proposée à l’origine par la Norvège, rappelle que « toutes les dispositions de la [déclaration de 1998] restent fondées et applicables », rappelant aussi les résolutions précédentes du Conseil et de l’Assemblée générale ainsi que le Programme d’Action de la Conférence de Vienne de 1993 sur les Droits de l’Homme, qui fut le premier événement international d’envergure consacré aux Droits de l’Homme après la fin de la guerre froide. La résolution réaffirme que « les États sont tenus de protéger tous les droits de l’homme et libertés fondamentales de tous », reconnaît que « les défenseurs des droits de l’homme apportent une contribution importante, aux niveaux local, national, régional et international, à la promotion et à la protection des droits de l’homme », et souligne en conséquence que « le respect et le soutien manifestés pour les activités des défenseurs des droits de l’homme, y compris les femmes qui défendent ces droits, sont déterminants pour la jouissance globale des droits de l’homme ».

La résolution appelle tous les Etats membres de l’ONU à éviter ou cesser de recourir au droit interne et aux dispositions administratives, en ce comprises « les lois et autres mesures relatives à la sécurité nationale et à la lutte antiterroriste, telles que les lois régissant les organisations de la société civile », pour entraver le travail des Défenseurs des Droits de l’Homme, a fortiori pour les stigmatiser ainsi que leur dévouement sans relâche. Elle met également l’accent sur le rôle important que jouent « les nouvelles formes de communication, y compris la diffusion d’informations en ligne et hors ligne, peuvent constituer pour les défenseurs des droits de l’homme », car elles sont des « outils importants leur permettant de promouvoir et favoriser la protection des droits de l’homme ».

Le Conseil des Droits de l’Homme en session au Palais des Nations à Genève (Suisse).

Le Conseil des Droits de l’Homme en session au Palais des Nations à Genève (Suisse).

Prenant la mesure de la « discrimination et la violence systémiques et structurelles subies par les femmes qui défendent les droits de l’homme », la résolution « engage les États à prendre en compte les considérations liées au genre » dans leurs entreprises de sécurisation et de garantie de la liberté d’action des Défenseurs des Droits de l’Homme au sein de leurs frontières.

Dans l’une des déclarations les plus fortes de toute la résolution, le Conseil, s’appuyant directement sur des instruments de Droits de l’Homme de l’ONU aussi primordiaux que la Déclaration universelle des Droits de l’Homme, le Pacte international relatif aux Droits civils et politiques et le Pacte international relatif aux Droits économiques, sociaux et culturels, appelle tous les pays à « instaurer un climat sûr et porteur qui permette aux défenseurs des droits de l’homme d’agir sans entrave et en toute sécurité, dans l’ensemble du pays et dans tous les secteurs de la société, et notamment à apporter leur appui aux défenseurs des droits de l’homme au niveau local ».

Adoptée avec le soutien de nombreux Etats non-membres du Conseil, tels que la France, le Costa Rica, le Portugal, la Suède et l’Uruguay, mais aussi, de manière plus surprenante lorsqu’il s’agit de Droits de l’Homme, de la Côte d’Ivoire, de la Géorgie et de la Turquie, la résolution survient tel un vibrant rappel à l’ordre, réaffirmant la pertinence et l’importance du travail des Défenseurs des Droits de l’Homme dans le monde d’aujourd’hui et confirmant que celui-ci n’est ni un luxe suranné, ni une croisade d’arrière-garde coupée de la réalité, mais une nécessité claire et immédiate.

Dans l’un de ses plus grands succès, parfois utilisé comme un « hymne de la maison » par Amnesty International, Bob Marley chantait :

 “Get up, stand up,

Stand up for your right,

Get up, stand up,

Don’t give up the fight”,

« Allez, debout,

Luttez pour vos droits,

Allez, debout,

N’abandonnez pas. »

Marley a disparu depuis trente-deux ans, mais ses mots n’ont jamais cessé de résonner comme un appel au courage et à l’action pour les Défenseurs des Droits de l’Homme en tous lieux.

Plus que jamais, nous, Défenseurs des Droits de l’Homme, devons faire briller la flamme, cette même flamme qui symbolise les Droits de l’Homme au sein de l’ONU, et poursuivre notre combat, sans nous laisser dissuader, sans nous laisser décourager, sans nous laisser impressionner. A présent, la dernière ligne de défense de l’humanité contre la peur et le désespoir, c’est nous.

 A l’ONU, les Droits de l’Homme sont représentés par un flambeau, le flambeau pour une vie de plein épanouissement. Le flambeau représente également ceux qui le portent à travers le monde – les Défenseurs des Droits de l’Homme.


A l’ONU, les Droits de l’Homme sont représentés par un flambeau, le flambeau pour une vie de plein épanouissement. Le flambeau représente également ceux qui le portent à travers le monde – les Défenseurs des Droits de l’Homme.

Bernard Henry est l’Officier des Relations Extérieures du Bureau de Représentation auprès de l’Office des Nations Unies à Genève de l’Association of World Citizens.

 

 

Don’t Give Up the Fight for Human Rights!

In Being a World Citizen, Current Events, Democracy, Human Rights, International Justice, The Search for Peace, United Nations, Women's Rights, World Law on May 3, 2013 at 1:34 PM

DON’T GIVE UP THE FIGHT FOR HUMAN RIGHTS!

By Bernard Henry

Early May is a good time to celebrate human rights. Besides May 1, International Labor Day, there is also May 3, World Press Freedom Day, first established by the United Nations (UN) General Assembly in 1993 and celebrated yearly under the auspices of the UN’s specialized institution in charge of communication, UNESCO[1].

So let’s celebrate. But during the rest of the year, human rights actually give cause to little celebration. Since the year 2000, in spite of milestone developments at the UN and other intergovernmental organizations as well as in a number of individual nation-states, international human rights, arguably the noblest part of the political inheritance of the twentieth century, seem to have lost much of their prominence in global political life.

No wonder. After the 2000 presidential election in the United States dealt a severe blow to the until then sacrosanct, universally-revered Western pattern of liberal democracy, the terror attacks on the World Trade Center and the Pentagon of the following year definitely shifted the world’s attention to the reality of a terrorist threat that could strike anyone, anywhere, anytime, creating calamity and leading to a call to arms. A “war on terror” led by the United States ensued, infamously symbolized by the government-operated lawless zone of Guantanamo Bay and the “secret renditions” of terror suspects by plane from one country to another. In the early years, holding out human rights in protest was viewed as merely being an Al Qaeda supporter.

After the terror attacks of September 11, 2001 in New York and Washington, many Americans said they were willing to accept restrictions on civil liberties to fight terrorism. This allowed the Bush Administration to respond to the terrorist threat with numerous, serious human rights abuses, most notably at the U. S. detention facility of Guantanamo Bay, Cuba.

After the terror attacks of September 11, 2001 in New York and Washington, many Americans said they were willing to accept restrictions on civil liberties to fight terrorism. This allowed the Bush Administration to respond to the terrorist threat with numerous, serious human rights abuses, most notably at the U. S. detention facility of Guantanamo Bay, Cuba. (C) Reuters

Then came the hunger riots of 2008—the first symptoms of the crisis of the global trade and free-market system we are still in today. After financial speculation on basic food items had devastating effects in most developing countries, the subprime mortgage crisis in the United States brought even the world’s wealthiest country to its knees, leading a major corporation like Lehman Brothers to plain, simple bankruptcy and exposing the long-running fraud schemes of star trader Bernard Madoff. So much for basic rights such as food and housing. In many countries rich and poor, it was felt that economic globalization was at fault and national borders were now the (only) safeguards of peoples against abuse of their economic and social rights, as was seen in Hugo Chavez’s Venezuela. Populism also rose in the West, limiting the scope of political questioning to how much damage immigrants were causing to employment and purchasing power. Now perceived as elitist in the West and “Western” in the rest of the world, human rights were forced to yield under the weight of economic collapse.

As a result, by the end of the first decade of the new century, human rights as codified in Paris and New York in the wake of World War II appeared to be dead in space. In its edition of February 18, 2010, Newsweek went so far as to declare the “Death of Human Rights”[2], detailing how Western states were now disregarding the poor human rights records of their economic, political and military partners in Asia, Africa and the Middle East. As the economic crisis lingers on and armed Islamism now spawns also in the relatively spared Sub-Saharan Africa, jaded everyday citizens and world leaders have learned to leave it to a cynical game of geopolitics and like human rights as little more than a benevolent philosophy which would be politically unrealizable.

Could this be true? If so, why should anyone, anywhere in the world, continue to fight for human rights?

On December 11, 2008, star trader Bernard Madoff was arrested for an alleged $50 billion fraud. (C) The Telegraph - Derek Blair

On December 11, 2008, star trader Bernard Madoff was arrested in the United States for an alleged $50 billion fraud.
(C) The Telegraph – Derek Blair

Not so fast. Dismissing the previous and current decades as having been at best fruitless, at worst damaging in terms of human rights development would be quite foolish—or quite dishonest.

First, harmful as it may have been to human rights, the economic crisis is nothing to worry about, at least as far as Western countries are concerned. As the American political scientists Christian Welzel and Ronald Inglehart explained in their 2005 book Modernization, Cultural Change and Democracy[3], quoted by Stanford professor Larry Diamond in The Spirit of Democracy[4], economic hardship makes it more natural for people to affirm survival values, i. e. conservative, sectarian, inward-looking  values, rather than self-expression values allowing for freedom, autonomy and tolerance.

This is thus hardly a time of rejection of human rights per se, actually a time of anguish and doubt fueled by uncertainty about the present and future of employment, health care and taxation. Austerity policies, however, do play a role in alienating constituents who feel more is being done to save their banks than to support their ailing bank accounts.

As social discontent grows in those bankrupt or economically-fledgling countries, an increasing number of disgruntled voters come to translate their adhesion to survival values into a first-time vote for the extreme right, ranging from the would-be nice-looking National Front in France to Greece’s openly neo-Nazi Golden Dawn party. The sometimes ambiguous attitude of ruling parties toward migrants, especially the Roma, in some European countries further provides an unwelcome encouragement of intolerance, making people feel justified in their hatred of outsiders.

In Greece, Nikólaos Michaloliákos leads the Golden Dawn party, whose emblem resembles the Nazi swastika and whose violent, hateful rhetoric brings back memories of the darkest hours of modern European history.

In Greece, Nikólaos Michaloliákos leads the Golden Dawn party, whose emblem resembles the Nazi swastika and whose violent, hateful rhetoric brings back memories of the darkest hours of modern European history.

Second, although the 2000s were largely marred by both terrorism and America’s pushy response to it, these were years of genuine, significant progress for human rights in the world, very much in continuity with the year 1998 which saw the adoption of both the Rome Statute of the International Criminal Court (ICC) and, on December 9, the Declaration on Human Rights Defenders née Resolution 53/144 of the UN General Assembly.

Precisely, the ICC came to existence in 2002 after the threshold of ratification of the Rome Statute by 60 UN Member States was reached that year.

Four years later, another new UN body was created out of an existing one—the Human Rights Council, designed to replace the Human Rights Commission which had been for some time under heavy fire for its outdated, unassertive monitoring and sanctioning mechanisms and for allowing authoritarian, repressive regimes to participate in its activities.

In September 2007 the UN General Assembly adopted the Declaration on the Rights of Indigenous Peoples, the first ever international human rights instrument to universally define the specific rights of indigenous groups in every country, whether civil, political, economic, social or cultural. Unsurprisingly, four governments notoriously still scrambling with indigenous rights claims at home voted against—the USA, Canada, New Zealand and Australia.

The following year saw the entry into force of the Convention on the Rights of People with Disabilities, finally drafted in 2006 after years of fierce opposition from the Bush Administration which claimed the USA and all other countries should have national laws of their own about disability rights instead of a world treaty. Actually, the American reluctance turned out to be the best possible justification for the creation of a UN treaty on disability rights, as it reminded an oblivious international community that since the 1970s, disability has been a full-fledged human rights issue within the World organization[5]. Although the USA eventually joined the Convention as a signatory, the Obama Administration still hasn’t ratified it.

Along with the creation of the Convention came that of a UN agency tasked to encourage and monitor compliance by Member States with its provisions, UN Enable. Another paramount new UN agency created in the 2000s was UN Women, officially named the UN Entity for Gender Equality and the Empowerment of Women. Its founding Executive Director was the emblematic former Socialist Chilean President Michelle Bachelet.

A world gone completely obsessed with stopping terrorism could never have gone that far in making human rights progress and definitely take root after all in the twenty-first century.

The headquarters of the International Criminal Court in The Hague, Netherlands.

The headquarters of the International Criminal Court in The Hague, Netherlands.

Q.E.D.  Human rights may be less popular nowadays but they are still just as needed as ever, needed and wanted too, although the latter will not be said publicly as easily as before.

The problem is that the “war on terror” and crisis-inspired survival values that have spread throughout the world since the beginning of the century have made it a lot more difficult for Human Rights Defenders, whether on their own or as members of nongovernmental organizations (NGOs), to carry out their usual work and activities without fear of repression or at the very least intimidation. Some governments have even begun to lash out at them as “enemies of the state”, such as Russia which is now imposing a “foreign agent” label on NGOs receiving financial support from outside the country.

On March 15, in response to such alarming developments, fifteen years after the UN General Assembly adopted the Declaration of Human Rights Defenders, the Human Rights Council adopted a resolution whose title says it all – “Protecting Human Rights Defenders”.

In its Preamble, the resolution, originally proposed by Norway, recalls “the continued validity and application of all the provisions” of the 1998 declaration, as well as other Council and General Assembly resolutions and the Program of Action of the Vienna Conference on Human Rights of 1993 which was the first post-Cold War main event dedicated to human rights on the international stage. It reaffirms that “States are under the obligation to protect all human rights and fundamental freedoms of all persons” and acknowledges that “human rights defenders play an important role at the local, national, regional and international levels in the promotion and protection of human rights”, accordingly “[s]tressing that respect and support for the activities of human rights defenders, including women human rights defenders, is essential to the overall enjoyment of human rights.”

The resolutions calls on UN Member States to avoid or stop using domestic law and administrative provisions, including “national security and counter-terrorism legislation and other measures, such as laws regulating civil society organizations”, to hinder the work of Human Rights Defenders, let alone to stigmatize them and their tireless campaigning. It also highlights the important role played by “new forms of communication, including the dissemination of information online and offline” as “tools for human rights defenders to promote and strive for the protection of human rights”.

The Human Rights Council in session at the Palais des Nations in Geneva, Switzerland.

The Human Rights Council in session at the Palais des Nations in Geneva, Switzerland.

Taking stock of the “systemic and structural discrimination and violence faced by women human rights defenders”, the resolution “calls upon States to integrate a gender perspective” in their work to ensure the freedom and safety of Human Rights Defenders within their borders.

In one of the most powerful statements in the entire resolution, the Council, referring directly to such major UN human rights instruments as the Universal Declaration of Human Rights, the International Covenant on Civil and Political Rights and the International Covenant on Economic, Social and Cultural Rights, urges all countries to “create a safe and enabling environment in which human rights defenders can operate free from hindrance and insecurity, in the whole country and in all sectors of society, including by extending support to local human rights defenders”.

Adopted with the support of many non-Member States of the Council, such as France, Costa Rica, Portugal, Sweden and Uruguay but also, more surprisingly when it comes to human rights, Ivory Coast, Georgia and Turkey, the resolution came as a powerful reminder that the work of Human Rights Defenders is still relevant and important to today’s world and that it is neither an old-fashioned luxury nor a rear-guard crusade out of touch with reality but a clear and present necessity.

In one of his greatest hits, sometimes used as a “house anthem” by Amnesty International, the late Bob Marley sang,

“Get up, stand up,

Stand up for your right,

Get up, stand up,

Don’t give up the fight.”

Marley has been gone for thirty-two years but his words never ceased to resonate as a call to courage and action for Human Rights Defenders everywhere.

More than ever, we Human Rights Defenders must keep the flame alive, that very flame which symbolizes human rights at the UN, and carry on with our fight, undeterred, unabated, uncompromising. We are now humanity’s last line of defense against fear and despair.

At the United Nations, human rights are represented by a flame, the flame for a life of full self-fulfillment. The flame also symbolizes those who carry it throughout the world - Human Rights Defenders.

At the United Nations, human rights are represented by a flame, the flame for a life of full self-fulfillment. The flame also symbolizes those who carry it throughout the world – Human Rights Defenders.

Bernard Henry is the External Relations Officer of the Office to the United Nations—Geneva of the Association of World Citizens.

Citizens of the World Call for a UN-led Korean Peace Settlement Conference

In Asia, Conflict Resolution, The Search for Peace, United Nations on March 13, 2013 at 8:35 PM

CITIZENS OF THE WORLD CALL FOR A UN-LED KOREAN PEACE SETTLEMENT CONFERENCE

By René Wadlow

Tensions on the Korean Peninsula have recently increased, highlighted by the nuclear weapon test of North Korea and the subsequent reactions. In a message to the United Nations (UN) Secretary-General Ban Ki-moon, Prof. René Wadlow, President of the Association of World Citizens (AWC), stressed that a crisis also can be an opportunity for strong initiatives and action and that the UN with historic responsibilities for Korea should take the lead.

The 1950-1953 Korean War was undertaken by UN Security Council Resolutions 82, 83, and 84. Subsequently, 21 UN Member States (16 combatants and 5 humanitarian) joined to support the UN Command.

The July 27, 1953 Armistice was signed by the UN Command Delegation and by Delegations of the Korean People’s Army and the Chinese People’s Volunteer Army.

The 1950-1953 Korean War set the stage for later Cold War tensions in Asia, tensions which have prevented an Asia-wide organization of security and cooperation as was possible in Europe with the Organization for Security and Cooperation in Europe (OSCE).

"The Americans drew the 38th parallel across the peninsula to prevent the Soviet army from invading towards South, and the barrier continues until today."(C) Mount Holyoke College

“The Americans drew the 38th parallel across the peninsula to prevent the Soviet army from invading towards South, and the barrier continues until today.”
(C) Mount Holyoke College

Today, with the entry of the two Korean States to the UN in 1991, all the States involved in the Korean War are members of the UN.

Partial measures of cooperation between the two Korean States, the 6-Party talks on nuclear issues and a number of Track II diplomatic efforts have shown the possibilities but also the limits of partial measures.

With conditions of insecurity growing and also threatening Korea’s neighbors, the Korean situation is a “matter which may threaten international peace and security.” Therefore, the Citizens of the World call for a UN-led Korean Peace Settlement Conference to be organized during 2013 — the 60th anniversary of the 1953 Armistice.

The UN which once went to war over Korea is now headed by a national of South Korea, Secretary-General Ban Ki-moon. Hopefully, his own experience of the suffering of the Korean people stuck in a never-ending Cold War will help to prevent the longtime standoff from turning into all-out war.

The UN which once went to war over Korea is now headed by a South Korean, Ban Ki-moon, who has been the World organization’s Secretary-General since 2007. Could this be a positive sign for the prompt conclusion of a UN-brokered peace settlement?

Such a UN-sponsored Korean Peace Settlement Conference can build upon past partial measures and especially meet the new challenges of security and cooperation in Asia. The Association of World Citizens also stresses that such a Peace Settlement Conference is of concern not only of Governments but is one in which the voices of civil society are legitimate and should be heard.

Prof. René Wadlow is President of the Association of World Citizens.

The Association of World Citizens Promotes Knowledge and Skills for World Citizenship

In Being a World Citizen, Human Rights, Solidarity, The Search for Peace, United Nations, World Law on February 10, 2013 at 4:16 PM

THE ASSOCIATION OF WORLD CITIZENS PROMOTES KNOWLEDGE AND SKILLS FOR WORLD CITIZENSHIP

By René Wadlow

 

The Association of World Citizens (AWC) stresses that our oneness with humanity and our acceptance of the whole planet as our home involves a process of change both in the attitudes of individuals and in the policies of States. Humanity is clearly moving toward participation in the emerging World Society. An awareness of the emerging World Society and preparation for full and active participation in the emerging World Society is a necessary element of education at all levels, from primary schools, through university and adult education.

 

The AWC stresses that a World Citizen is one:

Aware of the wider world and who:

–  has a sense of his or her role as a world citizen;

–   respects and values diversity;

–   has an understanding of how the world works economically, politically, socially, culturally, technologically and environmentally;

–   is outraged by social injustice;

–   is willing to act to make the world a more equitable and sustainable place;

–   participates in and contributes to the community at a range of levels from the local to the global.

 

The AWC believes that World Citizenship is based on rights, responsibility and action.

 

The rights and freedoms are set out by the Universal Declaration of Human Rights and related human rights conventions such as the International Covenant on Economic, Social and Cultural Rights, the International Covenant on Civil and Political Rights, the Convention on the Rights of the Child, and the Convention for the Elimination of All Forms of Discrimination Against Women. These United Nations (UN)-sponsored human rights treaties are the basis of world law which deals directly with individuals and not just with States.

The Universal Declaration of Human Rights, adopted by the UN General Assembly in 1948, is truly the building block of World Citizenship.

The Universal Declaration of Human Rights, adopted by the UN General Assembly in 1948, is truly the most important building block of World Citizenship.

In most cases, there are procedures that exist for the redress of violations of these rights at the national, regional, and UN levels. These rights should enable all persons to participate effectively in national, regional and the world society.

 

The idea of responsibility has been often discussed within the UN, but it has been impossible to set out agreed-upon obligations. Rather, a sense of responsibility toward the Planet and toward others is left to the individual’s conscience and moral sense. Nevertheless, a sense of responsibility, an ethical concern for social justice, and the dignity of humanity is central to the values of a world citizen.

 

Action is at the heart of the attitude of a vibrant world citizen. Action must be based on three pillars: knowledge, analysis and skills.

Knowledge: Background knowledge, a sense of modern history, of world trends, and issues of ecologically-sound development is fundamental. As one can never know everything about issues that require action, one needs to know where to find information and to evaluate its quality for the actions one wants to undertake.

Analysis: It is important to be able to analyse current trends and events, to place events in their context, to understand the power relations expressed in an event. One needs to try to understand if an event is a “one-time only” occurrence or if it is part of a series, an on-going process, if it is a local event or if it is likely to happen in other parts of the world as well.

Analysis is closely related to motivation. If from one’s analysis, one sees a possibility for creative action alone or with others, one will often act. If from analysis, it seems that little can be done as an individual, then one can urge a government to act. The degree of personal involvement will usually depend on the results of the analysis of a situation.

Skills: Political skills are needed to make an effective world citizen. A wide range of skills is useful such as negotiation, lobbying, networking, campaigning, letter writing, communications technology and preparing for demonstrations. These are all essential skills to join with others for a strong world citizen voice in world politics. Some of these skills can be taught by those having more experience, for experience is the best teacher. It is by networking to new individuals and groups that one learns the potentials and limits of networking.

 

In our period of rapid social and political change, the past cannot provide an accurate guide to the future. Anticipation and adaptability, foresight and flexibility, innovation and intuition, become increasingly essential tools for creative political action.

 

Prof. René Wadlow is President of the Association of World Citizens.